Jean Bosmans a peut-être
désormais la soixantaine. Il marche dans Paris dont il connaît par cœur les
rues, les stations de métro, pour les avoir arpentées sans cesse depuis des
décennies.
Derrière les plaques, les façades, les carrefours, c'est un fragment de son
passé qu'il recherche : il y plus de quarante ans, il a aimé Marguerite Le
Coz, une Bretonne née à Berlin. Ils avaient vingt ans à peine, s'étaient
rencontrés dans une bousculade au métro Opéra, et dès lors ne s'étaient guère
quittés, comme deux âmes échouées dans un monde peu fait pour eux.
Marguerite Le Coz est partie quelques temps après. La vie a continué son cours,
Jean Bosmans a fait d'autres rencontres, les années ont passé.
Mais le souvenir de Marguerite Le Coz est encore présent et Bosmans se met en quête de retrouver des traces, des indices. Remontent à la surface les personnages côtoyés ensemble, les lieux fréquentés, ceux du maigre quotidien d'alors : le travail ; les cafés ; les modestes hôtels. Un Paris de l'après-guerre renaît sous la plume d'un Modiano tout à sa manière, un Paris gris et inquiétant, où le jeune couple craint de mauvaises rencontres, elle un homme obnubilé et armé, lui une mère violente et rançonneuse.
La mélancolie est là, prise dans la douceur de l'écriture, mais cette fois c'est le positif de l'écoulement du temps qui frappe le plus. Bosmans remarque à propos de ses parents justement : "Mon Dieu, comme ce qui nous a fait souffrir autrefois paraît dérisoire avec le temps, et comme ils deviennent dérisoires aussi ces gens que le hasard ou le mauvais sort vous avaient imposés pendant votre enfance ou votre adolescence, et sur votre état civil".
Surtout, petit à petit, retrouvant les souvenirs, il met la main sur
l'essentiel, l'immuable, et Bosmans semble alors s'adresser directement à son
auteur : "Mais qu'est-ce qui a vraiment changé ? C'était toujours
les mêmes mots, les mêmes livres, les mêmes stations de métro".
Peut-être est-ce parce que l'essentiel n'a pas bougé que le roman se termine
sur un horizon ouvert, très possiblement heureux - et que l'on brûle de citer,
tant le dernier paragraphe du livre est magnifique.
Mais reste toujours le mystère de l'écriture de Modiano, cette simplicité, ce style apparemment plat dont on se demande comment peuvent sortir autant de reliefs, autant de récifs auxquels le lecteur s'accroche fermement, se découvrant peut-être parfois dans l'atmosphère et le miroir des personnages de Patrick Modiano.
L'Horizon
Patrick Modiano
Ed. Gallimard, 174 pages, 16,50
euros
François-Régis
Bastide. Un nom séduisant, avec un prénom (d'emprunt) à la fois bien planté et
un peu en suspens, un patronyme rassurant, mais qui parle à bien peu de monde
aujourd'hui.
Le lièvre de
Patagonie est une pierre précieuse aux facettes multiples.
On aime cette
série de la collection Folio 2 € (qui propose, pour le prix d'un café,
des textes de haute tenue et faciles à emporter), intitulée Femmes de
lettres : elle nous a déjà permis de découvrir de jolis petits romans
comme 
Ce que l’on peut trouver très étonnant
dans ce livre, c’est d’abord la quatrième de couverture : pas vraiment
l’élégance du code barre, mais la fin du texte de présentation qui veut nous
faire acheter le roman : « un roman plein d’entrain et de péripéties,
qui montre l’impuissance de l’homme dans la civilisation moderne ».
A la fois mémoires d'une longue histoire
d'amour commencée en 1906 et consignée en 1971, autobiographie sélective et
carnets de voyage d'un hôte fidèle, Venises est sans doute le
"classique" pour commencer avec Venise, si l'on ne l'a pas déjà fait avec
Marcel Proust.
Les années est une magnifique et
impressionnante fresque déroulant plus de six décennies de la société
française.
Prix Goncourt 1975, La vie devant
soi a été publié sous le nom d'Emile Ajar, valant ainsi à Romain Gary un
deuxième Prix Goncourt, après celui qui lui avait été attribué pour Les
Racines du ciel en 1956.
Voici un livre qui permet d'oublier vite
fait bien fait la sale humidité de janvier.
Neige,
publié en 2005 a connu un grand succès critique et public. Parmi ses précédents
romans, Le livre noir et Mon nom est rouge ont valu à
l'écrivain turc Orhan Pamuk une grande renommée et de nombreuses distinctions.
Son dernier roman, Istanbul, Souvenirs d'une ville a été publié en
2007.
Dans
Elles, succession de courts récits sur les femmes que J.-B. Pontalis a
connues, aimées, dont il a lu ou entendu l'histoire, le célèbre psychanalyste
parle-t-il véritablement des femmes ?