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dimanche 11 octobre 2009

Tosca en direct du Metropolitan Opera de New York

Tosca au Met, mise en scène Luc BondyC'est comment l'opéra au cinéma ? Sans chanteurs, sans orchestre et sans plateau, évidemment ce n'est plus du spectacle vivant... mais sur l'immense écran de la Géode à Paris, et la qualité sonore de la salle, c'est quand même quelque chose !
Le Met reprend cette saison la diffusion en haute définition de ses plus grands spectacles, en direct dans le monde entier (42 pays, un millier de salles). Tosca samedi, Aïda le 24, Turandot le 7 novembre, Les Contes d'Hoffmann le 19 décembre... la programmation est faite pour attirer (avec succès) le grand public. Sauf que lors de sa première au Metropolitan Opera, le 21 septembre dernier, la mise en scène de l'un des plus célèbres opéras de Puccini, signée Luc Bondy a été huée. Ont scandalisé notamment les décors non conformes à "la tradition" de l'oeuvre, la représentation d'un Scarpia entouré de prostituées, ou d'un Cavaradossi embrassant la Vierge sur la bouche... Le metteur en scène français précisait dans Le Monde de samedi que cet accueil était dû à la particularité d'un public de première, "un public de gala pour une grande part venu pour se montrer", et que ces manifestations ne s'étaient pas reproduites lors des représentations suivantes...

Le fait est que la Tosca de ce 10 octobre, en matinée à New-York, en soirée à Paris, fut un régal absolu. Luc Bondy, a fait ressortir toute l'humanité des personnages et de l'histoire, captivante ("un thriller", pour reprendre le mot du metteur en scène) de Tosca. Les jeux d'acteurs accompagnent les chants de façon ultra-convaincante, George Gagnidze dans le rôle de Scarpia est plus abominable que jamais (forcément monolithique), Karita Mattila en Tosca et Marcelo Alvarez en Cavaradossi sont capables de faire passer la variété de leurs émotions d'une façon telle que l'on serait presque heureux de n'être "que" devant l'écran, où l'on peut lire en gros plan la moindre de leurs expressions et en savourer toute la force.
Karita Mattila est une Tosca bouleversante, immense d'humanité, tour à tour calme et brûlante. Et surtout, que dire de Marcelo Álvarez en peintre Cavaradossi ? Velours et puissance, humour et profondeur, la séduction de l'Argentin est totale. Tous deux longuement et justement applaudis.

Le coup d'essai de Luc Bondy à New-York est un coup de maître ; ses choix coulent de source, c'est-à-dire du livret. La lippe libidineuse et le rictus effrayant d'un Scarpia s'adonnant à la luxure est dans la droite ligne de ce personnage tortionnaire, jouisseur et manipulateur. Les décors sont superbes, tout en sobriété et verticalité, chapelle réchauffée d'amour, de fleurs et de peinture au premier acte, tour du château Sant'Angelo avant l'aube au dernier : on commence dans la légèreté, on finit dans la noirceur la plus absolue. C'est Tosca, c'est tout Tosca et il semblait ce soir-là que cela ne pourrait être rien d'autre.

Metropolitan live in HD
La saison 2009/2010 du Met en direct
Jusqu'au 1er mai 2010
Dates et salles sur cielecran.com

dimanche 29 mars 2009

Tourbillons à Toulouse

Tourbillons, Lais BodanzkyAux Rencontres des Cinémas d'Amérique latine de Toulouse, entre deux films argentins qui explorent les thématiques récurrentes depuis une dizaine d'années du cinéma argentin (l'homosexualité, la religion, la violence), l'heureuse surprise vient cette année d'un film brésilien, présenté hors compétition dans la section "Panorama".

Tourbillons, dont le titre original « Chega de Saudade » évoque plus directement l'unité de lieu du film - un dancing de São Paulo - aborde pourtant un sujet glissant. Risques de condescendance, d'accumulation des clichés, sans compter celui de tourner en rond. Laís Bodanzky les évite tous avec une solide maîtrise pour nous offrir un film très emballant.

Tourbillons se déroule pratiquement de bout en bout dans un bal d'habitués d'âge mûr que l'on va suivre de son ouverture en début de soirée jusqu'à sa fermeture à minuit. Pendant ces quelques heures denses, la caméra souple et inspirée du Brésilien suit ces hommes et ces femmes, couples légitimes ou de circonstances, amis et amies, célibataires, divorcés, veufs faux et vrais.
Les années ont argenté les tempes et plissé les peaux, mais laissé intact le goût du tango, de la rumba et du cha-cha-cha, l'admiration pour la précision d'un pas, la grâce d'un chaloupé et l'harmonie d'un duo. Les sandales dorées ont toujours le talon haut et fier, les yeux et les bouches leur rimmel pailleté, les hommes leur bagout et leur torse engageant.

Tourbillons à ToulouseLaís Bodanzky ne filme pourtant pas une micro-société vieillissante qui refuserait son âge ou se donnerait l'illusion de revivre sa jeunesse éternellement. Tourbillons ne donne d'ailleurs rien "en spectacle" : il est avec ses personnages, au plus près d'eux, à hauteur d'eux. Il les aime, nous les fait aimer et nous empêche de les juger. Ces hommes et ces femmes acceptent leur âge et le considèrent avec beaucoup de lucidité, ce qui ouvre la porte à l'humour, un humour parfois doux-amer, parfois même cruel.
Et si tous sont des fous de danse, c'est la vie qu'ils viennent chercher avant tout à la Chega de Saudade. A un moment donné, deux femmes se crêpent le chignon au sujet d'un homme qui est le mari de l'une et l'amant de l'autre. La première dit à la seconde : "Tu ne sais pas ce que c'est que l'amour !". Et l'amante de répondre : "Moi, ce qui m'intéresse, c'est de me sentir vivante !".

De vie, le dancing n'en manque pas. Il est le lieu où se se retrouvent les peurs et les doutes, l'âge, la mort, la jalousie, l'abandon ; mais aussi ce qui peut en sauver, au moins pour un temps, l'amour, l'amitié, la fidélité, la confiance, la dignité.
Laís Bodanzky caresse les drames, surprend les instants de mélancolie, de sensualité et de colère sans détour mais avec délicatesse, et nous donne le plaisir de voir exister des personnages magnifiques, de leur laisser nous apprendre des choses sur eux-mêmes, sur nous-mêmes et sur la vie, quelque chose de gai et d'un peu douloureux, mais qui vaut le coup d'être dansé, en gardant sa souplesse, son rythme et sa superbe.

Tourbillons / Chega de Saudade
De Laís Bodanzky
Brésil - 2007 - 1h35
Scénario : Luis Bolognesi
Interprétation : Tonia Carrero, Leonardo Villar, Cassia Kiss, Betty Faria, ...
Distribution : Arte cinéma

Le site du film

Le palmarès des 21° Rencontres des Cinémas d'Amérique latine de Toulouse qui s'achèvent aujourd'hui

dimanche 22 mars 2009

Les 21e Rencontres Cinémas d'Amérique latine à Toulouse

Rencontres des cinemas d'Amerique latine de Toulouse 2009Les Rencontres des Cinémas d'Amérique latine ont démarré ce vendredi jour du printemps et se déroulent jusqu'au dimanche 29 mars à Toulouse.

Conformément à une tradition désormais bien établie, elles seront l'occasion de distinguer les films les plus marquants de la production cinématographique contemporaine venue d'Amérique latine, avec :

- le Grand Prix Coup de cœur et le Prix du Public Intramuros (sept longs métrages inédits en France),
- le Prix Découverte de la Critique Française de Cinéma et ceux des Cheminots Cinéphiles (six premiers films inédits en France),
- le Prix de la FIPRESCI (premiers films),
- le Prix Signis, qui récompensera l'un des sept documentaires en compétition,
- les prix Courtoujours du CROUS et Signis des meilleurs courts-métrages.

Egalement au programme de ces 21e Rencontres :
- Otra mirada / Autre regard : un zoom sur des longs-métrages repérés pour leur traitement formel original
- Un panorama de la production récente, présentée pour la première fois à Toulouse
- Une rétrospective sur le documentaire chilien post-dictature
- Un hommage aux cinquante ans de cinéma cubain, lancé grâce à la naissance de l'Institut Cubain de l'Art et de l'Industrie en mars 1959
- Un retour sur le Jeune cinéma argentin, vague novatrice apparue il y a une dizaine d'années
- Des sélections spéciales pour le jeune public
- Les rendez-vous des professionnels : Cinémas en Construction pour aider des films en post-production, Cinéma en Développement, plateforme de projets et Cinéma sans Frontière, nouvelle initiative pour promouvoir la diffusion des œuvres, soutenue par l'Union Européenne et qui permettra à une trentaine de professionnels d'Europe et d'Amérique latine de se réunir et d'échanger.

Et bien sûr, cette très sympathique manifestation fait la part belle aux rencontres - à la librairie Ombres Blanches notamment -, aux débats, aux concerts, sans oublier le tango avec projection de films, démonstration et... initiation.

Toutes les infos sur
le site de l'Association Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse
Et aussi :
Peliculas, le journal sur Mediapart
Le blog sur arte.tv

vendredi 3 octobre 2008

A Toulouse : Cinespaña 2008

Cinespana 2008Ce vendredi 3 octobre, Cinespaña redémarre pour une treizième édition de promotion du cinéma espagnol en France.

Six distinctions seront remises samedi 11 octobre au cours de la soirée de clôture, honorée de la présence du parrain du festival, Jorge Semprún :
- la Violette d'Or du Meilleur long métrage ;
- le Prix du Meilleur court métrage ;
- le Prix du Meilleurs Documentaire du jury Raíces ;
- le Prix Révélation descerné par le jury Etudiant ;
- le Coup de coeur des lecteurs de la Dépêche du Midi ;
- mais aussi le film préféré du public.

Cette année, un hommage est rendu au comédien (plus de deux cents rôles), réalisateur (trente films) et écrivain Fernando Fernán Gómez, tandis que la rétrospective est consacrée, en sa présence, au directeur de la photo lauréat de quatre Goyas, José Luis Alcaine. Chef opérateur de plus de cent films, il a notamment travaillé avec Pedro Aldomovar dans Attache-moi et Volver.
A noter aussi, le cycle scolaire mis en place avec l'Inspection Académique de Midi-Pyrénées qui présente une sélection de films aux collégiens et lycéens.
Enfin, la convivialité promet d'être comme toujours de la partie dans la cour de la Cinémathèque de Toulouse avec des rencontres-débats, apéro-concerts et autres rendez-vous au restaurant ou au bar à tapas.
Bon festival à tous !

Les lieux de Cinespaña
A Toulouse :
Cinémathèque - 69 Rue du Taur
Instituto Cervantes - 31 Rue des Châlets
Cinéma ABC au centre culturel Alban Minville 67 Allée de Bellefontaine
où l’ABC s’est transporté pour la durée de ses travaux de rénovation
Cinéma UGC - 9 allées Franklin Roosevelt
Ecole Supérieure d’Audiovisuel (ESAV) - 56 Rue du Taur
Casa de España - 85 avenue des Minimes
Cinéma Utopia - Rue Montardy
A Tournefeuille
Cinéma Utopia - Allées des Sports (31170)
Et pour tout savoir sur la programmation : Cinespaña 2008

mardi 17 juin 2008

Espagnolas en París, Différent !

Espagnolas en Paris, Différent !A l'initiative d'un groupe d'amis ibériques auxquels se sont joints professionnels et amateurs de cinéma, les soirées Espagnolas en Passy ont réuni chaque dernier lundi du mois depuis janvier 2008 Espagnols d'origine et d'affinité au Majestic Passy autour de films espagnols inédits. (1)
Lancé au coeur de ce quartier historique de l'immigration espagnole à Paris, le projet se prolonge et s'élargit autour de la manifestation Espagnolas en París, Différent ! qui aura lieu dans trois cinémas parisiens du 19 au 22 juin 2008.

La fête commence jeudi à 20 h au Majestic Passy avec Tristana de Luis Buñuel (1970). Catherine Deneuve y sera accueillie par Juan Luis Buñuel et Laura del Sol.

Elle se poursuit vendredi au Latina dès 16 h 30 avec un cycle de courts et longs métrages sur le thème de l'intolérance et des discriminations. A 19 h, toujours au Latina, projection des Vilains de Xavier Durringer, en présence du cinéaste, de Paco Ibañez, Yves Boisset, Jean-François Stévenin...
La soirée se finira tard avec la Nuit de l'étrange espagnol qui démarre à 22 h.

Samedi, le Reflet Médicis célèbrera la fête de la musique, en salle (Le Silence avant Bach de Pere Portabella, La leyenda del tiempo de Isaki Lacuesta...), puis dans la rue avec un concert à partir de 23 h.
La manifestation se clôturera dimanche 22 au Latina avec la projection à 20 h de Españolas en París de Roberto Bodegas.
Vins et charcuteries, espagnols naturellement, promettent de réchauffer, si besoin est, ces amicales soirées.

Renseignements aux cinémas :
Le Majestic Passy
18 rue de Passy – Paris XVIème
Tel : 08.92.68.48.24
Le Latina
20, rue du Temple - Paris IVème
Tél : 01.42.78.47.86
Le Reflet Médicis
3, Rue Champollion - Paris Vème
Tel : 08 92 68 48 24

(1) Espagnolas en Passy

vendredi 28 mars 2008

Les 20èmes Rencontres cinémas d'Amérique Latine de Toulouse

Les 20èmes rencontres cinémas d'Amérique Latine de Toulouse Depuis vingt ans désormais, les Rencontres invitent le public à la découverte de la création cinématographique contemporaine, mais aussi à revisiter le patrimoine de l'Amérique Latine à travers les grands réalisateurs qui ont marqué le siècle dernier.

Ouverture de la manifestation ce soir à la Cinémathèque de Toulouse avec la projection en avant-première de Maré, nossa historia de amor de Lúcia Murat (Brésil, 2007).
A signaler, parmi la large programmation qui s'étendra jusqu'au jusqu'au 6 avril :
- dimanche 30 mars, Limite (Brésil, 1931), film muet de Mário Peixoto, plongée dans les fantasmes et angoisses de trois jeunes gens à la dérive au milieu de l'océan. Sa restauration n'aurait pas été possible sans le travail d'archivistes obstinés et l'implication de Walter Salles (le réalisateur de Carnets de voyage), permettant ainsi sa projection en mai dernier lors du 60ème Festival de Cannes.
- jeudi 3 avril, A pedra do reino de Luis Fernando de Carvalho (Brésil, 2007), film fleuve de 3 h 48 qui raconte les mémoires familiales du vieux clown Quaderna. Petit événement technologique aussi puisqu'il s'agira de la 1ère projection en HD numérique de la ville rose...

Le 5 avril, sept prix seront décernés, dont le Grand Prix Coup de Coeur ; sélection de sept longs-métrages dans laquelle le public toulousain choisira également "son" film avec le Prix du Public Intramuros.

Et comme chaque année depuis 7 ans à Toulouse, mais aussi au Festival International de Donostia-San Sébastian, Cinéma en construction réunira des professionnels pour désigner le projet cinématographique en cours qui recevra une aide pour sa finalisation.
Lors du dernier Festival de Cannes, six films issus de Cinéma en construction étaient ainsi présents dans différentes sections, dont El bano del Papa de Enrique Fernández et César Charlone, en ce moment à l'affiche, El Asaltante de Pablo Fendrik (présenté en avant-première mercredi 2 avril), ou encore Párpados azules de Ernesto Contreras.

Programme complet, sélections et ensemble des manifestations :
20èmes Rencontres cinémas d'Amérique Latine de Toulouse

Et sur les 19èmes Rencontres :
billet du 15 mars 2007
Voir aussi le palmarès

jeudi 21 février 2008

La Semaine du documentaire chilien à Paris

Patricio Guzman, Le cas PinochetLa Semaine du documentaire chilien s'est ouverte mardi 19 février avec Actores secundarios, un flash-back plein de vie et passionnant sur les révoltes lycéennes pendant la dictature (de Pachi Bustos et Jorge Leiva).
Elle se poursuit jusqu'au 26 février, au cinéma Le Latina, rue du Temple dans le 4ème arrondissement à Paris.

La sélection de cette deuxième édition a été confiée au réalisateur Patricio Guzmán, réunissant douze films sous le thème Documentaire, dictature, démocratie.

Ce soir à 19 h, temps fort de la manifestation avec la projection du Cas Pinochet, sur l'arrestation du dictateur chilien, en présence de son réalisateur Patricio Guzmán. Le Cas Pinochet sera également projeté demain vendredi 22 à 14 h.

Né en 1941 à Santiago du Chili, Patricio Guzmán est l'auteur de nombreux documentaires sur l'histoire du Chili, régulièrement récompensés.
Après le coup d'Etat, en 1973, il a quitté son pays pour Cuba puis l'Espagne, avant de s'installer à Paris. La Bataille du Chili (1973), trilogie de cinq heures sur la fin du gouvernement de Salvador Allende a remporté six grands prix en Europe et en Amérique latine. Salvador Allende (2004), a été sélectionné au festival de Cannes 2004 et a reçu le Prix Goya du meilleur documentaire.

La fille de Patricio Guzmán, Camila Guzmán Urzúa, de son côté, a réalisé le très beau Rideau de sucre (El telón de azúcar, 2007), documentaire très personnel sur Cuba, où elle a passé son enfance avec sa mère.

La Semaine du documentaire chilien à Paris se clôturera mardi prochain avec Cofralandes, rapsodia chilena de Raúl Ruiz (2002), puis Perspecplejia (contraction de trois mots signifiant personne, perspective et paraplégie en espagnol), documentaire sur les handicapés, dans lequel son réalisateur David Albala, lui-même paraplégique, découvre une façon d'accepter et de vaincre ses limites, le tout filmé avec, paraît-il sincérité, spontanéité et ... une bonne dose d'humour.

Le documentaire chilien à Paris
Du 19 février au 26 février 2008
Le Latina
20 rue du Temple - Paris 4ème
M° Hôtel de Ville, Rambuteau
Entrée 8 €, TR 6,50 €, abonnement pour 5 entrées (valable toute l'année) 28 €

vendredi 15 février 2008

Cinéma espagnol à Paris : Espagnolas en Passy

Espagnolas en PassyEspanolas en Passy, c'est, chaque dernier lundi du mois au Majestic Passy, la découverte du cinéma espagnol d'aujourd'hui.

Le cycle a été initié le 28 janvier dernier avec L'Orphelinat, de Juan Antonio Bayona, film d'épouvante avec Géraldine Chaplin. Sélectionné pour les Oscars, le film sortira en France le 5 mars.
La soirée s'est déroulée en présence du réalisateur Juan Antonio Bayona, de l'actrice Belén Rueda et du producteur Guillermo del Toro.
La projection, présentée par Jean-Christophe Berjon, délégué général de la Semaine Internationale de la Critique, s'est conclue autour d'un buffet de spécialités espagnoles...
Un peu plus tôt dans l'après-midi, l'Instituto Cervantes accueillait Juan Antonio Bayona, Belén Rueda et Guillermo del Toro pour une heure de débat autour des « ressorts de la peur ».

Prochain rendez-vous des Espagnolas en Passy le lundi 25 février avec La soledad de Jaime Rosales (film de la Sélection Officielle dans la catégorie Un Certain Regard au Festival de Cannes 2007 ; Prix Goya meilleurs film, mise en scène, acteur révélation 2008).
La projection aura lieu en présence de Jaime Rosales et de son interprète Sonia Almarcha. Le débat sera animé par N. T. Binh, réalisateur, critique de cinéma à Positif, et ... suivi d’une dégustation.
Entrée pour la soirée : 9 €
Un peu plus tôt, ce même lundi 25 février, rendez-vous à 18 h à l'Instituto Cervantes pour Une heure de cinéma : Jaime Rosales rencontre Nicolas Klotz (La Question humaine). Entretien animé par Julio Feo, journaliste à RFI.
Entrée libre

Autres rendez-vous :
Lundi 31 mars : Lucio de Aitor Arregi et José María Goenaga (Nominé au Prix Goya 2008 du Meilleur documentaire)
Lundi 28 avril : Ficció de Cesc Gay (Premier Prix au Festival International de Mar del Plata 2007)

Pour goûter l'ambiance de la soirée du 28 janvier : voir la vidéo

Cinéma Majestic Passy
18 rue de Passy – Paris XVIème
M° Passy, Muette
L’Instituto Cervantes
7 rue Quentin Bauchart - ParisVIIIème

lundi 26 novembre 2007

Le Journal d'une fille perdue de G.W. Pabst au Balzac

Le journal d'une fille perdue, Georg Wilhelm PabstLa beauté et le charme infinis de Louise Brooks au service d'un chef-d'oeuvre du muet accompagné du grand pianiste de jazz Giovanni Mirabassi : tel est le programme que Le Balzac réservait aux courageux Parisiens de sortie lundi dernier. Cette soirée exceptionnelle renvoyait tous les efforts et toute la fatigue de marche à pied aux oubliettes.

Le Journal d'une fille perdue est l'histoire d'une jeune fille de la bourgeoisie berlinoise des années 1920 qui tombe enceinte pour s'être évanouie un soir de peine dans les bras d'un cupide et rustre petit apothicaire. Employé du père de la jeune "victime", le sourire carnassier de ce subalterne intéressé est digne des pires films d'horreur.
On devine la suite : à sa naissance, le nourrisson est placé ; et la toute jeune femme mise illico dans une maison de redressement. La suite de la suite est quant à elle savoureuse.
Tiré d'un roman qui scandalisa à l'époque au motif qu'il faisait parler une prostituée à la première personne, le film que Pabst en tira fut interdit à sa sortie en 1929. Ce n'est qu'après de sévères coupes de la censure que Le Journal d'une fille perdue ainsi largement mutilé fut autorisé dans l'Europe du début des années 1930.
La copie projetée au Balzac, assez proche de la version d'origine, permet de réaliser toute l'immoralité dont la société de l'époque a pu l'accuser. La charge contre l'hypocrisie des milieux bourgeois est d'une violence inouïe. L'humour de Pabst est aussi corrosif qu'irrésistible. Et il balance à merveille avec des moments d'émotion déchirants, où Louise Brooks déploie une palette de sensibilité tout en nuance, crevant l'écran du muet par un jeu pourtant retenu.
C'est peu dire que l'accompagnement du Journal ne peut souffrir d'approximation. Toujours présent, toujours dans le rythme du film, toujours dans la tonaltié du moment, Giovanni Mirabassi fut époustouflant.

Le Journal d'une fille perdue. Georg Wilhelm Pabst
Titre original : Das Tagebuch einer Verloren
Avec Louise Brooks, Fritz Rasp, Andrews Engelmann, Valeska Gert, Franziska Kinz, Edith Meinhard, Josef Rovensky
Année de production : 1929

Prochain Ciné-Concert mardi 11 décembre à 21 h pour une soirée Buster Keaton (trois courts-métrages : Cops, One Week et The PlayHouse) avec la formation jazz ''Ciné X'Tet/Bruno Régnier''

Dimanche 16 décembre à 11 h, Ciné-Concert jeune public avec Faut pas s'en faire (Why worry ?) de Frad Newmeyer et Sam Taylor (1923), accompagné au piano par Xavier Busatto

Et chaque deuxième dimanche du mois à 11 h Pochette surprise, destinée aux petits et aux grands, pour découvrir une sélection de films courts, muets pour la plupart, accompagnés par le pianiste Jacques Cambra et ses invités.

Cinéma ''Le Balzac''
1 rue Balzac - 75008 Paris
M° Charles de Gaulle Etoile

mercredi 14 novembre 2007

Paupières Bleues (Párpados azules). Ernesto Contreras

Paupières bleues, Ernesto ContrerasLa solitude devient criante le jour où vous avez gagné un voyage dans un endroit idyllique, que vous n'avez personne pour vous accompagner... et que vous ne préférez pas partir seul.
Telle est la situation dans laquelle se trouve Marina, la transparente employée d'une entreprise de confection.
Marina vit à Mexico, elle a peut-être trente ans, mais l'apparence des éternelles vieilles filles, les gestes posés - pour ne pas dire anesthésiés - le visage impassible et résigné de ceux qui n'attendent plus.
Un soir, un jeune homme l'aborde : Victor, un ancien camarade du collège qui l'a reconnue. Elle, pas du tout ; elle ne le cache même pas.
Mais elle finit par lui proposer de partir avec elle en voyage...

L'inattendu du film est que l'histoire de Marina et Victor n'est pas montrée sous le soleil des tropiques. C'est au contraire le quotidien, le travail, les petites sorties, le retour dans l'appartement, ce qui fait la vie citadine des deux célibataires qui est ici extrêmement bien restitué.
Mais il y a plus inattendu encore : la situation de chacun des personnages évolue, alors que leur relation, elle, n'évolue pas vraiment.
On espère un réchauffement, une détente - disons-le : un élan -, qui ne viennent pas. Il y a bien pourtant une sorte de rapprochement, mais où est le désir ?
A cet égard, le personnage de Marina est le plus passionnant, le plus énigmatique. Son indifférence, ses maigres désirs, au demeurant artificiels, fabriqués pour les besoins de la cause, reflets de l'image du compagnon idéal, canon qu'elle s'est forgée dans la solitude et les salles de cinéma, ne semblent jamais être bousculés par la réalité, par Victor, lui davantage ancré dans le présent.

Film dérageant et amer, dont l'humour demeure obstinément noir, Paupières Bleues réserve de belles scènes, dont certaines arrivent par surprise, telles celles montrant le personnage de la vieille mais magnifique patronne de la société où Marina travaille - superbement interprété par Ana Ofelia Murguia.
De la solitude urbaine, Ernesto Contreras fait ici une démonstration magistrale, qui en pose aussi les limites, tant le Mexicain, qui réalise ici son premier long métrage, traite son sujet de façon monolithique.
Mais cette obstination contribue à faire de Paupières Bleues un film fort, étrange et très troublant.

Paupières Bleues (Párpados azules). Ernesto Contreras
Avec Cecilia Suarez, Enrique Arreola, Ana Ofelia Muguia, Tiaré Scanda et Luisa Huertas
Mexique, 2007
Durée 1 h 38

A Paris au Latina et à l'Espace Saint-Michel
A Toulouse à l'ABC
A Montpellier au Capitole
A Grenoble au Club
et à Dijon au Devosges

lundi 18 juin 2007

Les Chansons d'amour (Christophe Honoré)

Les chansons d'amourUne jeunesse décomplexée et gentiment insolente interprétée par de beaux et brillants comédiens joue un trio amoureux dans le Paris d'aujourd'hui côté Bastille.

Un jeune cinéaste filme à toute vitesse une comédie musicale d'inspiration Nouvelle Vague et multiplie les références à Jacques Demy ...
Comme Dans Paris, le précédent film de Christophe Honoré, Les Chansons d'amour semble bien placé pour emporter la palme du film le plus branché de l'année.

Le film n'est pourtant pas que cela. Il devient même vite tout à fait plaisant et il est aussi très personnel : de ses inspirations, le cinéaste ne fait pas une simple imitation. Les références, explicites, font partie d'un tout marqué par une « patte » singulière, un univers inquiet et douloureux, mais léger et alerte, que Christophe Honoré capte et recrée à sa manière.
Lorsque le deuil surgit, Les chansons d'amour prend de l'épaisseur, les personnages sont de plus en plus attachants et gagnent en grâce encore davantage.

Même si les mélodies pop s'oublient vite – on est loin de Michel Legrand – les chansons, qui font partie intégrante des dialogues (il s'agit bien là d'un film chanté) sont agréables.
Et puis Christophe Honoré n'est pas seulement l'admirateur de ses aînés. Il appartient aussi à une génération de cinéastes, peut-être celle des « littéraires » : lorsqu'on voit le lycéen amoureux d'Ismaël sortir avec ses amis en plaisantant, on ne peut s'empêcher de penser aux Amitiés maléfique d'Emmanuel Bourdieu.
Le clin d'oeil aux éditions de l'Olivier, qu'on a déjà vu dans Je vais bien ne t'en fais pas (tiré du livre d'Olivier Adam, co-scénariste du film), est craquant lorsque le trio amoureux se couche, chacun tenant entre ses mains un livre de l'éditeur ... Dans la scène finale, lorsque le personnage joué par Chiara Mastroianni lève les yeux vers une nuée d'oiseaux de détachant des branches dénudées des arbres du parc sur fond de ciel crépusculaire, la référence prend un ton doucement mélancolique.

La réussite de ce film semble tenir à peu de choses.
C'est que Christophe Honoré a indubitablement du talent.
Y compris celui de bien choisir ses comédiens. Tous extrêmement doués et merveilleusement impliqués, ils ont eux aussi une belle part dans le charme de ces jolies chansons d'amour.

Les Chansons d'amour
Un film de Christophe Honoré (scénario et réalisation)
Avec Louis Garrel, Ludivine Sagnier, Chiara Mastroianni, Clotilde Hesme ...
Durée : 1h 40min
Production Alma Productions (France), 2007
Distribution Bac Films
Les Chansons d'amour faisait partie des films sélectionnés en Compétition Officielle au 60ème festival de Cannes

mardi 27 mars 2007

Familia Tortuga. Rubén Imaz Castro

 Un vieil homme cherche un animal dans un jardin, ne le trouve pas.
Il rentre, fait le tour de la maison, entrouvre les portes des chambres encore occupées, énumère pour lui-même les tâches à faire et prononce le prénom de chacun des siens.

Puis il se met à préparer le petit-déjeuner.
Petit à petit, chacun des membres de la famille passe ou s'arrête dans la cuisine, qui est désormais celle de Manuel - comme toute la maison d'ailleurs : depuis la mort de la mère un an plus tôt, c'est le vieil oncle Manuel qui prend en charge la bonne marche du foyer.
Apparaissent donc le fils, José, adolescent, puis Luisa, l'aînée, dix-huit ans peut-être ; beaucoup plus tard, le père.

La journée qui ainsi commence et sera le temps du film, n'a rien de particulier, si ce n'est qu'elle est la veille des "un an de maman", comme le dit l'un des personnages : le premier anniversaire de la mort de la mère.
De cette disparition, on ne saura rien. De cette soeur, épouse, mère, on ne parlera pas.

Car chacun sort de la maison pour se plonger dans ses soucis et joies personnels : plutôt que d'aller en cours, Luisa préfère rejoindre son fiancé, petit dealer qui ne sait pas le cœur tendre qu'il tient entre ses bras ; José pousse dans son adolescence ; le père tente de se tirer de sa situation financière délicate ; Manuel s'affaire sans relâche à la maison.
Tous vont et viennent, s'activent, chacun à sa manière et à son rythme ; parlent peu et ne se livrent jamais.
Mais ces personnages expriment une palette de sentiments et d'émotions subtile, une tristesse qui se tait et, pudique, se dissimule derrière une vie bien remplie et parfois gaie.
Une gravité qui cohabite avec une soif de vivre, de se construire - pour les enfants -, de reconstruire - pour le père - de continuer - pour le vieil oncle, pour n'apparaître qu'au détour d'un geste, d'un regard, d'un mot.

Avec la famille "tortue" - métaphore aux multiples facettes, toile de fond du film dont la trame reste toujours très fine -, Ruben Imaz crée d'un trait léger et délicat un univers, une ambiance, des personnages. Ils sont tous formidablement bien interprétés. Luisa Pardo, dans le rôle de la fille, est impressionnante, Dagoberto Gama, dans celui du père, excellent (il jouait le rôle du capitaine amateur de musique dans El Violin), tout comme Manuel Plata López (qui est le propre oncle du réalisateur).
Épargnant au spectateur toute démonstration, Ruben Imaz le fait entrer dans son monde et l'y attache par une force d'évocation des sentiments parfaitement maîtrisée.

On ne peut que remarquer le talent du jeune cinéaste mexicain (âgé de 27 ans) et se féliciter du choix du jury du festival des cinémas d'Amérique Latine de Toulouse. Grâce au Grand prix Coup de Cœur, ce premier long métrage, sélectionné l'année dernière par Cinéma en Construction, pourra être distribué en France.

Il est projeté à Paris ce soir mardi 27 mars :
A 17 h 30 au Latina, 20 rue du Temple, 75004 Paris - M° Hotel de Ville
et à 19 h à l'Institut du Mexique, 119 rue Vieille du Temple - 75003 Paris

Familia Tortuga (Famille Tortue)
Rubén Imaz Castro
Mexique, 2006, 2 h 09
Avec José Ángel Bichir, Luisa Pardo, Manuel Plata López, Dagoberto Gama

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