Tout
n'est que douceur, chaleur et tranquillité. Deux jeunes filles sont plongées
dans leur lecture, serrées l'une contre l'autre. Tout près de là, on les
retrouve au piano, heureuses et concentrées. Une femme est penchée sur son
ouvrage, calmement absorbée. Un enfant dessine, sage et appliqué. Scènes
d'intérieur, quotidiennes, plongées dans la même ambiance lumineuse et
colorée.
Plus loin, ce sont des nus à profusion, représentés dedans ou en extérieur, en
scènes de toilettes devenues classiques ou en version mythologique, des déesses
que Titien n'aurait pas boudées. A ces nus, la touche fondue du peintre confère
une sensualité ouatée.
Car si Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) a dès la fin des années 1870
abandonné le mouvement impressionniste pour explorer la peinture à son
idée, sa manière a gardé de l'époque du Bal du Moulin de la Galette le
goût de la lumière, de la touche légère et des contours poudrés.
C'est à cette période de Renoir postérieure à 1880, moins connue, que les Galeries nationales du Grand Palais consacrent leur grande exposition d'automne. On y découvre des tableaux magnifiques et apaisants, où se lit l'admiration et l'imprégnation du peintre des Canotiers pour les grands maîtres. On songe tour à tour à Vélasquez, à Ingres, à Rubens, aux peintres de la Renaissance italienne... Il n'y a là rien de déshonorant, au contraire, car Renoir s'est tout approprié en douceur, optant souvent pour le monumental, mais avec simplicité.
Lui même a d'ailleurs été un modèle pour beaucoup, admiré par Bonnard,
Denis, Picasso, Cézanne ou encore Matisse. On peut voir ici quelques tableaux
de certains de ses amis, placés à côté de ceux dont ils sont inspirés.
C'est le cas de Picasso
(lequel s'est largement livré aux exercices d'admiration, comme l'exposition de
l'hiver dernier dans ces mêmes Galeries l'a souligné) mais aussi de Bonnard,
dont on peut se délecter de l'un de ses superbes paysages du Midi.
Renoir fait en effet partie du fameux club des "Méditerranéens", pour avoir
choisi lui aussi la clémence du climat de la Côte d'Azur, s'installant
définitivement à Cagnes-sur-Mer en 1908 pour des raisons de santé. Les vignes
et autres paysages enchanteurs qu'il y a composés sont bien dans sa veine,
celle d'un certain esthétisme (il voulait avant tout que sa peinture soit
jolie) et d'une gaîté recherchée.
Grâce à cette exposition, on redécouvre un artiste paradoxalement singulier - on lui a reproché le côté bourgeois de sa peinture tardive - qui, après s'être lancé dans l'aventure avant-gardiste de l'Impressionnisme, a poursuivi avec passion un chemin tout personnel, produisant une œuvre d'une grande beauté, toujours fraîche et très séduisante.
Renoir au XXème siècle
Galeries nationales du Grand
Palais
3 avenue du Général Eisenhower - Paris VIII° (entrée Champs-Elysées)
M° : Franklin-Roosevelt ou Champs-Élysées-Clemenceau
Jusqu'au 4 janvier 2010
TLJ sf le mardi, de 9h30 à 22h les vendredi, samedi, dimanche et lundi
De 10h à 22 h le mercredi et de 10h à 20h le jeudi
Pendant les vacances, du 24 octobre au 8 novembre et du 19 décembre au 3
janvier :
TLJ de 9h à 23h, y compris le mardi
Fermeture exceptionnelle à 18h les 24 et 31 décembre. Fermeture le 25
décembre
Entrée 11 € (TR : 8 €)
Le 3 octobre à l'occasion de la Nuit Blanche entrée gratuite de 19h30 à
0h15
Images : Femme à la collerette rouge, vers 1896, Philadelphia
Museum of Art, Philadelphie © Philadelphia Museum of Art, Legs de Charlotte
Dorrance Wright, 1978
et Jeunes filles au piano, 1892, musée d'Orsay, Paris © RMN/Hervé
Lewandowski
Au
détour du XXème siècle, âgé d'à peine vingt ans, il avait déjà fait ses
académies à Madrid, fréquenté les grands maîtres espagnols, Vélasquez, Goya et
Zurbarán au Prado, el Greco à Tolède, côtoyé l'avant-garde barcelonaise et, à
Paris, connu la peinture de Puvis de Chavannes, des impressionnistes et les
chefs-d'œuvre du Louvre.
El Greco,
Vélasquez, Goya, Zurbarán, Ribera, Poussin, David, Ingres, Delacroix, Manet,
Courbet, Lautrec, Degas, Puvis de Chavannes, Cézanne, Renoir, Gauguin, Douanier
Rousseau, Titien, Cranach, Rembrandt, Van Gogh... se côtoient, avec, mêlés à
eux, une foultitude de Picasso.
Vous n'entrerez dans la nef du Grand
Palais que pour une oeuvre seulement, constituée de cinq plaques d'acier
plantées à la verticale sous la voûte. Mais vous y resterez plus longtemps que
prévu, progressivement happé par cet étrange dispositif. L'installation qui au
départ ne semble représenter que d'immenses stèles va peu à peu s'intégrer sous
vos yeux en un vaste et changeant paysage.
Jamais exposition au Grand Palais
n'avait, semble-t-il, été à ce point mise en scène.
Grande beauté en revanche autour
d'elle sur le plan des arts décoratifs : le goût éclectique et
raffiné de la Reine associé au savoir-faire des artisans de l'époque - et à des
dépenses inconsidérées ! - est l'occasion d'admirer aujourd'hui des pièces
exceptionnelles.
Les grandes expositions inaugurées cet
automne à Paris s'achèvent ce mois-ci.
Il
était temps de passer à autre chose. Foin de la froideur académique, foin du
romantisme exalté - quoique Le désespéré en manifeste les derniers
soubresauts - Gustave Courbet (1819-1877) voulait peindre autrement.
Dès l'entrée, on sent qu'on va avoir le
champ libre.
La nef du Grand
Palais accueille jusqu'au 8 juillet 2007 Chute d'étoiles, l'exposition
inaugurale de Monumenta, un cycle de manifestations qui invite
désormais chaque année un artiste contemporain à présenter un ensemble
d'oeuvres spécialement créé pour le lieu. (1)
La trajectoire
individuelle de certains d'entre eux leur a valu une large renommée :
César et ses compressions, Christo et ses empaquetages, Niki de Saint Phalle et
ses Nanas ...