Deux
ans après la magnifique exposition
L'Âge d'or hollandais, la Pinacothèque de Paris
revient sur cette période, en présentant près d'une soixantaine d'œuvres,
essentiellement des tableaux mais aussi quelques gravures sur cuivre, issue de
la collection entreprise par Ilone et George Kremer à partir de 1995.
Découpée en 5 séquences, l'exposition permet de faire le tour des différents registres abordés par les artistes du XVII° siècle : les gens, la vie quotidienne, les paysages et les animaux, le clair-obscur et les scènes religieuses.
Les Provinces du Nord, majoritairement protestantes, sont alors extrêmement
riches grâce au commerce international. Une bourgeoisie aisée vient grossir les
rangs des commanditaires privés pour orner leurs intérieurs, s'inscrivant dans
une tradition très présente aux Pays-Bas, celle des collections, de tableaux
bien sûr mais aussi d'objets d'art décoratif. Ils aiment se faire représenter
pour mettre en valeur leur réussite. Frans Hals, qui s'est presque
exclusivement voué à l'art du portrait, et Rembrandt, le portraitiste le plus
en vue d'Amsterdam, connaissent un grand succès.
Du premier sont présentés deux portraits d'hommes, caractéristiques de son
style vif, avec des coups de pinceau nets et des oppositions de blancs et de
noirs. Du deuxième, l'on peut admirer un très beau Vieil homme en buste
avec turban : Rembrandt fait du clair-obscur une utilisation d'une
nuance extrême, comme pour mieux souligner la mélancolie de son personnage dont
les yeux noirs, qui ne sont pas dirigés vers le spectateur, expriment une
profonde tristesse.
Dans la même salle, L'allégorie de l'avarice attire immanquablement l'attention. Honthorst, après avoir séjourné à Rome, a ramené à Utrecht sa ville natale ce style très caravagesque, simple et fait de francs clairs-obscurs. Adapté à la peinture "morale" comme avec cette vieille femme examinant une pièce de monnaie à la lumière d'une lanterne, il fait des ravages...
Autres
genres très prisés, celui des scènes domestiques, très présent dans
l'exposition avec notamment Metsu (Femme préparant des crêpes avec un jeune
garçon) et Hooch (Homme lisant une lettre à une femme), ainsi que
celui des paysages et des animaux. Admirez le soyeux des plumages des
gallinacées des Volailles attaquées par un renard de Luyckx ou la
douceur des pelages des animaux de ferme de Weenix dans ses Personnages et
bétail parmi les ruines ! Les Hollandais se plaisaient à peindre les
objets, les matières et leurs contrastes : leurs tableaux sont souvent
très tactiles et peuvent dégager une sensualité bien indépendante de leurs
sujets.
Douceur est aussi le mot qui vient à l'esprit face à certains paysages, par exemple celui de Ostade Paysage d'hiver près d'une auberge : dans une composition très réussie jouant sur la complémentarité entre la clarté du ciel et du lac gelé et le brun de la terre, de la végétation hivernale et de la chaumière, Ostade a peint personnages et animaux avec une grande minutie, en recourant à une lumière étonnamment chaude et un style naïf qui évoquent la joie d'être ensemble dans une atmosphère des plus charmantes.
Ilone et George Kremer, héritiers de l'Age d'or hollandais
Pinacothèque de Paris
8 rue Vignon - Paris 9°
TLJ de 10h30 à 18h30, les mer. et ven. jsq 21 h
Les dim. 25 déc. et 1er jan., de 14h à 18h30
Entrée 10 € (TR 8 €)
Jusqu'au 25 mars 2012
A voir aussi en ce moment à la Pinacothèque au 28 place de la Madeleine : Giacometti et les Etrusques ainsi qu'une exposition sur les expressionnistes allemands.
Images :
Vieil Homme en buste avec turban, c.1627/1628, huile sur bois 26,5 x 20 cm
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
Gerrit van Honthorst (c.1590/1592 - 1656) Vieille Femme examinant une pièce
de monnaie à la lumière d’une lanterne (Allégorie de l’Avarice) c. 1623, huile
sur toile, 75 x 60 cm © photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas
Aurea
Giacometti
et les Étrusques : le rapprochement ne dérange pas, bien au contraire. Les
statuettes en bronze filiformes des uns et de l'autre présentent des plastiques
si proches que le premier coup d'œil suffit à accepter la réunion, en
un même lieu, de ces œuvres séparées de plus de deux millénaires.
Passionnante
en revanche est la question soulevée par Genet, et rappelée à la Pinacothèque,
du rapport de Giacometti à la mort à travers ses œuvres :
"Giacometti me dit qu'autrefois il eut l'idée de modeler une statue en
terre et de l'enterrer (...) non pour qu'on la découvre, ou alors bien plus
tard, quand lui-même et jusqu'au souvenir de son nom aurait disparu", se
souvient l'écrivain dramaturge. Ce désir de rendre ses œuvres à l'éternité
trouve naturellement grand écho dans cette exposition, où ses bouleversantes
peintures et sculptures cohabitent avec les urnes cinéraires et les objets
funéraires destinés à accompagner les défunts.
Esthétiquement,
on l'a dit, tout se répond, des sculptures en bronze vert-de-gris longilignes
et isolées, à la réunion dans une même vitrine de petits groupes de statuettes,
tels ces Trois hommes qui marchent (1948) côtoyant quatre statuettes
de la période hellénistique.
Après la merveilleuse
exposition
Après les premiers tableaux
d'inspiration naturaliste des années 1880, Munch apparaît dès le début des
années 1890 comme un grand novateur. Avec la magnifique Femme au chapeau
rouge sur le Fjord (1891), le peintre s'enhardit, brouille les pistes de
la perspective, créant une opposition entre l'aplat et la profondeur, une
confusion des dimensions qu'il ne cessera d'explorer, ouvrant avec d'autres la
voie à l'Avant-garde. Il joue avec la transparence et les touches (les grands
traits parallèles sont déjà visibles) et les couleurs : cette robe bleue
sur la mer bleue, qui pourrait aussi être le ciel, quelle idée... Nuit
d'été à Studenterlunden est de la même veine, mais la facture a encore
évolué, les lignes se font sinueuses, les chemins labyrinthiques, le sol n'est
jamais ferme. On retrouve le thème du couple s'embrassant dans Le
baiser, gravure de 1895, sur laquelle les visages disparaissent dans
l'union de leurs lèvres.
Pour permettre à ses nombreux visiteurs de mieux profiter de l'exposition
Rembrandt,
Vermeer : deux noms qui font rêver tant leurs œuvres, fort différents l'un
de l'autre, éblouissent encore par leur virtuosité. Tous deux renvoient à cet
âge d'or qu'à connu la Hollande au XVIIème siècle, quand, après les sanglantes
Guerres de Religion, les sept provinces du Nord, et notamment la Hollande
(majoritairement calviniste) font sécession et acquièrent leur autonomie. De
leur côté, les Pays-Bas du sud restent sous domination espagnole et deviennent
une base avancée du catholicisme.
A
travers une centaine de tableaux de Maurice Utrillo et de sa mère Suzanne
Valadon, la Pinacothèque de Paris propose jusqu'au 15 septembre 2009 une
exposition des plus narratives.
Pourtant, avant
qu'il ne rencontre le succès, en 1914, et se mette alors à peindre "en série"
pour acheter sa boisson quotidienne, Utrillo a réalisé de magnifiques paysages
urbains (c'est sa période dite "blanche") : ciels blafards, rues
grises et désertes, églises de banlieue comme abandonnées, Maurice Utrillo se
fait le topographe d'une ville sans couleur ni espoir. Sa peinture, avec ses
petites touches en reliefs est d'une superbe matérialité (il n'hésite
d'ailleurs pas à utiliser du plâtre pour en garnir ses toiles), mais aussi
d'une grande poésie, qui se déploie en particulier dans ses vues urbaines
enneigées.
Mercredi
4 févier, dans le cadre de l'exposition "
De
l'américain Jackson Pollock (1912-1956), chef de file de l'expressionnisme
abstrait, l'on connaît surtout les drippings, qu'il réalisait en
versant ou en jetant de la peinture sur la toile étalée au sol.
Peintre
catholique adepte des couleurs sombres, ne se rattachant clairement à aucun
grand courant pictural du XXème siècle, Georges Rouault (1871-1958) n'est pas a
priori un peintre des plus attrayants.
Mettez-vous à la place de ces archéologues
qui, un jour de mars 1974 découvrirent dans la région du Shaanxi une nécropole
remplie de soldats de terre cuite à échelle humaine !
Avec L’Atelier de Man Ray, Unconcerned
but not indifferent (Détaché mais pas indifférent), la
Pinacothèque de Paris présente jusqu'au 1er juin une vaste sélection de
peintures, dessins, collages, sculptures, objets et photographies de Man
Ray.