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Tag - Pinacothèque

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dimanche 22 novembre 2009

Admirer l'Âge d'or hollandais

Catalogue de l'exposition Age d'or hollandais à la Pinacotheque Pour permettre à ses nombreux visiteurs de mieux profiter de l'exposition L'Âge d'or hollandais, de Rembrandt à Vermeer organisée en association avec le Rijksmuseum d'Amsterdam, la Pinacothèque de Paris a élargi ses horaires d'ouverture depuis vendredi dernier.

Vous pouvez désormais la visiter de 10h30 à 20h tous les jours et jusqu'à 22h les mercredi et vendredi.

A signaler aussi, une très belle idée de cadeau, pour tout de suite ou pour les fêtes de fin d'année : le catalogue de l'exposition, magnifiquement édité avec les reproductions de l'ensemble des œuvres en pleine page et des textes riches et limpides.

Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine - 75008 Paris
Jusqu'au 7 février 2010
TLJ de 10 h 30 à 20 h, jusqu'à 22 h les mercredi et vendredi
25 décembre et 1er janvier de 14 h à 18 h
Entrée 10 € (TR 8 €)

L’Âge d’Or hollandais de Rembrandt à Vermeer avec les trésors du Rijksmuseum
Éditions Pinacothèque de Paris
Relié - 28 x 24 cm, 304 pages, 45 €
ISBN : 9782358670043

lundi 19 octobre 2009

L'Âge d'or hollandais à la Pinacothèque de Paris

Frans Hals, portrait d'homme, exposition à la Pinacothèque de ParisRembrandt, Vermeer : deux noms qui font rêver tant leurs œuvres, fort différents l'un de l'autre, éblouissent encore par leur virtuosité. Tous deux renvoient à cet âge d'or qu'à connu la Hollande au XVIIème siècle, quand, après les sanglantes Guerres de Religion, les sept provinces du Nord, et notamment la Hollande (majoritairement calviniste) font sécession et acquièrent leur autonomie. De leur côté, les Pays-Bas du sud restent sous domination espagnole et deviennent une base avancée du catholicisme.
La liberté politique et religieuse que connaissent alors les provinces du Nord va profiter à l'économie, aux sciences et à l'art. Grâce à des banquiers et à des marchands entreprenants, la Hollande conquiert le commerce maritime et voit ses villes portuaires (Haarlem et surtout Amsterdam) prospérer considérablement. Les commerçants et les notables cherchent à décorer richement leurs intérieurs, avec des meubles, des objets raffinés et des petits tableaux, faisant ainsi travailler un grand nombre d'artistes. Les peintures n'étant pas admises dans les Temples, les nobles et les bourgeois mais aussi les corporations d'artisans deviennent les principaux commanditaires. Tableaux d'histoire (biblique, antique ou contemporaine), portraits ou scènes de la vie quotidienne (paysages, natures mortes, épisodes de la vie sociale ou domestique), les artistes se spécialisent dans l'un ou l'autre de ces genres afin de s'assurer des débouchés. Une exception cependant : Rembrandt, qui réalisa aussi bien des scènes bibliques, que des portraits de groupe (dont la fameuse Ronde de nuit), des scène de genre et des portraits.

C'est à ce somptueux XVIIème siècle hollandais que la Pinacothèque de Paris redonne vie jusqu'au 7 février 2010 en exposant une centaine d'œuvres du Rijksmuseum d'Amsterdam, essentiellement des peintures, mais aussi des dessins et des objets - notamment des faïences de Delf, l'un des plus grands centres de production de céramique à l'époque.
La sélection de tableaux est représentative de la diversité des sujets et du niveau atteint par les artistes, dont la formation était solidement organisée. Dans la splendide série de natures mortes, celle de Jan Jansz van de Velde constitue un modèle, où ne manquent ni les citrons, ni le verre, ni l'étain, la faïence ou l'étoffe, le tout avec un soin du détail inouï et un sens de la composition assuré : une œuvre à contempler jusqu'à en avoir épuisé tous les éléments, non sans ravissement. Les compositions florales séduisent d'abord par les couleurs qui contrastent sur le typique fond noir, la véracité des fleurs (ah, ces roses anglaises au pétale velouté, on en sentirait le parfum !), puis on remarque ici et là de minuscules insectes, le vert de l'eau du vase un peu croupie, et même quelques fils de toile d'araignée...
Branche particulière du genre, les vanités : le tableau Crânes sur une table d'Aelbert Jansz van der Schoor est presque canonique. Il s'agissait de rappeler aux mortels, avec moult éléments symboliques, la vanité de l'existence en ce monde : y compris le savoir (les livres), tout est vain sur notre bonne terre...
Les paysages sont pour certains d'entre eux assez surprenants. S'y lisent les stigmates des séjours à Rome, partie intégrante de la formation traditionnelle des peintres, qui importaient ensuite la manière italienne pour réaliser leurs paysages : c'est ainsi qu'on en arrive à des vues d'une campagne hollandaise parsemée de ruines antiques et éclairée par une jaune lumière du sud... A la limite du fantastique !

Les portraits forcent l'admiration, notamment ceux de Frans Hals (Portait d'homme et son pendant Portrait de femme exposés côte à côte), de Moses ter Borch, sans compter ceux de Rembrandt, marqué évidemment par le Caravage (bien que lui n'ait jamais mis les pieds en Italie), et dont la force d'expression est presque troublante. Ses scènes religieuses sont tout aussi novatrices, il n'y a qu'à regarder la vibrante Décapitation de saint Jean-Baptiste : tous ces visages sont si humains, si présents et habités, autour de la tête sans vie de Jean-Baptiste !

Un autre coup de cœur, celui-là pour un petit tableau discret signé Adriaen van Ostade. La lettre d'amour de Vermeer, exposition à la Pinacothèque de Paris
Il a pour titre L'atelier du peintre et est placé en début de parcours pour montrer la place des artistes dans leur pays et dans leur époque. Dans une ambiance de travail chaleureuse, éclairée par une fenêtre sur le côté (qui n'est pas sans rappeler un certain Vermeer), trois personnages, dont un peintre, sont plongés dans leur tâche avec grand soin, malgré la rusticité du lieu (les combles). L'endroit où le peintre travaille est protégé par une toile suspendue au plafond. Tout et tous concourent à ce que la peinture soit menée à bien, même dans des conditions peu confortables : ce tableau résonne comme un message sur la condition de l'artiste, susceptible de s'élever grâce à son art, dans un pays déverrouillé des rigidités du système aristocratique.

On termine par le plus touchant - peut-être le plus beau - des tableaux de l'exposition : La lettre d'amour de Vermeer. Regardez les expressions fort différentes des deux femmes - maîtresse de maison et servante. Observez les détails qui créent le moment du tableau, l'instant-clé qu'est cette la scène, juste avant l'ouverture de la lettre. Admirez la composition, le naturel, la délicatesse des couleurs, de la lumière, des visages... A la fin, on croirait les entendre penser ! Une merveille.

L'Âge d'or hollandais, de Rembrandt à Vermeer
Une exposition organisée en association avec le Rijksmuseum, Amsterdam
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine - 75008 Paris
Jusqu'au 7 février 2010
TLJ de 10 h 30 à 18 h
25 décembre et 1er janvier de 14 h à 18 h
Nocturne tous les premiers mercredis du mois jusqu’à 21 h
Entrée 10 € (TR 8 €)

Images : Frans Hals, Portrait d'homme, c. 1635, Rijkmuseum, Amsterdam © Department Rijksmuseum, Amsterdam
et Johannes Vermeer, La lettre d'amour, c. 1669-70, Rijksmuseum, Amsterdam, Acquis avec l'aide de Vereniging Rembrandt © Department Rijksmuseum, Amsterdam

mardi 3 février 2009

Table ronde - Le primitivisme : racines de l'art moderne et contemporain ?

Pollock et le chamanisme, table ronde sur le primitivismeMercredi 4 févier, dans le cadre de l'exposition "Pollock et le chamanisme", la Pinacothèque de Paris propose une table ronde sur le thème "Le primitivisme : racines de l'art moderne et contemporain ?".

Marc Restillini (directeur de la Pinacothèque de Paris), Françoise Michel-Jones (anthropologue, sociologue, maître de conférences à l'Université de Picardie), Eric de Chassey (professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Université de Tours), Christine Valluet (directrice de la galerie Schoffel-Valluet à Paris), Philippe Peltier (conservateur en chef, Musée du quai Branly) et Didier Ottinger (conservateur en chef, Musée national d'art moderne) échangeront leurs points de vue autour de Guy Boyer, directeur de la rédaction de Connaissance des Arts.

Qu'est-ce que le primitivisme ?, Comment l'art et la culture des sociétés tribales sont-ils devenus des objets d'intérêt artistique ? ou encore Le primitivisme dans l'art contemporain seront quelques unes des questions abordées au cours de cette soirée.

Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine - Paris 8ème
Mercredi 4 février 2009
A 19 h, durée 1 h - 1 h 30
Inscription sur réservation :
servicedespublics@pinacotheque.com
Tel : 01 42 68 81 07

mercredi 16 avril 2008

Les soldats de l'éternité. Pinacothèque de Paris

Les soldats de l'éternité à la Pinacothèque de ParisMettez-vous à la place de ces archéologues qui, un jour de mars 1974 découvrirent dans la région du Shaanxi une nécropole remplie de soldats de terre cuite à échelle humaine !

La fastueuse tombe du premier empereur de Chine, Qin Shihuangdi, jusqu'alors légendaire, était enfin mise à jour, plus de deux mille ans après sa construction au cours du IIIème siècle avant notre ère.

Ces heureux archéologues pouvaient-ils soupçonner ce jour-là l'étendue de leur découverte ? Il s'est avéré par la suite que le mausolée était constitué de plusieurs fosses. L'une, la moins vaste, contenait soixante-hui statues en terre cuite. La deuxième, de plan irrégulier, recelait des chars et des cavaliers.

Enfin, la fosse n° 1, la plus spectaculaire, de 230 mètres de long sur 60 de large, abritait près de 7 000 soldats, soit une armée entière, du simple fantassin à l'officier supérieur.

Les fouilles les plus récentes ont révélé que ces militaires étaient accompagnés de civils, fonctionnaires ou encore artistes. Comme si le Premier Auguste Empereur avait conçu son mausolée tel un microcosme, ou un modèle idéal du monde sur lequel il avait exercé sa domination, et entendait ainsi continuer à régner après sa mort.

Jusqu'au 14 septembre, l'on peut admirer une vingtaine de ces fascinantes statues à la Pinacothèque de Paris, place de la Madeleine.
Le face-à-face avec ces guerriers de l'éternité, dans la douce pénombre où ils sont baignés, saisit d'une telle émotion que l'on ne peut s'empêcher de penser à celle qu'éprouvèrent certainement les chercheurs, il y a plus de trente ans, à des milliers de kilomètres d'ici.

Une belle sélection d'objets (vases, bassins, cloches, armes, ornements...), éclairée d'une solide présentation, met en lumière des éléments matériels et culturels du royaume Qin, y compris avant que celui-ci ne s'impose à cet ensemble de territoires qui deviendra l'immense Chine.

L'exposition permet ainsi de mieux comprendre comment en 221 avant J.C., l'Auguste Empereur Qin, à la tête d'une dynastie qui ne dura plus de quinze années, unifia le pays, ses routes, ses murailles, sa monnaie, son écriture, mit en place les institutions politiques qui perdurèrent jusqu'au XXème siècle et se fit édifier une nécropole dépassant toute mesure, afin d'assurer, par une armée d'argile, son éternité.

Les soldats de l'éternité
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine – Paris 8ème
Jusqu'au 14 septembre 2008
Tlj de 10 h 30 à 18 h
Le 1er mai et le 14 juillet de 14 h à 18 h
Nocturne jsq 21 h les lundi 12, 19, 26 mai et 2, 9, 16 juin 2008
Entrée 10 € (TR 8 €)

mardi 11 mars 2008

L’Atelier de Man Ray, Unconcerned but not indifferent

L'Atelier de Man Ray à la Pinacothèque de Paris, HemingwayAvec L’Atelier de Man Ray, Unconcerned but not indifferent (Détaché mais pas indifférent), la Pinacothèque de Paris présente jusqu'au 1er juin une vaste sélection de peintures, dessins, collages, sculptures, objets et photographies de Man Ray.

Il faut rappeler que le célèbre photographe a exploré bien des supports, n'hésitant d'ailleurs pas à mélanger les genres, notamment en retravaillant les photos à la peinture ou au dessin.

A New-York, où il débute sa carrière de photographe, il est séduit par la peinture moderne européenne découverte dans les galeries, mais également par la révolution avant-gardiste engagée par Marcel Duchamp et Francis Picabia.
Aussi, il ne s'éternise guère de ce côté-là de l'Atlantique et s'installe dès 1921 à Paris, où il est immédiatement adopté par le groupe Dada, devient l'amant de celle qui sera bientôt Kiki de Montparnasse, avant de suivre André Breton dans l'aventure surréaliste.
Américain il restera, mais Américain de Paris avant tout : son séjour aux Etats-Unis durant les années 1940 ne l'enchantera guère, il retournera à Paris dès 1951 et y finira ses jours en 1976.

Les oeuvres exposées (prêtées à titre exceptionnel par le Man Ray Trust à New-York), mêlant dessins, photos, lithographies, objets uniques, objets personnels et documents sources, permettent ainsi de suivre le parcours passionnant d'un artiste qui a côtoyé et photographié les plus grands de son temps.
L'on y retrouve tous les acteurs de cette période foisonnante que fut la première moitié du XXème siècle en France.
Celui qui fut érigé au statut de photographe d'art (grâce notamment au procédé du rayogramme) était en effet un portraitiste couru qui collaborait régulièrement à Harper's Bazaar, Vogue, Vu et autre Vanity Fair.

Voici donc le magnifique profil de Picasso, voici Kiki, mutine sous son chapeau cloche, voici encore Cocteau, Hemingway, Gris, Léger, Derain, Satie, Giacometti...
Plus loin, après avoir admiré un classique et somptueux portrait d'Ava Gardner, l'on découvrira deux minuscules diapositives peintes, datées des années 1950, l'une montrant Yves Montant, l'autre Juliette Gréco. Elles sont intimes, elles sont tendres, à l'opposé de bien d'autres oeuvres pleines de puissance de cet artiste assurément multiple et complexe.

L’Atelier de Man Ray, Unconcerned but not indifferent
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine – Paris 8ème
Jusqu'au 1er juin 2008
Tlj de 10 h 30 à 18 h
Entrée 7 € (TR 5 €)

Image : Yves Montant, 1950, Diapositive peinte, 8,89 x 6,35 cm © Man Ray Trust - ADAGP Paris 2008

vendredi 11 janvier 2008

Expositions : perspectives 2008

Tres de Mayo, Francisco de GoyaLes grandes expositions inaugurées cet automne à Paris s'achèvent ce mois-ci.
Si les magnifiques expositions du Louvre viennent de se terminer, il reste encore quelques jours pour profiter de celles consacrées à Arcimboldo, qui s'achève le 13 janvier (tout comme l'expo Fragonard), aux Peintres japonais à Paris visible jusqu'au 26 à la Maison de la culture du Japon et à Courbet jusqu'au 28 au Grand Palais.
L'exposition Soutine est quant à elle prolongée jusqu'au 2 mars à la Pinacothèque de Paris.

Et pour 2008 ? Quelques pistes...
A Paris, le Musée du Luxembourg mettra en lumière L'Instinct Fauve de Vlaminck dès le 20 février, la BNF Richelieu rendra hommage au caricaturiste Daumier à partir du 4 mars. Le Petit Palais présentera une sélection de l'oeuvre gravé de Goya à partir du 13 mars. Une exposition consacrée à Babylone ouvrira ses portes le 14 mars au Louvre.
Au printemps, nous partirons peut-être en Chine avec la Pinacothèque pour découvrir une sélection de soldats de terre cuite retrouvés enterrés dans le mausolée de l'empereur Qin, avec Les soldats d'éternité, les guerriers de Xi'an à partir du 14 avril. Au même moment le Musée Rodin accueillera une grande partie de l'oeuvre de Camille Claudel.
A l'automne, toujours à Paris, Picasso est annoncé au Grand Palais, Bonaparte et l'Egypte à l'Institut du Monde Arabe et Le Zen et l'art à Kyoto au Petit Palais.

Ailleurs, au Nord comme au Sud, on aura toutes les chances de croiser les chemins de Goya (Les Caprices, série de 80 estampes seront exposés au Palais des Beaux-arts de Lille à partir du 24 avril quand le musée du Prado à Madrid présentera Goya durant la guerre dès le 14).
La belle expo Courbet s'installera à cet été au Musée Fabre à Montpellier.
Et encore à Madrid, le Musée Thyssen-Bornemisza rendra hommage à Modigliani du 5 février au 18 mai, puis à Miro à partir du 17 juin.

Bien des choses à suivre...

Image : Tres de Mayo, Francisco Goya, 1814, Museo del Prado

lundi 29 octobre 2007

Chaïm Soutine à la Pinacothèque de Paris

Chaim Soutine, vue de Cagnes, Pinacothèque de ParisNé à la fin du XIXème siècle en Biélorussie, Chaïm Soutine émigre à Paris en 1913.

A la Ruche, atelier de Montparnasse, ses contemporains sont Chagall, Kikoïne, Lipchitz - le groupe appelé Ecole de Paris.

Il noue avec Modigliani une amitié qui durera jusqu'à la mort du peintre italien en 1920.
Le même Modigliani le présente au marchand d'art Léopold Zborowski : grâce à lui, tiré de la misère la plus noire, Soutine pourra vivre confortablement de son art durant le reste de sa vie, jusqu'à ce que son estomac malade ait raison de lui en 1943.

Ce parcours n'explique pas la tourmente qui caractérise la peinture de Soutine, qualifiée souvent d'expressionniste. Enfance très pauvre dans une famille juive orthodoxe, souffrances passées, repli sur soi, solitude et dépression : beaucoup de choses ont été écrites, parfois tout et son contraire, sur un artiste qui n'a laissé aucun écrit pour confirmer ou infirmer les hypothèses, lever ce voile de mystère qui couvre en grande partie sa vie intime.

Restent ses tableaux. Il en a peint et détruit beaucoup.
De l'exposition visible à la Pinacothèque de Paris jusqu'au 27 janvier prochain, les plus fascinants sont les paysages peints à Cagnes et à Céret. Au départ, des coups de brosse aux aplats larges et rapides, un sens de la composition très séduisant, des couleurs éclatantes et des contrastes très maîtrisés : point de tourmente encore, mais des paysages singuliers, un peu bousculés, où l'élément central, route montante ou escalier monumental, fait déjà tanguer les constructions.

Puis, à partir des années 1920, les couleurs et la matière se densifient, s'entremêlent ; les coups de pinceau sont de plus en plus mouvants. Sous les rafales du mistral, les arbres se tordent et poussent les maisons vers l'extérieur du cadre, carrément menacées d'effondrement.
Il frise alors parfois l'abstraction, mais au bénéfice d'une formidable puissance. Et l'énergie dévastatrice est bien souvent contrariée par des couleurs chaudes ici ou là qui viennent évoquer un élan vital qui refuse de céder.

Si le thème de la violence, ou du moins de la menace, est constant dans une grande partie de l'oeuvre de Soutine – comme en témoignent ses personnages osseux à l'oeil noir et aux longs doigts noueux, ses animaux morts et parfois même écorchés –, dans les années 1930 puis 1940, le peintre semble avoir trouvé la voie de l'apaisement. Âne, porc, taureau sont désormais montrés vivants et tranquilles dans leur milieu naturel.

Surtout, le très beau Paysage de Champigny (1942-1943) vient contredire tout ce que Soutine a exprimé des années auparavant : sur la crête d'une montagne, un enfant assis dans un cadre idyllique aux splendides couleurs froides regarde une blanche chèvre paître paisiblement.
Comme ici la tourmente semble loin...

Chaïm Soutine
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine – Paris 8ème
L'exposition est prolongée jusqu'au 2 mars 2008
Tlj de 10 h 30 à 18 h
Entrée 9 € (TR 7 €)

mercredi 20 juin 2007

Roy Lichtenstein, Evolution (Pinacothèque de Paris)

Roy Lichtenstein à la PinacothèqueAprès une installation provisoire rue du Paradis, la Pinacothèque de Paris vient d'ouvrir définitivement ses portes au 28 place de la Madeleine dans le 8ème arrondissement.

Ses 2000 m2 répartis sur trois niveaux proposent des expositions temporaires au sous-sol et une boutique au rez-de-chaussée, le premier étage étant destiné à accueillir des artistes contemporains, peintres ou poètes.

L'exposition inaugurale, ouverte au public le 15 juin, est consacrée à Roy Lichtenstein (1923-1997), célèbre figure du Pop Art américain.

Le parcours de la visite, quelque peu dédaléen en raison des multiples cloisons mises en place pour optimiser l'espace d'exposition, propose à travers une sélection de quelques 97 oeuvres datées de 1966 à 1997, une découverte du processus créatif de l'artiste.

Ainsi, petits croquis et divers travaux préparatoires côtoient les peintures de grands formats, collages, sculptures et estampes.
A chaque section, une reproduction de la source d'inspiration figure en bonne place. Roy Lichtenstein a multiplié en effet les réinterprétations d'oeuvres ou d'éléments de tableaux de maîtres modernes : ici Matisse, là Picasso (l'influence cubiste est nette), ou encore Cézanne ; puis les tableaux peints à grands coups de brosse à partir d'un paysage de van Gogh ...
Autre source de prédilection : les bandes dessinées, celles Hergé et Walt Disney, mais aussi les comics des années 1950, avec leurs jeunes femmes dénudées aux formes et aux bouches joliment dessinées.
Roy Lichtenstein n'hésitait pas davantage à recréer à sa manière les motifs traditionnels des paysages des estampes japonaises.

Le résultat de ces interprétations est connu : des oeuvres ludiques illuminées de couleurs franches et « artificielles » avec fonds de points de trame, sur des supports aussi divers que la toile, le bois ou le carton, utilisant tout autant la peinture à l'huile que le papier peint ou le plastique...

Tel fut le mouvement dans lequel l'artiste s'est épanoui, le Pop Art, né en Angleterre dans les années 1950, rendu célèbre aux Etats-Unis dans les années 1960 avec Andy Warhol, Roy Lichtenstein ou encore Robert Rauschenberg : gai, populaire et sans complexe.

On attend l'automne avec impatience pour découvrir l'exposition que la Pinacothèque de Paris consacrera à partir du 10 octobre au peintre Soutine, insuffisamment montré à Paris depuis de nombreuses années. L'intérêt de ce nouveau musée 100 % privé résiderait bien là : « montrer au visiteur des oeuvres ou des collections privées invisibles habituellement » ainsi que son directeur Marc Restellini le propose. Bienvenue donc, et bonne chance à la Pinacothèque de Paris.

Roy Lichtenstein : Evolution
Pinacothèque de Paris
28 place de la Madeleine – Paris 8ème
Jusqu'au 23 septembre 2007
Tlj de 10 h 30 à 18 h 30
Métro Madeleine (lignes 8, 12 et 14), bus 42, 52, 24, 84, 94
Entrée 8 € (TR 6 €)
Commissaire : Jack Cowart, Directeur exécutif de la Fondation Lichtenstein, New-York
Catalogue : 176 p., 39 €

Image : Collage for Still Life with Picasso, 1973 © Estate of Roy Lichtenstein New York / ADAGP, Paris (2007)