Jacqueline Kiang. Sentiers insoupçonnés
Par Mag le dimanche 19 février 2012, 15:48 - Peinture et arts graphiques - Lien permanent

Frédéric Moisan est un galeriste parisien dont on aime suivre les choix, tant les artistes qu'il expose présentent dans leur diversité et celle de leurs supports une grande cohérence. L'on a pu admirer dans sa galerie par exemple les photos de François Sagne, les œuvres sur papier de Denis Polge, les photos retravaillées de Bernard Guillot... Des artistes reliés entre eux par un même fil, celui de la poésie et de la rêverie.
Jacqueline Kiang, que Frédéric Moisan présente pour la deuxième fois, appartient bien à cette lignée. Cette femme aux longs cheveux gris, élégante et naturelle, peau fine et attaches délicates, explique avec sa gentillesse et sa courtoisie extrêmes que si son âge ne lui permet plus de voyager comme autrefois, c'est à travers son art qu'elle le fait désormais et retrouve de beaux souvenirs.
Son accent new-yorkais natal semble s'être mâtiné au fil du temps d'autres
influences. Avant même de lui demander lesquelles, ses œuvres nous mettent sur
la voie de l'Italie, où elle a effectivement vécut de
nombreuses années et qui l'on profondément marquée.
Ses œuvres sur papier - une quarantaine est actuellement visible sur les murs
de la galerie - associent différentes techniques (éléments gravés, collages,
aquarelle, gouache, encre...) pour former des compositions extrêmement
équilibrées, solides malgré leur apparente légèreté et leur petit format de 40
cm x 30 cm.
Elles "installent" d'emblée le regard, sollicitant l'imagination tant
par leurs splendides couleurs nuancées que par leurs formes, composant
des ensembles aux approches multiples.
Si les titres ou les inscriptions de certaines œuvres sont des hommages
directs à l'Italie, le pinceau de Jacqueline Kiang parle aussi de lui-même,
choisissant une palette lumineuse d'ocres, de mauves, de bleus méditerranéens
qui parfois autour d'espaces blancs font place à davantage de clarté encore,
quand les formes évoquent tour à tour la densité architecturale, la légèreté du
linge, la transparence de l'air et de l'eau.
Outre la palette impressionniste, l'on retrouve aussi la délicatesse
orientale et la minutie ornementale des miniatures : nul doute
que ce que Jacqueline Kiang, aujourd'hui installée à Paris, restitue sur le
papier est une vie extraordinairement riche en observation, en rencontres, et
en amour de la beauté.
Jacqueline Kiang
Sentiers insoupçonnés
Technique mixte sur papier
Galerie Frédéric Moisan
72, rue Mazarine - Paris 6ème
Du mardi au samedi de 11 h à 19 h
Ouvert exceptionnellement pendant l'exposition les dimanches de 15h30 à 19
h
Jusqu'au 3 mars 2012
Entrée libre
Durant l'exposition, Frédéric Moisan présente dans un espace de sa galerie un accrochage de ses artistes permanents.
Image : Secrets d'automne, 2010, technique mixte sur
papier