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Tag - Ludivine Sagnier

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lundi 8 octobre 2007

Un secret. Claude Miller

Un secret de Claude MillerIl y a le corps aux rondeurs sculptées par la natation de Cécile de France et le corps large tout en muscles de Patrick Bruel.

Ils sont Tania et Maxime, les parents du petit François.
Mais l'enfant est maladroit, chétif, et craint l'eau comme un chat.
D'emblée, le contraste est excessif.

On est dans les années 1950 ; le soleil brille fort au dessus des corps dorés et de la piscine rutilante.

Le sourire de la blonde Tania explose comme une volonté tenace devant son petit garçon angoissé et son sportif de mari qui ne peut s'empêcher de laisser un profond regret à voir le malingre fils qu'il a engendré.

C'est sur ce tableau familial déséquilibré, dont le fils, dans son corps rachitique, se vit comme un symptôme maladif face à ses sportifs parents, que s'ancre l'histoire de cette famille juive, celle de son secret.

Au fil d'allers-retours du passé au présent, du présent au passé et du passé au passé, la narration tourne autour de la période de la Seconde Guerre mondiale, et finit par y plonger : c'est pendant la période de l'occupation que le drame s'est joué.
C'est drame là, c'est une passion amoureuse, qui s'est nouée au soleil, dans une nature idyllique, pendant que d'autres juifs étaient déportés.
L'interdit est écrasant de conséquences ; indécent.

Claude Miller a extraordinairement tiré parti de la trame romanesque du livre de Philippe Grimbert en faisant le choix d'un esthétisme radical : acteurs magnifiques, costumes et décors d'époque extrêmement léchés, photo cristalline.
Sous un soleil obstiné, c'est une tragédie que le cinéaste a voulu montrer ; en cela, le film est, comme le roman, beau et émouvant, mais, certainement, beaucoup plus dérangeant.

Un secret
un drame de Claude Miller
Avec Cécile de France, Patrick Bruel, Ludivine Sagnier, Julie Depardieu, Mathieu Amalric, Nathalie Boutefeu...
Durée : 1 h 40

Le roman du psychanalyste Philippe Grimbert a été publié chez Grasset en 2004 et depuis été réédité en poche (Le Livre de Poche, 5,50 €).

lundi 18 juin 2007

Les Chansons d'amour (Christophe Honoré)

Les chansons d'amourUne jeunesse décomplexée et gentiment insolente interprétée par de beaux et brillants comédiens joue un trio amoureux dans le Paris d'aujourd'hui côté Bastille.

Un jeune cinéaste filme à toute vitesse une comédie musicale d'inspiration Nouvelle Vague et multiplie les références à Jacques Demy ...
Comme Dans Paris, le précédent film de Christophe Honoré, Les Chansons d'amour semble bien placé pour emporter la palme du film le plus branché de l'année.

Le film n'est pourtant pas que cela. Il devient même vite tout à fait plaisant et il est aussi très personnel : de ses inspirations, le cinéaste ne fait pas une simple imitation. Les références, explicites, font partie d'un tout marqué par une « patte » singulière, un univers inquiet et douloureux, mais léger et alerte, que Christophe Honoré capte et recrée à sa manière.
Lorsque le deuil surgit, Les chansons d'amour prend de l'épaisseur, les personnages sont de plus en plus attachants et gagnent en grâce encore davantage.

Même si les mélodies pop s'oublient vite – on est loin de Michel Legrand – les chansons, qui font partie intégrante des dialogues (il s'agit bien là d'un film chanté) sont agréables.
Et puis Christophe Honoré n'est pas seulement l'admirateur de ses aînés. Il appartient aussi à une génération de cinéastes, peut-être celle des « littéraires » : lorsqu'on voit le lycéen amoureux d'Ismaël sortir avec ses amis en plaisantant, on ne peut s'empêcher de penser aux Amitiés maléfique d'Emmanuel Bourdieu.
Le clin d'oeil aux éditions de l'Olivier, qu'on a déjà vu dans Je vais bien ne t'en fais pas (tiré du livre d'Olivier Adam, co-scénariste du film), est craquant lorsque le trio amoureux se couche, chacun tenant entre ses mains un livre de l'éditeur ... Dans la scène finale, lorsque le personnage joué par Chiara Mastroianni lève les yeux vers une nuée d'oiseaux de détachant des branches dénudées des arbres du parc sur fond de ciel crépusculaire, la référence prend un ton doucement mélancolique.

La réussite de ce film semble tenir à peu de choses.
C'est que Christophe Honoré a indubitablement du talent.
Y compris celui de bien choisir ses comédiens. Tous extrêmement doués et merveilleusement impliqués, ils ont eux aussi une belle part dans le charme de ces jolies chansons d'amour.

Les Chansons d'amour
Un film de Christophe Honoré (scénario et réalisation)
Avec Louis Garrel, Ludivine Sagnier, Chiara Mastroianni, Clotilde Hesme ...
Durée : 1h 40min
Production Alma Productions (France), 2007
Distribution Bac Films
Les Chansons d'amour faisait partie des films sélectionnés en Compétition Officielle au 60ème festival de Cannes