Buffo est un clown dont la présence - on
pourrait presque parler d'existence (ce qui ne déplairait pas à son
auteur) - est si forte qu'elle tient la curiosité du spectateur en permanence
en éveil.
Entre attente, perplexité, rire ou sourire, il suit les aventures de Buffo
comme celles d'un bonhomme maladroit et enjoué en se demandant toujours "Et
qu'est-ce qu'il va en faire ?".
Le voici qu'il se met au piano mais rencontre quelques difficultés : c'est
que le piano est malade. Ni une ni deux, il se met à l'ausculter, écoute sa
respiration, prend même sa température, et évidemment on y croit.
Il rencontre une dame-violoncelle. Que fait-il ? Il la drague, essayant au
passage toute la palette des techniques d'usage, finalement avec succès
puisqu'il lui fait un bébé : voici un adorable petit violon animé de son
petit coeur. Il y a aussi le moment où Buffo apprend l'anglais, en une scène de
My taylor is rich pour le moins cocasse, la leçon étant assénée par un
disque... ingéré par Buffo.
L'on ne quitte donc guère l'absurde, suspendu aux gestes et aux mots du
personnage (Buffo a son langage), mais également à ses sons, car le Buffo 2008
est particulièrement "organique".
Peut-être moins poétique que Tout Buffo, présenté au même théâtre du
Rond-Point à l'occasion de la parution du livre ''Buffo'' en 2005, le double scénique
d'Howard Buten n'en est pas moins toujours aussi attachant.
Buffo de et par Howard Buten
Jusqu'au 3 février 2008
Théâtre du Rond-Point
2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris-8ème
TLJ à 18 h 30 ; à 16 h le samedi ; relâche le lundi
Durée 1 h 15
Photo Buffo © Grégoire
Emotion au théâtre du Rond-Point samedi
soir pour le dernier solo de Guy Bedos. Avant, pendant et après le spectacle,
il fut longuement applaudi. Salle en grande partie acquise, certes, mais sa
prestation a prouvé que la retraite de ce type de "one-man-show" qu'il a décidé
de prendre arrive bien trop tôt.