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Tag - Jean-Pierre Marielle

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mercredi 12 décembre 2007

Ce que mes yeux ont vu. Laurent de Bartillat

Ce que mes yeux ont vu, Laurent de BartillatCe que mes yeux ont vu est ce que mes yeux verront si je prends la peine de regarder ce qu'il y a réellement, si je découvre ce qui est caché "derrière". Ainsi pourrait se résumer le propos de ce joli film un peu bancal, non exempt de défauts mais qui en définitive convainc et ne manque pas de séduire.
Lucie, étudiante en histoire de l'art, interprétée par Sylvie Testud, axe ses recherches sur Antoine Watteau. Son directeur de mémoire (Jean-Pierre Marielle), qui a effectué ses propres travaux sur le peintre du Gilles et des fêtes galantes, suit son travail de très près. Mais lorsque Lucie se trouve sur la piste qui pourrait l'amener à éclaircir le mystère de la femme que l'on retrouve sur différents tableaux du maître, toujours de dos, le professeur essaie de la détourner de ses recherches.
Ce que le film a d'original et de tout à fait réussi est de rendre l'enquête autour de la peinture de Watteau aussi haletante que n'importe quelle intrigue policière.
La faiblesse d'exploitation des personnages (Bartillat ne va guère plus loin que l'esquisse) est bienheureusement contrebalancée par l'apparition d'un jeune homme pour le moins hors norme. Vincent, joué par notre très cher James Thierrée, est sourd-muet. Il fait le mime (façon statuaire) dans la rue ; son comportement est étrange ; il semble obsédé par la jeune femme.
Dans une très belle scène, sur le trottoir d'une rue de Paris, il s'agenouille au dessus d'une bouche d'égouts et lui fait signe de faire de même. En dessous coule la Bièvre. Métaphore simple et efficace pour signifier ce qui est caché, ce qui est dessous. Et c'est lui qui mettra l'étudiante-enquêteuse sur le chemin de la vérité... avant de disparaître à jamais, emportant le mystère de son personnage avec lui.
Entre temps, il aura contribué à imprimer à ce film son originalité et une ambiance aussi singulière qu'attachante non dénuée de charme.

Ce que mes yeux ont vu. Laurent de Bartillat
Avec Sylvie Testud, Jean-Pierre Marielle, James Thierrée
Durée 1 h 28

lundi 3 décembre 2007

Faut que ça danse. Noémie Lvovsky

Faut que ça danse, Noémie LvovskyCe film est un pied de nez. Pied de nez au temps qui passe, à l'héritage douloureux, à la maladie et à la mort. Et comme tous les pieds de nez à ce qui fait mal, il est terriblement réjouissant.
Salomon, quatre-vingt ans, interprété par Jean-Pierre Marielle vit séparé de sa femme, laquelle (délicieuse Bulle Ogier plus que lunaire) vogue sur une douce folie.
Il se repasse Fred Astaire en boucle, prend des cours de claquettes, danse tout seul à la maison. Cherche une compagne par petite annonce, ne doute de rien et séduit. Son âge, il l'oublie, ou plutôt a l'air de ne s'être jamais vu l'atteindre. Sa fille lève les yeux au ciel mais l'adore tendrement. Tiens, la voici enceinte, d'ailleurs. Pour une déclarée stérile de 41 ans (jouée par Valeria Bruni Tedeschi, très convaincante aussi), c'est une belle surprise ; elle en engueule le labo qui n'a pu que se tromper...
Tout part comme ça, et ne s'arrête pas. Ainsi déboule la piquante Sabine Azema, alias Violette, la petite amie que Salomon a dégotée grâce au journal. Et le garde-malade de la mère foldingue qui l'embarque en Suisse pour trouver quelque argent. Et enfin le bébé qui décide de naître dans la bibliothèque de l'hôpital psychiatrique. Cela peut paraître décousu et simplement loufoque.
Evidemment, et alors ? Car cette comédie déjantée est tout sauf vaine. Bien au contraire, sous cette légèreté qui a l'air de partir dans tous les sens, il y a une véritable cohérence, et un propos d'autant plus savoureux qu'il n'est jamais dit.
L'obstination de la mémoire qui fait mal, la maladie, la vieillesse, la mort qui vient, le tragique donc, oui. Mais voici que sur ces drames pousse un brin de folie, surgissent une rencontre, une étreinte, une danse, une ballade, une engueulade pleine d'amour... tout ce qui bouge, et même tout ce qui paraît improbable et que seul explique cet élan de vie débridé, enviable et souverain.

Faut que ça danse. Noémie Lvovsky
Avec Jean-Pierre Marielle, Valeria Bruni Tedeschi, Sabine Azéma, Bulle Ogier, Arié Elmaleh...
Durée : 1h 40 mn