Créé à Naples en 1819,
La Donna del lago n'avait jamais été monté à Paris.
C'est chose faite depuis lundi à l'Opéra Garnier, où l'on peut le découvrir
jusqu'au 10 juillet prochain.
La Dame du lac fait partie, avec Armida notamment, des opéras dits sombres de Rossini : on est loin des airs enjoués du Barbier de Séville.
Pour autant, les amateurs du style bel-cantiste le plus pur seront
comblés.
Tiré du poème de Walter Scott, le livret semble sans intérêt, avec des
histoires d'amour compliquées dont la Donna se semble savoir se tirer,
sur fond d'épisodes guerriers dans l'Ecosse du XVI° siècle. Peut-être le livret
vaut-il mieux que cela, mais ce n'est pas la mise en scène de Lluís Pasqual qui
permet d'en saisir les subtilités.
Durant le premier acte, le temps passe lentement, on découvre les voix et les
décors en se laissant bercer. Au second en revanche, la dramaturgie se tend
davantage, tout le monde se réveille autour de très belles envolées. D'autant
que Nicolas Joël, le directeur de l'Opéra national de Paris, a convoqué un
casting de choc ; on dirait que c'est exactement celui qu'il fallait pour
servir cet opéra.
Dans le rôle-titre, la star américaine Joyce DiDonato (1) magnifie de sa voix
de mezzo chaude et mélodieuse tous les duos et trios et envoûte le public dans
le grand air final. La voix du ténor péruvien Juan Diego Florez, nuancée et
veloutée enchante dans ce rôle romantique. La mezzo italienne Daniela
Barcellona est quant à elle à la fois assez singulière et d'une grande
efficacité dans le rôle masculin de Malcolm.
A l'image de la mise en scène, les décors et les costumes ne marqueront pas les
annales. Quelle idée par exemple d'habiller le chœur de façon anachronique et
qui plus est mémère ? Mais lui aussi régale le public d'une belle voix
profonde. Alors, qu'importe l'étoffe, car l'émotion, elle, est bien au
rendez-vous.
La Dame du Lac (La Donna del Lago)
Opéra en deux actes de Gioacchino Rossini
Livret d'A. L. Tottola, d'après le poème narratif de sir Walter Scott The
lady of the lake
Direction musicale Roberto Abbado
Mise en scène Lluís Pasqual
Avec Juan Diego Florez Giacomo V (Uberto di Snowdon)
Simon Orfila Duglas d’Angus
Francesco Meli Rodrigo di Dhu
Joyce DiDonato Elena
Daniela Barcellona Malcolm Groeme
Diana Axentii Albina
Jason Bridges Serano
Palais Garnier - Place de l'opéra, Paris 1er
Durée 3 h 15 avec un entracte
Places à 7€, 10€, 21€, 40€, 70€, 116€, 172€
(1) La distribution sera différente pour les représentations de
juillet.
Consulter le site de l'Opéra de Paris
C'est comment l'opéra au
cinéma ? Sans chanteurs, sans orchestre et sans plateau, évidemment ce
n'est plus du spectacle vivant... mais sur l'immense écran de la Géode à Paris,
et la qualité sonore de la salle, c'est quand même quelque chose !
Mêler à l'opéra la variété
issue de la Star Académie est une entreprise audacieuse, qui s'expose
aux risques de ridicule et de prétention, un peu comme sortir l'argenterie et
le linge damassé pour servir du fast-food. Ces risques là, Gérard Pesson les a
pris, en créant Pastorale, donnée ces jours-ci en première au théâtre
du Châtelet à Paris. (1)
Heddy
Maalem a déplacé le célèbre ballet sur le continent africain, dans une pièce
créée en 2004 et présentée jusqu'au 12 juillet dans la Grande Halle de la
Villette dans le cadre du festival Afrique(s).
Pina Bausch est
allée en Inde avec sa troupe pour créer son dernier spectacle, dans le Kerala
et à Calcutta. Elle en a ramené ses couleurs, ses parfums, sa musique, dans une
pièce dansée inspirée et dénuée de kitch.