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Histoire et civilisations

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lundi 14 avril 2008

Le nouveau Muséum d’histoire naturelle de Toulouse

Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, rollierLe nouveau Muséum d’histoire naturelle de Toulouse est beau à voir. Est-ce un défaut ?

Il est possible qu’attiré par un panneau séduisant le visiteur oublie le contexte pour se « perdre » dans le détail, fasciné qu’il est par l’objet : oh cette calcite dent de cochon (c’est une roche) ! Les couleurs de ce rollier d’Europe (c’est un oiseau) ! La déco des pattes de cet arlequin (c’est un coléoptère) !

Mais n’est-ce point par le détail surprenant que l’envie de connaître nous prend souvent ?
Et comme le parti pris esthétique est accompagné par des choix de présentation convaincants, nous pouvons sans scrupules nous laisser porter par la séduction.

D’abord le principe général : le monde naturel ne se présente pas spontanément à nous dans toute sa vérité.
A plus forte raison dans un musée, notre lecture de la nature est le résultat d’un travail humain qui puise dans l’histoire. C’est ce que nous rappelle avec force le muséum de Toulouse qui de bout en bout nous donne toute la dimension humaine de la représentation du naturel.
Le découpage choisi pour présenter les collections explicite les opérations de connaissance à l’œuvre : s’exposer aux puissances, abolir les hiérarchies, affronter l’immensité.
Ce que nous avons devant les yeux ne sont pas objets de nature, ils s’inscrivent dans l’histoire complexe des rapports entre l’homme et la nature. Quel travail pédagogique important que de faire saisir que la société ne peut être contre la nature, que nous ne sommes pas seulement dans la nature, mais que nous sommes surtout avec elle !

Un papillon à ToulouseLa très bonne idée de ce muséum est de faire errer des accompagnateurs dans les galeries. Vous voilà planté, peut-être perplexe, devant une vitrine, une démonstration : quelqu’un s’avance aimablement et vous propose de vous expliquer. Une aide ponctuelle, sans façon, qui donne au visiteur un sentiment de liberté dans la découverte qui est particulièrement apprécié.

Ce muséum s’étend vers les extérieurs : tout contre, le jardin botanique, lui aussi redessiné ; à 10 stations de métro, le jardin de la Maourine, à l’agriculture basée sur la prévention et le traitement naturels ; sur la Toile, un site qui permet de créer son propre espace personnel, de constituer sa collection des objets du musée.

Muséum de Toulouse
35 allées Jules Guesde
Entrée par le Jardin des Plantes, près du Grand Rond
Bus 1 & 2 - Jardin Royal ; M° ligne B - Carmes ou Palais-de-Justice
TLJ sauf le lundi de 10 h à 18 h
Entrée de 5 € à 9 €
Jardins du Muséum - La Maourine : av. Maurice Bourges-Mounaury, Quartier Borderouge, la Maourine
Bus 36 - Ségla ; M° ligne B - Borderouge)

Images : rollier d'Europe et schoenbergia paradisea arfakensis

lundi 24 mars 2008

Le musée Masséna à Nice

Le musée d'art et d'histoire Masséna à NiceAu lendemain de la première Guerre mondiale, André Masséna fait don à la ville de Nice du palais édifié pour le petit-fils du maréchal à la fin du XIXème siècle, à la double condition que le lieu soit dédié à l'histoire régionale et que ses jardins soient ouverts au public.
Le Musée Masséna est ainsi inauguré en 1921.

Le 1er mars dernier, après sept ans de travaux, le musée a rouvert ses portes au public. Ses ors soigneusement lustrés et ses murs blancs flambant neufs sont l'occasion d'aller se plonger un moment dans l'histoire du pays niçois.

D'emblée, un compliment et une réserve. La deuxième est de taille mais ne devrait qu'être provisoire (tel est le moins que l'on puisse souhaiter !) : l'absence totale de cartels ! Impossible de comprendre comment un musée, qui plus est historique, se permet d'accueillir ses visiteurs sans indiquer l'origine, la date, l'auteur des oeuvres (peintures, gravures, affiches, statues, meubles, vêtements et objets) exposées !
La perplexité vaguement évacuée par la promesse d'une mise en place des panneaux explicatifs « d'ici le 30 juin », l'on peut suivre avec plaisir le fil de l'histoire de la belle ville de Nice. Car le compliment est là : le musée fait preuve d'une simplicité et d'une clarté très agréables pour retracer les grandes lignes de l'histoire assez complexe de Nice, qui est passée de l'Italie à la France et de la France à l'Italie un certain nombre de fois.

Le flash-back présenté débute avec les guerres d'Italie et les prouesses, dûment récompensées (il est élevé au grade de maréchal en 1804) du commandant Masséna auprès de l'armée de Napoléon Bonaparte.
L'on apprendra que le département des Alpes-Maritimes fut créé deux fois : d'abord en 1793, après la prise de la ville (alors partie des états du roi de Sardaigne) par les révolutionnaires français ; occupation à laquelle il sera mis en fin en 1814 par le Traité de Paris. Puis en 1860, nouvelle création du département, lorsque le roi Victor-Emmanuel II restitue la localité à Napoléon III en remerciement de son aide militaire contre les Autrichiens qui occupaient le nord de l'Italie.

La belle région niçoise, grâce à son cadre, sa lumière et son climat séduira alors tout ce que le monde contient de riches oisifs : après les Anglais (qui y venaient dès le XVIIIème siècle), les Russes (quoique ceux-ci se raréfient après la révolution bolchévique), qui laisseront la place aux Américains dans l'entre-deux guerres et enfin les Européens du Nord.

A partir du XIXème siècle, la ville connaît donc une formidable expansion.
Chemin de fer (1864), Carnaval résuscité (1873), palaces face à la mer, le tout construit avec l'aide d'une immigration transalpine abondante, et auréolé de l'inspiration que les artistes, peintres et écrivains y trouvèrent : la réputation de la Riviera devenue peu à peu Côte d'Azur était faite.
Sa célèbre promenade était, elle, réalisée dès 1822 : au départ simple chemin de terre tracé à l'initiative de la communauté anglaise, la ville l'aménagea en 1844, y déplaçant dès lors le centre de la vie mondaine.

Musée d'Art et d'Histoire - Masséna
Palais Masséna
65, rue de France et 35, promenade des Anglais – Nice
Tél. (+33) 04 93 91 19 10
Fax (+33) 04 93 82 39 79
TLJ sauf le mardi de 10h à 18h
Entrée à tarif réduit jusqu’au 30 juin : 2,50 €

lundi 14 janvier 2008

Entrée libre au Musée National du Moyen-Age

La Dame à la Licorne, A mon seul désirLe Musée National du Moyen-Age fait partie des quatorze musées et monuments nationaux français pour lesquels la gratuité est expérimentée depuis le début de l'année et jusqu'au 30 juin prochain. (1)

Dès le premier week-end de janvier, Parisiens et touristes s'y sont pressés. Favorable a priori à l'accès le plus libre possible à la culture, l'on en sort en s'interrogeant sur le bien-fondé de la décision politique pour le musée du Moyen-Age en particulier.

La dimension modeste des salles, qui tient à l'architecture du bâtiment, la faiblesse de l'éclairage, l'entassement des oeuvres et le manque de lisibilité du parcours d'ensemble sont autant de facteurs d'embouteillage qui ne plaident pas en faveur de l'ouverture au plus grand nombre au même moment. Ajoutons à cela que les cartels sont tout petits (et vieillots), et que bien des fois l'on ne sait où se poser pour lire les fiches de salles, pourtant d'une grande qualité en matière d'explications.

Surtout, le manque d'espace sied particulièrement mal aux oeuvres médiévales, qui exigent souvent du recul, comme les statues ou les retables. Et que dire de la minuscule salle des vitraux, qui présente notamment des vitraux de la Sainte-Chapelle ? Le nez collé dessus, on balance entre rage et pitié.
Quant aux chapiteaux, ils mériteraient d'être isolés les uns des autres et de pouvoir être vus aisément sous leur quatre côtés.
Les frustrations qui en découlent, liées au lieu lui-même, deviennent plus aiguës lorsque le musée se remplit.
Mais le problème est le même pour les oeuvres plus petites dans les vitrines, telles ces petites châsses-reliquaires et autres objets liturgiques en ivoire sculpté au rez-de-chaussée. La finesse des décors mériterait tranquille observation...

Dans ces conditions, faut-il y aller ?
La réponse est oui, bien sûr, car le Moyen-Age est une période aussi longue (dix siècles !) que passionnante sur le plan artistique, qu'il s'agisse de l'architecture ou de de tout ce qui a trait à l'iconographie.
Donc, on y reviendra, ne serait-ce que pour admirer La Dame à la Licorne, chef d'oeuvre du XVème siècle, qui, elle, bénéficie d'une belle présentation, dans une salle semi-circulaire faite pour elle.
Mais l'on se rappellera aussi que la meilleure façon d'apprécier l'art médiéval est certainement d'aller le voir là où il est, à savoir dans les églises, les abbatiales et les cathédrales. La France (et pas seulement !) en déborde dans tous ses coins. On y admire in situ chapiteaux, vitraux, tympans, statues et trésors, dans l'ambiance pour laquelle ils ont été faits : celle de la déambulation pieuse ou rêveuse, du retrait et du recueillement.
Ce qui n'est pas forcément le programme réservé au Musée du Moyen-Age pour les six mois à venir.

Musée National du Moyen-Age
Thermes et hôtel de Cluny
6, place Paul Painlevé - Paris 5ème
M° Cluny-La Sorbonne / Saint-Michel / Odéon
Bus n° 21 - 27 - 38 - 63 - 85 - 86 - 87
RER C Saint-Michel / l B Cluny - La Sorbonne
TLJ sf le mardi, de 9 h 15 à 17 h 45
Entrée libre jusqu'au 30 juin 2008

(1) Participent à l'expérimentation :
A Paris et en région parisienne : le musée Guimet, le musée du Moyen-Age, le musée des Arts et Métiers, le musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), le musée national de la Renaissance d'Ecouen (Val-d'Oise) et le musée de l'Air et de l'Espace du Bourget (Seine-Saint-Denis).

En province : le musée de la Marine de Toulon, le musée national Adrien Dubouché à Limoges, le musée Magnin à Dijon, le palais du Tau à Reims, le palais Jacques Coeur à Bourges, le château d'Oiron, le musée national du château de Pau et le château de Pierrefonds.

Pour les 18-26 ans, accès gratuit dans quatre musées nationaux parisiens un soir par semaine entre 18h et 21h : le mercredi pour le musée d'art moderne du centre Pompidou, le jeudi pour le musée d'Orsay, le vendredi pour le Louvre et le samedi pour le quai Branly.

Image : Musée National du Moyen-Age, "La Dame à la Licorne, A mon seul désir", XVème siècle

mercredi 5 décembre 2007

La Méditerranée des Phéniciens, de Tyr à Carthage

La Méditerranée des Phéniciens, Institut du monde arabeLes Phéniciens sont connus pour avoir été le peuple de marchands et de navigateurs qui, au cours du 1er millénaire avant J.-C., depuis la côte du Levant (actuel Liban) aux côtes italiennes et espagnoles en passant par le nord de l'Afrique, la Sardaine, les îles égéennes, Malte et Chypre... a essaimé sur tout le pourtour du bassin méditerranéen. Leur civilisation garde pourtant, aujourd'hui encore, une part de mystère.

Peut-être parce qu'elle n'a pas laissé d'architecture de taille, peut-être en raison de l'éclectisme de son art, les explorateurs qui ont redécouvert les civilisations de l'Antiquité au XIXème siècle se sont moins intéressés à la Phénicie qu'à l'Egypte, à la Mésopotamie et à la Grèce.
Il faut ajouter à cela que peu d'écrits ont été retrouvés : quelques inscriptions sur des objets mobiliers et des stèles, mais point de littérature.
Ce qui ferait presque oublier que les Phéniciens ont inventé l'alphabet qui est à l'origine, notamment, de l'alphabet araméen (dont sont issus l'hébreu et l'arabe) et de l'alphabet grec, lequel, par l'intermédiaire des Etrusques a donné naissance à notre alphabet latin.
Ce que l'on sait d'eux provient donc surtout des témoignages que nous ont laissés leurs voisins, rapportés dans la Bible et les récits d'Homère, mais aussi des objets d'art et d'artisanat qui ont été retrouvés.
L'exposition de l'Institut du Monde Arabe, en éclairant certains éléments de leur production, de leur rites et de leurs croyances permet d'appréhender l'aspect à la fois métissé et original de leur culture.
Ainsi par exemple, les Phéniciens ont emprunté aux Egyptiens la pratique d'enterrer les morts dans des sarcophages anthropoïdes. Si les premiers de ces étonnants sarcophages, souvent faits de marbre importé de Paros étaient de style égyptien, ils prirent ensuite une allure grecque très marquée.
Pour décorer les objets mobiliers, ils adaptent à leur manière les motifs égyptiens et proche-orientaux anciens, tels le griffon (corps de lion, tête et serres de rapace), mais aussi le scarabée, le sphinx, le lotus, le papyrus, la palmette...
De petits médaillons sont l'occasion d'admirer cette iconographie composite et singulière. Mais surtout, les très belles coupes en argent, argent doré ou bronze, finement ciselées, le plus souvent à usage de présents diplomatiques, révèlent le savoir-faire des Phéniciens en matière d'orfèvrerie.
Grâce à leur commerce à grande échelle, ce sont eux qui ont répandu l'usage de l'encens dans tout le bassin méditerranéen : les thymiatères, ou brûle-parfums, qui étaient réservés aux cérémonies religieuses, font en effet partie de leurs créations originales.
Plus anecdotiques mais charmants, les tridacnes, grands coquillages originaires des mers chaudes étaient décorés et gravés pour servir de palette à fards : l'umbo (charnière fixant les deux valves du coquillage) était fréquemment travaillé en ronde-bosse en forme de tête féminine évoquant une sirène.

Les Phéniciens, rois du commerce, transportaient dans les soutes de leurs navires tant de marchandises et de toutes sortes que l'on ne peut se contenter du trait quelque peu méprisant d'Homère décrivant des "marins rapaces dont les noirs vaisseaux emportent mille camelotes". D'une part, parce qu'ils ont fait preuve d'un art parfois très raffiné. Et surtout parce que, de l'alphabet à l'encens en passant par épices et productions artisanales, ces "colporteurs" ont à travers ces mille objets contribué à l'enrichissement et à l'échange entre les civilisations du bassin méditerranéen.

La Méditerranée des Phéniciens, de Tyr à Carthage
Institut du Monde Arabe
1, rue des Fossés-Saint-Bernard, place Mohammed-V, Paris 5ème
Jusqu'au 20 avril 2008
Du mardi au vendredi de 10h à 18h
Les week-ends et jours fériés de 10h à 19h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h
Entrée 10 € (TR 8 € et 6 €)
Visite conférence 13 € (TR 11 € et 9 €) Tous les jours sauf le lundi à 14h30 et 16h.
IMA PASS (Musée & Exposition) : 12 € (TR 10 € et 8 €)
Catalogue de l'exposition (IMA / Somogy), 408 p., 59 €

mardi 30 octobre 2007

Le château de Seix, Centre d'interprétation des vallées du Haut-Salat

Château de Seix, centre d'interprétation du patrimoineComment les hommes et les femmes vivaient autrefois dans le Haut-Couserans et plus largement dans les Pyrénées, à l'époque où n'existaient ni routes ni automobiles ?

En parcourant le passionnant Centre d'interprétation des vallées du Haut-Salat au château de Seix (Pyrénées ariégeoises), on réalise que pendant des siècles, les modes de vie pyrénéens n'ont pratiquement pas changé.

Il faut attendre l'avènement de la révolution industrielle pour que ce « modèle » stable vole en éclats, laissant la place à un milieu géographiquement et économiquement marginalisé, ne devant sa survie, pour une grande partie, qu'au tourisme.
Si des éleveurs sont toujours en activité (et mis régulièrement sur le devant de la scène depuis quelques années avec l'affaire de la réintroduction de l'ours), ils ne sont que la survivance d'un pastoralisme autrefois dominant et ne peuvent masquer une transformation économique et sociale profonde.

L'enseignement le plus frappant de ce voyage dans l'histoire est d'ordre géographique finalement.
A savoir que la chaîne pyrénéenne ne fut pas toujours une barrière géographique pour l'homme !
A l'époque où il ne se déplaçait qu'à pied ou à cheval, les communications étaient presque aussi lentes en plaine qu'en montagne. En outre, comme les abords des rivières étaient soumis aux crues et étaient peu habités, les hommes ont évité d'établir les routes au fond des vallées...

Aussi, pendant longtemps, la montagne fut un territoire unitaire où les hommes se partageaient une culture et une vie économique commune.
Et la naissance de la frontière pyrénéenne n'a eu à cet égard que peu d'impact : en empruntant les nombreux sentiers de montagne, qui traversaient champs et villages, il n'étaient pas plus compliqué pour les habitants de la montage de se rendre en Espagne que de gagner la plaine.
Les échanges commerciaux entre la France et l'Espagne - en partie réalisés par colportage - allaient de soi, les différentes productions des deux versants se complétant : bétail, grain et vin quittaient la France pour l'Espagne, quand huile, sel et laine faisaient le chemin inverse.
Ajoutons que certains sentiers peu surveillés permettaient à une contrebande active de faire circuler bétail français et tabac, monnaie et sel espagnol, en dehors de tout contrôle douanier...
Mais les déplacements ne se limitaient pas aux marchandises : le décalage dans l'année des travaux des champs entre le nord et le sud des Pyrénées conduisait les paysans à enchaîner les « saisons ».

Les liens entre les habitants, qui impliquaient également des solidarités traditionnelles entre les populations autour du pastoralisme, n'étaient pas uniquement d'ordre économique.
Les hommes et les femmes ont longtemps partagé une vie religieuse commune, se déplaçant et participant aux mêmes fêtes et manifestations.
L'art roman est le reflet de cette unité. Il s'est épanoui sur toute la chaîne et les édifices romans étaient souvent réalisés par les mêmes artistes qui circulaient de Toulouse à la Catalogne.

Quelle était la nourriture habituelle des montagnards ?
A quoi servaient les granges ?
Qu'appelle-t-on « estive » ?
Quelles tâches de travail incombaient aux femmes ?
Pourquoi les habitants ont-ils quitté la montagne ?

Le Centre d'interprétation répond à ces questions et à de nombreuses autres, mettant en lumière ce « jadis », qui a persisté jusqu'au XIXème siècle, héritier d'une société millénaire que le pastoralisme avait façonné de manière unitaire.

A côté des explications simples et claires, des photos anciennes, des films, des maquettes raviront toutes les générations.

Abrité dans le château de Seix joliment rénové pour l'occasion, le Centre d'interprétation des vallées du Haut-Salat, moderne et savant, fournit à tous les amoureux des Pyrénées une approche indispensable – et souvent émouvante – qui permet de mieux comprendre le monde montagnard d'aujourd'hui.

Centre d'interprétation des vallées du Haut-Salat
Château de Seix (Ariège)
Tél. : 05 34 14 02 11
Office du tourisme du Haut-Couserans
Tél. : 05 61 96 00 01 (Mlle Pauline Chaboussau)
Entrée libre
Visites guidées gratuites

mercredi 13 juin 2007

L'âge d'or de la presse. Du Petit Parisien au Parisien Libéré

Le Petit ParisienAu fil de quatre billets (des 3 mai, 17 mai, 23 mai et 30 mai), nous avons suivi la conférence sur l'âge d'or de la presse au XIXème siècle tenue à la Bibliothèque nationale de France le 26 avril dernier par Philippe Mezzasalma.

Il est temps désormais de clôturer ce cycle en y ajoutant un appendice inclus dans la conférence : l'aventure exemplaire du Petit Parisien, lequel faisait partie des quatre titres, avec le Matin, le Journal et le Petit Journal qui se partageaient le lectorat sous la IIIème république.

Le Petit Parisien est créé en 1876 sous les couleurs du parti Radical. En 1880, il est racheté par un publicitaire, Paul Piégut qui inaugure une nouvelle ère avec des campagnes d'affichage, des tracts dans la rue, et, dans la veine de ce qui se pratique aux Etats-Unis, le lancement de concours.
A sa mort en 1888, Jean Dupuy poursuit dans cette direction. Il organise par exemple un concours à partir de la photographie d'une bouteille remplie de grains de blés. Les lecteurs étaient invités à deviner le nombre de grains que cette bouteille contenait. 1,5 millions de participants tentèrent leur chance !
Il organise également des référendums, par exemple sur la peine de mort : le journal reçut 1,4 millions de réponses.
Il met en place le patronage d'activités sportives, le vélo notamment.
Il lance également des souscriptions d'aides lorsque surviennent des catastrophes dans les mines.
Il organise des campagnes de vaccination gratuite pour les abonnés dans les locaux du journal ...
Il finit par écraser les concurrents, et crée même de nouveaux titres.

L'impact idéologique du Petit Parisien fut très fort sur les mentalités, sur une certaine idée de la république laïque, sur la reconquête de l'Alsace-Lorraine.

Dans l'entre-deux-guerres, le quotidien, qui possédait déjà une quinzaine de titres, rachète des journaux, prend des participations dans d'autres.
Il devient un véritable groupe.
Son ton politique est modéré et prudent. Il est réservé vis-à-vis des socialistes mais de plus en plus opposé aux conservateurs.
Beaucoup d'articles sont « signés » sous pseudonyme collectif, mais en réalité écrits par André Tardieu.

Dans les années 1930, soucieux de la menace nazie, il est obligé d'affirmer son point de vue politique. Il soutient le Front Populaire et le gouvernement Blum jusqu'en 1938.
Mais à la fin de la Guerre d'Espagne, comme La Dépêche du Midi, le journal aura un discours très virulent. Par peu du communisme il sera partisan de la chute du cabinet Blum.

Lors de la déclaration de guerre, il fait le choix de rester à Paris, de se maintenir avec la nouvelle situation. Il se retrouvera alors piégé dans la collaboration.

A la fin de la guerre, il sera totalement épuré, repris en main. Il deviendra Le Parisien libéré.

L'âge d'or de la presse
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Philippe Mezzasalma,
Département Droit, Economie, Politique
Conférence du 26 avril 2007
Bibliothèque Nationale de France

mercredi 30 mai 2007

L'âge d'or de la presse : panorama (4/4)

le petit parisienFin de la série L'âge d'or de la presse avec un petit panorama des tirages et des catégories de journaux à la fin du XIXème siècle.

La presse quotidienne nationale, qui se recoupe avec la presse quotidienne de Paris, est la presse traditionnellement la plus importante.

En 1870, elle compte 33 titres tirant à 470 000 exemplaires. Si on compte la « petite presse » (journaux satiriques et littéraires) on dénombre 600 000 exemplaires.
Vingt après, on est passé à 70 quotidiens pour un tirage total de cinq millions d'exemplaires !
Mais après 1914, les tirages déclineront.

Quant aux quotidiens de province, leurs tirages ont été multipliés par 10 entre le début de la IIIème République et 1914, pour atteindre 4 millions d'exemplaires à cette date !

Par ailleurs, différentes catégories de journaux peuvent être dressées en fonction de leur ligne politique.

La presse conservatrice : les journaux légitimistes et bonapartistes subissent le contre-coup du développement de la presse.
On ne voit pas apparaître de journal populaire conservateur. Ces journaux tiennent à un niveau littéraire très élevé, refusent de traiter les faits divers et de publier tout roman sentimental. Par ailleurs, sur un plan politique, l'église refuse dans un premier temps de s'investir dans la presse quotidienne. Enfin, les états-majors conservateurs ont un grand mépris pour le métier de journaliste ...
L'Union, France nouvelle périclitent en même temps que le mouvement royaliste.
Survivent Le Gaulois et Le Constitutionnel.

Le Figaro, créé en 1826, est un journal satirique au départ. Il devient quotidien en 1866 et bénéficie alors d'un succès incontestable, pour la qualité de ses rubriques culturelles, ses reportages, sa façon de traiter les faits divers sur un plan sociologique, son humour féroce.

La presse républicaine : la volonté de gagner l'électorat populaire par ce moyen-là entraîne la floraison de journaux peu chers à forts tirages.

Le Temps a un parti pris de neutralité mais il est considéré à l'étranger comme la voix officielle du quai d'Orsay. Les commentaires politiques, très doctes, dus notamment à la participation de rédacteurs juristes lui valent un succès certain. Il va monter en puissance et devenir le journal de la petite bourgeoisie.

Enfin, quatre grands journaux populaires se partagent le lectorat : Le Matin, Le Petit Journal, Le Petit Parisien et Le Journal.

L'âge d'or de la presse
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Philippe Mezzasalma,
Département Droit, Economie, Politique
Conférence du 26 avril 2007
Bibliothèque Nationale de France

Image : Le Petit Parisien, carte postale ancienne, série Journaux et lecteurs.

mercredi 23 mai 2007

L'âge d'or de la presse : vers de nouveaux publics (3/4)

petit journalLa presse connaît une telle révolution à la fin du XIXème siècle qu'on parle « d'âge d'or de la presse ».

Il faut souligner que d'autres progrès que ceux liés directement aux innovations techniques (voir billet De nouvelles entreprises de presse) favorisent de tels succès.

Ainsi, le développement du chemin de fer et de l'automobile, mais aussi l'extension des points de vente des quotidiens parisiens permettent un réseau de diffusion extraordinairement plus étendu et efficace.
Le Petit Parisien comptait par exemple 20 000 points de vente en 1910.

Les nouvelles conditions de fabrication permettent d'amortir les coûts assez rapidement, ce qui autorise des prix de vente plus attractifs. Les journaux républicains en particulier font le choix de prix à bon marché afin d'assurer une meilleure diffusion de leurs idées.
En 1863, est lancé le Petit journal à un sou.
Ainsi, alors que jusqu'alors les journaux étaient réservés à une clientèle d'abonnés riche et cultivée, les prix très bas permettent à cette nouvelle presse de pénétrer dans les milieux populaires.

La presse d'information générale bénéficie en outre de l'évolution de l'instruction publique dans les années 1880. Les ouvriers alphabétisés se précipitent sur ces journaux peu chers vendus dans la rue ; il n'est plus besoin de se rendre dans une bibliothèque ou une librairie pour y accéder.

Mais on peut aussi ajouter à cet engouement une raison « de fond », liée à l'actualité : le besoin d'informations au moments des conflits majeurs de la fin du siècle (affaire Dreyfus en 1894, conflits religieux).
Seul bémol à cette époque : les campagnes, où la lecture des quotidiens est moins répandue. Ce ne sera qu'après la guerre que la pratique massive des journaux s'y développera.

L'apparition de nouveaux publics plus populaires engendre la prise en compte de leurs goûts supposés : le style est simplifié, les maquettes aérées. Des jeux voient le jour, le traitement des faits divers se développe.

On assiste à de grands changements également au niveau des journalistes. Auparavant, ceux-ci se targuaient de ne pas êtres des techniciens de l'information mais des hommes littéraires. Cela étant, peu à peu les journalistes se professionnalisent. La technique du reportage apparaît, au départ simplement autour des faits divers. Va également se développer la fonction de correspondant sur place, pour « la vie en région » et, plus rarement, pour l'international (Le Temps est un des rares journaux à envoyer des correspondants à l'étranger). Enfin, signe de professionnalisation, les premiers regroupements et les premiers syndicats apparaissent à la fin du siècle.

L'âge d'or de la presse
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Philippe Mezzasalma,
Département Droit, Economie, Politique
Conférence du 26 avril 2007
Bibliothèque Nationale de France

Image : Supplément illustré du Petit Journal du 10 avril 1898, « En mer, essai de pigeons voyageurs ». Le capitaine Reynaud fait une expérience à bord du transatlantique La Bretagne reliant Le Havre à New-York, visant à apprécier les services que les pigeons voyageurs peuvent rendre à la navigation et au transport de dépêches : les essais sont satisfaisants mais le parcours que peuvent fournir les pigeons est assez limité, surtout si les conditions météorologiques sont défavorables.

jeudi 17 mai 2007

L'âge d'or de la presse : de nouvelles entreprises de presse (2/4)

voyages présidentielsSuite de la conférence à la Bibliothèque nationale de France sur l'âge d'or de la presse au XIXème siècle.

La révolution industrielle n'est pas sans influence sur le travail de fabrication des journaux.

Durant les vingt dernières années du XIXème siècle, l'évolution des machines va permettre en effet une production industrialisée. (voir billet du 11 avril 2007 sur l'histoire du livre).

La composition typographique n'est plus réalisée manuellement, ce qui fait gagner un temps considérable, sans compter, pour l'impression, l'utilisation des rotatives. Les rendements augmentent au point d'atteindre 20 000 exemplaires par heure.

Ces progrès techniques sont une révolution pour les quotidiens de Paris tout particulièrement : ils peuvent désormais sortir plusieurs éditions par jour, ainsi que des éditions de province, avec des pages, voire des colonnes différentes selon les régions.

L'accroissement de la pagination est elle aussi rendue possible : on passe du quatre pages au huit pages puis au douze pages. Ce qui veut dire qu'un nombre plus important de rubriques est désormais autorisé. Ainsi, les thèmes se diversifient, avec notamment des pages consacrées à la culture (critiques théâtrales, critiques musicales etc.).

En revanche, l'illustration pose d'autres problèmes car la gravure nécessite un temps de presse plus long. Elle sied donc mal aux quotidiens. Dès lors, les illustrations se concentrent dans les hebdomadaires : L'Illustration, Le Magasin pittoresque notamment ; ou bien dans des suppléments mensuels des journaux. Articles et illustrations ont donc généralement des supports distincts.

L'utilisation de ces nouvelles technologies nécessite des investissements considérables, donc la mise en place de véritables entreprises de presse. Celles-ci vont privilégier les moyens propres à produire un « journal moderne ».
Pour cela, il s'agit avant tout d'être proche des sources de l'information.
C'est ainsi que ces entreprises s'établissent dans des quartiers proches du pouvoir : le Petit journal s'installe rue de Richelieu, rue Lafayette et rue Cadet, Le Petit Parisien rue d'Enghien, Le Journal, rue de Richelieu également ... les localisations sont très concentrées.
Ensuite, pour avoir les informations en direct, il faut disposer du télégraphe (le reportage est tout juste en train de naître).
Enfin, les bâtiments des entreprises de presse abritent à la fois l'administration, les archives, les salles de rédaction, mais aussi leurs imprimeries. Certains iront même jusqu'à créer leur papeterie, comme le Petit journal.

L'âge d'or de la presse
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Philippe Mezzasalma,
Département Droit, Economie, Politique
Conférence du 26 avril 2007
Bibliothèque Nationale de France

Image : album de la série Voyages présidentiels illustrés par Paul Boyer, photographe officiel de la Présidence (Sadi Carnot) : série de planches photographiques simplement légendées (1889, E. Dentu, libraire et éditeur de la société des gens de lettres à Paris).

jeudi 3 mai 2007

L'âge d'or de la presse : la liberté de la presse (1/4)

liberté de la pressePour continuer l'histoire du livre initiée il y a plusieurs mois, on explore aujourd'hui un phénomène un peu à part avec l'âge d'or de la presse.

A part puisque, si le journal fait partie du champ éditorial, il s'en diffère toutefois par son caractère éphémère – il s'agit de diffuser l'information d'un événement – et une forme matérielle elle aussi forcément éphémère.
Son matériau de qualité médiocre fit d'ailleurs qu'il fut pendant longtemps inconcevable de chercher à le conserver.

On parle de l'âge d'or pour la période allant de 1880 à la première Guerre Mondiale, années durant lesquelles la presse connut des bouleversements sans précédent.

La révolution industrielle y est pour beaucoup avec l'arrivée des rotatives qui permettent la mécanisation de métiers qui étaient jusqu'alors artisanaux.

Mais c'est aussi au niveau des contenus que la révolution s'opère.

Son premier déclencheur est la levée d'un obstacle juridique de taille : le contrôle très serré qui s'exerçait sur la presse sous le Second Empire.

Le 29 juillet 1881 est votée la loi sur la liberté de la presse. Il s'agit de la première des grandes lois de la III° République sur les libertés publiques.

Sont ainsi supprimées toute une série de textes liberticides, les autorisations diverses, au premier chef desquelles l'autorisation de publication.
Les mesures administratives sont également simplifiées : seule la déclaration a posteriori du titre et de ses principales caractéristiques est désormais exigée.

Sont également instituées les libertés de l'affichage et celle de la vente sur la voie publique. Cette dernière nouveauté n'est pas sans importance car elle permettra une diffusion des journaux non plus seulement sur abonnement mais également par colportage et ensuite dans les kiosques.

C'est donc un carcan incroyable qui est levé grâce à cette loi. Il n'y a d'ailleurs qu'à consulter les journaux de l'époque, que ce soit La Croix, Le Figaro ou autres, pour être frappé par la violence des propos ...

L'âge d'or de la presse
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Philippe Mezzasalma,
Département Droit, Economie, Politique
Conférence du 26 avril 2007
Bibliothèque Nationale de France

Image : L'Aurore du 13 janvier 1896

mercredi 2 mai 2007

L'histoire du livre au XIX° siècle. De nouvelles stratégies de diffusion (4/4 )

affiche librairieProduction industrialisée, essor des tirages, évolution des contenus, apparition des "éditeurs", la révolution que connaît le livre au XIX° siècle se manifeste également dans de nouveaux modes de diffusions, de nouvelles techniques de vente.

En trente ans, entre 1870 et la fin du siècle, le réseau traditionnel de colportage, hérité de l'Ancien Régime, va disparaître.

Les librairies, de leur côté, évoluent considérablement : on passe du comptoir auquel on doit s'adresser et qui empêche de circuler entre les rayons, à des librairies d'un type complètement neuf, où les clients peuvent circuler librement, feuilleter les libres exposés sur des tables... Il s'agit d'un nouveau monde du commerce, un monde de sociabilité , où on peut rentrer pour acheter, ou ne pas acheter.
C'est toute l'ambiance que Zola a décrite dans Le Bonheur des Dames.

Les libraires se mettent à afficher des publicités de livres (les lithographies mises au point par Jules Chéret notamment). Les catalogues se transforment, pour devenir de véritables vitrines de l'offre de livres.

Les éditeurs peaufinent également leur stratégie pour vendre directement au client. Ils promettent par exemple des cadeaux de fidélité à ceux qui achèteront une série complète (flacon de parfum, montre ...).
Bien entendu, ces procédés déclencheront l'ire des libraires ...

A côté des "nouvelles" librairies, subsistent les cabinets de lecture, institués au XVIIème siècle. Ce sont des boutiques de livres, qui permettent soit d'acheter, soit d'emprunter, soit de lire sur place un livre.
Cabinets privés, ils sont en général tenus par des libraires. Leur clientèle est constituée de la petite bourgeoisie, artisans, commerçants, rentiers modestes. Leur offre fait une belle part au roman, leurs horaires sont très étendus ; ils ont joué un grand rôle dans le développement de la lecture à une époque où les bibliothèques ne pouvaient proposer une offre suffisante.

Mais ces lieux, tout comme le colportage, étaient considérés comme dangereux par les autorités, car on y trouvait "le meilleur comme le pire".
Les pouvoirs publics se sont alors servi des écoles, des instituteurs et des enfants, pour mettre en place les bibliothèques d'école et y diffuser des livres spécialement édités pour cet usage ...

Nouveau livres, nouveaux publics au XIX° siècle.
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence d'Eve Netchine,
Service de l'inventaire rétrospectif
Conférence du 5 avril 2007
Bibliothèque Nationale de France

Image : Librairie Sagot, lithographie de Jules Chéret (1891)

mercredi 25 avril 2007

L'histoire du livre au XIX° siècle. L'essor de la production (3/4)

manuel Roret du ParfumeurAu cours du XIX° siècle, période de la "deuxième révolution" du livre, la production connait un essor considérable et dans le même temps se renouvelle.

Jusqu'au début du XIX°, le tirage moyen d'un livre se situe entre 1000 et 1500 exemplaires, sauf pour certains livres religieux comme les livres de messe par exemple.

Au milieu du siècle, grâce aux collections à bon marché, les ouvrages d'Eugène Sue Les mystères de Paris et Le juif errant seront tirés à 60 000 exemplaires.

Ces tirages s'accompagnent de l'émergence d'une forme nouvelle : la publication en feuilletons...

Mais toutes les œuvres qui font aujourd'hui l'image du XIX° s. n'ont pas connu de tels succès : Le Rouge et le Noir, par exemple, n'est tiré qu'à 750 exemplaires !

Par ailleurs, les contenus sont profondément renouvelés.

Certains domaines sont restés traditionnels, comme l'édition religieuse, dont la production a augmenté comme les autres secteurs, mais a diminué en importance relative. Mais leurs éditeurs ont complété leur production par de la littérature scolaire ainsi que de la littérature pour enfants, bien pensante.
Le domaine de l'histoire a dû résister en tournant ses productions vers les mémoires. Michelet n'a connu de grands tirages que grâce à la publication dans des collections à bon marché.

Dans la littérature, on assiste également à un reclassement des contenus : la poésie perd du terrain ; le théâtre se maintient jusqu'à la fin du XIX° siècle. Mais la production majeure concerne désormais le roman.

Cette période va assister à la floraison d'un nouveau genre : la littérature pratique. Les manuels Roret seront très répandus, tels le Nouveau manuel du limonadier, du glacier, du chocolatier et du confiseur ou encore le Manuel complet de la cuisinière bourgeoise...

Suite et fin la semaine prochaine avec les nouvelles stratégies de diffusion du livre ...

Nouveau livres, nouveaux publics au XIX° siècle.
Bibliothèque Nationale de France
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence d'Eve Netchine,
Service de l'inventaire rétrospectif
Conférence du 5 avril 2007

Image : Manuel du Parfumeur, Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour, Manuels Roret, Libr. Encyclopédique Roret, 1825

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