Martine Barrat a quitté Paris pour
New-York en 1968. Ce sont les quartiers pauvres de Harlem et de South Bronx, où
elle s’est investie pendant des années, qu’elle a choisi de
photographier.
Ses clichés n’ont pourtant rien de misérabiliste, ni de compassionnel. Il s’en
dégage au contraire une grande dignité, parfois même une franche gaieté.
Tirages somptueux en noir et blanc montrant la communauté noire dans la rue,
dans les églises, dans les ‘’dancings’’ : enfants qui jouent et dansent
dehors ; couple d’âge mûr enlacé ; ‘’diva’’ toute plissée prête pour
une dernière soirée… le spectacle ne semble pouvoir s’arrêter.
Dans la rue, les vieillards de Martine Barrat ne cèdent pas davantage au
laisser-aller ; malgré l'âge et la solitude, l'élégance est toujours là,
comme si c'était la dernière chose à perdre. Et ce môme qui pose, bras nus sous
son gilet noir, drapé d’une écharpe blanche : quelle classe !
Au fil des photos, la sensualité des étoffes et des peaux satinés
affleure ; l’émotion aussi, par exemple devant ces enfants assis dehors
sur un grand escalier délabré, discutant au dessus de leurs cahiers, le reste
des livres calés sur les marches par de gros cailloux ; ou encore devant
cette jeune femme qui fume en rêvant dans sa robe de soirée…
On pourrait continuer longtemps tant ces photos touchent et parlent.
Lorsqu’elle photographie le monde de la boxe, Martine Barrat nous offre le même
regard précis et attachant : avant le combat, les masses de muscle pur
s’immobilisent dans une concentration extrême, soulignée par une position, un
regard ; le « physique » prend tout à coup une expression
cérébrale, voire mystique dans ce moment de solitude qui en précède un autre,
celui du match, qu’on ne fait ici qu’imaginer.
Harlem in My Heart. Martine Barrat
Maison européenne de la
photographie
Jusqu'au 6 janvier 2008
5-7, rue de Fourcy – Paris 4ème
M° Saint-Paul ou Hôtel de Ville
Du mercredi au dimanche de 11 h à 19 h 45
Entrée 6 € (TR 3 €)
Image : Sunday Morning, Harlem, New York, 1984
Si l'histoire est désormais connue, elle
mérite d'être racontée une nouvelle fois et surtout montrée.
Avec
Italie, doubles visions, la Maison européenne de la photographie
propose jusqu'au 30 septembre un enrichissant voyage en Italie.
« Les arbres, a dit un sage un
peu misanthrope, me consolent des hommes mieux que les animaux, avec lesquels
ils ont trop de ressemblance.
Le
programme culturel ne connaît pas de trêve estivale dans la capitale. Pour les
Parisiens qui demeurent à résidence comme pour les autres qui y viennent
« pour le meilleur », les propositions sont nombreuses. En voici une
petite sélection.