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lundi 26 mars 2007

19èmes Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse. Palmarès

rencontresGrand Prix Coup de Coeur: FAMILIA TORTUGA
de Rubén Imaz Castro (Mexique, 2h09, 2006)

Le Grand Prix Coup de Cœur est un prix d’aide à la distribution en France, d’une valeur de 6100 euros qui se répartissent sur trois domaines : dotation de 3000 euros pour le distributeur, aide au sous-titrage d’une copie, d’une valeur de 2500 euros offert par Titra Film et aide à la traduction de ce sous-titrage d’une valeur de 600 euros par Fila 13.

Mention spéciale pour le film : MADRIGAL
de Fernando Pérez (Cuba, 1h52, 2006)

Composition du Jury : Cristián Sánchez Président du Jury, réalisateur (Chili), Jacques Bouquin, chef opérateur (France), Lina Echeverri, productrice (Colombie), Sebastián Lelio, réalisateur (Chili) et Gilles Rousseau, Forum des Images (France)

Prix du Public Intramuros : CIUDAD EN CELO de Hernán Gaffet (Argentine, 1h44, 2006)

Prix Découverte de la Critique Française : CAPITAL, TODO EL MUNDO VA A BUENOS AIRES de Augusto González Polo (Argentine, 1h50, 2007)
Composition du Jury : Christophe Chauville (Repérages), Heike Hurst (Jeune Cinéma) et Dominique Martinez (Positif)

Prix Fipresci de la première œuvre : LA MAREA de Diego Martinez Vignatti (Argentine, 1h23, 2006) Composition du Jury : Lotfi Ben Khalifa (Le Temps, Tunisie), Dana Duma (Caiete Critice, Roumanie) et joan Millaret Valls (L’Enllaç, Espagne)


Prix SIGNIS du documentaire : EL TELÓN DE AZUCAR de Camila Guzmán Urzúa (Cuba/France, 1h23, 2007)
Mention spéciales pour les films documentaires : SABA de Thereza Menezes et Gregorio Grazios (Brésil, 15mn, 2006) et LOS PRÓXIMOS PASADOS de Lorena Muñoz (Argentine, 1h06, 2006)
Prix SIGNIS du court-métrage : 30 ANS de Nicolas Lasnibat (Chili, 20mn, 2006)
Composition du Jury : Anca Berlogea (Roumanie), Ernesto Cabellos (Pérou) et Nathalie Roncier (France)

Prix Courtoujours : VENUS de José Alvarez (Mexique, 20mn, 2005)
Composition du Jury : Felipe Zalamea (étudiant en Sciences économiques – Président du Jury), Maeva Chaplin (étudiante en Arts Appliqués), Mélanie Kaba (étudiante en philosophie) et Norbert Lapierre-Galtier (étudiant en psychologie)

Rail d'Oc : LA PUNTA DEL DIABLO de Marcelo Paván (Argentine, 1h30, 2006) Le Jury était composé de cheminots cinéphiles

Par ailleurs le Prix de Cinéma en construction 11 Toulouse a été attribué au film POR SUS PROPIOS OJOS de Liliana Paolinelli (Argentina) et une mention spéciale a été accordée au film EL ASALTANTE de Pablo Fendrik (Argentina).

Coups de cœur absolument partagés pour FAMILIA TORTUGA, le premier long métrage du Mexicain Rubén Imaz Castro et pour le documentaire de Camila Guzmán EL TELÓN DE AZUCAR. On y reviendra.


Tous les détails des 19èmes Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse et du palmarès sur :
cinelatino.com

jeudi 15 mars 2007

Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse

rencontresLes 19èmes Rencontres Cinémas d'Amérique Latine se dérouleront à Toulouse du vendredi 16 au dimanche 25 mars.

Réunissant professionnels et amateurs, elles mettront en lumière et distingueront des longs métrages inédits en France, des documentaires et des courts-métrages.

Seront ainsi décernés notamment le Grand Prix Coup de Coeur, le Prix Découverte de la critique française de cinéma, le Prix SIGNIS du meilleur documentaire.

Cette année, une rétrospective est consacrée au réalisateur Raoul Ruiz et un hommage est rendu à un autre cinéaste chilien, "disciple" de Ruiz : Cristian Sanchez.

Les projections Noir Brésil mettront à l'honneur les acteurs noirs brésilien, avec un hommage à Lazaro Ramos, le comédien le plus caméléon de sa génération selon un critique de son pays.

Cette fête aux cinémas d'Amérique Latine, qui associe des hauts lieux de l'activité culturelle toulousaine, tels la Cinémathèque de Toulouse, le cinéma ABC, les librairies Terra Nova et Ombres Blanches, l'Instituto Cervantés ... sera aussi l'occasion de manifestations autour des cultures sud-américaines : expositions, concerts, rencontres littéraires.

Des Rencontres qui auront lieu au coeur de la ville à plus d'un titre : y participeront activement les étudiants de la ville qui décerneront le Prix Courtoujours, mais aussi tous les toulousains, invités à voter à l'issue de chaque projection pour attribuer le Prix du Public Intramuros à un long métrage de la même section que le Grand Prix.


Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse
Du 16 au 25 mars
Programme complet, catalogue et informations pratiques sur :
cinelatino.com
Profiter d'une visite du site pour découvrir la passionnante et nécessaire entreprise :
Cinéma en construction

lundi 12 mars 2007

Pascale Ferran. Lady Chatterley

lady_chatterleyLady Chatterley est un film sur le désir, la découverte de l'autre, la découverte de soi, la transformation, la renaissance. On en sort sous l'emprise d'un charme – qui n'est peut-être autre que le charme de la vie-même – et, longtemps, durable, son empreinte demeure.

Après avoir été conquis par ce film magnifique, on découvre sa réalisatrice, Pascale Ferran. Elle apparaît comme une dame simple, sincère, dont la timidité s'efface derrière la détermination.

Sa voix, singulière, semble venir d'un autre monde, qui n'est pas celui du cinéma. Pourtant, qui mieux qu'elle au cours de ces dernières années a aussi justement parlé du cinéma ?

Que ce soit à l'émission Le Masque et la Plume sur France-Inter, dont les auditeurs ont désigné Lady Chatterley meilleur film français de l'année, ou lors de la soirée de remise des Césars, dont le jury de professionnels a confirmé le choix du – d'un certain – public, Pascale Ferran, après son film, a elle-même séduit.

Avec le numéro du mois de mars, Les cahiers du cinéma offrent à leurs lecteur un petit « Carnet d'une cinéaste » contenant des notes de Pascale Ferrand, des croquis, photos qui ont servi à la préparation et à la réalisation du film.

Tout y est beau, simple, extraordinairement précis, délicat.

Notamment, on peut lire une longue « note d'intention en forme de lettre au futur coscénariste du film ».
La lettre est une telle merveille qu'on ne peut que conseiller de la lire dans son intégralité.
Elle commence par des considérations – passionnantes – purement cinématographiques pour se clôturer sur de très belles réflexions personnelles de la cinéaste. En voici tout de même des extraits.

4. (...) Il me semble de la plus haute importance d'arriver à restituer cinématographiquement l'extraordinaire impression de première fois qui se dégage du livre :
La première fois que cette histoire a été racontée.
La première fois que cet homme et cette femme se sont rencontrés.
La première fois qu'un homme et une femme se sont aimés.
(Il y a quelque chose d'archaïque dans ce projet, de pré-moderne. Je pense tout le temps à Blissfully Yours et aux films de Boris Barnett. Je ne sais pas grand-chose et pourtant j'ai souvent l'impression que c'est un projet pour lequel il me faudrait encore désapprendre).
5. Etre le plus possible dans le présent des choses, dans l'espoir d'arriver à faire venir au premier plan la présence des choses et des gens. C'est évidemment l'un des motifs souterrains du livre (et du film à venir) : le miracle de l'incarnation. L'émerveillement devant la pure présence de l'autre. Mais on n'a pas le droit d'en parler. C'est comme la poésie pour Cocteau.
8.Il n'empêche, c'est un projet fou. La tâche paraît, par moments, écrasante. Mais la beauté du projet tient tout entier dans son étranger paradoxe : l'ambition la plus folle n'est accessible ici qu'au moyen de la plus grande modestie.


Carnet d'un cinéaste. Pascale Ferran, Lady Chatterley
Supplément au dernier numéro des Cahiers du Cinéma (mars, n° 621)
A lire également : le discours de Pascale Ferran lors de la cérémonie des Césars
sur le site du journal Le Monde

lundi 12 février 2007

La vie des autres (Das Leben der Anderen)

rdaUn soir, au théâtre, la décision est prise en quelques minutes, un échanges de regards, 3 ou 4 phrases : le dramaturge Dreyman – jusque là plus blanc que blanc aux yeux du gouvernement – est devenu suspect : il faut le surveiller, trouver une faille et s'en débarrasser.

Le motif réel est abject. Nous sommes en 1984 en R.D.A. La politique servait à tout ; couvrait toutes les salades.

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Dreyman – qui partage sa vie avec une belle comédienne - est mis sous écoutes serrées ; un agent de la Stasi, Wiesler, s'installe dans le galetas au dessus de leur appartement et écoute, note tout ce qui s'y dit et s'y fait.
A son visage, l'immuable expression du fonctionnaire zélé, l'insupportable satisfaction de celui qui fait son effroyable devoir – et celle, moins supportable encore, d'y prendre quelque plaisir.
En dessous, dans l'appartement, la vie des artistes comme elle va sous un régime communiste : on essaie de ne pas trop se faire remarquer pour pouvoir continuer à travailler ; mais un ministre vient vous chercher des poux alors que vous dansez avec votre belle ; mais un de vos amis meurt de ne plus pouvoir s'exprimer ...
Alors, le silence, les compromis, jusqu'à quand ?...
Wiesler, lui, le premier de la classe du régime, est toujours au dessus, à tout écouter, noter ...
Tout ?
Peut-être pas vraiment. Pourquoi ?
C'est toute l'histoire du film.

Très bien fait, bien joué – tous les rôles, principaux comme secondaires sont magnifiquement interprétés – le film a des moments extrêmement forts,qui sonnent très juste ; en particulier tous ceux qui ont trait au rapport de Dreyman avec son ami metteur en scène ; et aussi ceux qui concernent la comédienne, la compagne du dramaturge.

Peut-être l'épilogue donne-t-il l'impression de n'être pas tout à fait nécessaire – pour le spectateur français en tout cas -, donne au film un caractère un peu trop démonstratif dans les bons sentiments.

Qu'importe, après avoir vu La vie des autres, on pense aux metteurs en scène qui se sont suicidés parce qu'on les a empêchés de travailler ; aux machines à écrire qui ne sont pas passées à l'Est, à celles qu'on a fait passer vainement ; aux mots qui n'ont pu être écrits, à ceux qui n'ont pu être lus.
Tout ce silence laisse un poids sur l'estomac, estompe la fiction de « l'homme bon », et laisse, tenace, une affreuse envie de vomir.

La vie des autres
Florian Henckel von Donnersmarck
Allemagne, 2006
Avec : Ulrich Mühe (Wiesler), Sebastian Koch (Dreyman), Martina Gedeck
Durée : 2 h 17
Site officiel du film

lundi 8 janvier 2007

El Violin (Le Violon). Francisco Vargas

violonDans les montagnes d'Amérique du Sud, des paysans luttent contre la dictature, dans l'espoir de recouvrer quelques droits, un peu de liberté.
Parmi eux, un grand-père, Don Plutarco, son fils Genaro et son petit-fils Lucio essaient d'améliorer le quotidien en jouant de la musique. Mais l'armée attaque leur village et ils doivent se réfugier dans la sierra, laissant derrière eux un stock de munitions que Genaro essaie en vain de récupérer ...
Tel est le point de départ du Violon, qui commence comme un documentaire, dans un noir et blanc superbe installant d'emblée une véritable atmosphère. Petit à petit, l'histoire se développe et c'est un vrai film qui prend corps autour des personnages, tous les trois magnifiques. Chacun à leur manière, chacun protégeant les deux autres, les trois hommes ont en commun un refus obstiné de la cruelle réalité.

La figure centrale est le grand-père, interprété par Don Angel Tavira, vieil homme noueux, raviné, estropié ; mais tellement beau. Il est le violoniste, le tranquille violoniste. Grâce à son instrument, dont il tient l'archet de son moignon bandé, à l'aide d'un ruban qu'il noue et dénoue avec une grâce infinie, il va instaurer un bras de fer, en réalité un jeu de dupes, avec un chef militaire séduit par sa musique ...

Le premier long métrage du Mexicain Fransisco Vargas est aussi un film sur la transmission orale d'une culture ancienne : les échanges entre le petit garçon et son grand-père sont le lieu d'un dialogue d'une délicatesse bouleversante.

C'est un film très beau, dur et tendre à la fois.


Le coup de coeur Mag :

La déclaration de Francisco Vargas lors de la présentation du film au public : Nous avons écouté la musique de la montagne et nous avons décidé de la saisir et de l'enfermer dans des boîtes métalliques.


Le Violon a été projeté au Festival de Cannes en 2006 dans le cadre de la sélection Un Certain Regard. Il concourait également pour la Caméra d'Or récompensant les premiers films. Don Angel Tavira a reçu le prix d'interprétation masculine dans la sélection Un certain regard.

Mise à jour : Le violon a été édité dans un beau coffret double DVD, contenant le film, le making-of avec des entretiens inédits, mais aussi "Tierra Caliente", le documentaire réalisé par Francisco Vargas en 2004 sur le violoncelliste Don Angel Tavira, futur acteur du film "Le violon". Le coffret coûte 20 € environ.

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