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lundi 28 janvier 2008

Buffo au théâtre du Rond-Point

Buffo au théâtre du Rond-PointBuffo est un clown dont la présence - on pourrait presque parler d'existence (ce qui ne déplairait pas à son auteur) - est si forte qu'elle tient la curiosité du spectateur en permanence en éveil.

Entre attente, perplexité, rire ou sourire, il suit les aventures de Buffo comme celles d'un bonhomme maladroit et enjoué en se demandant toujours "Et qu'est-ce qu'il va en faire ?".
Le voici qu'il se met au piano mais rencontre quelques difficultés : c'est que le piano est malade. Ni une ni deux, il se met à l'ausculter, écoute sa respiration, prend même sa température, et évidemment on y croit.
Il rencontre une dame-violoncelle. Que fait-il ? Il la drague, essayant au passage toute la palette des techniques d'usage, finalement avec succès puisqu'il lui fait un bébé : voici un adorable petit violon animé de son petit coeur. Il y a aussi le moment où Buffo apprend l'anglais, en une scène de My taylor is rich pour le moins cocasse, la leçon étant assénée par un disque... ingéré par Buffo.

L'on ne quitte donc guère l'absurde, suspendu aux gestes et aux mots du personnage (Buffo a son langage), mais également à ses sons, car le Buffo 2008 est particulièrement "organique".

Peut-être moins poétique que Tout Buffo, présenté au même théâtre du Rond-Point à l'occasion de la parution du livre ''Buffo'' en 2005, le double scénique d'Howard Buten n'en est pas moins toujours aussi attachant.

Buffo de et par Howard Buten
Jusqu'au 3 février 2008
Théâtre du Rond-Point
2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris-8ème
TLJ à 18 h 30 ; à 16 h le samedi ; relâche le lundi
Durée 1 h 15

Photo Buffo © Grégoire

mercredi 9 janvier 2008

Guy Bedos : Hier, aujourd'hui, demain

Guy Bedos, Hier, aujourd'hui, demainEmotion au théâtre du Rond-Point samedi soir pour le dernier solo de Guy Bedos. Avant, pendant et après le spectacle, il fut longuement applaudi. Salle en grande partie acquise, certes, mais sa prestation a prouvé que la retraite de ce type de "one-man-show" qu'il a décidé de prendre arrive bien trop tôt.
Son humour féroce, voire carrément noir parfois est toujours souverain.

Mêlant sketches déjà connus, tels Si j'étais une femme... à une revue de presse forcément fraîche, le regard de l'humoriste sur la situation politique était évidemment très attendu.

Il n'a pas déçu, se déchaînant presque autant contre une gauche muette et/ou rachetée par la droite ("comme des joueurs de football", comparant à cette occasion les méthodes du Président à celles de Bernard Tapie) que contre les dirigeants actuels.
Hortefeux ? " Il sent trop le blanc ". Boutin ? " Je laisse Christine Boutin, catholique pratiquante, face à son miroir ". Il décoche aussi quelques flèches contre Johnny Hallyday " Réfugié fiscal suisse, belge, monégasque, on ne sait plus très bien ", et autres artistes de " la Concorde ", remarquant qu"on a les soutiens culturels qu'on mérite ".
Mais le point rouge de sa cible reste bien sûr celui qu'il appelle "le nain", " little big ", " Tom Pouce " ou encore " Nabot-léon ", le plus savoureux de ces qualificatifs étant sans doute " le cocu ontologique "...

Guy Bedos affirme vouloir se consacrer désormais au théâtre, au cinéma et à l'écriture. C'est un choix que l'on regrette, tant il est peu évident que dans le domaine de la satire politique la relève soit assurée. (1)
" Sur ce point, ma vie est un échec absolu. Je n'ai jamais cessé de combattre le racisme, les discriminations, les injustices sociales, de plaider pour les déshérités et les sans-papiers. Or plus je radote, plus je m'énerve, et plus la situation empire (...) Je suis allé voir Mitterrand, Jospin, Chevènement, Sarkozy, et ça n'a servi à rien. Dans le privé et les salons dorés, tous ces hommes m'ont donné raison, et ils ont toujours fait le contraire. " expliquait-il récemment dans le Nouvel Observateur (2).
Que répondre à cela ?
Que son humour est nécessaire et qu'il nous manque déjà.

Hier, aujourd'hui, demain. Guy Bedos
Théâtre du Rond-Point
Textes de Guy Bedos et Jean-Loup Dabadie
Mise en scène Roger Louret

(1) Exception faite d'une poignée d'artistes dont un des représentants les plus cinglants pourrait être Didier Porte
(2) Le Nouvel Observateur du 13 au 19 décembre 2007, entretien avec Jérôme Garcin

Photo : Guy Bedos © Sandrine Roudeix