Inauguré ce soir au Théâtre Mogador à
Paris, le Printemps des Poètes va réunir les amoureux de poésie jusqu'au 16
mars autour du thème Eloge de l'autre - Carrefours, croisements,
métissages.
Lectures, ateliers d'écriture, rencontres, animations et spectacles, pour sa
dixième édition, cette manifestation propose un programme encore plus large que
les années précédentes. En Ile-de-France et en province, mais aussi à
l'étranger, ce ne sont pas uniquement les librairies et les bibliothèques qui
sont concernées, mais aussi les gares SNCF, le métro parisien (à la station
St-Germain-des-Prés bien sûr), les hôpitaux (grâce aux clowns du Rire Médecin),
la radio (sur France-Culture et RFI)...
Point d'orgue de la manifestation : vendredi 7 mars, grande journée
nationale du poème à l'autre, où tout un chacun est invité à faire écho à la
proposition suivante : "Chez vous, au travail, à l'école, dans la
rue..., offrez un poème, échangez vos poèmes, postez un poème, glissez un poème
sous la porte, ceci ou cela, mais donnez un poème à l'autre !"
Pour vous mettre en verve, vous pouvez aller visiter le site printempsdespoetes.com,
vraiment très bien fait (y compris côté pratique). Il donne aussi l'occasion de
musarder : l'on y trouve une foule de références de poètes et de livres...
et l'on a envie d'y piocher au petit bonheur la chance car on peut y lire des
extraits.
Autre proposition : entrer dans une bonne librairie, feuilleter, repartir
avec un recueil, par exemple d'un poète que l'on ne connaît pas, et savourer le
simple bonheur de lire de la poésie.
Et tout de suite, on peut toujours lire ceci :
Éloge de l’autre
Celui qui marche d'un pas lent dans la rue de l'exil
C'est toi
C'est moi
Regarde-le bien, ce n'est qu'un homme
Qu'importe le temps, la ressemblance, le sourire au bout des larmes
l'étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux
Aucun arbre arraché
Ne donne l'ombre qu'il faut
Ni le fruit qu'on attend
La solitude n'est pas un métier
Ni un déjeuner sur l'herbe
Une coquetterie de bohémiens
Demander l'asile est une offense
Une blessure avalée avec l'espoir qu'un jour
On s'étonnera d'être heureux ici ou là-bas.
Tahar Ben Jelloun
Tanger, 7 octobre 2007