Yutaka Takanashi à la Fondation HCB à Paris
Par Mag le samedi 14 juillet 2012, 09:35 - Photo - Lien permanent
Plus que deux semaines
pour découvrir l'exposition consacrée à Yutaka Takanashi, photographe né à
Tokyo en 1935 et l'un des plus importants du XXème siècle japonais.
Pour cette première en France réunissant plus de quatre-vingt clichés, la
Fondation Henri Cartier-Bresson présente des séries majeures de l'artiste.
Au premier étage, Toshi-e (Vers la ville) est composée de
photos en noir et blanc de formats assez réduits, datées de 1965 au début des
années 1970 : comme prises sur le vif (Takanashi en a pris beaucoup en
roulant en voiture), elles se caractérisent par leur cadrage audacieux, leurs
contrastes forts et parfois leur flouté. En cela, elles sont bien
représentatives du mouvement de la photographie japonaise à cette époque, et
dont Yutaka Takanashi fut l'un des précurseurs. Fondateur après les
contestations de 1968 (contre la guerre du Viêt Nam notamment) de la revue
Provoke, il fit évoluer avec quelques autres la photographie
documentaire loin de ses canons classiques en lui imprimant une marque plus
brute et plus spontanée. Si Provoke s'est dissoute dès 1970 après la
publication de son 3° numéro, le travail de Takanashi sur la ville et ses
environs fut rassemblé dans Toshi-e, un très beau livre publié en 1974
et qui fera date.
L'on y perçoit tout un environnement en mutation, ville et abords, engagé dans
une modernisation qui parfois semble laisser l'homme livré à lui-même. D'autres
fois, le photographe s'attarde sur des détails que l'on dirait insignifiants,
pour en souligner la poésie.
Les séries Machi (La
ville) et Golden-gai Bars exposées au deuxième étage sont
peut-être plus émouvantes encore, bien qu'elles ne montrent que des lieux. Mais
c'est peut-être aussi le contraste entre les deux parties de l'exposition qui
contribue à cette émotion. Il s'agit ici de photos en couleurs de plus grands
formats, prises au milieu des années 1970 et au début des années 1980 dans des
quartiers populaires et traditionnels de Tokyo : boutiques, bars, échoppes
d'artisans.
La définition des images est d'une netteté somptueuse (elles sont prises à la
chambre et non plus au Leica) et leur teinte ambrée participe de cette beauté.
Nous sommes cette fois face à ce qui est resté, dans une certaine fixité du
temps qui colore ce travail d'une dimension nostalgique. L'on pense soudain à
la manière dont Raymond Depardon a photographié la France il y a
quelques années, montrant parfois des lieux qui paraissaient inchangés depuis
les années 1950, alors que la série Toshie-e faisait elle plutôt
penser aux Américains de
Robert Frank.
Yutaka Tkanashi
Fondation Henri
Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis, Paris 14e (M° Gaîté)
Du mar. au dim. de 13 h à 18 h 30, le sam. de 11 h à 18 h 45, nocturne le
mer.
Entrée de 6 € et 4 €
Jusqu'au 29 juillet
Catalogue, 92 pages, Editions Toluca, 38 €.
Images : Gare de Tokyo, quartier de Chiyoda, 1965, crédits YUTAKA
TAKANASHI/Galerie Priska Pasquer, Cologne
Et Yutaka Takanashi / Courtesy Alexis Fabry (Toluca Editions),
Paris