Le Musée National du Moyen-Age fait partie
des quatorze musées et monuments nationaux français pour lesquels la gratuité
est expérimentée depuis le début de l'année et jusqu'au 30 juin prochain.
(1)
Dès le premier week-end de janvier, Parisiens et touristes s'y sont pressés.
Favorable a priori à l'accès le plus libre possible à la culture, l'on
en sort en s'interrogeant sur le bien-fondé de la décision politique pour le
musée du Moyen-Age en particulier.
La dimension modeste des salles, qui tient à l'architecture du bâtiment, la
faiblesse de l'éclairage, l'entassement des oeuvres et le manque de lisibilité
du parcours d'ensemble sont autant de facteurs d'embouteillage qui ne plaident
pas en faveur de l'ouverture au plus grand nombre au même moment. Ajoutons à
cela que les cartels sont tout petits (et vieillots), et que bien des fois l'on
ne sait où se poser pour lire les fiches de salles, pourtant d'une grande
qualité en matière d'explications.
Surtout, le manque d'espace sied particulièrement mal aux oeuvres médiévales,
qui exigent souvent du recul, comme les statues ou les retables. Et que dire de
la minuscule salle des vitraux, qui présente notamment des vitraux de la
Sainte-Chapelle ? Le nez collé dessus, on balance entre rage et
pitié.
Quant aux chapiteaux, ils mériteraient d'être isolés les uns des autres et de
pouvoir être vus aisément sous leur quatre côtés.
Les frustrations qui en découlent, liées au lieu lui-même, deviennent plus
aiguës lorsque le musée se remplit.
Mais le problème est le même pour les oeuvres plus petites dans les vitrines,
telles ces petites châsses-reliquaires et autres objets liturgiques en ivoire
sculpté au rez-de-chaussée. La finesse des décors mériterait tranquille
observation...
Dans ces conditions, faut-il y aller ?
La réponse est oui, bien sûr, car le Moyen-Age est une période aussi longue
(dix siècles !) que passionnante sur le plan artistique, qu'il s'agisse de
l'architecture ou de de tout ce qui a trait à l'iconographie.
Donc, on y reviendra, ne serait-ce que pour admirer La Dame à la
Licorne, chef d'oeuvre du XVème siècle, qui, elle, bénéficie d'une belle
présentation, dans une salle semi-circulaire faite pour elle.
Mais l'on se rappellera aussi que la meilleure façon d'apprécier l'art médiéval
est certainement d'aller le voir là où il est, à savoir dans les églises, les
abbatiales et les cathédrales. La France (et pas seulement !) en déborde dans
tous ses coins. On y admire in situ chapiteaux, vitraux, tympans,
statues et trésors, dans l'ambiance pour laquelle ils ont été faits :
celle de la déambulation pieuse ou rêveuse, du retrait et du
recueillement.
Ce qui n'est pas forcément le programme réservé au Musée du Moyen-Age pour les
six mois à venir.
Musée National du
Moyen-Age
Thermes et hôtel de Cluny
6, place Paul Painlevé - Paris 5ème
M° Cluny-La Sorbonne / Saint-Michel / Odéon
Bus n° 21 - 27 - 38 - 63 - 85 - 86 - 87
RER C Saint-Michel / l B Cluny - La Sorbonne
TLJ sf le mardi, de 9 h 15 à 17 h 45
Entrée libre jusqu'au 30 juin 2008
(1) Participent à l'expérimentation :
A Paris et en région parisienne : le musée Guimet, le
musée du Moyen-Age, le musée des Arts et Métiers, le musée des Antiquités
nationales de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), le musée national de la
Renaissance d'Ecouen (Val-d'Oise) et le musée de l'Air et de l'Espace du
Bourget (Seine-Saint-Denis).
En province : le musée de la Marine de Toulon, le musée national Adrien Dubouché à Limoges, le musée Magnin à Dijon, le palais du Tau à Reims, le palais Jacques Coeur à Bourges, le château d'Oiron, le musée national du château de Pau et le château de Pierrefonds.
Pour les 18-26 ans, accès gratuit dans quatre musées nationaux parisiens un soir par semaine entre 18h et 21h : le mercredi pour le musée d'art moderne du centre Pompidou, le jeudi pour le musée d'Orsay, le vendredi pour le Louvre et le samedi pour le quai Branly.
Image : Musée National du Moyen-Age, "La Dame à la Licorne, A mon seul désir", XVème siècle