
Ils sont bien modestes, tellement bas qu’on ne les remarque plus. Souvent il
ne reste qu’un morceau de « ferraille » qui dépasse du mur, qu’on a
oublié d’enlever dirait-on, qui a dû servir à quelque chose autrefois…
D’autres, pas bien nombreux, sont repeints, ils gardent encore leur forme
d’origine et peuvent éveiller la curiosité du passant. Cette curiosité, alors,
peut faire s’élever ces témoins discrets de la ville ancienne au noble rang de
« petit patrimoine urbain ».
Les décrottoirs du quartier des Chalets à Toulouse, et ce n’est pas un bien
vaste quartier, sont encore plus de 150. Certes, parfois il faut deviner, sous
le métal rouillé et tordu, que cet objet bien utile a eu son heure de gloire,
tout brillant du raclage des dessous de chaussures. Les rues devaient être bien
boueuses il y a 80 ou 100 ans, pour que s’impose le besoin de se décrotter
avant de pénétrer dans le couloir de sa maison toulousaine.
Le décrottoir, ici, est fiché
dans le mur, à droite ou à gauche de l’entrée, parfois un de chaque côté, à
quelques 15 ou 20 centimètres du sol. On grattait ses chaussures face au mur,
alors que dans d’autres villes ce pouvait être fait en parallèle, parfois sur
l’instrument planté dans le sol. Dans un premier temps, les décrottoirs
paraissent assez divers dans leur forme. En fait, l’observation attentive
permet de s’apercevoir que beaucoup ont perdu une partie de leur état d’origine
au point de les rendre méconnaissables. Ils ont beaucoup souffert du vandalisme
automobile, lorsqu’à l’époque de la reine Voiture ils ont été écrasés sous les
roues et les pare-chocs des véhicules envahissant les trottoirs. La remontée du
niveau du sol a pu les noyer à demi dans le bitume ou le pavage. La
restauration des façades, quand elle n’a pas provoqué l’enlèvement de l’objet
gênant, l’a parfois arrosé de crépi.
Si on en détermine l’architecture
principale, on peut recomposer le type initial. Trois sont particulièrement
fréquents. A défaut de connaître leur dénomination à l’époque de leur
scellement, on inventera ici une typologie :
- les décrottoirs « cornes de bélier » : ils sont fixés en trois
points, et c’est la « corne », située en dessous qui a pu être
arrachée.
- Les décrottoirs « pomme de pin » : plus d’une vingtaine sont
encore entièrement visibles.
- Les décrottoirs « farandole » : ils présentent une décoration
semblable à une ronde de danseurs, les bras levés. Deux sous types coexistent,
l’un rectangulaire, l’autre rond.
Les autres formes sont isolées, moins d’une dizaine sont représentées dans ce
quartier.
Ils sont tout en bas, ne cherchent pas à relever la tête, mais leur fierté se
dévoile quand ils se sentent reconnus.
On peut
commencer la visite par entrer dans la grotte de Xavier Veilhan.
Quand la pierre normande
choisit pour écrin la brique toulousaine : c'est dans l'ancien réfectoire
du début du XIVème siècle de l'ensemble conventuel des Jacobins à Toulouse,
magnifique lieu d'exposition tout de rouge vêtu, que l'on peut voir jusqu'au 20
avril une sélection de chefs-d'œuvres gothiques... normands.
Dans
la salle suivante, placés en hauteur, les neuf apôtres du Collège apostolique
de Saint Pierre de Jumièges (Seine-Maritime), mis en valeur par un jeu de
lumières, veillent sur les châsses des reliques de Saint-Taurin et
Saint-Romain : datées du XIIIème siècle, en argent et cuivre dorés, elles
permettent de se faire une idée de l'architecture richement ornée des églises
et des cathédrales du gothique normand.
Dans la dernière
salle sont réunis une multitude de saints de pierre, universels ou locaux,
connus ou inconnus. Leur grand succès renvoie aux grandes peurs de l'époque,
celles des guerres et des épidémies, sans compter celle de la damnation
éternelle.
Les 21° Rencontres des Cinémas
d'Amérique latine de Toulouse se sont achevées hier.
Aux
Laís Bodanzky ne filme pourtant pas une
micro-société vieillissante qui refuserait son âge ou se donnerait l'illusion
de revivre sa jeunesse éternellement. Tourbillons ne donne d'ailleurs
rien "en spectacle" : il est avec ses personnages, au plus près
d'eux, à hauteur d'eux. Il les aime, nous les fait aimer et nous empêche de les
juger. Ces hommes et ces femmes acceptent leur âge et le considèrent avec
beaucoup de lucidité, ce qui ouvre la porte à l'humour, un humour parfois
doux-amer, parfois même cruel.
Les
Rencontres des Cinémas d'Amérique latine ont démarré ce vendredi jour du
printemps et se déroulent jusqu'au dimanche 29 mars à Toulouse.
Les
musées n’ont pas seulement pour fonction de faire découvrir des œuvres qui
méritent l’arrêt du visiteur.
Ce
vendredi 3 octobre, Cinespaña redémarre pour une treizième édition de promotion
du cinéma espagnol en France.
La peinture, c’est le jeu des couleurs,
des contrastes, des éclats lumineux ? Pas toujours. Le monochrome, le
camaïeu, la grisaille, ont leur propre beauté. La preuve est donnée dans cette
exposition à la thématique rarement rassemblée.
Mais c’est au XIXe siècle que l’on assume
totalement l’intérêt de la grisaille ou de la monochromie comme méthode à effet
esthétique à part entière. Et l’on découvre ici de belles œuvres de Puvis de
Chavannes, des deux Gustave, Doré et Moreau, de Benjamin Constant. Un des
tableaux les plus étonnant est celui de Jean-Baptiste Carpeaux : cette
Scène d’accouchement toute en suggestion de violence, souffrance et
délivrance est très impressionnante.
Le nouveau Muséum d’histoire naturelle de
Toulouse est beau à voir. Est-ce un défaut ?
La
très bonne idée de ce muséum est de faire errer des accompagnateurs dans les
galeries. Vous voilà planté, peut-être perplexe, devant une vitrine, une
démonstration : quelqu’un s’avance aimablement et vous propose de vous
expliquer. Une aide ponctuelle, sans façon, qui donne au visiteur un sentiment
de liberté dans la découverte qui est particulièrement apprécié.
Depuis vingt ans désormais, les
Rencontres invitent le public à la découverte de la création
cinématographique contemporaine, mais aussi à revisiter le patrimoine de
l'Amérique Latine à travers les grands réalisateurs qui ont marqué le siècle
dernier.
Peu connues hors de leur pays d'origine,
ces très belles oeuvres de l'art sacré slovaque du XIVème au XVIIIème siècles
témoignent d'une histoire locale originale.