Le château de Seix, Centre d'interprétation des vallées du Haut-Salat
Par Mag le mardi 30 octobre 2007, 08:00 - Histoire et civilisations - Lien permanent
Comment les hommes et les femmes vivaient
autrefois dans le Haut-Couserans et plus largement dans les Pyrénées, à
l'époque où n'existaient ni routes ni automobiles ?
En parcourant le passionnant Centre d'interprétation des vallées du
Haut-Salat au château de Seix (Pyrénées ariégeoises), on
réalise que pendant des siècles, les modes de vie pyrénéens n'ont pratiquement
pas changé.
Il faut attendre l'avènement de la révolution industrielle pour que ce
« modèle » stable vole en éclats, laissant la place à un milieu
géographiquement et économiquement marginalisé, ne devant sa survie,
pour une grande partie, qu'au tourisme.
Si des éleveurs sont toujours en activité (et mis régulièrement sur le devant
de la scène depuis quelques années avec l'affaire de la réintroduction de
l'ours), ils ne sont que la survivance d'un pastoralisme autrefois dominant et
ne peuvent masquer une transformation économique et sociale profonde.
L'enseignement le plus frappant de ce voyage dans l'histoire est d'ordre
géographique finalement.
A savoir que la chaîne pyrénéenne ne fut pas toujours une barrière
géographique pour l'homme !
A l'époque où il ne se déplaçait qu'à pied ou à cheval, les communications
étaient presque aussi lentes en plaine qu'en montagne. En outre, comme les
abords des rivières étaient soumis aux crues et étaient peu habités, les hommes
ont évité d'établir les routes au fond des vallées...
Aussi, pendant longtemps, la montagne fut un territoire unitaire où les
hommes se partageaient une culture et une vie économique
commune.
Et la naissance de la frontière pyrénéenne n'a eu à cet égard que peu
d'impact : en empruntant les nombreux sentiers de montagne, qui
traversaient champs et villages, il n'étaient pas plus compliqué pour les
habitants de la montage de se rendre en Espagne que de gagner la plaine.
Les échanges commerciaux entre la France et l'Espagne - en partie
réalisés par colportage - allaient de soi, les différentes productions
des deux versants se complétant : bétail, grain et vin quittaient la
France pour l'Espagne, quand huile, sel et laine faisaient le chemin
inverse.
Ajoutons que certains sentiers peu surveillés permettaient à une contrebande
active de faire circuler bétail français et tabac, monnaie et sel espagnol, en
dehors de tout contrôle douanier...
Mais les déplacements ne se limitaient pas aux marchandises : le décalage
dans l'année des travaux des champs entre le nord et le sud des Pyrénées
conduisait les paysans à enchaîner les « saisons ».
Les liens entre les habitants, qui impliquaient également des
solidarités traditionnelles entre les populations autour du
pastoralisme, n'étaient pas uniquement d'ordre économique.
Les hommes et les femmes ont longtemps partagé une vie religieuse commune, se
déplaçant et participant aux mêmes fêtes et manifestations.
L'art roman est le reflet de cette unité. Il s'est épanoui sur
toute la chaîne et les édifices romans étaient souvent réalisés par les mêmes
artistes qui circulaient de Toulouse à la Catalogne.
Quelle était la nourriture habituelle des montagnards ?
A quoi servaient les granges ?
Qu'appelle-t-on « estive » ?
Quelles tâches de travail incombaient aux femmes ?
Pourquoi les habitants ont-ils quitté la montagne ?
Le Centre d'interprétation répond à ces questions et à de nombreuses autres, mettant en lumière ce « jadis », qui a persisté jusqu'au XIXème siècle, héritier d'une société millénaire que le pastoralisme avait façonné de manière unitaire.
A côté des explications simples et claires, des photos anciennes, des films,
des maquettes raviront toutes les générations.
Abrité dans le château de Seix joliment rénové pour l'occasion, le Centre
d'interprétation des vallées du Haut-Salat, moderne et savant, fournit
à tous les amoureux des Pyrénées une approche indispensable – et souvent
émouvante – qui permet de mieux comprendre le monde montagnard
d'aujourd'hui.
Centre
d'interprétation des vallées du Haut-Salat
Château de Seix (Ariège)
Tél. : 05 34 14 02 11
Office du tourisme du
Haut-Couserans
Tél. : 05 61 96 00 01 (Mlle Pauline Chaboussau)
Entrée libre
Visites guidées gratuites