Cela
aurait pu être l'histoire de deux familles, l'une juive, l'autre arabe,
hostiles l'une à l'autre ou simplement indifférentes. Parce qu'"ils n'ont
pas la même religion, parce qu'ils ne mangent pas comme nous, parce qu'eux et
nous n'avons rien en commun" comme le dit au début du film Halima, la mère
musulmane de l'infirmière employée chez Esther, une dame juive devenue
handicapée.
Le fils d'Esther, neuropsychiatre, est dépassé. Sa mère qui a encore toute sa
tête ne supporte pas d'être clouée dans un fauteuil, ne supporte plus ces dames
des compagnie qui se succèdent. Elle préfèrerait mourir, elle aimerait la
paix.
La jeune infirmière propose l'aide de sa mère Halima, qui d'abord repousse
l'idée, puis l'accepte, puis la fait accepter par son mari, puis l'impose au
reste de la famille. Puis, enfin, lève haut le front face au voisinage, à la
communauté musulmane, dont il se trouve toujours un membre pour lui demander si
elle n'a pas honte de travailler pour une juive, de gagner chez elle l'argent
de son pèlerinage à la Mecque.
Alors l'histoire devient celle de deux femmes, deux femmes nées sous le même
soleil d'Algérie, qui ont ensuite continué leur vie et élevé leurs enfants à
Toulon, chacune dans leurs traditions et leur religion.
Toutes deux découvrent cette autre, que l'on croyait trop
Autre pour la fréquenter ; toutes deux échangent des souvenirs,
deviennent complices, finalement se mettent à s'aimer.
Dans la vie est un film un peu lent, calme comme l'est le débit des
protagonistes. Sur fond de tensions communautaires, Philippe Faucon ne propose
pas une vision angélique mais donne voix à deux mères que l'expérience a
assagies, qui en viennent à considérer davantage ce qui les unit que ce qui les
divise.
Le réalisateur a l'ambition discrète. Il n'assène pas, mais en peu de phrases
et quelques scènes, il offre un regard qui sonne juste, équilibré et
touchant.
Dans la vie. Philippe Faucon
Avec Sabrina Ben Abdallah, Ariane Jacquot, Zohra Mouffok...
Durée 1 h 13