Chassons toute idée de l'oeuvre a
priori, telle qu'elle peut résulter des pauvres reproductions plaquées ici
ou là sur des tasses, des répertoires ou des serviettes en papier.
Ces choses-là n'ont évidemment rien à voir avec le chef-d'oeuvre du XVème
siècle qu'est la La Dame à la Licorne, tenture composée de six
tableaux, que l'on peut aller voir en vrai (et librement comme on sait) au
Musée
National du Moyen-Age à Paris.
Une salle lui est réservée, plongée dans la semi-obscurité comme il se doit (eu
égard à la dimension onirique de l'oeuvre - en réalité pour des raisons de
conservation bien sûr) mais éclairant notre Dame de façon
satisfaisante.
Car cette tapisserie a tout pour susciter le rêve : son décor merveilleux
fait d'une île bleue, d'un ciel rouge constellé de fleurs, de petits arbres
mythiques (orangers, chênes, houx...). Mais aussi ses "personnages", animaux
aux douces fourrures, familiers comme le lapin et le renard, ou sauvages comme
le lion, la panthère et le guépard, mais au regard bienveillant. Et surtout,
une licorne magnifique à l'air "intelligent" et attentif, mais non dénué
d'ambigüité.
Au centre de chacun des six tableaux, une dame aux toilettes toutes différentes
mais aussi élégantes et riches les unes que les autres, brocart, moire ou soie
sans parler des bijoux... Elle évoque avec l'aide de ses compagnons, lion,
singe et licorne chacun des cinq sens : le goût ; l'ouïe ; la
vue ; l'odorat ; le toucher. La sixième tenture porte le beau nom de
A mon seul désir. Elle est la plus mystérieuse et a donné lieu à de
nombreuses interprétations.
Verticalité ; simplicité et splendeur des couleurs ; grâce des
expressions ; innocence mêlée à un symbolisme très fort (1), ces scènes
éblouissent et fascinent. On pourrait rester des heures à les contempler, comme
pris au piège de ce monde fantasmatique et poétique imaginé il y a plus de cinq
siècles par un dessinateur resté anonyme.
La Dame à la Licorne.
Musée National du Moyen-Age
Thermes et hôtel de Cluny
6, place Paul Painlevé - Paris 5ème
M° Cluny-La Sorbonne / Saint-Michel / Odéon
Bus n° 21 - 27 - 38 - 63 - 85 - 86 - 87
RER C Saint-Michel / l B Cluny - La Sorbonne
TLJ sf le mardi, de 9 h 15 à 17 h 45
Entrée libre jusqu'au 30 juin 2008
(1) Animal mythique, la licorne a un corps de chèvre et une tête de cheval surmontée d'une corne en forme de dent de narval. Douée d'une rapidité et d'une force prodigieuses, elle ne pouvait être capturée que grâce à une jeune fille. Fréquemment représentée dans l'iconographie médiévale, elle est à la fois un symbole religieux - une figure du Christ - mais aussi un symbole profane - celui de l'amant.
La Galerie des Gobelins rend hommage à
l'un des plus grands designers français, Pierre Paulin, dont les réalisations
sont certainement plus célèbres que son nom lui-même.
Après les excès du rococo, les arts
décoratifs marquent à la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème siècle un
retour aux sources classiques grecques et romaines, inspirations majestueuses
qui siéront à l'Empire avec ses marbres, ses bronzes dorées, ses soieries et
ses damas de velours.
Le mot "tapisseries" évoque aujourd'hui
pour beaucoup des vieilleries aux couleurs fanées et aux motifs historiques un
peu assommants.
La manufacture des Gobelins a été créée
sous le règne d'Henri IV en 1601.
Dès l'entrée, on sent qu'on va avoir le
champ libre.
La
maîtrise de la fabrique de la porcelaine fut une histoire longue et compliquée
en Europe.
Des moineaux à
la gorge gonflée délicatement posés sur une branche, couverts de
brillants : voici l'une des premières créations de René Lalique, lorsqu'il
travaillait dans l'anonymat pour les grands joaillers Boucheron et Vever.
Pour ceux qui ont aimé
Le Musée des Arts décoratifs a rouvert
récemment, après une totale réhabilitation.
Antonin Rispal fut un passionné à qui les
amateurs d'Art Nouveau peuvent dire un grand merci !
Les Katagami sont des pochoirs en papier
utilisés au Japon dès le XIII° siècle pour décorer les tissus.