Monumenta 2012 - Daniel Buren
Par Mag le dimanche 13 mai 2012, 17:30 - Installations et sculpture - Lien permanent

Monumenta 5ème, c'est parti !
Après Anselm
Kiefer en 2007, Richard Serra
en 2008, Christian
Boltanski en 2010 et Anish Kapoor en
2011, c'est au tour de Daniel Buren d'investir la nef du Grand Palais jusqu'au
21 juin 2012.
Il faut profiter de l'une de ces belles journées que nous avons enfin en ce
moment à Paris pour aller découvrir Excentrique(s), tant la lumière et
la couleur du ciel y jouent un rôle important.
Peu étonnant finalement de la part d'un artiste qui a fait du "travail
in situ" sa spécialité, produisant essentiellement des installations
éphémères absolument conçues pour un lieu précis, Daniel Buren semble, avec le
recul, être celui qui jusqu'à présent s'est le mieux approprié le volume du
Grand Palais.
Plus étonnant en revanche : il n'a pas joué sur la monumentalité de
l'espace. Pas uniquement en tout cas. Cela ne veut pas dire que
Excentrique(s) est plus ou moins séduisante que les installations de
ses prédécesseurs, c'est plutôt qu'elle nous fait percevoir la nef sous un jour
nouveau.
Point d'importance, il est le premier à avoir fait déplacer l'entrée. Au lieu d'accéder directement sous la grande coupole comme nous y invite l'entrée principale côté rue, Daniel Buren nous fait entrer par une petite porte placée en bout de bâtiment, côté nord : il y a une approche, une progression ; l'invite à la découverte et à la balade est manifeste.
Autre surprise, que renforce ce premier point : l'installation
surbaisse extraordinairement le plafond ! Ce sont quelques 350 cercles de
plastique coloré, bleu, jaune, orange, vert, reliés les uns aux autres, qui,
placés à quelques mètres à peine du sol couvrent la totalité de l'espace
excepté celui de la coupole centrale. Ces ronds de cinq diamètres différents
sont simplement soutenus par des piliers légers blancs et noirs, formant une
sorte de forêt de parasols qui laisseraient passer la lumière...
Lorsque l'on gagne le centre, le "ciel" se dégage entièrement (Daniel Buren
évoque une "clairière") et l'on profite pleinement de la hauteur de la
nef, dont la verrière, à cet endroit, se trouve partiellement colorée de bleu,
en une sorte de damier.
Rendant l'aspiration vers le haut plus saisissante encore, (ici l'artiste parle
de "montgolfière"), de grands miroirs ronds disposés sur le sol, sur
lesquels l'on peut marcher librement, permettent aussi de percevoir cette
fameuse hauteur de 45 mètres... sous ses pieds ! Vertige garanti.
Éminemment ludique, paradis des grands et des petits enfants, l'installation
livre de merveilleux jeux de couleurs dès que le soleil déborde des
nuages : les ronds projetent leurs teintes "pop" sur le sol de béton, sur
les piliers noirs et blancs qui du coup se nuancent délicatement, et sur les
visiteurs bien sûr...
L'ambiance est chaleureuse et ensoleillée sous le jaune et le orange, aquatique
sous le bleu, un peu étrange sous le vert. Le tout alterne joyeusement ;
la nef du Grand Palais a perdu son caractère monumental un peu intimidant, pour
devenir un lieu où l'on se sent protégé, mais sans rien perdre de sa liberté,
sans rien perdre non plus de l'immense volume d'air sous la voûte centrale ni
de la fantastique ouverture céleste de la verrière. Un sacré challenge, et une
grande réussite !
Excentrique(s), travail in situ
Daniel Buren
Monumenta 2012
Nef du Grand Palais, porte nord - Paris 8ème
TLJ sf le mar., de 10 h à 19 h le lun. et le mer. et jsq minuit du jeu. au
dim.
Entrée 5 €
Jusqu'au 21 juin 2012