Musée de l’Arles et de la Provence antiques
Par Andreossi le mercredi 14 mai 2008, 21:24 - Histoire et civilisations - Lien permanent
Lorsque les habitants de l’Arles du
deuxième siècle (Arelate) devaient aller assister aux courses de char,
ils quittaient le haut de la ville pour cette zone de marais en bord de Rhône
où venait d’être construit le cirque.
Quel cirque ! On a enfoncé 28 000 pieux de bois dans le marais pour
stabiliser une piste qui faisait son kilomètre de boucle. 20 000 spectateurs
s’entassaient pour hurler les noms de leurs favoris.
Le visiteur d’aujourd’hui fait le même chemin pour rejoindre le Musée, sans les
marais, sans la foule (s’il s’agit d’un jour de février), mais avec quelques
traces du cirque.
Le bâtiment qui protège les collections antiques est nettement moderne, et on
aimerait que le lien avec la ville soit mieux dessiné par l’urbaniste. Mais
l’intérieur est vaste, les grosses pierres y sont à l’aise, les grandes
mosaïques s’y étalent sans complexe, on peut y flâner sans qu’aucune cloison ne
vienne rompre l’errance.
On s’arrêtera ainsi au hasard de la séduction de l’objet : cette grande
danseuse en bas relief dont le mouvement rappelle Botticelli, est-elle vraiment
en pierre ? Les amours de Leda et de son cygne ne devraient-ils pas être
plus discrets ? Quel drame nous crie cet acrotère en calcaire ?
Quelle procession suivent ces pères qui tiennent leurs enfants par la main ou
les portent sur les épaules ? Le colis que ces esclaves serrent sera-t-il
assez bien ficelé ? Le Christ assis sous la galerie arrivera-t-il à
convaincre ceux qui l’écoutent ? (le troisième à sa gauche semble
nettement s’assoupir).
On peut apprendre aussi beaucoup de
choses sur la vie dans une colonie romaine, en particulier par les maquettes,
patiemment réalisées, qui nous montrent par exemple la façon dont le
velum protégeait les 20 000 spectateurs du soleil, dans
l’amphithéâtre. Ou celle de la meunerie hydraulique de Barbegal, véritable
industrie minotière qui produisait jusqu’à quatre tonnes et demie de farine par
jour.
Les monuments antiques ne sont pas morts avec la fin de l’empire romain. Une
gravure nous montre d’ailleurs l’amphithéâtre au Moyen-Âge : il est devenu
forteresse, les maisons ont été construites sur l’arène et les gradins, et des
tours défensives ont surmonté le niveau d’origine. Ces Arlésiens d’alors
n’hésitent pas à s’exposer à travers leurs œuvres, et nous semblent si
proches.
Musée de
l’Arles et de la Provence antiques
Presqu’île du cirque romain - Arles (13)
Tél. : 04 90 18 88 88
Du 1er avril au 31 octobre TLJ de 9 h à 19 h
Du 2 novembre au 31 mars TLJ de 10 h à 17 h
Entrée 5,5 € (TR 4 €)