C'est une exposition de
tout premier ordre que propose le Centre Pompidou jusqu'au 14 janvier prochain,
tant la sélection est variée par les artistes représentés, passionnante par ses
thèmes et homogène dans sa qualité.
Trois cents photos organisées en cinq sections que l'on
découvre l'intérêt toujours en éveil et le regard émerveillé.
Voici Paris est la présentation d'une partie de l'exceptionnelle collection de Christian Bouqueret, riche de quelques 7000 photos - des tirages originaux pour l'essentiel - que le Centre Pompidou a acquise en 2011.
Embrassant l'une des périodes les plus fructueuses de la photographie, elle témoigne de la vitalité de cet art pendant l'entre-deux-guerres à Paris, où les grands photographes français tels que Henri-Cartier Bresson ou Claude Cahun étaient rejoints par leurs collègues étrangers, américains (Man Ray), allemands (Germaine Krull, Erwin Blumenfeld), hongrois (Kertész, Brassaï)...
Parmi les sections les plus impressionnantes, celle consacrée au surréalisme : Man Ray et Dora Maar bien sûr mais aussi Lotar et Blumenfeld multiplient les expérimentations et le jeu. Les corps sont déformés, des parties en sont découpées et remontées en d'étranges collages ; tout est vu avec un œil décalé, cherchant la surprise, repoussant les limites, et suscitant chez le spectateur choc ou amusement.
Très créatif aussi est le mouvement Nouvelle vision qui se développe à Paris dans les années 1920 : il s'agit d'aborder la photographie sans plus aucune référence à la tradition picturale, et en choisissant les sujets les plus contemporains qui soient, notamment l'architecture de fer ou de béton. Les prises de vues sont novatrices, très graphiques, les cadrages chamboulés par plongées et contre-plongées.
La section dédiée à
la photo documentaire rappelle l'importance de la démarche de
tous ceux qui se sont attachés, à partir des an nées 1930, à montrer la réalité
sociale, notamment dans le contexte de crise, avec les travailleurs (par
exemple, Sortant des mines d'Aurel Bauh), mais aussi
les moments de loisirs, avec l'avènement des congés payés - on rencontre ici
fort naturellement Henri-Cartier Bresson.
L'imagier moderne regorge de découvertes : ici sont montrés le travail préparatoire et le résultat final de photographes œuvrant dans le monde de l'édition et de la publicité. C'était alors le plein essor de la presse illustrée, mais l'on plaçait aussi des photographies en couvertures de romans, de pochettes de disques... c'était classe et léché, parfois somptueux (voir la publicité pour Poiret de Germaine Krull).
Enfin, une tendance souvent moins valorisée : celle du retour à l'ordre dans les années 1920-30, en réaction contre les excès du modernisme. Autrement dit, l'âge Néo-classique de la photo, avec des nus, des natures mortes, des portraits. Mais le résultat, loin d'être ennuyeux (sauf peut-être pour certains portraits) est le plus souvent superbe, comme l'émouvant Masque de pierre d'André Steiner.
Voici Paris, Modernités photographiques 1920-1950
Centre
Pompidou
Place Georges Pompidou 75004 Paris
Tous les jours sauf le mardi, 11h-21h
Entrée 11 € (tarif réduit : 9€)
Jusqu'au 14 janvier 2013
Images :
Germaine Krull, Publicité pour P. Poiret, 1926 © Mnam, Centre Pompidou,
Paris, 2011
Marianne Breslauer, La Rotonde, 1930 © Marianne Breslauer / Fotostiftung
Schweiz
L'installation d'Anri Sala, l'artiste
qui représentera la France à la prochaine Biennale de Venise en 2013, nous
invite à une expérience originale. Conçue spécialement pour le Centre Pompidou,
dépourvue de titre, elle est faite de très peu d'objets, de cinq grands écrans
sur lesquels sont projetés quatre films, et de beaucoup de sons. C'est
une œuvre qui se vit davantage qu'elle ne se visite.
C'est que la musique est l'une des
composantes essentielle de l'œuvre : elle enveloppe le visiteur
en permanence et rythme ses déplacements dans l'exposition. Trois musiques fort
différentes mais qui s'imbriquent parfaitement sont réunies : une
symphonie de Tchaïkovski, une nouvelle version de Should I Stay or Should I
Go des Clash et le rythme de dix batteries (Doldrums,
2008).
En particulier, la peur,
la claustration, le désir - toujours contrarié - de s'échapper sont fortement à
l'œuvre dans 1395 Days without Red, qui renvoie aux 1395 jours où les
habitant de Sarajevo n'ont pas porté de rouge pour ne pas être pris pour cible
par les snipers : une jeune femme marche dans les rues désertes, comme
hantée à la fois par le présent et le souvenir ; elle semble chercher son
courage et son chemin au rythme de la symphonie de Tchaïkovski qu'elle
chantonne ; aux carrefours, elle se met à courir, puis perd son souffle,
s'arrête, recommence à marcher.
En 50
ans de création, Gerhard Richter, l'un des peintres contemporains allemands les
plus connus, dont le Centre Pompidou célèbre les 80 ans cette année en
organisant cette première grande rétrospective, semble avoir "tout" peint.
Il ne reste plus
beaucoup de temps pour aller voir l'exceptionnelle exposition Munch (1863-1944)
au centre Pompidou, qui fermera ses portes le 9 janvier prochain.
La neige, une
autre voie magnifiquement exploitée par le peintre Norvégien, jamais en tant
que sujet mais toujours au service du sujet. Voir par exemple sa scène inspirée
de Van Gogh La nuit étoilée : une splendeur placée en face d'une
autre Le Soleil, et dont, de l'une comme de l'autre, l'on est bien en
peine de s'éloigner...
C'est une exposition
comme on aimerait en voir tous les jours, dans de vastes espaces blancs qui
laissent les toiles respirer et le visiteur déambuler à sa guise.
Que faire lorsqu'après avoir passé 2
heures dans une exposition présentée comme réunissant des oeuvres
exceptionnelles autour d'un thème inédit, vous en ressortez au bord de la
nausée, avec le sentiment de n'avoir rien vu de beau et une idée de son propos
aussi vague qu'avant d'y entrer ?
Dès l'entrée, le visiteur tombe sur une
maquette en marbre rose de la maison familiale surmontée d'une
guillotine.
Il faut absolument aller voir cette
exposition mise en place au Centre Georges Pompidou jusqu'au 11 février 2008
(de préférence le soir en semaine pour des questions de fréquentation), dont on
peut dire d'emblée que la scénographie est à la hauteur du programme :
magnifique de clarté d'espace et de lumière. Et son parcours laisse une large
liberté au visiteur.
Avec l'exposition Les Messagers,
vaste panorama de l'oeuvre d'Annette Messager, le Centre Pompidou invite à
l'exploration de l'univers fantastique d'une artiste majeure de la création
contemporaine. (1)
Ouverture du parcours avec des
œuvres contemporaines, nombreux écrans, voix très présentes dont la plupart en
anglais, l’exposition Samuel Beckett (1906-1989) qui se tient jusqu’au
25 juin au Centre Pompidou peut de prime abord dérouter.
Arshile Gorky
(1904-1948), peintre américain d'origine arménienne demeure assez peu connu en
Europe.