
Pour fêter le cinquantenaire de l'Alvin Ailey American Dance Theater, les Etés
de la Danse de Paris invitent à nouveau la célèbre compagnie américaine, après
l'avoir accueillie dans la cour de l'Hôtel des Archives en 2006.
Cette année, la fête à lieu dans le très beau théâtre du Châtelet, pour une
programmation éclectique déclinée selon trois menus différents.
La directrice de la compagnie - Judith Jamison, depuis la mort d'Alvin Ailey en
1989 - est restée fidèle à l'esprit de son fondateur. Autour de jeunes
danseurs, noirs pour la plupart, elle explore la danse moderne américaine en
puisant aussi bien dans ses racines afro-américaines, dans le jazz que dans le
classique.
C'est avec Revelations, ballet créé en 1960 par Alvin Ailey sur des
Negro Spirituals que l'Alvin Ailey American Dance Theater s'est fait connaître
aux Etats-Unis puis dans le monde entier avec un succès immense.
Le talent de la compagnie ne se limitant pas à ses signatures, on découvre
aussi ces danseurs et danseuses magnifiques dans des ballets de Maurice Béjart,
Hans van Manen, Twyla Tharp, George Faison...
Les soirées du programme "A" étaient bien révélatrices de cette diversité.
Pour qui découvre l'Alvin Ailey American Dance Theater, c'est un choc, l'une de
ces surprises que l'on n'est pas prêt d'oublier.
Première partie flamboyante avec Festa Barroca, ballet de l'italien
Mauro Bigonzetti créé en 2008 et montré en France pour la première fois à cette
occasion. Jupes de soieries superbes, jaunes, roses, vertes, mauves, rouges,
pour les hommes comme pour les femmes, chorégraphie hyper-moderne tout en dos
et en bras, vibration des lumières autour des jeux de jambes dans un
tournoiement époustouflant de corps et de soies. Cette folie créatrice se
déploie sous des musiques de Haendel, opéras et oratorios, et de ce contraste
naît un étonnement jubilatoire.
Ensembles, solos, duos alternent ; sous nos yeux semble s'inventer la
danse à deux. Loin de la pâleur convenue d'une sensualité léchée, ici les corps
se mêlent et s'imbriquent sans faux semblant, alternance de lenteur et de
frénésie, tout en contacts et jeux charnels. Chaleur, beauté de la danse, sans
compter celles des corps.
Enfin viennent les fameuses Revelations, près d'un demi-siècle d'âge -
et c'est comme si le vrai feu d'artifice 2009 avait lieu ici et maintenant.
Tempo de folie, joie contagieuse des danseurs, spectacle tout en classe à
l'américaine. Les Negro Spirituals s'enchaînent, la salle est au bord du
malaise (pour ne pas dire autre chose). Tout à coup, on se dit que là est
l'essence, la vérité de la danse, dans un concentré d'énergie et de bonheur que
voudrait admirer et vivre de longues minutes encore.
L'Alvin Ailey American Dance Theater
Les Etés de la danse de Paris
Jusqu'au 25 juillet 2009
Du mar. au dim. à 20 h, représentation supp. le dimanche à 15 h
Théâtre du
Châtelet
1, place du Châtelet - Paris Ier
Location au théâtre du lun. au dim. de 11 h à 19 h, au 01 40 28 28 40 et sur le
site
Places de 10 € à 75 €
Rencontres-spectacles les 15 et 22 juillet à 15 h (présentation d'un ballet
suivi d'un échange entre le public et les danseurs)
Projections de films d'archives sur le 50ème anniversaire de la compagnie les
15, 18, 22 et 25 juillet à 11 h
Exposition de photos sur le 50ème anniversaire de la compagnie également au
théâtre du Châtelet
Mêler à l'opéra la variété
issue de la Star Académie est une entreprise audacieuse, qui s'expose
aux risques de ridicule et de prétention, un peu comme sortir l'argenterie et
le linge damassé pour servir du fast-food. Ces risques là, Gérard Pesson les a
pris, en créant Pastorale, donnée ces jours-ci en première au théâtre
du Châtelet à Paris. (1)