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lundi 11 août 2008

Anthony Caro au musée des Beaux-Arts d'Angers

Retrospective Anthony Caro à AngersMaglm est en vacances... mais les expos continuent ! Avant de partir, j'ai repéré ceci pour vous... à vous donc d'aller voir, chers lecteurs !

Le musée des Beaux-arts d'Angers présente jusqu'au 21 septembre une rétrospective du sculpteur contemporain Anthony Caro.
Né en 1924 en Grande-Bretagne, il fut l'assistant d'Henri Moore de 1951 à 1953, auprès de qui il a appris la fidélité au matériau, la quête de la vitalité et la puissance d'expression.
Progressivement, il abandonne la méthode traditionnelle de modelage et de fonte en bronze pour s'orienter vers des sculptures faites de soudures ou d'assemblages d'ensembles métalliques préfabriqués.

Malgré une reconnaissance établie dès les années 1960 en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, puis en Europe et au Japon, la renommée du sculpteur abstrait dont le travail s'inscrit dans la continuité de celui de Picasso ou de Gonzales n'est arrivée que tardivement en France. Pourtant, dès 1959, il recevait le Prix de la Biennale de Paris. Dans les années 1990, deux expositions personnelles lui ont été consacrées, à Calais et à Angers. Patrick Le Nouëne, directeur des musées d'Angers et spécialiste d'Anthony Caro assurait déjà le commissariat de ces manifestations.

Pour cette rétrospective, dix-huit sculptures, essentiellement des assemblages en acier peints sont présentés, couvrant une période allant de 1960 à 2006.

Par ailleurs, l'artiste achève actuellement, dans le cadre d'une commande publique, un ensemble monumental visant à recréer le baptistère du choeur de l'église de Bourbourg (Nord), détruite en 1940 par le crash d'un avion de la Royal Air Force. A suivre, donc.

Anthony Caro
Musée des Beaux-arts
14, rue du musée - 49 100 Angers
Jusqu'au 21 septembre 2008
TLJ de 10 h à 18 h 30
Entrée de l'exposition : 4 € (TR : 3 € )

Image : Anthony Caro, The Table Lap,, 1969, acier peint en marron, 109 x 152,5 x 244 cm, Collection Grande Bretagne, Anthony Caro © Anthony Caro, courtesy Annely Juda Fine Art, Londres

mardi 13 novembre 2007

Georges Vantongerloo, un pionnier de la sculpture moderne

Vantongerloo, Cateau-CambresisNatif d'Anvers installé très tôt en France, Vantongerloo (1886-1965), peintre et sculpteur peu connu du grand public est pourtant une figure importante de l'avant-garde européenne.

Formé à la statuaire traditionnelle, il entreprend dès 1917 un processus d'abstraction et de géométrisation des formes qui fait de lui avec ses constructions dans la sphère l'un des inventeurs de la sculpture moderne.
En peinture, dans la veine de Mondrian, Kandinsky et Malevitch, ses recherchent se portent sur la couleur, envisagée notamment comme vocabulaire musical, dans une approche théorique et doctrinaire fidèle à la "tradition" de l'avant-garde.

A la même période, dans les années 1920, son entreprise géométrique se porte également sur l'architecture et le mobilier, avec une approche mathématique aussi rigoureuse qu'utopique. Bien de son temps, il participe au groupe puis à la revue Cercle et Carré et fonde avec Herbin l'association Abstraction-Création qui donnera lieu à des publications entre 1932 et 1936.

A cette époque, l'abstraction géométrique de Vantongerloo se traduit par des tableaux "algébriques", où il joue avec les lignes, les formes et les nombres d'une façon radicale. Une extrême doctrinaire qui visiblement ne pouvait conduire qu'à la rupture. Celle-ci a lieu à la fin des années 30 ; le formalisme, épuisé, cède la place à une subjectivité enfin libérée.

Le choix de la courbe apparaît alors comme une évidence ; en peinture, de fines lignes sinueuses sur fond blanc autorisent la légèreté. Cette période annonce les dernières étapes, les plus séduisantes, de son parcours : à la fin des années 1940, ses sculptures en fil métallique puis, à partir de 1950, en plexiglas.
Avec ces objets très sphériques, spirales et astres en orbites, Vantongerloo adopte une vision cosmique, rendue proche grâce à la dimension réduite des oeuvres.
La transparence du plexiglas, qui en fait presque une non-matière dans la négation de la couleur apparaît comme l'aboutissement de la "poétisation" poursuivie par l'artiste depuis sa rupture avec l'abstraction-géométrique.
Cette poésie et cette beauté sont magnifiquement mises en valeur par les clichés en noir et blanc pris par Ernst Scheiddeger - connu pour ses photos de Giacometti - dans les années 1950.

Georges Vantongerloo : un pionnier de la sculpture moderne
"De la sphère à l'aurore boréale''
Jusqu'au 2 mars 2008
Musée Matisse Le Catau-Cambrésis
Palais Fénelon - 59360 Le Cateau-Cambresis
tél. : 00 33 (0)3 27 84 64 64
Tlj sauf le mardi, de 10 h à 18 h
Entrée 4,50 € (TR 3 €), gratuit les 1ers dimanches du mois
Visites guidées le samedi à 15 h et le dimanche à 10 h 30
Accès : à 90 km de Lille et 170 de Paris ; les week-ends et jours fériés un train Corail Intercités fait la liaison Paris/Le Cateau-Cambresis.

Image : Ernst Scheidegger, Photo de l’œuvre de Georges Vantongerloo Nucleus, 1946, Collection JaKob Bill © Neue Zürcher Zeintung, 2007

jeudi 1 février 2007

Rodin. Les figures d'Eros. Dessins et aquarelles érotiques 1890-1917

Rodin1Auguste Rodin a commencé à dessiner très jeune, bien avant de devenir le sculpteur admiré que l'on sait.
Parallèlement à son activité de sculpteur, il a continué à dessiner, et son oeuvre graphique est riche d'environ 9000 dessins.

Dans les années 1880, ses dessins son essentiellement liés à ses travaux pour La porte de l'enfer, dessins appelés « noirs » par Bourdelle, très beaux, tourmentés, dont quelques uns sont présentés au début de l'exposition.

Puis, à partir des années 1890, sa fascination pour le corps féminin va l'amener à tenter de saisir, inlassablement, le nu féminin et sa puissance érotique.
L'ensemble de 140 dessins et aquarelles réunis ici montre qu'il y est largement parvenu.

Le trait ondule, place au centre de ses courbes fesses, seins, sexe, cuisses largement ouvertes.
Les poses sont osées, voire acrobatiques ; visiblement, Rodin parvenait à obtenir de ses modèles une confiance, une impudeur complètes.

Les aquarelles sont magnifiques de teintes roses, violettes, brunes ; la couleur déborde largement des contours, l'inspiration est presque japonisante.

Mais les oeuvres les plus réussies sont peut-être celles où Rodin ne se contentait plus que du crayon graphite, l'estompant parfois légèrement – on dit que l'artiste laissait la mine glisser sur le papier, sans quitter le modèle des yeux.

L'expression du visage est à peine esquissée, mais pleine de sensualité ; un jupon se soulève jusqu'à la taille, un kimono s'ouvre, le corps s'abandonne, confiant, désiré, désirant.

Une intimité d'un érotisme extrême que le visiteur recueille en pleine face, dans un silence d'église.


Musée Rodin
79, rue de Varenne – Paris 7ème
Jusqu'au 18 mars 2007
De 9h30 à 16h45, tlj sauf le lundi
Tarif : 6 € (TR : 4 €)
Catalogue : 39 €