Suite et fin de la
visite du musée Fabre avec le XXème siècle.
Après les néo-impressionnistes, fauvistes et autres Delaunay, voici, entre
figuration et abstraction, le Couloir de l'Ecole de Paris : s'y
se succèdent des tableaux de Nicolas de Staël, Zao Wou-Ki, Vieila Da Silva ...
en une superbe galerie monochromatique aux couleurs de terre et de sable.
Une salle à droite révèle les étonnantes sculptures de Germaine Richier, qui cohabitent avec deux têtes de Bourdelle, dont elle fut l'élève : le Loretto, adolescent au corps disproportionné, dans un style expressionniste très marqué. Avec la Chauve-souris, Germaine Richier a utilisé pour la première fois la filasse plongée dans du plâtre puis égouttée et étendue : voici que se déploie en une fine résille la fragilité de la membrane des ailes de chauve-souris.
Il est temps désormais d'aller méditer sur la lumière et les multiples nuances des fameux noirs du ruthénois Pierre Soulages. L'importante donation qu'il a faite au musée Fabre a justifié l'aménagement, auquel il a participé, d'une nouvelle aile.
L'exposition des tableaux, espacés sur fond blanc met superbement en valeur les noirs, mais aussi les rouges, bleus, blancs qui s'y marient, sans oublier ce cher « brou de noix ».
L'artiste a également choisi des accrochages plus originaux, avec les
polyptyques : invention médiévale, ils permettent de déployer
horizontalement ou verticalement les panneaux, le plus souvent accolés, mais
parfois séparés.
Le fait est qu'ils mettent magnifiquement en lumière les différentes textures
de noir.
Mais attention, à la salle suivante, on passe de la mise en valeur à la mise
en scène, avec des accrochages réalisés sur des câbles d'acier ancrés dans le
sol et au plafond, fixés sur les champs du châssis, technique utilisée lors de
la rétrospective au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris en 1980.
« Lorsque vous défilez devant la première rangée, explique Pierre
Soulages, vous voyez apparaître, tour à tour, les toiles qui sont derrière la
première rangée, puis la deuxième rangée, dans une ordre qui n'es pas fixe,
permettant ainsi une confrontation plus libre que celle qu'impose la succession
des toiles sur les murs ».
Le résultat ? Les toiles étant immenses, il est tout simplement
spectaculaire.
Après l'exposition inaugurale La couleur toujours recommencée, hommage à Jean Fournier marchand d’art, paraît-il superbe, le musée Fabre accueillera du 9 juin au 9 septembre 2007 une exposition consacrée à Monet, Renoir, Sisley, Degas ... : L'impressionnisme vu d'Amérique.
Bonnes visites !
Musée
Fabre
39, boulevard Bonne-Nouvelle à Montpellier (34000)
Tel : 04.67.14.83.00
Tramway : Corum et Comédie
Ouvert tlj sauf le lundi de 10 h à 18 h
le mercredi de 13 h à 21 h et le samedi de 11 h à 18 h
Entrée : 6 € (TR 4 €)
Accessibilité complète aux personnes handicapées
Guide du musée Fabre (Réunion des musées nationaux)
Ouvrage collectif sous la direction de Michel Hilaire
232 pages, 15 €
Suite de
la visite du musée Fabre commencée mardi dernier (
Le musée Fabre, à Montpellier, a
rouvert ses portes le 3 février 2007 après une restructuration complète.