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vendredi 11 janvier 2008

Expositions : perspectives 2008

Tres de Mayo, Francisco de GoyaLes grandes expositions inaugurées cet automne à Paris s'achèvent ce mois-ci.
Si les magnifiques expositions du Louvre viennent de se terminer, il reste encore quelques jours pour profiter de celles consacrées à Arcimboldo, qui s'achève le 13 janvier (tout comme l'expo Fragonard), aux Peintres japonais à Paris visible jusqu'au 26 à la Maison de la culture du Japon et à Courbet jusqu'au 28 au Grand Palais.
L'exposition Soutine est quant à elle prolongée jusqu'au 2 mars à la Pinacothèque de Paris.

Et pour 2008 ? Quelques pistes...
A Paris, le Musée du Luxembourg mettra en lumière L'Instinct Fauve de Vlaminck dès le 20 février, la BNF Richelieu rendra hommage au caricaturiste Daumier à partir du 4 mars. Le Petit Palais présentera une sélection de l'oeuvre gravé de Goya à partir du 13 mars. Une exposition consacrée à Babylone ouvrira ses portes le 14 mars au Louvre.
Au printemps, nous partirons peut-être en Chine avec la Pinacothèque pour découvrir une sélection de soldats de terre cuite retrouvés enterrés dans le mausolée de l'empereur Qin, avec Les soldats d'éternité, les guerriers de Xi'an à partir du 14 avril. Au même moment le Musée Rodin accueillera une grande partie de l'oeuvre de Camille Claudel.
A l'automne, toujours à Paris, Picasso est annoncé au Grand Palais, Bonaparte et l'Egypte à l'Institut du Monde Arabe et Le Zen et l'art à Kyoto au Petit Palais.

Ailleurs, au Nord comme au Sud, on aura toutes les chances de croiser les chemins de Goya (Les Caprices, série de 80 estampes seront exposés au Palais des Beaux-arts de Lille à partir du 24 avril quand le musée du Prado à Madrid présentera Goya durant la guerre dès le 14).
La belle expo Courbet s'installera à cet été au Musée Fabre à Montpellier.
Et encore à Madrid, le Musée Thyssen-Bornemisza rendra hommage à Modigliani du 5 février au 18 mai, puis à Miro à partir du 17 juin.

Bien des choses à suivre...

Image : Tres de Mayo, Francisco Goya, 1814, Museo del Prado

mardi 6 novembre 2007

De Kuroda à Foujita – Peintres japonais à Paris

Foujita, MCJP, Cinq nus, expositionL'histoire est au départ un choc de culture ; elle se nourrit d'échanges, donne lieu à des tâtonnements et ne finit pas.
Il y a d'abord l'ouverture : après des siècles d'autarcie, le Japon, sous l'ère Meiji (1868-1912) s'ouvre à l'Occident.
D'un côté, des objets et des estampes japonaises débarquent en Europe. L'engouement est immédiat ; la mode du Japonisme vogue très vite, et bientôt naît l'Art Nouveau, sa stylisation, sa prédilection pour les motifs floraux et végétaux...

En même temps - c'est ce que l'exposition visible à la Maison de la culture du Japon à Paris jusqu'au 26 janvier prochain met en évidence - au Japon, des artistes aspirent à sortir de leur culture ancestrale.
A partir de la fin du XIXème siècle, ils débarquent en petit nombre à Paris, puis de plus en plus nombreux dans la première partie du XXème siècle.
Ils ont découvert la peinture à l'huile seulement à l'ère Meiji grâce à l'ouverture économique de l'archipel. Ils viennent voir en Europe ce que les Occidentaux ont fait de ce qui est pour eux un nouveau matériau.
Ici, c'est l'impressionnisme, c'est Van Gogh, Cézanne, puis Picasso, Kandinksy... Les mouvements bouillonnent, les recherchent aboutissent à des formes d'expression picturale nouvelles.
Les plus belles oeuvres des avant-gardes d'hier sont depuis longtemps devenues des canons pour l'amateur d'art occidental du début du XXIème siècle.
Découvrir aujourd'hui ce que peignaient les artistes japonais à la même époque lorsqu'ils ont cherché à "occidentaliser" leur peinture provoque une étrange sensation tant ces tableaux semblent maladroits, faire pâle figure. On y lit les inspirations les plus diverses qui vont du Greco au surréalisme en passant par l'école de Fontainebleau, l'impressionnisme, Ingres, Manet, Renoir ou Picasso, traduisant la foule des maitres occidentaux que les artistes japonais ont découverts d'un seul coup. Le résultat semble bien souvent "en dessous" de leurs inspirateurs. Ce ne sont donc pas toutes les oeuvres en tant que telles qui méritent le détour, mais plutôt les recherches qu'elles traduisent, menées par des artistes qui ne connaissaient que l'estampe japonaise et se sont soudain ouverts à tout ce qui se faisait en Europe, dans une période de frénésie picturale particulièrement vive, et qui, en quelques décennies, se sont appropriés ces "modèles" totalement nouveaux pour eux.

Restent en tout état de cause des oeuvres belles et très intéressantes, telles celles, mi-académiques, mi-impressionnistes, du premier d'entre eux, Kuroda (1866-1924), chez qui la culture du levant demeure bien visible, avec ses tonalités claires et fondues, ses verts céladon et jaunes pailles éthérés, ses silhouettes impassibles et ses motifs végétaux décoratifs.

L'exposition est aussi l'occasion d'admirer les tableaux magnifiques de Foujita (1886-1868), la délicatesse de ses couleurs et de ses sujets, sa manière de souligner les contours d'un trait fin, oeuvres qui résonnent comme autant d'odes à la féminité et à la sensualité, au fantastique, au rêve et aux contes.

De Kuroda à Foujita – Peintres japonais à Paris
Maison de la culture du Japon à Paris
101bis, quai Branly - Paris 15ème
M° Bir-Hakeim, RER Champ de Mars
Jusqu'au 26 janvier 2008
Du mar. au sam. de 12 h à 19 h, le jeu. jusqu'à 20 h
Fermeture annuelle du 23 déc. au 3 janv. inclus
Entrée 6 € (TR 3 €)
Catalogue de l'exposition : 40 € (Ed. Fragments international)