Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, rollierLe nouveau Muséum d’histoire naturelle de Toulouse est beau à voir. Est-ce un défaut ?

Il est possible qu’attiré par un panneau séduisant le visiteur oublie le contexte pour se « perdre » dans le détail, fasciné qu’il est par l’objet : oh cette calcite dent de cochon (c’est une roche) ! Les couleurs de ce rollier d’Europe (c’est un oiseau) ! La déco des pattes de cet arlequin (c’est un coléoptère) !

Mais n’est-ce point par le détail surprenant que l’envie de connaître nous prend souvent ?
Et comme le parti pris esthétique est accompagné par des choix de présentation convaincants, nous pouvons sans scrupules nous laisser porter par la séduction.

D’abord le principe général : le monde naturel ne se présente pas spontanément à nous dans toute sa vérité.
A plus forte raison dans un musée, notre lecture de la nature est le résultat d’un travail humain qui puise dans l’histoire. C’est ce que nous rappelle avec force le muséum de Toulouse qui de bout en bout nous donne toute la dimension humaine de la représentation du naturel.
Le découpage choisi pour présenter les collections explicite les opérations de connaissance à l’œuvre : s’exposer aux puissances, abolir les hiérarchies, affronter l’immensité.
Ce que nous avons devant les yeux ne sont pas objets de nature, ils s’inscrivent dans l’histoire complexe des rapports entre l’homme et la nature. Quel travail pédagogique important que de faire saisir que la société ne peut être contre la nature, que nous ne sommes pas seulement dans la nature, mais que nous sommes surtout avec elle !

Un papillon à ToulouseLa très bonne idée de ce muséum est de faire errer des accompagnateurs dans les galeries. Vous voilà planté, peut-être perplexe, devant une vitrine, une démonstration : quelqu’un s’avance aimablement et vous propose de vous expliquer. Une aide ponctuelle, sans façon, qui donne au visiteur un sentiment de liberté dans la découverte qui est particulièrement apprécié.

Ce muséum s’étend vers les extérieurs : tout contre, le jardin botanique, lui aussi redessiné ; à 10 stations de métro, le jardin de la Maourine, à l’agriculture basée sur la prévention et le traitement naturels ; sur la Toile, un site qui permet de créer son propre espace personnel, de constituer sa collection des objets du musée.

Muséum de Toulouse
35 allées Jules Guesde
Entrée par le Jardin des Plantes, près du Grand Rond
Bus 1 & 2 - Jardin Royal ; M° ligne B - Carmes ou Palais-de-Justice
TLJ sauf le lundi de 10 h à 18 h
Entrée de 5 € à 9 €
Jardins du Muséum - La Maourine : av. Maurice Bourges-Mounaury, Quartier Borderouge, la Maourine
Bus 36 - Ségla ; M° ligne B - Borderouge)

Images : rollier d'Europe et schoenbergia paradisea arfakensis