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Tag - James Thierrée

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dimanche 3 janvier 2010

James Thierrée. Raoul

Théâtre de la Ville, Raoul, James ThierréeJames Thierrée a impressionné et conquis le public français avec ses précédents spectacles, montrés depuis dix ans dans le monde entier et depuis 2003 chaque année à Paris et en province : "La Symphonie du Hanneton", ''La Veillée des Abysses'' et ''Au revoir Parapluie''.

Trois spectacles où on le voyait avec sa troupe, la Compagnie du Hanneton (surnom que ses parents Jean-Baptiste et Victoria Thierrée lui ont donné quand il était petit) et inspirés du monde du cirque (de ce point de vue aussi, ses parents ne sont pas loin, qui donnent à nouveau à Paris leur Cirque Invisible).

Avec Raoul, joué à guichets fermés jusqu'au 5 janvier au Théâtre de la Ville (mais la tournée continue), James Thierrée, trente-cinq ans, apparaît seul en scène, interprétant un homme reclus dans sa hutte faite de mâts métalliques. Toutes sortes d'aventures lui arrivent, à commencer par l'arrivée d'un enquiquineur qui lui ressemble étrangement : lui-même...

Bien que James Thierrée soit seul ou presque, le spectacle ne tire pas vers la performance d'un one-man show, ce qu'il pourrait pourtant faire avec facilité - et succès. Au contraire on retrouve dans Raoul tout ce qu'on a aimé dans ses précédentes créations : le sens burlesque incroyable du comédien-clown (il faut arrêter de dire qu'on croirait voir son grand-père Charlie Chaplin, mais c'est tellement vrai !), ses talents d'acrobate et, nouvelle corde à son arc, de danseur.
Sont toujours présents aussi les décors faits de grands voiles blancs, de mâts, d'objets anciens, vaisselle métallique, velours usé, tapis, lustre ; la musique (ici souvent romantique) qui soudain emporte tout ; et surtout le bestiaire fantastique de Victoria Chaplin, monstre marin affectueux, insectes étranges et fascinants, éléphante blanche comme la ouate. On est toujours, avec ces inventions, dans l'ambiguïté de bestioles effrayantes et belles à la fois. James Thierrée danse avec elles dans des ondulations très tendres. Avec ses deux mains, il évoque avec une grâce inouïe la danse d'un couple. Puis il se lance, s'envole, tourne, revient, regarde les spectateurs, les éclaire, les effleure, pour les emporter une fois encore, et toujours sans un mot, dans un souffle poétique qui est le génie des spectacles de James Thierrée.

Raoul
Mise en scène, décor et interprétation : James Thierrée
Costumes, bestiaire : Victoria Thierrée
Son : Thomas Delot
Lumières : Jérôme Sabre
Théâtre de la Ville
2 place du Châtelet Paris 4°
Jusqu'au 5 janvier 2010
Durée 1 h 20

Suite de la tournée : Chalon-sur-Saône du 18 au 20 mai 2010, Nice du 3 au 9 juin 2010

Photo © Richard Houghton

mercredi 17 décembre 2008

La Veillée des Abysses. James Thierrée

La veillée des abysses au théâtre du Rond PointAprès La Symphonie du Hanneton en 2005 puis Au revoir parapluie, l'an dernier au théâtre de la Ville, James Thierrée revient cet hiver au théâtre du Rond-Point avec La Veillée des Abysses, un spectacle créé en 2004.

Le vent souffle, soulève un grand voile blanc figurant la neige, le sable, l'eau. Cinq personnages, trois hommes et deux femmes luttent contre cette vague, qui finit par les recouvrir avant de s'éteindre. Les personnages relèvent le drap blanc, se remettent debout : la veillée peut commencer. Vieux fauteuils, paravents, guéridons, lampes de table, velours, étoffes usées. Un très haut portail en fer forgé et, au plafond, une immense roue en fer ouvragé, comme une grand lustre, une couronne. Là, les cinq protagonistes ne vont cesser de jouer, danser, sauter.
Il y a de la cabriole, du prodige acrobatique et même du piano et du chant. Mais nulle démonstration pour autant. Car à l'image de James Thierrée faisant le mime (on croit voir son grand-père), le spectacle reste toujours à hauteur d'homme, sensible.

James Thierrée au théâtre du Rond Point dans la Veillée des Abysses Tout n'est que rondeur et douceur, les corps coulent et épousent les choses pour le plaisir du mouvement, de la fluidité et de la sensualité. Le jeu et la poésie pure sont seuls maîtres à bord et semblent pouvoir suspendre le temps. James Thierrée nous parle d'un monde ancien, familier et chaleureux ; nous parle de l'enfance et des ses contes. Lorsqu'il s'élance vers le lustre au plafond comme un génie volant, on croirait voir une étoile filante.
Une fois de plus, à une salle comble, il aura offert, une heure trente durant, un moment de magie, l'essence du ravissement.

La Veillée des Abysses
Mise en scène James Thierrée
Avec Raphaëlle Boitel, Niklas Ek, Thiago Martins, Uma Ysamat, James Thierrée
Son : Thomas Delot, lumière : Jérôme Sabre
Costumes : Victoria Chaplin et Cidalia Da Costa
Jusqu'au 4 janvier 2009
Théâtre du Rond-Point
2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt - Paris 8ème
A 20 h 30, dimanche à 15 h
Durée 1 h 30
Places de 10 € à 33 €

Images : La Veillée des abysses © Richard Haughton

mercredi 12 décembre 2007

Ce que mes yeux ont vu. Laurent de Bartillat

Ce que mes yeux ont vu, Laurent de BartillatCe que mes yeux ont vu est ce que mes yeux verront si je prends la peine de regarder ce qu'il y a réellement, si je découvre ce qui est caché "derrière". Ainsi pourrait se résumer le propos de ce joli film un peu bancal, non exempt de défauts mais qui en définitive convainc et ne manque pas de séduire.
Lucie, étudiante en histoire de l'art, interprétée par Sylvie Testud, axe ses recherches sur Antoine Watteau. Son directeur de mémoire (Jean-Pierre Marielle), qui a effectué ses propres travaux sur le peintre du Gilles et des fêtes galantes, suit son travail de très près. Mais lorsque Lucie se trouve sur la piste qui pourrait l'amener à éclaircir le mystère de la femme que l'on retrouve sur différents tableaux du maître, toujours de dos, le professeur essaie de la détourner de ses recherches.
Ce que le film a d'original et de tout à fait réussi est de rendre l'enquête autour de la peinture de Watteau aussi haletante que n'importe quelle intrigue policière.
La faiblesse d'exploitation des personnages (Bartillat ne va guère plus loin que l'esquisse) est bienheureusement contrebalancée par l'apparition d'un jeune homme pour le moins hors norme. Vincent, joué par notre très cher James Thierrée, est sourd-muet. Il fait le mime (façon statuaire) dans la rue ; son comportement est étrange ; il semble obsédé par la jeune femme.
Dans une très belle scène, sur le trottoir d'une rue de Paris, il s'agenouille au dessus d'une bouche d'égouts et lui fait signe de faire de même. En dessous coule la Bièvre. Métaphore simple et efficace pour signifier ce qui est caché, ce qui est dessous. Et c'est lui qui mettra l'étudiante-enquêteuse sur le chemin de la vérité... avant de disparaître à jamais, emportant le mystère de son personnage avec lui.
Entre temps, il aura contribué à imprimer à ce film son originalité et une ambiance aussi singulière qu'attachante non dénuée de charme.

Ce que mes yeux ont vu. Laurent de Bartillat
Avec Sylvie Testud, Jean-Pierre Marielle, James Thierrée
Durée 1 h 28

mardi 29 mai 2007

Au revoir parapluie. James Thierrée

Au revoir parapluieJames Thierrée et sa Compagnie du Hanneton sont de retour à Paris avec Au revoir parapluie, un très beau spectacle donné au Théâtre de la Ville jusqu'au 30 mai avant de repartir en tournée en France et à l'étranger.

Avec pour fil conducteur une histoire de pertes et de retrouvailles successives, Au revoir parapluie est une suite de tableaux où les arts se mêlent avec grâce : si James Thierré, enfant du cirque, est un clown, un mime et un acrobate formidable, il est aussi un danseur et un poète.

Entouré de quatre complices, il crée une ambiance, un monde à partir d'idées simples et inventives.

D'immenses cordages suspendus à un crochet sont ainsi au centre du spectacle.
Les personnages se glissent à l'intérieur pour s'y cacher, en sortir comme du creux d'un arbre avant d'y disparaître à nouveau. Ils s'y agrippent, en descendent, remontent, s'y retrouvent. Les cordes se serrent, se soulèvent, s'étalent en un simple mur d'escalade propice à toutes les acrobaties.
Multiples et mouvantes, les cordes blanches prennent la lumière et ondulent, en une merveilleuse matière poétique.

L'étoffe se fait carmin, prête au jeu, aux transformations et aux dissimulations.
Les corps créent l'humour, les jambes prennent leur autonomie, tantôt ne voulant obéir au tronc, tantôt s'emballant sans moyen de contrôle.
L'ossature d'un rocking-chair devient le partenaire idéal d'une danse en cercles et volutes fascinante ...

Enfin, la grande voile-rideau de scène, crevée en un mouvement époustouflant à l'ouverture du spectacle, devient chapiteau dans le tableau final, clôturant Au revoir parapluie en un émouvant hommage au cirque, aux origines, certainement aux magnifiques parents de James.
Victoria Chaplin et Jean-Batpiste Thierrée peuvent être fiers.

Le travail de James Thierrée a été salué cette année encore par le jury des Molières, qui vient de lui décerner le prix du meilleur spectacle en région.

Au revoir parapluie. James Thierrée
Création la Compagnie du Hanneton
Avec Kaori Ito, Magnus Jokobsson, Satchie Noro, Maria Sendow et James Thierrée
Costumes Victoria Thierrée et Manon Gignoux
Lumières Jérôme Sabre, son Thomas Delot
Théâtre de la Ville – 2 place du Châtelet, Paris 4ème
Jusqu'au 30 mai 2007
Locations et renseignements 01 42 74 22 77

Puis en tournée à partir du mois d'octobre : du 4 au 7 à l'Espace des Arts de Chalon-sur-Saône, les 9 et 10 au Théâtre de Sartrouville, les 12 et 13 à l'Espace Jacques Prévert d'Aulnay-sous-Bois, les 19 et 20 au Théâtre André Malraux de Rueil-Malmaison, du 29 oct au 10 nov Sadlers Wells Theatre à Londres, du 20 au 30 nov Shakespeare Theater à Chicago et du 3 au 18 déc Brooklyn Academy of Music New York