Jeudi
dernier, la salle Renaud-Barrault du théâtre du Rond-Point était pleine à
craquer, où, à l'heure du déjeuner, Michel Onfray donnait une conférence
intitulée "Le post anarchisme expliqué à ma grand-mère".
Derrière ce slogan, le philosophe se moquait des livres de vulgarisation de la
pensée et de l'histoire des idées que les intellectuels commettent
régulièrement à peu de frais, en s'adressant à leurs lecteurs adultes comme ils
le feraient à des enfants.
Rejetant ce genre de démarche simpliste, Michel Onfray, dans l'esprit de l'Université Populaire de Caen, s'attache à revisiter l'histoire de la pensée anarchiste - très multiple et même contradictoire - en revendiquant un droit d'inventaire : retenir les idées qui lui semblent encore de valeur aujourd'hui et repousser les prises de position inacceptables et/ou considérablement datées.
En suivant cette logique du "prélèvement", l'auteur de la Contre histoire de la philosophie trace les contours du post anarchisme, un courant qui existe aussi de l'autre côté de l'Atlantique. Il commence par balayer sans ménagement un certain nombre de dogmes (une de ses grandes affaires) de la pensée anarchiste : le rejet de l'Etat ; le refus des élections ; l'idée selon laquelle le capitalisme ne serait qu'un moment dans le déroulement du monde. Au contraire, pour le philosophe, l'Etat est utile, voter permet de manifester un rapport de force et le capitalisme est une forme consubstantielle du monde - c'est le capitalisme libéral qui est à dénoncer.
Michel Onfray passe ensuite au crible les écrits des auteurs dits anarchistes pour y faire son tri : exit les positions bellicistes, homophobes et phallocrates de Proudhon, mais oui à son pragmatisme ; exit le christianisme de Tolstoï et la négativité de ceux qui sont devenus anarchistes par amertume ; oui à la positivité, à tout ce qui est susceptible de développer la pulsion de vie ; oui à la place de la Justice défendue par Louise Michel, à l'impératif catégorique de La Boétie - "Soyez résolu de ne plus servir et vous serez libre " - réactivé par Thoreau, aux phalanstères de Fourrier, à l'anarcho-syndicalisme d'Albert Camus de L'Homme révolté, à l'éducation, aux plaisirs du corps...
Si la pensée anarchiste a été saignée par la Commune puis par la Guerre de 14-18, avant d'être terrassée par le triomphe du marxisme, l'auteur du Traité d'athéologie pense que, tel le fleuve Alphée, l'anarchisme un temps disparu dans la mer est ensuite réapparu, citant Orwell, la philosophe Simone Weil, Jean Grenier, la French Theory avec Foucault, Deleuze, Bourdieu, Guattari, Lyotard, le Derrida de Politiques de l'amitié et du Droit à la philosophie, mais aussi Mai 68, qu'il considère comme une révolte nietzschéenne pour avoir mis fin à la Vérité "Une", révélée, en mettant en évidence la diversité de vérités, pour avoir fait disparaître les idéaux ascétiques chrétiens et fait surgir de nouvelles possibilités d'existence.
Suite et fin de la conférence en mai, même lieu et même heure : Michel Onfray y proposera un post anarchisme pour aujourd'hui et pour demain.
Calendrier des conférences de l'Université Populaire de Caen au Théâtre du
Rond-Point
Théâtre du Rond-Point - 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris
M°Franklin D. Roosevelt, Champs-Élysées Clemenceau
Entrée libre sur réservation
Fin de la série
L'âge d'or de la presse avec un petit panorama des tirages et des
catégories de journaux à la fin du XIXème siècle.
La presse connaît
une telle révolution à la fin du XIXème siècle qu'on parle « d'âge d'or de
la presse ».
Suite de la conférence à la
Bibliothèque nationale de France sur l'âge d'or de la presse au XIXème
siècle.
Pour
continuer l'histoire du livre initiée il y a plusieurs mois, on explore
aujourd'hui un phénomène un peu à part avec l'âge d'or de la presse.
Production
industrialisée, essor des tirages, évolution des contenus, apparition des
"éditeurs", la révolution que connaît le livre au XIX° siècle se manifeste
également dans de nouveaux modes de diffusions, de nouvelles techniques de
vente.
Au cours
du XIX° siècle, période de la "deuxième révolution" du livre, la production
connait un essor considérable et dans le même temps se renouvelle.
Dans un contexte
d'industrialisation de la production du livre, de nouvelles personnalités font
leur apparition : les éditeurs, autour desquels la production se
réorganise.
Au XIXème
siècle a lieu ce qu'on a l'habitude d'appeler la "deuxième révolution du
livre", après celle de Gutemberg.
L'épisode
d'insubordination de La Fronde précipite la reprise en main par le pouvoir
central des Parlements de province, et donc des libraires.
Au cours du XVII°
siècle, la carte de la production de livres se redessine, tant au niveau des
pays d'Europe que sur le royaume de France.
Suite
de la conférence à la Bibliothèque nationale de France sur l'histoire du livre
au XVIIème siècle.