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Tag - Françoise Sagan

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vendredi 19 septembre 2008

Françoise Sagan. La petite robe noire

La petite robe noire, Françoise SaganIl y a quelques mois, Bonjour New York annonçait discrètement le retour en grâce de Françoise Sagan dans les rayons des libraires.

Bien vite, l'on n'a plus parlé que d'elle – ou du moins de sa vie – avec la publication de sa biographie par Marie-Dominique Lelièvre et l'interprétation de Sylvie Testud dans le film de Diane Kurys.

Une remise à la mode particulièrement réjouissante lorsqu'elle donne l'occasion de lire et relire Françoise Sagan.
On peut ainsi continuer la collection des petits Carnets de L'Herne, recueils d'articles et de chroniques que l'auteur de Bonjour tristesse a écrits au fil des ans pour la presse.

Un texte intitulé Le rire justifie à lui seul l'acquisition de La petite robe noire. Françoise Sagan y raconte comment l'humour et l'ironie, très présents dans sa famille l'ont façonnée dès son enfance et l'ont protégée, une fois le succès venu (si rapide et si grand, alors qu'elle n'avait que dix-neufs ans !) de ces « discrètes mais indéfectibles auto-admirations qui bercent certains auteurs tout au long de leur existence, et empoisonnent leur entourage ». Puis, toute sa vie, elle a côtoyé des gens drôles, trouvant dans le rire, pour peu qu'il ne soit ni forcé ni amer « de l'abandon, de la générosité, bref de l'innocence – ou le regret de l'innocence », ce goût pour l'innocence « qui s'entend très mal avec la si aisément médiocre méchanceté ».

De ce texte très personnel ressort la façon qu'avait le charmant petit monstre de considérer avec le plus grand sérieux la liberté, l'amitié, mais aussi la légèreté et l'humour. Elle y rappelle aussi son amour de la vie qui, associé à son écriture vive et intelligente fait de la lecture de ces petits carnets un véritable régal :

« Faire rire. Rire soi-même. Revenir au plus naturel de cette personne privée, que l'on fréquente si peu et qui est soi-même, et déclencher en elle quelque chose qui est à la fois l'enfance, l'adolescence et la vieillesse, quelque chose qui relie notre appartenance à ce monde et notre recul devant lui : notre goût avoué de la vie et notre refus dédaigneux de la mort, réunis ne serait-ce que trois minutes, mais trois minutes d'un bel et bon orgueil ».

La petite robe noire
Françoise Sagan
Aussi :
« Au cinéma »
« Bonjour New York »
« De très bons livres »
« Le régal des chacals »
« Maisons louées »
« Un certain regard »
« Lettre de Suisse »
Editions de L'Herne (2008) « Carnets », 8,90 € le volume

mercredi 26 décembre 2007

Bonjour New York. Françoise Sagan

Bonjour New York, Françoise Sagan, l'HerneNew York, Capri, Naples, Venise... elle y est allée, elle a vu, ressenti.
Elle a vécu quelques jours, quelques semaines dans ces villes mythiques, le temps parfois d'y prendre ses habitudes. Elle ne prétend pas connaître. Elle n'en fait pas un roman. Elle nous offre simplement son regard.

Quand Françoise Sagan s'est fait ainsi "reporter" pour le magazine Elle dans les années 1950, cela donnait :

Car New York est aussi une grande école. C'est à New York que débarquent d'Europe les étrangers. Vingt races différentes qu'il va falloir transformer en Américains. (...) Tous ont adopté ces interpellations à la fois courtoises et barbares, ces sourires vides, cette vraie cordialité, si généreuse, cette assurance de faire partie d'un tout, ce souci de l'uniformité.
Un peu plus loin :
A quel coin de rue commence l'Amérique, qui n'y renonce jamais ? On n'efface pas si facilement de la mémoire les souvenirs de la douce et vieille Europe, de l'amère et vieille Asie. Sur les trottoirs de New York, le regard ricoche comme des cailloux sur une eau grise, allant d'une rive du monde à l'autre. (...)
Sans doute parlera-t-on des défilés de fierté nationale, et du sentiment triomphant, parfois pénible d'être américain. Mais en fait ce porte-à-porte, ce frontière-à-frontière n'est qu'une traversée de nostalgies en nostalgies.

Le recueil ne compte qu'une cinquantaine de pages, petites et imprimées en gros caractères. Autant dire que le commencer est déjà le finir. Mais deux jours après on a envie de le relire. Car Françoise Sagan n'écrivait comme personne. Elle avait le brio involontaire et l'élégance évidente. Elle conciliait l'acuité du regard à une légèreté profonde. Sa singularité, sa plume précise et son souffle efficace séduisent encore et toujours. La retrouver avec ces petits carnets de voyage est un pur bonheur.

Bonjour New York. Françoise Sagan
L'Herne (2007)
54 p., 9,50 €