Le Rêve de Cassandre commence comme une comédie, mais qui cède vite le
pas au drame, lorsque le poids lourd de la conscience vient charger l'envolée
juvénile du début.
C'est l'argent qui fait basculer la situation, au détour d'apparitions
diaboliques, le prêteur usurier qui fait bruisser les liasses de billets et la
femme belle mais trop généreusement tentatrice.
Pour cause de dette de jeu, pour cause d'amour passionné, les deux frères vont
passer de leur condition de fils de la classe moyenne – dont les préoccupations
sont tout ce qui a de plus ordinaire, installer son couple et faire plaisir à
sa douce pour l'un, s'élever vers la classe supérieure pour l'autre – à celle
de nécessiteux aux abois. Ressort de l'histoire : le sauveur, incarné par
un oncle richissime, seule personne qui pourrait les aider, se fait à son tour
maléfique...
Après l'entrée bondissante des deux frangins-à-la-mort-à-la-vie, le portrait
familial croqué autour d'un repas aux dialogues délectables, la mise en place
de l'histoire, avec des personnages et des situations teintés d'humour, bref,
après une très agréable première partie, voici donc qu'à traits épais se
dessine le drame.
Et force est de reconnaître qu'une fois le forfait attendu accompli, toute la
fin du film a tendance à coller au sujet de la culpabilité un peu trop
intimement, pour ne pas dire à l'engluer. Woody Allen se met alors à se répéter
comme s'il ne savait qu'en faire pour finir sur une tragédie tout à fait
prévisible.
Quel dommage ! Après un début des plus alertes qui ne pourra que ravir ses
fans, le cinéaste se met à devenir ennuyeux, et ce malgré l'excellente
prestation des deux comédiens, Ewan McGregor et surtout Colin Farrell.
Le Rêve de Cassandre. Woody Allen
Avec Colin Farrell, Ewan McGregor, Tom Wilkinson, Hayley Atwell
Durée 1 h 48