C'est comment l'opéra au
cinéma ? Sans chanteurs, sans orchestre et sans plateau, évidemment ce
n'est plus du spectacle vivant... mais sur l'immense écran de la Géode à Paris,
et la qualité sonore de la salle, c'est quand même quelque chose !
Le Met reprend cette saison la diffusion en haute définition de ses plus grands
spectacles, en direct dans le monde entier (42 pays, un millier de salles).
Tosca samedi, Aïda le 24, Turandot le 7 novembre,
Les Contes d'Hoffmann le 19 décembre... la programmation est faite
pour attirer (avec succès) le grand public. Sauf que lors de sa première au
Metropolitan Opera, le 21 septembre dernier, la mise en scène de l'un des plus
célèbres opéras de Puccini, signée Luc Bondy a été huée. Ont scandalisé
notamment les décors non conformes à "la tradition" de l'oeuvre, la
représentation d'un Scarpia entouré de prostituées, ou d'un Cavaradossi
embrassant la Vierge sur la bouche... Le metteur en scène français précisait
dans Le Monde de samedi que cet accueil était dû à la particularité
d'un public de première, "un public de gala pour une grande part venu pour
se montrer", et que ces manifestations ne s'étaient pas reproduites lors
des représentations suivantes...
Le fait est que la Tosca de ce 10 octobre, en matinée à New-York,
en soirée à Paris, fut un régal absolu. Luc Bondy, a fait ressortir toute
l'humanité des personnages et de l'histoire, captivante ("un
thriller", pour reprendre le mot du metteur en scène) de Tosca.
Les jeux d'acteurs accompagnent les chants de façon ultra-convaincante, George
Gagnidze dans le rôle de Scarpia est plus abominable que jamais (forcément
monolithique), Karita Mattila en Tosca et Marcelo Alvarez en Cavaradossi sont
capables de faire passer la variété de leurs émotions d'une façon telle que
l'on serait presque heureux de n'être "que" devant l'écran, où l'on peut lire
en gros plan la moindre de leurs expressions et en savourer toute la
force.
Karita Mattila est une Tosca bouleversante, immense d'humanité, tour à tour
calme et brûlante. Et surtout, que dire de Marcelo Álvarez en peintre
Cavaradossi ? Velours et puissance, humour et profondeur, la séduction de
l'Argentin est totale. Tous deux longuement et justement applaudis.
Le coup d'essai de Luc Bondy à New-York est un coup de maître ; ses choix coulent de source, c'est-à-dire du livret. La lippe libidineuse et le rictus effrayant d'un Scarpia s'adonnant à la luxure est dans la droite ligne de ce personnage tortionnaire, jouisseur et manipulateur. Les décors sont superbes, tout en sobriété et verticalité, chapelle réchauffée d'amour, de fleurs et de peinture au premier acte, tour du château Sant'Angelo avant l'aube au dernier : on commence dans la légèreté, on finit dans la noirceur la plus absolue. C'est Tosca, c'est tout Tosca et il semblait ce soir-là que cela ne pourrait être rien d'autre.
Metropolitan live in HD
La saison 2009/2010 du Met en direct
Jusqu'au 1er mai 2010
Dates et salles sur cielecran.com
Aux
Laís Bodanzky ne filme pourtant pas une
micro-société vieillissante qui refuserait son âge ou se donnerait l'illusion
de revivre sa jeunesse éternellement. Tourbillons ne donne d'ailleurs
rien "en spectacle" : il est avec ses personnages, au plus près
d'eux, à hauteur d'eux. Il les aime, nous les fait aimer et nous empêche de les
juger. Ces hommes et ces femmes acceptent leur âge et le considèrent avec
beaucoup de lucidité, ce qui ouvre la porte à l'humour, un humour parfois
doux-amer, parfois même cruel.
Les
Rencontres des Cinémas d'Amérique latine ont démarré ce vendredi jour du
printemps et se déroulent jusqu'au dimanche 29 mars à Toulouse.
Ce
vendredi 3 octobre, Cinespaña redémarre pour une treizième édition de promotion
du cinéma espagnol en France.
A
l'initiative d'un groupe d'amis ibériques auxquels se sont joints
professionnels et amateurs de cinéma, les soirées Espagnolas en Passy
ont réuni chaque dernier lundi du mois depuis janvier 2008 Espagnols d'origine
et d'affinité au Majestic Passy autour de films espagnols inédits. (1)
Depuis vingt ans désormais, les
Rencontres invitent le public à la découverte de la création
cinématographique contemporaine, mais aussi à revisiter le patrimoine de
l'Amérique Latine à travers les grands réalisateurs qui ont marqué le siècle
dernier.
La Semaine du documentaire chilien s'est
ouverte mardi 19 février avec Actores secundarios, un flash-back plein
de vie et passionnant sur les révoltes lycéennes pendant la dictature (de Pachi
Bustos et Jorge Leiva).
Espanolas
en Passy, c'est, chaque dernier lundi du mois au Majestic Passy,
la découverte du cinéma espagnol d'aujourd'hui.
La beauté et le charme infinis de
Louise Brooks au service d'un chef-d'oeuvre du muet accompagné
du grand pianiste de jazz Giovanni Mirabassi : tel est le
programme que Le Balzac réservait aux courageux
Parisiens de sortie lundi dernier. Cette soirée exceptionnelle renvoyait tous
les efforts et toute la fatigue de marche à pied aux oubliettes.
La solitude devient criante le jour où
vous avez gagné un voyage dans un endroit idyllique, que vous n'avez personne
pour vous accompagner... et que vous ne préférez pas partir seul.
Une jeunesse
décomplexée et gentiment insolente interprétée par de beaux et brillants
comédiens joue un trio amoureux dans le Paris d'aujourd'hui côté
Bastille.
Un vieil homme cherche un animal dans un
jardin, ne le trouve pas.