Cabu a débarqué à Paris en 1956 et, depuis
plus de 50 ans, entre celui qui a publié ses premiers dessins à
Châlons-en-Champagne à l'âge de 15 ans – alors signés K-BU – et la capitale,
c'est une véritable histoire d'amour.
De cette conquête quotidienne, sont nés d'innombrables dessins.
Quoi de plus naturel que ce soit l'Hôtel de Ville de Paris qui consacre à Cabu
sa première exposition personnelle.
Accompagnés de commentaires bien sentis ; ses croquis font
mouche.
Fouillés, parfois fouillis en apparence, ils regorgent de détails et
d'annotations. Il faut prendre le temps de « lire » le trait et le
texte pour les savourer.
Car il ne s'agit pas, avec Cabu, de rire aux éclats, mais de goûter
le talent du caricaturiste-reporter, qui observe et pointe du crayon ce
qui irrite : une part de modernité que décidément on n'accepte
pas tout à fait, lorsqu'elle est synonyme de toujours plus de boutiques et de
moins de poésie.
Bref, lorsqu'on trouve que Paris perd son âme. Car la plume de Cabu
porte l'histoire de la capitale, celle de son décor, celle de ses
habitants, celle dont notre imaginaire était déjà chargé, lorsque,
comme lui, on a débarqué un beau jour sur les quais de Paris.
Paris qui émerveille toujours au détour d'une rue, sur la banquette d'un café,
au bord d'un comptoir. Paris qui amuse, avec ses petites japonaises en goguette
viuttonisées ; qui surprend lorsque le métro se fait soudain
aérien, émeut inlassablement lorsqu'au regard s'offre la Seine.
La Seine, en éternel énamouré, Cabu n'en finit pas de la dessiner. Il traverse,
retraverse, prend l'eau, le ciel, les ponts, les monuments, les lumières.
Alors, sous son trait sarcastique – qui relève pour nous, tel un
comptable, toutes les mutations de Paris – se cache, mais à peine, une immense
tendresse.
Celle que l'amoureux éprouve pour la belle, qu'à force d'arpenter, tracer,
croquer, moquer, il a fait sienne.
Lui qui se dit, désormais, Parisien.
Cabu et Paris
Salon d'accueil de l'Hôtel de Ville
29, rue de Rivoli – Paris 4ème
Jusqu'au 24 mars 2007
De 10 h à 19 h tlj sauf dimanches et fêtes
Entrée libre