Après l'or des Incas,
la Pinacothèque de Paris poursuit son exploration des cultures pré-hispaniques,
avec cette fois la découverte de la culture Maya et notamment ses fameux
masques de jade.
Apparue aux alentours de -2000 ans en Amérique Centrale (au niveau des actuelles zones du Yucatan et du Chiapas au sud du Mexique, et du Honduras, du Salvador et du Guatemala), la civilisation Maya a connu son apogée à la période dite Classique, entre 250 et 900 de notre ère. L'essentiel des objets exposés proviennent de cette époque.
Le parcours est un ravissement tant sur le plan esthétique qu'historique. Masques, stèles, éléments de vaisselle, bijoux... permettent d'aborder les fonctions symboliques attribuées à ces objets et à travers elles le monde de croyance de cette brillante culture.
Autant chez les Incas, le divin était matérialisé à travers l'or, autant les Mayas attribuaient au jade le pouvoir sacré. Ces masques, découverts récemment au Mexique, faits de mosaïques de pierre verte à laquelle étaient ajoutés d'autres matériaux servaient à représenter les divinités, et notamment l'une des plus importantes du panthéon Maya, K'awill, le dieu du maïs garant de la continuité des cycles cosmiques. Lors des cérémonies rituelles, ils étaient portés par les dignitaires ainsi parés du pouvoir d'intercéder avec le divin. D'autres masques représentaient les visages des dirigeants mayas. Placés près de la dépouille, ils faisaient partie du "trousseau funéraire", avec colliers, bracelets, et autres ornements. L'exposition reconstitue des tombeaux, où l'on voit également, à côté du défunt, des récipients en céramiques, des vases tétrapodes, des petits tapis de coquillage... Tous ces éléments témoignaient de la transformation que les défunts subissaient lorsque leur essence spirituelle quittait leur dépouille mortelle.
Des stèles en pierre permettent de
découvrir la finesse et le style géométrique des sculptures, où règnes animal
et végétal, comme sur les maques, se mêlent à l'humain. Les inscriptions
révèlent la complexité et la beauté de leur système d'écriture, composé de
glyphes plutôt circulaires. On trouve ces écrits sur des stèles de calcaire,
mais aussi sur des objets funéraires, par exemple sur des hachettes de jade
placées sous un pectoral et retrouvées dans une tombe sur le site de
Calakmul.
L'utilisation des coquillages montre l'importance de l'océan pour les Mayas,
qui avaient une vision tridimensionnelle du cosmos, céleste, souterrain et
marin.
A côté des reliefs archéologiques (fabuleusement conservés et restaurés) la
symbolique maya est décryptée : ainsi, les attributs du jaguar qui
enrichissent la visage du défunt sur un masque renvoient à cette créature de la
nuit censée accompagner le défunt et lui transmettre ses pouvoirs dans le monde
souterrain, tandis que sur un autre, les crocs d'un reptile viennent figurer le
serpent du souffle divin.
Passionnant !
Les masques de jade mayas
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine - 75008 Paris
TLJ de 10h30 à 18h30, jsq 21h les mer. et ven.
Le 1er mai, ouverture de 14h à 18h30
Entrée 10 €
Jusqu'au 10 juin 2012
Images :
Masque funéraire en mosaïque de jade, Tombe 1, structure VII, Calakmul,
Campeche, Classique tardif, 660-750 apr. J.-C., Mosaïque de jade, Spondylus
princeps, Pinctada mazatlanica et obsidienne grise, 36,7 x 23 x 8 cm Musée
d’Architecture maya, Fuerte de la Soledad, Campeche © Photo: Martirene
Alcántara/INAH
Stèle avec le relief d’un personnage qui porte le sceptre de K’awiil,
Structure 1, Calakmul, Campeche, Classique Haut-relief de calcaire, 99 x 69 cm,
Musée Fuerte de San Miguel, Campeche © Photo: Martirene
Alcántara/INAH
Donner aux
visiteurs l'impression de découvrir une domus pompeiana telle qu'elle
était il y a 2000 ans, juste avant que l'éruption du Vésuve en 79 ne la fige
pour l'éternité : tel est le propos de l'exposition du Musée Maillol, à
voir jusqu'au 12 février prochain.
On l'aura
compris, la visite de l'exposition est un pur plaisir. Le principe d'évolution
de pièce en pièce concilie la clarté d'une approche thématique à l'agrément
d'une progression dynamique. La muséographie est belle, simple et efficace,
avec ses couleurs délimitant les différents espaces de la maison. Enfin et
surtout, les œuvres, presque toutes venue de Naples naturellement, sont
extraordinaires.

Mais
l'art des cultures andines ne se réduit pas à l'orfèvrerie : elles ont
tout autant exprimé leur savoir-faire et leur talent créatif dans la céramique,
comme en témoignent ces superbes vases et ces bouteilles à anse, ventrues,
parfois très sculptées et le plus souvent richement colorées. La diversité
stylistique des civilisations y est particulièrement visible. L'iconographie et
la sculpture vont du symbolisme et du géométrique aux motifs zoomorphes et
anthropomorphes (souvent hybrides d'ailleurs) - voire narratifs - les plus
étonnants.
Côté art, le bâtiment est
dans le goût de la fin du XIXème avec son style éclectique enchevêtrant
Gothique et Renaissance, conçu par Camille Albert l'architecte de la ville de
Fécamp. Y sont exposés des sculptures religieuses médiévales, des émaux, des
ivoires, des albâtres, des vitraux, des manuscrits anciens, des sceaux et
monnaies, une collection de ferronnerie, des lampes à huile romaines et même
une petite pinacothèque ! Le parcours n'est pas bien long et permet, dans
le calme absolu des salles dont le décor vaut à lui seul le coup d'œil, de
détailler des petites pièces de haute qualité, tel un très beau Christ du
XVIIème siècle taillé dans une seule défense d'éléphant, de somptueux livres
d'heures enluminés des XV° et XVI° siècles, ou encore une sculpture en bas
relief sur bois, marbre et ivoire, sorte de tableau de la Présentation au
Temple daté du XVII°.
Jeudi
dernier, la salle Renaud-Barrault du théâtre du Rond-Point était pleine à
craquer, où, à l'heure du déjeuner, Michel Onfray donnait une conférence
intitulée "Le post anarchisme expliqué à ma grand-mère".
En finir avec le mythe d'une origine
exclusivement romaine de l'Europe en montrant les apports des peuples dits
Barbares, tel est le propos de la vaste exposition présentée jusqu'au 20
juillet au Palazzo Grassi de Venise.
Sarcophages, mosaïques, sculptures,
textiles, statues, bijoux, manuscrits enluminés, armes, vaisselle, le tout
magnifiquement mis en valeur témoignent de ce foisonnement et de ces
interpénétrations, tenant toutefois éloignées les sources qui pourraient venir
de l'autre rive de la Méditerranée, au demeurant vaguement qualifiées
"d'éléments exogènes". Il s'agit de raconter l'histoire de la naissance de
l'Europe, entre Italie, où est présentée l'exposition, France (par son
commissaire d'exposition, Jean-Jacques Aillagon et son mécène) et Allemagne
(manifestation organisée en association avec la Kunst und Ausstellungshalle de
Bon). Le propos est on ne peut plus clair.
Ce 23 septembre 1870, un immense ballon
s'élève au dessus des toits de Paris. A son bord : Jules Duruof ; sa
mission : escorter de pleines poignées de dépêches et de lettres. Le
ballon s'appelle Neptune et n'a rien d'une invention de fantaisie. Il
s'agit de rétablir les liaisons de la capitale assiégée par les
Prussiens : voici quatre jours que les voitures postales ne peuvent plus
sortir. Trois heures après son envol, immortalisé par le photographe et
aéronaute Nadar, le Neptune se pose près d'Evreux.
Cité mythique et tour de légende, Babylone
et Babel n'ont cessé de nourrir l'imagination des Occidentaux au fil des
siècles. Elles n'en finissent pas de fasciner, à voir les foules qui se
pressent à l'exposition du Musée du Louvre.
Mettez-vous à la place de ces archéologues
qui, un jour de mars 1974 découvrirent dans la région du Shaanxi une nécropole
remplie de soldats de terre cuite à échelle humaine !