La
mode a été lancée dès la fin du XVIème siècle par les Anglais fortunés, elle
eut rapidement un grand succès auprès des Européens et ne cessa de se
développer au cours des siècles suivants.
Il s'agissait, pour les membres de la bonne société, de parfaire leur
éducation en accomplissant le Grand Tour, lequel passait
inévitablement par l'Italie, où l'on allait, comme on le fait encore
aujourd'hui, se cultiver et se pâmer devant les ruines antiques et les œuvres
de la Renaissance.
La vogue connut un souffle nouveau au XIXème siècle, à la suite des fouilles
des sites de Pompéi et Herculanum, mais aussi avec l'invention de la
photographie.
A travers une large sélection de peintures, dessins, sculptures et surtout
photos, l'exposition du musée d'Orsay éclaire un pan - celui du XIXème siècle -
de l'histoire de cette inlassable attrait des Européens pour l'Italie. Le
parcours est conçu comme un petit voyage en soi - déambulation entre diverses
salles aux volumes différents et peu séparées les unes des autres. L'espace
central est surplombé d'un faux plafond reproduisant en maxi-format des
fresques italiennes. De petites statues typiques des personnages de la
tradition - musiciens en particulier - œuvres de Carpeaux notamment, placés au
milieu des salles viennent figurer le centre d'imaginaires petites places,
alors que les murs prennent de douces teintes vertes et taupes.
Le charme est complet, d'autant que sur les murs s'étale une succession de
splendeurs architecturales. Du Duomo Santa Maria di Fiore à la Basilique
Saint-Marc, de Santa Maria de la Salute à la basilique Saint-Pierre, du Grand
Canal au Colisée en passant par la cathédrale de Prato, sont ici réunies des
vues de voyages dont campaniles, coupoles et arcs antiques ont été les
étapes.
Pour autant,
l'exposition réserve bien des surprises. L'une de ses révélations est la
singulière beauté de certains tirages sur papier albuminé, procédé qui offre un
rendu de la lumière du sud tel que l'on croit la "sentir", mais aussi des
contrastes d'une remarquable précision. L'architecture et les perspectives en
sont encore magnifiées. L'on y découvre aussi des photos et des peintures d'une
grande poésie, comme ces vues de Venise au clair de lune, tout à fait
extraordinaires.
Beaucoup moins romantiques, mais très inattendus, sont les clichés des moulages
effectués dans les empreintes des cadavres retrouvés avec la découverte des
sites de Pompéi et Herculanum. Face à ces corps immobilisés en plein mouvement,
on saisit toute l'horreur de ces hommes et ces femmes pris vifs dans la lave du
Vésuve, autre motif de fascination pour les Européens voyageurs du XIXème
siècle qui eux, découvraient alors cette tragédie de l'histoire.
Voir l'Italie et mourir. Photographie et peinture dans l'Italie du
XIXème siècle
Jusqu'au 19 juillet 2009
Musée d'Orsay
1, rue de la Légion d'Honneur - Paris 7ème
TLJ sf le lundi, de 9 h 30 à 18 h, le jeudi jusqu'à 21 h 45
Entrée avec le billet du Musée (9,50 €, TR 7 €)
Images : Friedrich Nerly, Venise, la place Saint Marc au clair de
lune, vers 1842, huile sur toile, 58,5 x 46,5 cm, Hanovre, Niedersächsisches
Landesmuseum (inv. PNM 971) © Niedersächsisches Landesmuseum,
Hannover
et Camille Corot, La Vasque de l'Académie de France à Rome, 1826-1827,
huile sur toile, 25 x 38 cm, Beauvais, musée départemental de l'Oise © RMN /
Hervé Lewandowski
L'exposition présentée
au Musée d'Orsay jusqu'au 31 mai est non seulement belle, mais encore tout à
fait convaincante.
On n'est pas encore
dans le cubisme (qui ne s'exprime alors qu'en peinture), encore moins dans le
non-figuratif ; mais le chemin parcouru depuis Rodin est immense -
quelques unes des sculptures du maître permettent de le souligner. Plus de
démonstration, plus de tour de force ; la ligne directrice est tout
autre.
Cette exposition, l'un
des volets du triptyque "Picasso et les maîtres" présenté en même temps au
Louvre, au Grand Palais et au Musée d'Orsay, constitue une formidable
démonstration de la créativité de Picasso, de sa faculté, non pas de copier ou
d'imiter, mais de repenser une œuvre, en cherchant, en s'amusant, avec liberté
et obstinément.
Objet de son obsession chez le peintre qui n'a cessé toute sa vie de figurer
des femmes, il s'en empare pour mieux enfler, parfois jusqu'à la démesure,
réduire ou déplacer ses rondeurs féminines. Ce qui ne l'empêche pas de faire
subir à ses voisins toutes sortes de variations quant à leur emplacement, leurs
accessoires ou leurs vêtements (dans les cas où il conserve ces
derniers)...
Il
faut le reconnaître, une aquarelle ne séduit pas forcément du premier coup
d'oeil. Contrairement à la peinture à l'huile et à la gouache, plus hautes en
couleurs, plus pleines, plus aguicheuses, le fin lavis de l'aquarelle a le
charme si discret que l'on pourrait passer devant sans le remarquer.
Avec la très belle exposition autour des
premières photographies sur papier britanniques,
C'est l'excitant chemin de la découverte
qu'empruntent la plupart des visiteurs de l'exposition organisée au Musée
d'Orsay jusqu'au 3 février, tant la peinture du suisse Ferdinand Hodler
(1853-1918) est restée dans l'ombre depuis près d'un siècle.
Le
programme culturel ne connaît pas de trêve estivale dans la capitale. Pour les
Parisiens qui demeurent à résidence comme pour les autres qui y viennent
« pour le meilleur », les propositions sont nombreuses. En voici une
petite sélection.
Antonin Rispal fut un passionné à qui les
amateurs d'Art Nouveau peuvent dire un grand merci !