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Tag - Amérique Latine

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dimanche 22 mars 2009

Les 21e Rencontres Cinémas d'Amérique latine à Toulouse

Rencontres des cinemas d'Amerique latine de Toulouse 2009Les Rencontres des Cinémas d'Amérique latine ont démarré ce vendredi jour du printemps et se déroulent jusqu'au dimanche 29 mars à Toulouse.

Conformément à une tradition désormais bien établie, elles seront l'occasion de distinguer les films les plus marquants de la production cinématographique contemporaine venue d'Amérique latine, avec :

- le Grand Prix Coup de cœur et le Prix du Public Intramuros (sept longs métrages inédits en France),
- le Prix Découverte de la Critique Française de Cinéma et ceux des Cheminots Cinéphiles (six premiers films inédits en France),
- le Prix de la FIPRESCI (premiers films),
- le Prix Signis, qui récompensera l'un des sept documentaires en compétition,
- les prix Courtoujours du CROUS et Signis des meilleurs courts-métrages.

Egalement au programme de ces 21e Rencontres :
- Otra mirada / Autre regard : un zoom sur des longs-métrages repérés pour leur traitement formel original
- Un panorama de la production récente, présentée pour la première fois à Toulouse
- Une rétrospective sur le documentaire chilien post-dictature
- Un hommage aux cinquante ans de cinéma cubain, lancé grâce à la naissance de l'Institut Cubain de l'Art et de l'Industrie en mars 1959
- Un retour sur le Jeune cinéma argentin, vague novatrice apparue il y a une dizaine d'années
- Des sélections spéciales pour le jeune public
- Les rendez-vous des professionnels : Cinémas en Construction pour aider des films en post-production, Cinéma en Développement, plateforme de projets et Cinéma sans Frontière, nouvelle initiative pour promouvoir la diffusion des œuvres, soutenue par l'Union Européenne et qui permettra à une trentaine de professionnels d'Europe et d'Amérique latine de se réunir et d'échanger.

Et bien sûr, cette très sympathique manifestation fait la part belle aux rencontres - à la librairie Ombres Blanches notamment -, aux débats, aux concerts, sans oublier le tango avec projection de films, démonstration et... initiation.

Toutes les infos sur
le site de l'Association Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse
Et aussi :
Peliculas, le journal sur Mediapart
Le blog sur arte.tv

vendredi 28 mars 2008

Les 20èmes Rencontres cinémas d'Amérique Latine de Toulouse

Les 20èmes rencontres cinémas d'Amérique Latine de Toulouse Depuis vingt ans désormais, les Rencontres invitent le public à la découverte de la création cinématographique contemporaine, mais aussi à revisiter le patrimoine de l'Amérique Latine à travers les grands réalisateurs qui ont marqué le siècle dernier.

Ouverture de la manifestation ce soir à la Cinémathèque de Toulouse avec la projection en avant-première de Maré, nossa historia de amor de Lúcia Murat (Brésil, 2007).
A signaler, parmi la large programmation qui s'étendra jusqu'au jusqu'au 6 avril :
- dimanche 30 mars, Limite (Brésil, 1931), film muet de Mário Peixoto, plongée dans les fantasmes et angoisses de trois jeunes gens à la dérive au milieu de l'océan. Sa restauration n'aurait pas été possible sans le travail d'archivistes obstinés et l'implication de Walter Salles (le réalisateur de Carnets de voyage), permettant ainsi sa projection en mai dernier lors du 60ème Festival de Cannes.
- jeudi 3 avril, A pedra do reino de Luis Fernando de Carvalho (Brésil, 2007), film fleuve de 3 h 48 qui raconte les mémoires familiales du vieux clown Quaderna. Petit événement technologique aussi puisqu'il s'agira de la 1ère projection en HD numérique de la ville rose...

Le 5 avril, sept prix seront décernés, dont le Grand Prix Coup de Coeur ; sélection de sept longs-métrages dans laquelle le public toulousain choisira également "son" film avec le Prix du Public Intramuros.

Et comme chaque année depuis 7 ans à Toulouse, mais aussi au Festival International de Donostia-San Sébastian, Cinéma en construction réunira des professionnels pour désigner le projet cinématographique en cours qui recevra une aide pour sa finalisation.
Lors du dernier Festival de Cannes, six films issus de Cinéma en construction étaient ainsi présents dans différentes sections, dont El bano del Papa de Enrique Fernández et César Charlone, en ce moment à l'affiche, El Asaltante de Pablo Fendrik (présenté en avant-première mercredi 2 avril), ou encore Párpados azules de Ernesto Contreras.

Programme complet, sélections et ensemble des manifestations :
20èmes Rencontres cinémas d'Amérique Latine de Toulouse

Et sur les 19èmes Rencontres :
billet du 15 mars 2007
Voir aussi le palmarès

mardi 27 mars 2007

Familia Tortuga. Rubén Imaz Castro

 Un vieil homme cherche un animal dans un jardin, ne le trouve pas.
Il rentre, fait le tour de la maison, entrouvre les portes des chambres encore occupées, énumère pour lui-même les tâches à faire et prononce le prénom de chacun des siens.

Puis il se met à préparer le petit-déjeuner.
Petit à petit, chacun des membres de la famille passe ou s'arrête dans la cuisine, qui est désormais celle de Manuel - comme toute la maison d'ailleurs : depuis la mort de la mère un an plus tôt, c'est le vieil oncle Manuel qui prend en charge la bonne marche du foyer.
Apparaissent donc le fils, José, adolescent, puis Luisa, l'aînée, dix-huit ans peut-être ; beaucoup plus tard, le père.

La journée qui ainsi commence et sera le temps du film, n'a rien de particulier, si ce n'est qu'elle est la veille des "un an de maman", comme le dit l'un des personnages : le premier anniversaire de la mort de la mère.
De cette disparition, on ne saura rien. De cette soeur, épouse, mère, on ne parlera pas.

Car chacun sort de la maison pour se plonger dans ses soucis et joies personnels : plutôt que d'aller en cours, Luisa préfère rejoindre son fiancé, petit dealer qui ne sait pas le cœur tendre qu'il tient entre ses bras ; José pousse dans son adolescence ; le père tente de se tirer de sa situation financière délicate ; Manuel s'affaire sans relâche à la maison.
Tous vont et viennent, s'activent, chacun à sa manière et à son rythme ; parlent peu et ne se livrent jamais.
Mais ces personnages expriment une palette de sentiments et d'émotions subtile, une tristesse qui se tait et, pudique, se dissimule derrière une vie bien remplie et parfois gaie.
Une gravité qui cohabite avec une soif de vivre, de se construire - pour les enfants -, de reconstruire - pour le père - de continuer - pour le vieil oncle, pour n'apparaître qu'au détour d'un geste, d'un regard, d'un mot.

Avec la famille "tortue" - métaphore aux multiples facettes, toile de fond du film dont la trame reste toujours très fine -, Ruben Imaz crée d'un trait léger et délicat un univers, une ambiance, des personnages. Ils sont tous formidablement bien interprétés. Luisa Pardo, dans le rôle de la fille, est impressionnante, Dagoberto Gama, dans celui du père, excellent (il jouait le rôle du capitaine amateur de musique dans El Violin), tout comme Manuel Plata López (qui est le propre oncle du réalisateur).
Épargnant au spectateur toute démonstration, Ruben Imaz le fait entrer dans son monde et l'y attache par une force d'évocation des sentiments parfaitement maîtrisée.

On ne peut que remarquer le talent du jeune cinéaste mexicain (âgé de 27 ans) et se féliciter du choix du jury du festival des cinémas d'Amérique Latine de Toulouse. Grâce au Grand prix Coup de Cœur, ce premier long métrage, sélectionné l'année dernière par Cinéma en Construction, pourra être distribué en France.

Il est projeté à Paris ce soir mardi 27 mars :
A 17 h 30 au Latina, 20 rue du Temple, 75004 Paris - M° Hotel de Ville
et à 19 h à l'Institut du Mexique, 119 rue Vieille du Temple - 75003 Paris

Familia Tortuga (Famille Tortue)
Rubén Imaz Castro
Mexique, 2006, 2 h 09
Avec José Ángel Bichir, Luisa Pardo, Manuel Plata López, Dagoberto Gama

lundi 8 janvier 2007

El Violin (Le Violon). Francisco Vargas

violonDans les montagnes d'Amérique du Sud, des paysans luttent contre la dictature, dans l'espoir de recouvrer quelques droits, un peu de liberté.
Parmi eux, un grand-père, Don Plutarco, son fils Genaro et son petit-fils Lucio essaient d'améliorer le quotidien en jouant de la musique. Mais l'armée attaque leur village et ils doivent se réfugier dans la sierra, laissant derrière eux un stock de munitions que Genaro essaie en vain de récupérer ...
Tel est le point de départ du Violon, qui commence comme un documentaire, dans un noir et blanc superbe installant d'emblée une véritable atmosphère. Petit à petit, l'histoire se développe et c'est un vrai film qui prend corps autour des personnages, tous les trois magnifiques. Chacun à leur manière, chacun protégeant les deux autres, les trois hommes ont en commun un refus obstiné de la cruelle réalité.

La figure centrale est le grand-père, interprété par Don Angel Tavira, vieil homme noueux, raviné, estropié ; mais tellement beau. Il est le violoniste, le tranquille violoniste. Grâce à son instrument, dont il tient l'archet de son moignon bandé, à l'aide d'un ruban qu'il noue et dénoue avec une grâce infinie, il va instaurer un bras de fer, en réalité un jeu de dupes, avec un chef militaire séduit par sa musique ...

Le premier long métrage du Mexicain Fransisco Vargas est aussi un film sur la transmission orale d'une culture ancienne : les échanges entre le petit garçon et son grand-père sont le lieu d'un dialogue d'une délicatesse bouleversante.

C'est un film très beau, dur et tendre à la fois.


Le coup de coeur Mag :

La déclaration de Francisco Vargas lors de la présentation du film au public : Nous avons écouté la musique de la montagne et nous avons décidé de la saisir et de l'enfermer dans des boîtes métalliques.


Le Violon a été projeté au Festival de Cannes en 2006 dans le cadre de la sélection Un Certain Regard. Il concourait également pour la Caméra d'Or récompensant les premiers films. Don Angel Tavira a reçu le prix d'interprétation masculine dans la sélection Un certain regard.

Mise à jour : Le violon a été édité dans un beau coffret double DVD, contenant le film, le making-of avec des entretiens inédits, mais aussi "Tierra Caliente", le documentaire réalisé par Francisco Vargas en 2004 sur le violoncelliste Don Angel Tavira, futur acteur du film "Le violon". Le coffret coûte 20 € environ.