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jeudi 3 mai 2007

L'âge d'or de la presse : la liberté de la presse (1/4)

liberté de la pressePour continuer l'histoire du livre initiée il y a plusieurs mois, on explore aujourd'hui un phénomène un peu à part avec l'âge d'or de la presse.

A part puisque, si le journal fait partie du champ éditorial, il s'en diffère toutefois par son caractère éphémère – il s'agit de diffuser l'information d'un événement – et une forme matérielle elle aussi forcément éphémère.
Son matériau de qualité médiocre fit d'ailleurs qu'il fut pendant longtemps inconcevable de chercher à le conserver.

On parle de l'âge d'or pour la période allant de 1880 à la première Guerre Mondiale, années durant lesquelles la presse connut des bouleversements sans précédent.

La révolution industrielle y est pour beaucoup avec l'arrivée des rotatives qui permettent la mécanisation de métiers qui étaient jusqu'alors artisanaux.

Mais c'est aussi au niveau des contenus que la révolution s'opère.

Son premier déclencheur est la levée d'un obstacle juridique de taille : le contrôle très serré qui s'exerçait sur la presse sous le Second Empire.

Le 29 juillet 1881 est votée la loi sur la liberté de la presse. Il s'agit de la première des grandes lois de la III° République sur les libertés publiques.

Sont ainsi supprimées toute une série de textes liberticides, les autorisations diverses, au premier chef desquelles l'autorisation de publication.
Les mesures administratives sont également simplifiées : seule la déclaration a posteriori du titre et de ses principales caractéristiques est désormais exigée.

Sont également instituées les libertés de l'affichage et celle de la vente sur la voie publique. Cette dernière nouveauté n'est pas sans importance car elle permettra une diffusion des journaux non plus seulement sur abonnement mais également par colportage et ensuite dans les kiosques.

C'est donc un carcan incroyable qui est levé grâce à cette loi. Il n'y a d'ailleurs qu'à consulter les journaux de l'époque, que ce soit La Croix, Le Figaro ou autres, pour être frappé par la violence des propos ...

L'âge d'or de la presse
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Philippe Mezzasalma,
Département Droit, Economie, Politique
Conférence du 26 avril 2007
Bibliothèque Nationale de France

Image : L'Aurore du 13 janvier 1896

mercredi 2 mai 2007

L'histoire du livre au XIX° siècle. De nouvelles stratégies de diffusion (4/4 )

affiche librairieProduction industrialisée, essor des tirages, évolution des contenus, apparition des "éditeurs", la révolution que connaît le livre au XIX° siècle se manifeste également dans de nouveaux modes de diffusions, de nouvelles techniques de vente.

En trente ans, entre 1870 et la fin du siècle, le réseau traditionnel de colportage, hérité de l'Ancien Régime, va disparaître.

Les librairies, de leur côté, évoluent considérablement : on passe du comptoir auquel on doit s'adresser et qui empêche de circuler entre les rayons, à des librairies d'un type complètement neuf, où les clients peuvent circuler librement, feuilleter les libres exposés sur des tables... Il s'agit d'un nouveau monde du commerce, un monde de sociabilité , où on peut rentrer pour acheter, ou ne pas acheter.
C'est toute l'ambiance que Zola a décrite dans Le Bonheur des Dames.

Les libraires se mettent à afficher des publicités de livres (les lithographies mises au point par Jules Chéret notamment). Les catalogues se transforment, pour devenir de véritables vitrines de l'offre de livres.

Les éditeurs peaufinent également leur stratégie pour vendre directement au client. Ils promettent par exemple des cadeaux de fidélité à ceux qui achèteront une série complète (flacon de parfum, montre ...).
Bien entendu, ces procédés déclencheront l'ire des libraires ...

A côté des "nouvelles" librairies, subsistent les cabinets de lecture, institués au XVIIème siècle. Ce sont des boutiques de livres, qui permettent soit d'acheter, soit d'emprunter, soit de lire sur place un livre.
Cabinets privés, ils sont en général tenus par des libraires. Leur clientèle est constituée de la petite bourgeoisie, artisans, commerçants, rentiers modestes. Leur offre fait une belle part au roman, leurs horaires sont très étendus ; ils ont joué un grand rôle dans le développement de la lecture à une époque où les bibliothèques ne pouvaient proposer une offre suffisante.

Mais ces lieux, tout comme le colportage, étaient considérés comme dangereux par les autorités, car on y trouvait "le meilleur comme le pire".
Les pouvoirs publics se sont alors servi des écoles, des instituteurs et des enfants, pour mettre en place les bibliothèques d'école et y diffuser des livres spécialement édités pour cet usage ...

Nouveau livres, nouveaux publics au XIX° siècle.
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence d'Eve Netchine,
Service de l'inventaire rétrospectif
Conférence du 5 avril 2007
Bibliothèque Nationale de France

Image : Librairie Sagot, lithographie de Jules Chéret (1891)

mardi 1 mai 2007

Calamity Jane. Lettres à sa fille

Lettres à sa filleLa terrible Calamity Jane qui chevauchait à travers le Grand Ouest, se mêlait aux batailles, jouait et buvait parmi les hommes, était aussi une tendre maman.

L'exposition organisée au Musée des Lettres et des Manuscrits (1) trace un portrait tout en contrastes de cette femme de légendes autour de l'album manuscrit des lettres que Calamity Jane a écrites à sa fille, laquelle n'en a eu connaissance qu'après la mort de sa mère.

La lecture de ces fameuses lettres, dans une nouvelle édition corrigée et enrichie, a quelque chose de surprenant et de très attachant.

On y découvre une Calamity Jane en proie à la solitude et à des souffrances morales plus pesantes encore que les rudes conditions d'existence qui sont les siennes dans l'Ouest.
On y voit une maman cow-girl se soucier du bonheur de sa fille, mettre les points sur les i pour qu'elle soit fière de ses origines, que la mémoire de ses parents ne soit pas salie.
Sa plume franche et sans détour amuse ou effraie lorsqu'elle relate son quotidien, mais prend aux tripes dans ses moments de tendresse et de découragements.

J'espère qu'un jour tu pourras venir dans ce pays, tu sauras alors comment j'ai dû exister. Encore deux ans et j'irai te voir, Chérie je sais qu'alors je me sentirai mieux à ton sujet. (...) T'abandonner m'a presque tuée, Janey.

Je me demande souvent dans quelles mains ces pages finiront par tomber. Je veux croire que tu seras cette personne un jour après que je serai partie. Je l'espère car c'est toi que j'aime Janey. Il ne me reste plus personne sur terre à part toi. Je m'endors chaque nuit avec ta photo serrée contre mes lèvres. Oh si seulement je pouvais t'avoir la nuit tombée pour une heure aux côtés des feux de camp pour briser cette solitude.

Ma vie avec ton père, je saurai toujours que ce furent les jours les plus heureux de ma vie, Janey. Dans mon errance sans but, je l'ai rencontré. Il a reçu son surnom de Wild Bill à Rock Creek, Kansas, parce qu'il avait tué en légitime défense une bande de meurtriers, ce qui l'a rendu fameux comme grand tireur des deux mains. Les hors-la-loi le traquaient à plusieurs, ils étaient toujours une demi-douzaine ou plus à l'avoir dans leur ligne de mire. Souviens-toi, Janey, son nom ne mourra jamais tant que le soleil brillera.

A la fin du recueil, sont ajoutées des lettres que Calamity Jane a écrites à Jim O'Neil, le père adoptif de sa fille.
La fibre maternelle se fait rage lorsqu'elle apprend le malheureux mariage de sa fille. On y retrouve tout le mordant et l'ironie Calamity Jane qui sont aussi pour beaucoup dans le plaisir de lecture de ces Lettres.

Je suis triste d'apprendre que le mariage de Janey est un échec. Ne vous-ai je pas dit qu'il n'était pas bien. Les journalistes sont tous des menteurs. Ils ne se soucient que de leur publicité et de convaincre les gens de leur intelligence alors qu'ils n'ont certes pas inventé le fil à couper le beurre. (...). Je remercie Dieu pour vous avoir vous et le révérend Sipes ».

Lettres à sa fille. Calamity Jane
Payot & Rivages
Collection Rivages Poche, Bibliothèque étrangère (janv. 2007)
Traduit de l'anglais par Marie Sully et Gregory Monro
113 p., 5,95 €

(1) Jusqu'au 13 mai prochain, voir le billet du 16 avril 2007

mercredi 25 avril 2007

L'histoire du livre au XIX° siècle. L'essor de la production (3/4)

manuel Roret du ParfumeurAu cours du XIX° siècle, période de la "deuxième révolution" du livre, la production connait un essor considérable et dans le même temps se renouvelle.

Jusqu'au début du XIX°, le tirage moyen d'un livre se situe entre 1000 et 1500 exemplaires, sauf pour certains livres religieux comme les livres de messe par exemple.

Au milieu du siècle, grâce aux collections à bon marché, les ouvrages d'Eugène Sue Les mystères de Paris et Le juif errant seront tirés à 60 000 exemplaires.

Ces tirages s'accompagnent de l'émergence d'une forme nouvelle : la publication en feuilletons...

Mais toutes les œuvres qui font aujourd'hui l'image du XIX° s. n'ont pas connu de tels succès : Le Rouge et le Noir, par exemple, n'est tiré qu'à 750 exemplaires !

Par ailleurs, les contenus sont profondément renouvelés.

Certains domaines sont restés traditionnels, comme l'édition religieuse, dont la production a augmenté comme les autres secteurs, mais a diminué en importance relative. Mais leurs éditeurs ont complété leur production par de la littérature scolaire ainsi que de la littérature pour enfants, bien pensante.
Le domaine de l'histoire a dû résister en tournant ses productions vers les mémoires. Michelet n'a connu de grands tirages que grâce à la publication dans des collections à bon marché.

Dans la littérature, on assiste également à un reclassement des contenus : la poésie perd du terrain ; le théâtre se maintient jusqu'à la fin du XIX° siècle. Mais la production majeure concerne désormais le roman.

Cette période va assister à la floraison d'un nouveau genre : la littérature pratique. Les manuels Roret seront très répandus, tels le Nouveau manuel du limonadier, du glacier, du chocolatier et du confiseur ou encore le Manuel complet de la cuisinière bourgeoise...

Suite et fin la semaine prochaine avec les nouvelles stratégies de diffusion du livre ...

Nouveau livres, nouveaux publics au XIX° siècle.
Bibliothèque Nationale de France
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence d'Eve Netchine,
Service de l'inventaire rétrospectif
Conférence du 5 avril 2007

Image : Manuel du Parfumeur, Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour, Manuels Roret, Libr. Encyclopédique Roret, 1825

mercredi 18 avril 2007

L'histoire du livre au XIX° siècle. Le temps des éditeurs (2/4)

CharpentierDans un contexte d'industrialisation de la production du livre, de nouvelles personnalités font leur apparition : les éditeurs, autour desquels la production se réorganise.

Jusqu'au XVIII° siècle, on ne distinguait pas, dans les professions, entre éditeurs et libraires.
La situation change radicalement au XIX° siècle : le rôle de l'éditeur se transforme, il devient le lien entre auteurs, imprimeurs, libraires et lecteurs.
Il a recours à des moyens financiers importants, notamment par l'emprunt. Il construit désormais une véritable politique éditoriale.

Ainsi, au cours du siècle, apparaissent de grands noms encore très connus aujourd'hui : Calmann-Lévy, Louis Hachette, Casterman ...

Mais le père de l'édition moderne est Gervais Charpentier. Il fut l'un des premiers à décider de produire des livres à bon marché. Il réduit les formats, fait imprimer sur deux colonnes, et parvient ainsi à diviser le prix du livre par quatre.

Michel Lévy - et à sa mort, Calmann-Lévy -, continue les coups de génie de Charpentier. Au départ éditeur de théâtre, il se lance dans la littérature avec des contrats très longs lui permettant de s'attacher les auteurs (George Sand, Zola notamment), finissant par acheter l'exclusivité des droits d'Alexandre Dumas. En outre, pour un même titre, il multipliait les collections en échelonnant les prix.

D'un autre genre, Louis Hachette, après avoir acquis un petit fonds dans le quartier latin, a misé sur des domaines en extension : la littérature pour enfants avec les Bibliothèques Rose et Verte, les livres scolaires (grâce à des contrats avec le ministère de l'instruction) ; il a également suivi le développement du réseau des chemins de fer en mettant à la disposition des voyageurs toutes sortes de livres, y compris des guides des voyage.

C'est ainsi qu'en concentrant bien des rôles entre ses mains, ce qui est nouveau, l'éditeur devient le maillon central de la chaîne du livre.
Rôle qui aura d'autant plus de portée que le XIX° siècle connaîtra un essor considérable de la production de livres.
A suivre ...

Nouveau livres, nouveaux publics au XIX° siècle.
Bibliothèque Nationale de France
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence d'Eve Netchine,
Service de l'inventaire rétrospectif
Conférence du 5 avril 2007

Image : Scènes de la vie de province, Honoré de Balzac. Paris, Charpentier, 1839

lundi 16 avril 2007

Calamity Jane ou les Légendes de l'Ouest

Calamity JaneFemme de légende, Calamity Jane l'était, mais peut-être pas tout à fait celle qu'on a longtemps cru.

Née en 1856 (?) dans une ferme du Missouri, elle se retrouve vite dans le Montana où la petite famille, attirée par l'or, a émigré.

Mais sa mère meurt alors qu'elle est encore toute jeune, avant que son père ne les quitte à son tour : Martha Jane Canary, de son vrai nom, prend alors en charge ses frères et soeurs.

Le monde sauvage du grand Ouest n'est pourtant pas fait pour les femmes seules. Alors Martha s'y adapte ; elle apprend à monter à cheval, manier le lasso, vivre au jour le jour, sillonnant les Etats du Wioming, du Montana, du Sud Dakota ...

Et pour se faire respecter dans ce monde d'hommes, elle se comporte comme eux : elle boit, fume, jure, s'habille comme les hommes, et aime à se trouver parmi eux.

En 1875, elle fait partie de la mission géologique envoyée par le gouvernement dans les Black Hills (Collines noires) du Dakota pour vérifier qu'il y a bien de l'or, comme la rumeur le prétend.
Si différentes versions s'opposent sur l'origine du nom de Calamity Jane, c'est à ce moment qu'il apparaît pour la première fois.

Ruée vers l'or, batailles de l'homme blanc contre l'homme rouge, grandes expéditions à la découverte de terres nouvelles à conquérir ... , ainsi naît la légende de Calamity Jane, première femme libérée venue s'immiscer dans ce monde dur régi par les hommes.

Entière, excessive même, son alcoolisme est notoire ; pourtant, Calamity Jane était aussi un cœur tendre.
Elle eut de nombreuses aventures, aima profondément, se maria même peut-être plusieurs fois.
Ceux qui l'ont côtoyée s'accordent à dire qu'elle était surtout très généreuse, toujours prête à aider les plus faibles, et vouant une affection toute particulière aux enfants.
Les enfants ? Nous y voilà.

La légende de Calamity Jane, qui a commencé de son vivant – dès la fin du XIX°, on vendait des livres très populaires et jouait des pièces mettant en scène ses exploits –, a été bâtie sur l'image d'une femme vivant à la dure dans un monde violent. Un mode de vie hors norme qui, pour une femme, ne permettait d'envisager une quelconque famille.

Or, le 8 mai 1941, coup de théâtre : Jean McCormick, 68 ans, invitée sur une émission de la radio CBS de New-York à l'occasion de la fête des mères, déclare être la fille de Calamity Jane. Pour preuves : les lettres que sa mère lui a écrites durant 25 ans sans jamais les lui envoyer !
Ces lettres viennent d'être rééditées dans une collection de poche, enrichie et corrigée¹.

On peut aussi les voir au Musée des Lettres et des Manuscrits de Paris, où une exposition est consacrée à la vie de Calamity Jane et aux Légendes de l'Ouest jusqu'à la fin du mois².
Parmi les nombreux documents, une lettre que Calamity Jane à écrite en 1898 à Jim O'Neil, le père adoptif de sa fille : '' Elle était si petite Jim et sa vie si elle était restée à mes côtés, aurait été sans avenir ... lorsque j'aurai rendu l'âme, gardez bien les petites affaires pour Janey (...). Je n'ai pas peur de mourir, mais je ne veux pas mourir seule.''

En revisitant cette légende admirable, on découvre le destin poignant de celle qui, en 1903, mourut sans le sou et seule, sans avoir expédié les lettres adressées à sa fille ; mais qui a fait en sorte qu'un jour sa petite Jean sache qui était sa mère, et trouve, dans ses mots, les preuves de son amour.


Calamity Jane ou les Légendes de l'Ouest
Une exposition conçue et réalisée par Gregory Monro
Prolongée jusqu'au 13 mai 2007
Musée des Lettres et des Manuscrits
8 rue de Nesle – Paris 6ème
Du mardi au vendredi de 10 h à 20h, samedi et dimanche de 10h à 18h.
M° Odéon, Saint-Michel ou Pont Neuf, bus 58 ou 70
www.museedeslettres.fr

(1) Lettres à sa fille. Calamity Jane
Rivages, collection Poche Bibliothèque étrangère (janv. 2007)
113 p., 5,95 €
(2) L'exposition au Musée des Lettres et des Manuscrits est prolongée jusqu'au 13 mai 2007, ainsi que Gregory Monro me l'a gentiment signalé.

mercredi 11 avril 2007

L'histoire du livre au XIX° siècle. L'industrialisation de la production (1/4)

rotatives MarinoniAu XIXème siècle a lieu ce qu'on a l'habitude d'appeler la "deuxième révolution du livre", après celle de Gutemberg.

Mais il s'agit d'une révolution progressive, qui s'est étendue de 1840 à 1870.

De nouvelles technologies sont avant tout mises en œuvre.
Elles concernent d'abord le papier, qui pesait alors très lourd dans le prix du livre.
En 1799, Nicolas Robert a déposé le brevet du papier en rouleau, remplaçant le "feuille à feuille" : il permet d'importantes économies, en particulier de main d'œuvre.
Par ailleurs, le chiffon est remplacé par d'autres matières premières, notamment la paille.
Surtout, à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1867, la profession entérine l'usage du bois, qui plus tard sera rentabilisé par l'utilisation de nouvelles machines.
Le domaine de l'imprimerie n'avait en effet pas connu d'innovation majeure depuis Gutemberg : au début du XIX° siècle, on se servait toujours de presses à bras...
Vont être mises en œuvre au cours du siècle la stéréotypie (1), la presse hand scope, en métal, qui, avec son large plateau permet de tirer de grands formats et donc d'augmenter de façon importante la production (une centaine de feuilles à l'heure).
Mais l'innovation la plus marquante est la mise au point de la rotative, en 1872. Cette technique, qui permet de rendre mille feuilles à l'heure, a d'abord été utilisée pour la production de journaux, le Times notamment. C'est d'ailleurs pour cette raison que le terme de presse a fini par désigner aussi les journaux !

Les procédés évoluent également du point de vue de l'image, avec la mise en place de la lithographie : elle permet à l'artiste de graver directement, d'où une plus grande expression personnelle.
Agrandissant les formats, Jules Chéret adapte la technique de la lithographie à l'affiche : il met ainsi la lithographie à la disposition des publicités, en particulier pour les livres, qui seront installées dans les librairies.
Son style aurait inspiré Vuillard, Bonnard, Henri de Toulouse-Lautrec.

Avec cet ensemble d'innovations, le monde du livre a changé d'échelle au XIX° siècle : on est passé de petits ateliers à de véritables usines.
La profession va considérablement évoluer elle aussi, avec l'apparition de nouveaux personnages : ce sera "Le temps des éditeurs."
A suivre ...

Nouveau livres, nouveaux publics au XIX° siècle.
Bibliothèque Nationale de France
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence d'Eve Netchine,
Service de l'inventaire rétrospectif
Conférence du 5 avril 2007

(1) La stéréotypie consiste à mouler, dans de l'argile par exemple, les caractères. A partir de ces moules, on réalisait des plaques en plomb, qui pouvaient être conservées et réutilisées. Mais la stéréotypie sera "tuée" par la rotative.

Image : rotative Marinoni.

mercredi 4 avril 2007

Les Bottin aux sports d'hiver. Jean-Marc Aubry

bottin aux sports d'hiverDans la série « la montagne et nous », voici Les Bottin aux sports d'hiver.

Une fois le matériel acheté – à Paris ... – la petite famille commence par passer une journée orange bien foncé sur la route des vacances qui se transformera vite en galère.

A leur arrivée, les Bottin découvrent enfin leur lieu de séjour rêvé ; mais cette station alpine ressemble étrangement au quartier de la Défense...
Nous voici alors embarqués pour une semaine « multi-sports » bien remplie : un cours de ski alpin avec un inénarrable moniteur, une journée de ski de fond avec un autre tout aussi gratiné, une très odorante visite de la fromagerie locale, ou encore, passage désopilant du récit, une inoubliable ballade en chiens de traîneaux apathiques, clôturée par une soporifique soirée diapos.

Avec l'humour qu'on lui connaît, Jean-Marc Aubry passe en revue les péripéties, mille et un tracas, petites et grosses crises qui font le quotidien de cette famille "exemplaire".

Occasion aussi pour l'auteur de brosser d'une plume corrosive le tableau des rapports familiaux (le couple, la fille aînée en pleine puberté ...), sans se priver au passage de donner un bon coup de griffe à certains professionnels des sports d'hiver...

Skectches, burlesque de situation, description minutieuse et satirique de scènes et personnages de la vie quotidienne, Jean-Marc Aubry, malgré une écriture un peu trop démonstrative, qui est l'excès du genre, a le chic pour nous faire passer, bien à l'abri des dangers alpins, un joyeux moment de détente.

Là, pour une journée « Chiens de traîneaux », nous avions gagné un Franck. Il y allait avoir probablement beaucoup de soleil, parce qu'il portait un chapeau de cow-boy, type « Stetson » à large bord, ceint d'un bandeau de sioux orné de perles de couleur. Il arborait également un énorme collier sioux sur sa chemise, canadienne bien évidemment, entrevue par le col de sa veste en peau et à frange, au-dessus d'un pantalon en cuir, cousu par sa femme, sioux elle aussi. Aux pieds, des bottes « grand froid », fabriquées par un ami à lui, inuit d'Alaska.
La totale, la panoplie ! Mais même avant d'apprendre de source sûre (et malveillante) que sa femme était originaire de Bécon les Bruyères et son fabricant inuit, nul autre que Le Vieux Campeur rue des Ecoles à Paris, il était trop ce type. Trop tout.
Il avait ce côté ringard des illustrations des années trente pour un roman de Jack London. Même sa barbe, on avait envie de tirer dessus, pour si c'était du vrai, comme dans Tintin.


Les Bottin aux sports d'hiver. Jean-Marc Aubry
Editions Guérin
242 p., 14 €

mercredi 21 mars 2007

Le livre au Grand Siècle. Sous l'emprise de la Monarchie absolue (4/4)

Suite et fin de la conférence sur l'histoire du livre au XVII° siècle

vierges sagesL'épisode d'insubordination de La Fronde précipite la reprise en main par le pouvoir central des Parlements de province, et donc des libraires.

Louis XIV et ses ministres remettent de l'ordre dans les métiers du livre parisiens (l'instauration d'un numerus clausus fait disparaître les petits ateliers), y placent des « personnages de confiance ».
Sébastien Cramoisy, un des plus grands imprimeurs-libraires du XVII° siècle sera imprimeur du roi, de la Compagnie de Jésus, des Hôpitaux, et le premier directeur de l'Imprimerie royale à sa création en 1640 ; Antoine Vitré est également imprimeur-libraire du roi et du clergé.
Cette nouvelle élite de libraires parisiens exerce auprès du roi un véritable lobby pour écarter au maximum la concurrence de la province.
Pour favoriser ses protégés, la grande Chancellerie royale utilise alors l'arme des privilèges de librairie : concédés par le roi, ils assurent à leurs bénéficiaires un monopole temporaire.
Mais les Parlements de province en avaient octroyé également : Louis XIV, avec l'aide de ses intendants tente d'y mettre bon ordre et renouvelle les privilèges royaux pour des durées de plus en plus longues.
A la fin du XVII° et au XVIII° siècle, la continuation des privilèges sera la norme : transmissibles, ils assureront aux éditeurs parisiens une véritable « rente éditoriale ».

Un autre aspect de la politique culturelle centralisatrice de Louis XIV est l'institution d'une série d'établissements stables destinés à encadrer la vie de l'esprit, à Paris en particulier : l'Académie française, créée par Richelieu en 1635, l'Académie royale, le réseau des Académies royales, l'Observatoire de Paris, la Comédie française.
Ils s'ajoutent à des institutions plus anciennes comme le Collège royal, le Jardin du Roy, où travaillent des savants chargés de l'histoire naturelle.
Louis XIV instaure également les pensions, qu'il octroie à des gens de lettres, des savants ; la censure préalable (l'Académie française est une pépinière de censeurs mis à la disposition de la Chancellerie pour examiner les livres) ; la confiscation des périodiques (les journalistes et rédacteurs sont choisis par le roi, notamment au sein de la même Académie ...).

Progressivement, le roi devient donc le mécène unique de la vie culturelle nationale.

De leur côté, les auteurs – Boileau, les frères Corneille, Molière, les frères Perrault ...– ont approuvé cette dépendance, qui était le moyen pour eux d'obtenir le plus grand rayonnement possible et la garantie d'une reconnaissance sociale.

Si les auteurs classiques ont joué le jeu, l'absolutisme royal va conduire les plus audacieux à se réfugier dans les marges. Deux possibilités s'offrent alors aux non-conformistes : la clandestinité provinciale (ce sera le cas de Pierre Le Pesant de Boisguilbert, lieutenant général de police de Rouen, écrivain fondateur de l'économie politique, mais aussi du Maréchal Vauban) ou la clandestinité étrangère.
Se font ainsi publier à l'étranger : Antoire Arnauld, dit « le Grand Arnauld », théologien, chef de file du parti janséniste ; Richard Simon, fondateur de la critique biblique ; Antoine Furetière, abbé, écrivain et lexicographe : son dictionnaire, concurrent du dictionnaire royal, est mal vu en France. Il confie donc le manuscrit aux Pays-Bas.
C'est pourquoi son Dictionnaire universel, pionnier de la lexicologie française est d'abord édité à l'étranger !

A Rouen, avec l'aide des pouvoirs locaux, les imprimeurs-libraires essaient de battre en brèche les privilèges parisiens : sont ainsi mis sur le marché, en toute illégalité, des ouvrages peu chers, copies des éditions parisiennes, mais aussi des éditions prohibées.
Cette opposition, à la fin de la monarchie de Louis XIV, entre les imprimeurs locaux et l'Imprimerie royale entraîne des perquisitions, saisies, procès, embastillements ...

Jusqu'à ce qu'en 1709 l'abbé Bignon, directeur de la Librairie près le chancelier de France, considérant que cette situation va finir par perturber le royaume, décide d'instaurer des tolérances, qui sont des permissions tacites, des autorisations d'imprimer délivrées par la direction de la Librairie, sans pour autant que la mention de celle-ci y figure.
Cette situation, un peu hypocrite, durera tout au long du Siècle des Lumières, notamment sous la direction de Malesherbes.


Le livre au Grand Siècle.
Bibliothèque Nationale de France
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Jean-Dominique Mellot,
Service de l'inventaire rétrospectif
Conférence du 8 mars 2007
Le découpage et le titre sont le choix de Mag

mardi 20 mars 2007

Le livre au Grand Siècle. De nouvelles cartes (3/4)

Suite de la conférence sur l'histoire du livre au XVII° siècle.

vierges follesAu cours du XVII° siècle, la carte de la production de livres se redessine, tant au niveau des pays d'Europe que sur le royaume de France.

L'arc de prospérité lombardo-rhénan perd de sa puissance : l'Italie du Nord – Venise – en particulier décline.

La production imprimée de l'Allemagne et du centre de l'Europe s'effondre : la Guerre de Trente ans a porté un coup aux grandes foires de Francfort et de Cologne, et donc à un important commerce du livre.

La nouvelle répartition des axes commerciaux va frapper durement la Suisse et Lyon.
En revanche, elle profitera aux Pays-Bas du Nord qui viennent d'acquérir leur indépendance, ainsi qu'à la France.

Les Pays-Bas du Nord sont le phare de la production éditoriale du XVII° siècle.
Dans ce pays de tolérance – calviniste mais accueillant vis-à-vis des autre religions – où une grande diversité d'auteurs et d'imprimeurs cohabitent, la dynastie Elzévir multiplie les publications de grande qualité : publications classiques, publications savantes, grands succès de la littérature française ; mais également publications prohibées en France.

La France devient pour sa part le centre de gravité de l'édition européenne et ce pour de multiples raisons :

Raisons géographiques : la façade atlantique est particulièrement favorisée dans les échanges commerciaux.
Démographiques : avec 20 millions d'habitants, la France est le royaume le plus peuplé d'Europe.
Des réseaux des villes répartis sur tout le territoire et ceux des collèges jésuites qui assurent un marché éditorial important, une capitale qui s'intensifie au cours du siècle.
Après les guerres, le royaume retrouve une stabilité politique avec la montée en puissance de l'absolutisme bourbon.
Culturellement, la Fance atteint une certaine maturité : seulement 20 % des éditions sont latines, ce qui est bien moindre que les productions des autres pays d'Europe.

Enfin, au XVII° siècle, la configuration du paysage éditorial se modifie profondément.
Si Paris demeure leader, les centres provinciaux de la façade Ouest connaissent un essor très important, qui repose notamment sur des facteurs institutionnels.

Ainsi, la multiplication des communautés (corporations) touche également les métiers du livre.
En l'absence d'avancée technologique et de faible accumulation du capital, les corporations jouent un rôle important en favorisant la solidarité entre imprimeurs, éditeurs, libraires.
Les juridictions locales, les Parlements de province encouragent la politique économique et appuient les corporations du livre, considéré comme un instrument de rayonnement, en éditant des législations favorables à ces métiers.
On voit ainsi les libraires venir s'installer, se nicher contre les Parlements.

Mais à contre-courant de cette expansion provinciale, on assiste progressivement à un mouvement de centralisation de plus en plus accentué.
La Fronde, avec la publication, dans un climat d'insubordination vis-à-vis du pouvoir central, de milliers de « mazarinades », pamphlets du cardinal Mazarin, sera le dernier accès de fièvre avant la marche vers la monarchie absolue.

Le livre sous l'emprise du pouvoir centralisateur du Roi-Soleil : suite et fin du livre au XVII° siècle demain ...


Le livre au Grand Siècle.
Bibliothèque Nationale de France
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Jean-Dominique Mellot,
Service de l'inventaire rétrospectif
Conférence du 8 mars 2007
Le découpage et le titre sont le choix de Mag

mercredi 14 mars 2007

Le livre au Grand Siècle. Vers le livre populaire (2/4)

bosse_imprimerie_petiteSuite de la conférence à la Bibliothèque nationale de France sur l'histoire du livre au XVIIème siècle.

Le XVII° siècle est une période de disettes, épidémies, pénuries, de conflits religieux, militaires, de stagnation, voire de dépression économique.

La Guerre de Trente ans a dévasté le centre de l'Europe, en particulier l'Allemagne et ses grandes foires de Francfort et de Cologne, et par voie de conséquence son important commerce du livre.

Malgré ce contexte, l'offre d'imprimés va augmenter de façon spectaculaire au cours du Grand Siècle.

Cette croissance de l'imprimé concerne le livre bien sûr mais également les « gazettes » (la Gazette du médecin et journaliste Théophraste Renaudot est l'ancêtre de nos périodiques), affiches, faire-parts, avis publicitaires, formulaires, billets d'inhumation (qui étaient placardés sur des arbres pour inviter la population aux obsèques).

Les colporteurs se déplaçaient dans les campagnes, faisant circuler livres et autres vecteurs. De ce fait, même les gens qui ne savaient pas lire étaient imprégnés de l'imprimé.
L'extraordinaire développement de la production et de la diffusion du livre s'accompagne d'une réduction de son format – le format in octavo devient le plus courant – et cette tendance concerne les genres les plus valorisés au XVII° siècle : la littérature profane (théâtre essentiellement) et la littérature religieuse.

La littérature religieuse prend une importance toute particulière au XVII° siècle, avec un léger décalage par rapport au concile de Trente : après la Contre-Réforme, des publications de toutes sortes voient le jour (catéchismes, livres de prières) et, ce qui est nouveau, s'adressent de plus en plus aux laïcs.
L'Introduction à la vie dévote, de saint François de Sales fait l'objet d'une quarantaine d'édition au cours du siècle et devient un véritable « best-seller ».

Dans un domaine très voisin, la littérature scolaire accompagne l'enseignement dispensé par les collèges jésuites qui se mettent à couvrir tout le royaume mais également par les écoles paroissiales (en particulier en Champagne, Normandie, Bassin parisien).

En favorisant les progrès de l'école, donc de l'alphabétisation, les exigences religieuses ont en effet joué un grand rôle dans le développement du livre.
Elles l'ont rendu beaucoup plus accessible aux milieux modestes et créé, avec de nouveaux lecteurs, de nouveaux besoins : des livres moins longs à lire, moins intimidants, moins chers.

Ainsi, la Bibliothèque Bleue voit le jour dans la ville de Troyes grâce à l'imprimeur-libraire Nicolas Oudot, puis à Rouen, deux provinces proches de Paris et en pointe de l'alphabétisation.
Sont publiés dans cette collection à l'emballage minimaliste (papier médiocre, broché avec une couverture bleue ou grise qui lui donne son nom) : des ouvrages pratiques, des farces médiévales, des livres de dévotion, livres de saints.
Cette édition de colportage s'adresse non seulement aux populations des campagnes mais aussi aux milieux urbains, à leurs artisans.

Livre brefs, aux prix très faibles : il s'agit bien des premiers « livres populaires ».



Le livre au Grand Siècle.
Bibliothèque Nationale de France
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Jean-Dominique Mellot,
Service de l'inventaire rétrospectif
Conférence du 8 mars 2007
Le découpage et le titre sont le choix de Mag

mardi 13 mars 2007

Le livre au Grand Siècle. L'art du livre (1/4)

discours de la methodeLe « Grand Siècle » évoque les splendeurs de Versailles, le classicisme français, le siècle de Louis XIV, l'apogée du l'absolutisme.

En revanche, le XVII° siècle est du point de vue de l'art du livre un siècle d'austérité.

Cette période n'a connu en ce qui concerne les métiers du livre aucune innovation technologique importante par rapport l'époque de Gutemberg.
L'esthétique du livre est même en retrait par rapport à la Renaissance.

Raison essentielle : le papier, élément important du prix de revient du livre, et dont la France est alors le premier producteur en Europe, se voit lourdement taxé (à hauteur d'environ 30 %) suite à la décision prise par Richelieu en 1630 pour financer la guerre de 30 ans.
En conséquence, on va rogner sur la qualité du papier.

Par ailleurs, se généralise au XVII° siècle une nouvelle technique de gravure : la gravure en taille-douce, qui se fait sur cuivre et donne un rendu plus fin que la gravure sur bois. Mais elle oblige à recourir à la presse en taille-douce, qui demande plus de temps et d'argent.
Dès lors, l'image se raréfie. On assiste à un « divorce » entre le texte et l'image : d'un côté des livres, d'un autre des estampes.

Ainsi, dans la plupart des livres, l'essentiel des images sera constitué soit d'un frontispice (gravure placée en regard du titre), soit de portraits.

En matière typographique, on se contente d'unifier les caractères mis au point au XVI° siècle, à savoir ceux de Claude Garamond.

A cette époque, l'essentiel de l'innovation a en fait lieu dans les Pays-Bas du Nord (Provinces Unies), où les imprimeurs Hollandais fabriquent – selon un procédé tenu secret – une encre de qualité supérieure, plus brillante, nette, propre.
La famille Elzévir, établie à Leyde et Amsterdam, conçoit en outre des caractères qui seront imités en Belgique et en France.
Mais la nouveauté la plus importante tient à la mise en page : afin d'aérer le texte et respecter l'articulation de la pensée, on introduit des alinéas et des paragraphes.
Le pionnier est René Descartes : il insistera pour que les imprimeurs respectent ses paragraphes ; Le Discours de la méthode sera d'ailleurs édité pour la première fois aux Pays-Bas (image).

« Point zéro » de l'art du livre en France, le XVII° siècle est toutefois l'époque au cours de laquelle l'offre d'imprimés va augmenter de façon spectaculaire : on s'achemine alors vers le « livre populaire ».

Tel est le programme de demain...


Le livre au Grand Siècle. Bibliothèque Nationale de France
Cycle Histoire du livre, histoire des livres
Conférence de Jean-Dominique Mellot,
Service de l'inventaire rétrospectif
Conférence du 8 mars 2007
Le découpage et le titre sont le choix de Mag

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