Suite de la conférence à la
Bibliothèque nationale de France sur l'âge d'or de la presse au XIXème
siècle.
La révolution industrielle n'est pas sans influence sur le travail de
fabrication des journaux.
Durant les vingt dernières années du XIXème siècle, l'évolution des machines va
permettre en effet une production industrialisée. (voir billet
du 11 avril 2007 sur l'histoire du livre).
La composition typographique n'est plus réalisée manuellement, ce qui fait gagner un temps considérable, sans compter, pour l'impression, l'utilisation des rotatives. Les rendements augmentent au point d'atteindre 20 000 exemplaires par heure.
Ces progrès techniques sont une révolution pour les quotidiens de Paris tout particulièrement : ils peuvent désormais sortir plusieurs éditions par jour, ainsi que des éditions de province, avec des pages, voire des colonnes différentes selon les régions.
L'accroissement de la pagination est elle aussi rendue possible : on passe du quatre pages au huit pages puis au douze pages. Ce qui veut dire qu'un nombre plus important de rubriques est désormais autorisé. Ainsi, les thèmes se diversifient, avec notamment des pages consacrées à la culture (critiques théâtrales, critiques musicales etc.).
En revanche, l'illustration pose d'autres problèmes car la gravure nécessite un temps de presse plus long. Elle sied donc mal aux quotidiens. Dès lors, les illustrations se concentrent dans les hebdomadaires : L'Illustration, Le Magasin pittoresque notamment ; ou bien dans des suppléments mensuels des journaux. Articles et illustrations ont donc généralement des supports distincts.
L'utilisation de ces nouvelles technologies nécessite des investissements
considérables, donc la mise en place de véritables entreprises de presse.
Celles-ci vont privilégier les moyens propres à produire un « journal
moderne ».
Pour cela, il s'agit avant tout d'être proche des sources de
l'information.
C'est ainsi que ces entreprises s'établissent dans des quartiers proches du
pouvoir : le Petit journal s'installe rue de Richelieu, rue
Lafayette et rue Cadet, Le Petit Parisien rue d'Enghien, Le
Journal, rue de Richelieu également ... les localisations sont très
concentrées.
Ensuite, pour avoir les informations en direct, il faut disposer du télégraphe
(le reportage est tout juste en train de naître).
Enfin, les bâtiments des entreprises de presse abritent à la fois
l'administration, les archives, les salles de rédaction, mais aussi leurs
imprimeries. Certains iront même jusqu'à créer leur papeterie, comme le
Petit journal.
L'âge d'or de la presse
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Philippe Mezzasalma,
Département Droit, Economie, Politique
Conférence du 26 avril 2007
Bibliothèque Nationale de
France
Image : album de la série Voyages présidentiels illustrés par Paul
Boyer, photographe officiel de la Présidence (Sadi Carnot) : série de
planches photographiques simplement légendées (1889, E. Dentu, libraire et
éditeur de la société des gens de lettres à Paris).
Au cours
du XIX° siècle, période de la "deuxième révolution" du livre, la production
connait un essor considérable et dans le même temps se renouvelle.