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dimanche 26 avril 2009

Filippo et Filippino Lippi. La Renaissance à Prato

Exposition Lippi au Luxembourg, NativitéLe pan de l'histoire de l'art que le musée du Luxembourg nous révèle aujourd'hui a pour cadre la ville de Prato, longtemps occultée par le rayonnement de sa voisine Florence.
Pourtant, Prato connut son heure de gloire, du milieu du XIVème au XVème siècle, époque où le commerce de tissus et de la soie vint enrichir la cité. Pour manifester ce faste, on fit élever un duomo et passa des commandes pour décorer églises et couvents.

C'est dans ce contexte que le florentin Filippo Lippi (1406–1469) fit son entrée à Prato, sollicité par la ville pour orner la cathédrale.
Les commandes se multiplièrent et l'atelier de ce frère carmélite compta de nombreux disciples.
Certes, ce foisonnement artistique ne dura guère - dès le début du XVIème siècle, Prato fut écrasée par sa grande rivale Florence sous la férule des Médicis - mais il donna naissance à des œuvres magnifiques. L'exposition du Luxembourg en témoigne.

Y sont réunis une soixantaine de tableaux et sculptures, issus en grande partie du musée de Prato (en cours de rénovation) et montrés en France pour la première fois.
Si ces œuvres permettent de se rendre compte de l'intense activité artistique de Prato à cette époque, elles révèlent également l'importance des échanges avec les artistes florentins. La présence d'Uccello, de Fra Angelico - maître de Filippo Lippi -, de Botticelli - dont Lippi père fut le maître avant que Lippi fils en deviennent l'élève - montre les influence entre ces deux cités, il est vrai séparées d'une quinzaine de kilomètres seulement.

Exposition au musée du Luxembourg, Lippi, Vierge à la ceintureDe ce parcours toscan à la présentation très élégante, on retient avant tout le travail de Filippo Lippi. Son évolution est ici bien visible. Déjà très beau mais encore hiératique dans les années 1430, il devient ensuite de plus en plus vivant, de plus en plus soigné dans les détails comme dans la composition.
Les trois grands tableaux religieux que Lippi a exécutés avec son élève et ami Fra Diamante, présentés côte à côte sont à cet égard des merveilles : La Présentation au Temple, avec ses éléments d'architecture très Renaissance ainsi que La nativité avec saint Georges et saint Vincent Ferrer, où l'artiste a multiplié les groupes de personnages à différents plans : anges, musiciens, enfants, et enfin les saints tout devant, réunis autour d'une scène très familière, pleine de tendresse et d'humanité. Les deux peintures entourent le clou de l'exposition : la Vierge à la Ceinture.
Cette splendide composition, comme les autres éclatante de couleurs, fourmillant de détails, de riches étoffes, mais aussi pleine de délicatesse dans les traits, de transparence dans les chairs, est une évocation de l'histoire de la ville. Selon la légende en effet, la ceinture de la Vierge lui appartient depuis qu'un marchand de Prato l'a ramenée de Terre Sainte au XIIème siècle.
Mais la Vierge à la ceinture rappelle également la vie de Filippo Lippi. Celui-ci a peint ce tableau pour le couvent Sainte-Marguerite en donnant à la sainte les traits de sa belle, Lucrezia Buti, une nonne échappée du couvent. De cette scandaleuse aventure, en 1457, naquit Filippino Lippi, peintre comme son père, et dont les œuvres présentes ici soulignent l'influence de son maître Botticelli.

Filipo et Filippino Lippi. La Renaissance à Prato
Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard - Paris 6ème
Jusqu'au 2 août 2009
Ouvert TLJ
Lundi et vendredi de 10 h 30 à 22 h
Mardi, mercredi, jeudi et samedi de 10 h 30 à 19 h
Dimanche et jours fériés de 9 h 30 à 19 h
Entrée 11 € (TR 9 € et 6 €)

Images : Filippo Lippi, Fra Diamante, Nativité (ou Adoration de l’Enfant) avec saint Georges et saint Vincent Ferrer, c. 1456, Détrempe sur panneau, 158 x 168 cm, Museo Civico, Prato © Archivio Museo Civico di Prato
et Filippo Lippi, Fra Diamante, Vierge à la Ceinture entre saint Thomas et la commanditaire Bartolomea de 'Bovacchiesi et les saints Grégoire, Augustin, Tobie, Marguerite et l'archange Raphaël c. 1456-1465 Détrempe sur panneau, 199 x 191 cm, Museo Civico, Prato © Archivio Museo Civico di Prato

mercredi 14 février 2007

Grammaire des Arts Décoratifs. De la Renaissance au post-modernisme

grammairePour ceux qui ont aimé le Musée des Arts décoratifs, ceux qui n'y connaissent rien et le regrettent parfois, ceux qui ont quelques notions éparses des différents styles et souhaitent les préciser et/ou en acquérir une vision d'ensemble, pour ceux, enfin, nombreux, qui se trouvent intimidés au seuil d'une échoppe d'Antiquités, voici un précieux ouvrage : la Grammaire des Arts Décoratifs.

Ce très beau livre devrait combler affamés et curieux : de la Renaissance au post-modernisme, il fait le tour des courants esthétiques majeurs sur une période de plus de 500 ans.

Baroque, Rococo, néo-classicisme, Arts & Crafts, Art Nouveau, Art Déco, Art contemporain ... chaque chapitre, après une introduction fort utile qui place le mouvement dans son contexte et en donne les principales lignes, présente un panorama du mobilier, des arts du verre, de la céramique, du textile, papier peint, orfèvrerie ...

Illustrée d'une abondante et riche iconographie, la Grammaire présente en outre l'intérêt d'offrir une vision internationale des arts décoratifs. Ainsi, les productions des pays européens les plus dynamiques dans ce domaine, ainsi que les Etats-Unis sont autant représentés que les créations françaises.

Un bel ouvrage à avoir chez soi, à consulter au fil des ans ...

A signaler également : les éditions Le Robert ont publié récemment le Dictionnaire des mobiliers et objets d'art du Moyen Age au XXIème siècle. On y retrouve la qualité qui a fait le succès des dictionnaires Le Robert. L'ordre alphabétique permet de proposer une foultitude de notions, y compris les plus techniques. Mais pour une approche plus généraliste et initiatique, le dictionnaire est également aéré de dossiers thématiques sur les principaux courants qui ont marqué les arts décoratifs.

La Grammaire et le Dictionnaire : deux ouvrages de référence qui se complètent parfaitement.


Grammaire des Arts Décoratifs. De la Renaissance au post-modernisme
Noël Rilay, Patricia Bayer
Flammarion
545 p., 70 €

Dictionnaire des mobiliers et objets d'art. Du Moyen Age au XXIème siècle
Anne Lovreglio, Aurélia Lovreglio
Le Robert
480 pages, 42 €