Jaques Brel
disparaissait voici trente ans, le 9 octobre 1978 exactement. Il nous a laissé
des chansons lyriques et inoubliables sur l'amour, l'amitié, la vieillesse, la
mort.
Après avoir vécu des débuts difficiles, Brel a connu une gloire
éclatante ; mais il a vite arrêté la chanson et s'est lancé dans le
cinéma. Puis il s'est retiré aux Marquises, y a mis sa personne et son avion au
service des autochtones, avant de s'éteindre pour y reposer à jamais, aux côtés
de Paul Gauguin.
De ses chansons, le grand Jacques disait que sur quatre-cent-quarante, il y en
avait peut-être trois qui se lisaient. Évidemment, ceci est faux, surtout
lorsqu'elles sont accompagnées de dessins, comme ces Bigotes drôlement
bien croquées, qui "vieillissent à petits pas / de petits chiens en petits
chats... s'embigotent les yeux baissés / comme si Dieu dormait sous leurs
chaussures..." jusqu'à ce qu'elles "cimetièrent à petits pas / au
petit jour d'un petit froid"...
Le fils de bourgeois qui a fui l'entreprise cartonnière familiale pour
embrasser l'art, l'éternel intranquille pris par l'urgence de vivre n'émoussait
pas sa plume lorsqu'il pointait les tièdes qui se tiennent au chaud, "le
cœur au repos, les yeux bien sur terre... entre notaires, on passe le
temps...".
Oui, ses chansons se lisent et en outre s'illustrent, car elles sont des poèmes
poignants et sans âge comme ce Tango funèbre :
"Ah, je les vois déjà, compassés et frileux, suivant comme des
artistes
Mon costume de bois
Ils se poussent du coeur
Ils se poussent du bras
Pour être le plus premier
Pour être le plus triste
Z'ont amené des vieilles
Qui ne me connaissaient plus
Z'ont amené des enfants
Qui ne me connaissaient pas
Pensent au prix des fleurs et trouvent indécent
De ne pas mourir au printemps
Quand on aime le lilas..."
A redécouvrir dans :
Chansons de Jacques Brel en bandes dessinées
Editions petit à petit
96 p., 15 €
Contenu de l'album :
La Fanette, par David Signoret
Ne me quitte pas, par Antoine Ronzon
Les Bigotes, par Kevin Henry et Julien Lamanda
Les Bourgeois, par Olivier Martin
Au suivant, par Benoît Frébourg
Les Bonbons, par Heidi Jacquemoud
Jef, par Marie Terray
Mathilde, par Kevin Henry et Christine Circosta
Le Tango funèbre, par Nathalie Bodin
Ces Gens-là, par Olivier Desvaux
Jaurès, par Chandre et Manolo Prolo
Pourquoi se priver de célébrer, comme tout
un chacun, les trente ans de la disparition de Claude François... mais en BD
?
Alors que les rues de Montmartre sont
banalement fréquentées par des pupazzi de pacotille, en haut de la
Tour des Miracles vivent Corne d'Auroch, Courte-Patte et autre Huon de la
Bièvre.
En se baladant sur les routes de l'Ariège,
on ne peut louper, juste avant d'arriver à Saint-Girons, sur le coteau de la la
rive droite du Salat, la petite ville de Saint-Lizier.
La force et la pérennité des grandes
chansons tient notamment aux images qu'à partir de quelques mots elles font
surgir dans notre esprit.
Suite et fin de la visite du bel espace
Georges Brassens (
L'Espace
Georges Brassens a rouvert ses portes le 1er décembre dernier après avoir été
totalement rénové.