www.maglm.fr

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 29 janvier 2008

Les Pyrénées des peintres. Musée Paul-Dupuy à Toulouse

Les Pyrénées des peintres, exposition, musée Paul DupuyEn cheminant, dans l’ordre chronologique, devant les dessins et peintures présentés au musée Paul Dupuy sous le thème « Les Pyrénées des peintres », nous avons incontestablement le sentiment de nous élever peu à peu vers les sommets.

Nous partons du milieu du XVIIIème siècle : c’est la verticale qui domine. Que les gorges sont hautes et étroites, que les cascades tombent de haut, que nous sommes petits (et craintifs) devant les forces naturelles qui dévalent sur nous !
Au cours du XIXème siècle le paysage s’humanise : les reliefs sont moins exagérés, un premier plan est davantage mis en valeur, les montagnes deviennent parfois seulement le cadre qui environne la scène ; bêtes et humains semblent participer à la conquête de la nature sauvage.
Et surtout le spectateur n’est plus en bas, il est à mi-chemin des sommets.

A l’orée du XXème l’homme a conquis : les tableaux de Schrader en témoignent largement, nous voyons désormais les Pyrénées d’en haut, ce sont des panoramas qui s’offrent aux yeux de celui qui a vaincu sa peur de la montagne.

L’amateur de paysage ne se satisfera pas seulement ici de réflexions sur la manière de représenter les Pyrénées et la montagne en général. Dessins et peintures ont chacun leur intérêt. Les Pyrénéistes du cru qui voulaient faire aimer « leur » montagne ont reçu la visite d’artistes illustres séduits par les reliefs et cascades : Eugène Viollet-Le-Duc, Théodore Rousseau, et surtout le héros de l’exposition, Gustave Doré qui prouve qu’il n’était pas seulement un illustrateur, et d’autres.
On retiendra les tableaux de Rosa Bonheur et de Joséphine Sarazin de Belmont, pour le « réalisme » de leur représentation. Loin d’un discours (pictural) emphatique sur la place de l’homme dans la nature, elles réalisent des œuvres « à la mesure » de ce qu’elles perçoivent.

Une bien agréable balade dans les Pyrénées en quelques salles, avant de reprendre, au printemps, les sentiers pierreux, et découvrir les paysages avec le souvenir des œuvres.

Gouffres, chaos, torrents et cimes : les Pyrénées des peintres
Musée Paul-Dupuy
3, rue de la Pleau à Toulouse (M° Esquirol)
Jusqu'au lundi 3 mars 2008
TLJ sauf le mardi de 10 h à 17 h
Entrée 5 € (TR : 2.5 €)
Catalogue aux Editions Privat, Collections Beaux-Arts, 127 p., 25 €

mardi 3 avril 2007

L'Aventure orientale. Galerie Le Château d'Eau (Toulouse)

aventure orientaleProposant plus de deux cents tirages originaux d'époque, cette exposition est la plus riche consacrée à ce jour au travail des ateliers photographiques au Proche-Orient et au Maghreb de 1860 à 1914.

Le visiteur est ainsi transporté dans l'Egypte des années 1870 et 1880, près des grandes pyramides, du temple de Louxor, mais surtout au Caire, pour des scènes de rue « typiques » : épiciers, bazars, restaurateurs ambulants, écrivain public, groupes d'hommes fumant et jouant devant un café ; scène d'école, où une poignée d'enfants sont assis par terre autour d'un homme âgé qui officie une longue baguette rudimentaire à la main, l'air infiniment grave et sérieux.

Les nouveaux « reporters » sont captivés par le mode de vie oriental, où toutes les activités semblent se dérouler dans la rue.
Ainsi à Istambul, Guillaume Berggren photographie sur le vif des scènes autour de la Grande Fontaine du sultan Ahmed II, qui réunit des hommes installés sur des chaises, discutant, le livrant à leurs occupations.

Mais de ces tirages albuminés (1), clairs et jaunis, se dégage souvent une grande mélancolie, en particulier lorsqu'ils montrent des enfants musiciens, ou des femmes portant leur progéniture sur leurs épaules, ou encore des jeunes filles des corbeilles de fruits immenses sur leur tête.

Les vues du Nil, eau, palmiers, animaux, pêcheurs, lumière impriment un calme et une poésie émouvante.
Notamment, très belle photo de femmes au bain : non dévêtues, la chevelure également couverte, chacune portant sa cruche, elles profitent du déplacement au fleuve pour se baigner, silencieuses, ignorant l'objectif.

Si ces vues de plein extérieur sont les plus touchantes, c'est certainement parce que qu'elles échappent à la mise en scène qui semblait être la règle à l'époque.
Lorsque les photographes se consacrent à l'art du portrait, on assiste en effet à de savantes poses : Tancrède Dumas (dignitaire turc, Bédouine de la Mer Morte, homme priant) comme Pascal Sebah (eunuque du sultan, femmes, raïs) ont voulu saisir une gravité, une dignité, un mystère, qui ne viennent pas seulement des imposants costumes, mais aussi des regards portés de côté, loin de l'objectif...

En Tunisie, on admirera de magnifiques tirages en héliogravure, aux tons bruns et clairs, qui ont un rendu proche du dessin, notamment celui de la jeune fille portant un couffin.
Puis des portraits de superbes jeunes filles aux lèvres charnues et cheveux épais, montrant un sein, certaines chargées de bijoux, turban savamment tressé, fleurs sur la tempe.
Les sourires sont parfois éclatants ; mais d'autres révèlent un regard pensif, voire empli de tristesse.

Au delà de la vision coloniale que l'on sait et de l'aspect documentaire des premières vues réalisées dans ces régions, on lit dans ces photographies la fascination des Occidentaux pour le Proche-Orient et le Maghreb ; notamment pour ce que cet exotisme contient de poésie et de douce mélancolie.


(1) Papier sensibilisé aux sels d'argent dispersés dans une couche de blanc d'œuf (albumine). Commercialisé à partir de 1855, il s'emploiera jusqu'à la fin du XIX° siècle. Son rendu qui permet les contrastes revêt toutes les nuances de sépia.


L'aventure orientale, entre art, documentaire et commerce.
Les grands ateliers photographiques au Proche-Orient et au Maghreb de 1860 à 1914.
Galerie Le Château d'Eau – 1, place Laganne à Toulouse
Jusqu'au 15 avril 2007
Ouvert de 13 h à 19 h tous les jours sauf le lundi
L'aventure orientale de Alain Fleig, publié à l'occasion de l'exposition aux éditions « D'une certaine manière », 19 €.

mardi 27 mars 2007

Familia Tortuga. Rubén Imaz Castro

 Un vieil homme cherche un animal dans un jardin, ne le trouve pas.
Il rentre, fait le tour de la maison, entrouvre les portes des chambres encore occupées, énumère pour lui-même les tâches à faire et prononce le prénom de chacun des siens.

Puis il se met à préparer le petit-déjeuner.
Petit à petit, chacun des membres de la famille passe ou s'arrête dans la cuisine, qui est désormais celle de Manuel - comme toute la maison d'ailleurs : depuis la mort de la mère un an plus tôt, c'est le vieil oncle Manuel qui prend en charge la bonne marche du foyer.
Apparaissent donc le fils, José, adolescent, puis Luisa, l'aînée, dix-huit ans peut-être ; beaucoup plus tard, le père.

La journée qui ainsi commence et sera le temps du film, n'a rien de particulier, si ce n'est qu'elle est la veille des "un an de maman", comme le dit l'un des personnages : le premier anniversaire de la mort de la mère.
De cette disparition, on ne saura rien. De cette soeur, épouse, mère, on ne parlera pas.

Car chacun sort de la maison pour se plonger dans ses soucis et joies personnels : plutôt que d'aller en cours, Luisa préfère rejoindre son fiancé, petit dealer qui ne sait pas le cœur tendre qu'il tient entre ses bras ; José pousse dans son adolescence ; le père tente de se tirer de sa situation financière délicate ; Manuel s'affaire sans relâche à la maison.
Tous vont et viennent, s'activent, chacun à sa manière et à son rythme ; parlent peu et ne se livrent jamais.
Mais ces personnages expriment une palette de sentiments et d'émotions subtile, une tristesse qui se tait et, pudique, se dissimule derrière une vie bien remplie et parfois gaie.
Une gravité qui cohabite avec une soif de vivre, de se construire - pour les enfants -, de reconstruire - pour le père - de continuer - pour le vieil oncle, pour n'apparaître qu'au détour d'un geste, d'un regard, d'un mot.

Avec la famille "tortue" - métaphore aux multiples facettes, toile de fond du film dont la trame reste toujours très fine -, Ruben Imaz crée d'un trait léger et délicat un univers, une ambiance, des personnages. Ils sont tous formidablement bien interprétés. Luisa Pardo, dans le rôle de la fille, est impressionnante, Dagoberto Gama, dans celui du père, excellent (il jouait le rôle du capitaine amateur de musique dans El Violin), tout comme Manuel Plata López (qui est le propre oncle du réalisateur).
Épargnant au spectateur toute démonstration, Ruben Imaz le fait entrer dans son monde et l'y attache par une force d'évocation des sentiments parfaitement maîtrisée.

On ne peut que remarquer le talent du jeune cinéaste mexicain (âgé de 27 ans) et se féliciter du choix du jury du festival des cinémas d'Amérique Latine de Toulouse. Grâce au Grand prix Coup de Cœur, ce premier long métrage, sélectionné l'année dernière par Cinéma en Construction, pourra être distribué en France.

Il est projeté à Paris ce soir mardi 27 mars :
A 17 h 30 au Latina, 20 rue du Temple, 75004 Paris - M° Hotel de Ville
et à 19 h à l'Institut du Mexique, 119 rue Vieille du Temple - 75003 Paris

Familia Tortuga (Famille Tortue)
Rubén Imaz Castro
Mexique, 2006, 2 h 09
Avec José Ángel Bichir, Luisa Pardo, Manuel Plata López, Dagoberto Gama

lundi 26 mars 2007

19èmes Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse. Palmarès

rencontresGrand Prix Coup de Coeur: FAMILIA TORTUGA
de Rubén Imaz Castro (Mexique, 2h09, 2006)

Le Grand Prix Coup de Cœur est un prix d’aide à la distribution en France, d’une valeur de 6100 euros qui se répartissent sur trois domaines : dotation de 3000 euros pour le distributeur, aide au sous-titrage d’une copie, d’une valeur de 2500 euros offert par Titra Film et aide à la traduction de ce sous-titrage d’une valeur de 600 euros par Fila 13.

Mention spéciale pour le film : MADRIGAL
de Fernando Pérez (Cuba, 1h52, 2006)

Composition du Jury : Cristián Sánchez Président du Jury, réalisateur (Chili), Jacques Bouquin, chef opérateur (France), Lina Echeverri, productrice (Colombie), Sebastián Lelio, réalisateur (Chili) et Gilles Rousseau, Forum des Images (France)

Prix du Public Intramuros : CIUDAD EN CELO de Hernán Gaffet (Argentine, 1h44, 2006)

Prix Découverte de la Critique Française : CAPITAL, TODO EL MUNDO VA A BUENOS AIRES de Augusto González Polo (Argentine, 1h50, 2007)
Composition du Jury : Christophe Chauville (Repérages), Heike Hurst (Jeune Cinéma) et Dominique Martinez (Positif)

Prix Fipresci de la première œuvre : LA MAREA de Diego Martinez Vignatti (Argentine, 1h23, 2006) Composition du Jury : Lotfi Ben Khalifa (Le Temps, Tunisie), Dana Duma (Caiete Critice, Roumanie) et joan Millaret Valls (L’Enllaç, Espagne)


Prix SIGNIS du documentaire : EL TELÓN DE AZUCAR de Camila Guzmán Urzúa (Cuba/France, 1h23, 2007)
Mention spéciales pour les films documentaires : SABA de Thereza Menezes et Gregorio Grazios (Brésil, 15mn, 2006) et LOS PRÓXIMOS PASADOS de Lorena Muñoz (Argentine, 1h06, 2006)
Prix SIGNIS du court-métrage : 30 ANS de Nicolas Lasnibat (Chili, 20mn, 2006)
Composition du Jury : Anca Berlogea (Roumanie), Ernesto Cabellos (Pérou) et Nathalie Roncier (France)

Prix Courtoujours : VENUS de José Alvarez (Mexique, 20mn, 2005)
Composition du Jury : Felipe Zalamea (étudiant en Sciences économiques – Président du Jury), Maeva Chaplin (étudiante en Arts Appliqués), Mélanie Kaba (étudiante en philosophie) et Norbert Lapierre-Galtier (étudiant en psychologie)

Rail d'Oc : LA PUNTA DEL DIABLO de Marcelo Paván (Argentine, 1h30, 2006) Le Jury était composé de cheminots cinéphiles

Par ailleurs le Prix de Cinéma en construction 11 Toulouse a été attribué au film POR SUS PROPIOS OJOS de Liliana Paolinelli (Argentina) et une mention spéciale a été accordée au film EL ASALTANTE de Pablo Fendrik (Argentina).

Coups de cœur absolument partagés pour FAMILIA TORTUGA, le premier long métrage du Mexicain Rubén Imaz Castro et pour le documentaire de Camila Guzmán EL TELÓN DE AZUCAR. On y reviendra.


Tous les détails des 19èmes Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse et du palmarès sur :
cinelatino.com

jeudi 15 mars 2007

Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse

rencontresLes 19èmes Rencontres Cinémas d'Amérique Latine se dérouleront à Toulouse du vendredi 16 au dimanche 25 mars.

Réunissant professionnels et amateurs, elles mettront en lumière et distingueront des longs métrages inédits en France, des documentaires et des courts-métrages.

Seront ainsi décernés notamment le Grand Prix Coup de Coeur, le Prix Découverte de la critique française de cinéma, le Prix SIGNIS du meilleur documentaire.

Cette année, une rétrospective est consacrée au réalisateur Raoul Ruiz et un hommage est rendu à un autre cinéaste chilien, "disciple" de Ruiz : Cristian Sanchez.

Les projections Noir Brésil mettront à l'honneur les acteurs noirs brésilien, avec un hommage à Lazaro Ramos, le comédien le plus caméléon de sa génération selon un critique de son pays.

Cette fête aux cinémas d'Amérique Latine, qui associe des hauts lieux de l'activité culturelle toulousaine, tels la Cinémathèque de Toulouse, le cinéma ABC, les librairies Terra Nova et Ombres Blanches, l'Instituto Cervantés ... sera aussi l'occasion de manifestations autour des cultures sud-américaines : expositions, concerts, rencontres littéraires.

Des Rencontres qui auront lieu au coeur de la ville à plus d'un titre : y participeront activement les étudiants de la ville qui décerneront le Prix Courtoujours, mais aussi tous les toulousains, invités à voter à l'issue de chaque projection pour attribuer le Prix du Public Intramuros à un long métrage de la même section que le Grand Prix.


Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse
Du 16 au 25 mars
Programme complet, catalogue et informations pratiques sur :
cinelatino.com
Profiter d'une visite du site pour découvrir la passionnante et nécessaire entreprise :
Cinéma en construction

page 2 de 2 -