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mardi 12 février 2008

Trésors de Slovaquie orientale aux Jacobins de Toulouse

Trésors de Slovaquie orientale, exposition aux Jacobins à ToulousePeu connues hors de leur pays d'origine, ces très belles oeuvres de l'art sacré slovaque du XIVème au XVIIIème siècles témoignent d'une histoire locale originale.

Contrairement au reste de l'Europe, cette région, pointe extrême du catholicisme en territoire orthodoxe, isolée du reste du continent en raison de nombreux conflits, n'a pas connu la Renaissance.
Ainsi l'art médiéval a subsisté jusqu'au XVIIIème siècle, époque où le gothique a directement cédé sa place au Baroque.

Puisant leur inspiration aux sources du gothique français et allemand, les artistes slovaques en ont donné de magnifiques interprétations, en particulier sur des sculptures en bois polychromé et doré et des meubles liturgiques.
Le thème de la Vierge à l'enfant est très présent. De ces statues de dimension modeste, au visage rond et bien dessiné, au nez fin, se dégage une grande douceur.
Les statues du Christ sur la croix, corps tordu et traits sobrement expressifs, sont également remarquables, notamment une statuette datée de 1400, dont la simplicité et l'économie de moyens n'ont d'égal que la beauté.
Au fil de l'exposition, le travail de sculpture sur bois suscite systématiquement l'admiration, que ce soit pour le rendu des draperies, la polychromie mais aussi pour l'émotion que l'on ressent à contempler ces oeuvres.
L'influence orientale est très visible, avec l'emploi de motifs géométriques et en arabesques, l'utilisation de l'or, notamment sur des stalles en bois peint du XVème siècle et une porte en fer forgé de la même époque.

Les exemples baroques en fin de parcours, style importé à partir de 1650 par des artistes venus d'Italie et d'Autriche, ont tendance à faire regretter ce gothique tardif slovaque. Les oeuvres deviennent massives et puissantes, comme pour mieux imposer la puissance de l'Eglise catholique. L'autel de près de quatre mètres de haut, daté de 1676 est presque caricatural avec son accumulation de statues et d'éléments décoratifs, présentant en son centre d'une façon quelque peu exubérante la scène de Daniel assis dans la fosse au milieu des lions rendus inoffensifs par l'intervention divine.
Une sculpture de Saint-Martin à cheval partageant son manteau réserve la surprise par sa représentation du pauvre bénéficiaire du don, éclopé au visage émacié et au regard implorant, dont on croit entendre le cri s'échapper de sa bouche grande ouverte. Saisissant.

Trésors de Slovaquie orientale - Du Moyen-Age au Baroque, XIVe - XVIIIe siècles Ensemble conventuel des Jacobins
Jusqu'au 24 mars 2008
TLJ de 10 h à 19 h
Entrée par l'église des Jacobins
Rue Lakanal - 31000 Toulouse
M° Capitole, Esquirol
Tarif 5 € (TR 2,50 €)

Image : Saint Ladislas, Statue en bois polychrome, 1520 (Kosice, Musée de Slovaquie Orientale)

jeudi 18 octobre 2007

Les Gobelins 1607-2007, Trésors dévoilés, quatre siècles de création

galerie des Gobelins, Mobilier nationalLe mot "tapisseries" évoque aujourd'hui pour beaucoup des vieilleries aux couleurs fanées et aux motifs historiques un peu assommants.

C'est ignorer que les manufactures des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie continuent de produire chaque année, comme il y a quatre cents ans, des oeuvres d'art tissées d'après les modèles originaux d'artistes contemporains.

Telle est la découverte que nous offre l'exposition Les Gobelins 1607-2007, Trésors dévoilés, quatre siècles de création présentée à la Galerie des Gobelins jusqu'au 25 novembre prochain.

Le rez-de-chaussée réserve ainsi un déploiement spectaculaire de couleurs intenses, chatoyantes, où l'on peut admirer des tapisseries signées Alechinsky, Philippe Favier (magistral hommage à Miro) ou encore le tapis de Matali Crasset (Hommage à l'utopie de Ledoux, 2006).

Au pied de ces véritables tableaux, sont harmonieusement exposés des meubles issus de l'Atelier de recherche et de création du Mobilier national, dans d'heureux mariages de lignes et de tonalités.

Le 1er étage, réservé au passé, crée l'événement avec la Tenture Royale d'Artémise. Cet ensemble de quinze tapisseries tissées au fil d'or et d'argent d'après des dessins d'Antoine Caron avait été commandé par Henri IV pour être offert à Catherine de Médicis. Scindé dès le XVIIème siècle, il est présenté pour la première fois au public dans son intégralité.

A découvrir enfin, un échantillon du mobilier créé au fil des siècle pour orner les lieux du pouvoir. Ors, magnificence, splendeur : rien ne semble trop beau pour le décor des palais de l'Etat.
Si l'on contourne certaines pièces témoins de la folie des grandeurs de nos gouvernants – tel cet immense bénitier en cristal, cadeau à l'impératrice Eugénie – ce sera pour mieux d'approcher de splendides oeuvres du XVIIIème siècle : un adorable bonheur du jour en acajou, bronze et marbre, ou encore un cartonnier orné d'une pendule, avec marqueterie en bronze et écaille de tortue, signé André-Charles Boulle.

Un petit film (15 mn) met joliment en perspective l'héritage du passé et le savoir-faire des ateliers, en montrant le travail et les techniques des artisans qui, aujourd'hui encore, fabriquent et restaurent tapis, tapisseries et mobilier. Entre art et histoire, il met en valeur un délicat travail d'observation et de minutie passionné et passionnant.

Les Gobelins 1607-2007, Trésors dévoilés
Galerie des Gobelins
42, avenue des Gobelins – Paris 13ème
Jusqu'au 21 novembre 2007
Tlj sauf le lundi de 12 h 30 à 18 h 30
M° Gobelins, bus 27, 47, 83 et 91

On peut aussi visiter les ateliers des manufactures toute l'année, les mardi, mercredi et jeudi de 14 h à 16 h 30 (10 €, TR : 7,50 €)