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mercredi 9 janvier 2008

Guy Bedos : Hier, aujourd'hui, demain

Guy Bedos, Hier, aujourd'hui, demainEmotion au théâtre du Rond-Point samedi soir pour le dernier solo de Guy Bedos. Avant, pendant et après le spectacle, il fut longuement applaudi. Salle en grande partie acquise, certes, mais sa prestation a prouvé que la retraite de ce type de "one-man-show" qu'il a décidé de prendre arrive bien trop tôt.
Son humour féroce, voire carrément noir parfois est toujours souverain.

Mêlant sketches déjà connus, tels Si j'étais une femme... à une revue de presse forcément fraîche, le regard de l'humoriste sur la situation politique était évidemment très attendu.

Il n'a pas déçu, se déchaînant presque autant contre une gauche muette et/ou rachetée par la droite ("comme des joueurs de football", comparant à cette occasion les méthodes du Président à celles de Bernard Tapie) que contre les dirigeants actuels.
Hortefeux ? " Il sent trop le blanc ". Boutin ? " Je laisse Christine Boutin, catholique pratiquante, face à son miroir ". Il décoche aussi quelques flèches contre Johnny Hallyday " Réfugié fiscal suisse, belge, monégasque, on ne sait plus très bien ", et autres artistes de " la Concorde ", remarquant qu"on a les soutiens culturels qu'on mérite ".
Mais le point rouge de sa cible reste bien sûr celui qu'il appelle "le nain", " little big ", " Tom Pouce " ou encore " Nabot-léon ", le plus savoureux de ces qualificatifs étant sans doute " le cocu ontologique "...

Guy Bedos affirme vouloir se consacrer désormais au théâtre, au cinéma et à l'écriture. C'est un choix que l'on regrette, tant il est peu évident que dans le domaine de la satire politique la relève soit assurée. (1)
" Sur ce point, ma vie est un échec absolu. Je n'ai jamais cessé de combattre le racisme, les discriminations, les injustices sociales, de plaider pour les déshérités et les sans-papiers. Or plus je radote, plus je m'énerve, et plus la situation empire (...) Je suis allé voir Mitterrand, Jospin, Chevènement, Sarkozy, et ça n'a servi à rien. Dans le privé et les salons dorés, tous ces hommes m'ont donné raison, et ils ont toujours fait le contraire. " expliquait-il récemment dans le Nouvel Observateur (2).
Que répondre à cela ?
Que son humour est nécessaire et qu'il nous manque déjà.

Hier, aujourd'hui, demain. Guy Bedos
Théâtre du Rond-Point
Textes de Guy Bedos et Jean-Loup Dabadie
Mise en scène Roger Louret

(1) Exception faite d'une poignée d'artistes dont un des représentants les plus cinglants pourrait être Didier Porte
(2) Le Nouvel Observateur du 13 au 19 décembre 2007, entretien avec Jérôme Garcin

Photo : Guy Bedos © Sandrine Roudeix

mercredi 7 novembre 2007

Le Rêve de Cassandre. Woody Allen

Le rêve de Cassandre, Woody Allen Le Rêve de Cassandre commence comme une comédie, mais qui cède vite le pas au drame, lorsque le poids lourd de la conscience vient charger l'envolée juvénile du début.

C'est l'argent qui fait basculer la situation, au détour d'apparitions diaboliques, le prêteur usurier qui fait bruisser les liasses de billets et la femme belle mais trop généreusement tentatrice.
Pour cause de dette de jeu, pour cause d'amour passionné, les deux frères vont passer de leur condition de fils de la classe moyenne – dont les préoccupations sont tout ce qui a de plus ordinaire, installer son couple et faire plaisir à sa douce pour l'un, s'élever vers la classe supérieure pour l'autre – à celle de nécessiteux aux abois. Ressort de l'histoire : le sauveur, incarné par un oncle richissime, seule personne qui pourrait les aider, se fait à son tour maléfique...

Après l'entrée bondissante des deux frangins-à-la-mort-à-la-vie, le portrait familial croqué autour d'un repas aux dialogues délectables, la mise en place de l'histoire, avec des personnages et des situations teintés d'humour, bref, après une très agréable première partie, voici donc qu'à traits épais se dessine le drame.
Et force est de reconnaître qu'une fois le forfait attendu accompli, toute la fin du film a tendance à coller au sujet de la culpabilité un peu trop intimement, pour ne pas dire à l'engluer. Woody Allen se met alors à se répéter comme s'il ne savait qu'en faire pour finir sur une tragédie tout à fait prévisible.
Quel dommage ! Après un début des plus alertes qui ne pourra que ravir ses fans, le cinéaste se met à devenir ennuyeux, et ce malgré l'excellente prestation des deux comédiens, Ewan McGregor et surtout Colin Farrell.

Le Rêve de Cassandre. Woody Allen
Avec Colin Farrell, Ewan McGregor, Tom Wilkinson, Hayley Atwell
Durée 1 h 48