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Tag - industrialisation

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jeudi 17 mai 2007

L'âge d'or de la presse : de nouvelles entreprises de presse (2/4)

voyages présidentielsSuite de la conférence à la Bibliothèque nationale de France sur l'âge d'or de la presse au XIXème siècle.

La révolution industrielle n'est pas sans influence sur le travail de fabrication des journaux.

Durant les vingt dernières années du XIXème siècle, l'évolution des machines va permettre en effet une production industrialisée. (voir billet du 11 avril 2007 sur l'histoire du livre).

La composition typographique n'est plus réalisée manuellement, ce qui fait gagner un temps considérable, sans compter, pour l'impression, l'utilisation des rotatives. Les rendements augmentent au point d'atteindre 20 000 exemplaires par heure.

Ces progrès techniques sont une révolution pour les quotidiens de Paris tout particulièrement : ils peuvent désormais sortir plusieurs éditions par jour, ainsi que des éditions de province, avec des pages, voire des colonnes différentes selon les régions.

L'accroissement de la pagination est elle aussi rendue possible : on passe du quatre pages au huit pages puis au douze pages. Ce qui veut dire qu'un nombre plus important de rubriques est désormais autorisé. Ainsi, les thèmes se diversifient, avec notamment des pages consacrées à la culture (critiques théâtrales, critiques musicales etc.).

En revanche, l'illustration pose d'autres problèmes car la gravure nécessite un temps de presse plus long. Elle sied donc mal aux quotidiens. Dès lors, les illustrations se concentrent dans les hebdomadaires : L'Illustration, Le Magasin pittoresque notamment ; ou bien dans des suppléments mensuels des journaux. Articles et illustrations ont donc généralement des supports distincts.

L'utilisation de ces nouvelles technologies nécessite des investissements considérables, donc la mise en place de véritables entreprises de presse. Celles-ci vont privilégier les moyens propres à produire un « journal moderne ».
Pour cela, il s'agit avant tout d'être proche des sources de l'information.
C'est ainsi que ces entreprises s'établissent dans des quartiers proches du pouvoir : le Petit journal s'installe rue de Richelieu, rue Lafayette et rue Cadet, Le Petit Parisien rue d'Enghien, Le Journal, rue de Richelieu également ... les localisations sont très concentrées.
Ensuite, pour avoir les informations en direct, il faut disposer du télégraphe (le reportage est tout juste en train de naître).
Enfin, les bâtiments des entreprises de presse abritent à la fois l'administration, les archives, les salles de rédaction, mais aussi leurs imprimeries. Certains iront même jusqu'à créer leur papeterie, comme le Petit journal.

L'âge d'or de la presse
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Philippe Mezzasalma,
Département Droit, Economie, Politique
Conférence du 26 avril 2007
Bibliothèque Nationale de France

Image : album de la série Voyages présidentiels illustrés par Paul Boyer, photographe officiel de la Présidence (Sadi Carnot) : série de planches photographiques simplement légendées (1889, E. Dentu, libraire et éditeur de la société des gens de lettres à Paris).

mercredi 25 avril 2007

L'histoire du livre au XIX° siècle. L'essor de la production (3/4)

manuel Roret du ParfumeurAu cours du XIX° siècle, période de la "deuxième révolution" du livre, la production connait un essor considérable et dans le même temps se renouvelle.

Jusqu'au début du XIX°, le tirage moyen d'un livre se situe entre 1000 et 1500 exemplaires, sauf pour certains livres religieux comme les livres de messe par exemple.

Au milieu du siècle, grâce aux collections à bon marché, les ouvrages d'Eugène Sue Les mystères de Paris et Le juif errant seront tirés à 60 000 exemplaires.

Ces tirages s'accompagnent de l'émergence d'une forme nouvelle : la publication en feuilletons...

Mais toutes les œuvres qui font aujourd'hui l'image du XIX° s. n'ont pas connu de tels succès : Le Rouge et le Noir, par exemple, n'est tiré qu'à 750 exemplaires !

Par ailleurs, les contenus sont profondément renouvelés.

Certains domaines sont restés traditionnels, comme l'édition religieuse, dont la production a augmenté comme les autres secteurs, mais a diminué en importance relative. Mais leurs éditeurs ont complété leur production par de la littérature scolaire ainsi que de la littérature pour enfants, bien pensante.
Le domaine de l'histoire a dû résister en tournant ses productions vers les mémoires. Michelet n'a connu de grands tirages que grâce à la publication dans des collections à bon marché.

Dans la littérature, on assiste également à un reclassement des contenus : la poésie perd du terrain ; le théâtre se maintient jusqu'à la fin du XIX° siècle. Mais la production majeure concerne désormais le roman.

Cette période va assister à la floraison d'un nouveau genre : la littérature pratique. Les manuels Roret seront très répandus, tels le Nouveau manuel du limonadier, du glacier, du chocolatier et du confiseur ou encore le Manuel complet de la cuisinière bourgeoise...

Suite et fin la semaine prochaine avec les nouvelles stratégies de diffusion du livre ...

Nouveau livres, nouveaux publics au XIX° siècle.
Bibliothèque Nationale de France
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence d'Eve Netchine,
Service de l'inventaire rétrospectif
Conférence du 5 avril 2007

Image : Manuel du Parfumeur, Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour, Manuels Roret, Libr. Encyclopédique Roret, 1825