Copacabana. Marc Fitoussi
Par Mag le mercredi 1 septembre 2010, 21:00 - Cinéma - Lien permanent
C'est sous le ciel gris de Tourcoing
que Babou l'exubérante, la pétillante, la colorée a fini par poser ses valises
avec sa grande fille, après l'avoir trimballée sur tous les continents.
Esméralda, lassée de l'épuisante fantaisie de sa mère, étudiante sage, aspire
au bonheur conjugal bien rangé avec un jeune cadre commercial insipide.
Elle annonce son projet à sa mère et, dans le même élan, lui intime de ne pas
venir à son mariage : trop délurée, trop fauchée, pas présentable. Blessée
au vif malgré son infaillible répartie, Babou part travailler à Ostende pour
prouver à sa fille qu'elle est capable de gagner sa vie comme tout le monde et
de payer sa part du mariage.
Babou l'ex-baba à Ostende hors saison (ciel blanc et tourisme vieillissant),
en train de vendre des appartements en multipropriété (coquette illustration
des arnaques du capitalisme), pour une société qui en matière de gestion des
ressources humaines ne recule devant rien pour placer sa camelote via des
salariés aux abois (mensonges, humiliations, compétition sauvage) : la
situation est pour le moins cocasse. La comédie fonctionne à merveille.
Isabelle Huppert, dont on connaît l'étendue du talent dans le registre
dramatique, s'avère tout aussi à son aise dans celui de l'humour.
Elle campe un personnage guidé par ses seuls désirs et plaisirs, en apparence
égocentrique, mais dont la générosité profonde se dessine peu à peu. Sa fille –
dans le film comme à la ville – Lolita Chammah, joue Esméralda avec beaucoup de
justesse, jeune femme à la fois effacée, en colère et très aimante. Les seconds
rôles, féminins (Aure Atika, Noémie Lvovsky, Magali Worth) comme masculins
(Luis Rego en particulier) participent de la totale incarnation de cette
histoire improbable, mais dont les ressorts affectifs, économiques et sociaux
sont criants de vérité.
Copacabana
Un film français de Marc Fitoussi
Avec Isabelle Huppert, Lolita Chammah, Aure Atika, Noémie Lvovsky, Magali
Worth, Luis Rego
Durée 1 h 47
Sorti le 7 juillet 2010