www.maglm.fr

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 24 avril 2007

Le Cirque invisible. Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée

cirque_invisibleIl y a deux à peine, on découvrait, émerveillé, sur la scène du théâtre du Rond-Point, le jeune James Thierrée dans sa fascinante Symphonie du Hanneton. Ce fut un coup de foudre. (1)

On pouvait alors ignorer que ses parents sont depuis plus de 30 ans des artistes de la piste incomparables.

Aujourd'hui, Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin (4ème fille de Charlie Chaplin), talentueux géniteurs de James et Aurélia, également artiste (2), présentent Le cirque invisible au même théâtre du Rond-Point.

Lui est un clown, un amuseur au sens noble. Il se déguise, joue avec les accessoires, fait des tours de magie.
Cheveux blancs hirsutes, yeux de malice, sourire espiègle, il a l'âge de l'enfance éternelle et fait rire petits et grands.

Elle est le portrait saisissant de son fils, ou plutôt l'inverse. En réalité elle semble davantage être sa sœur que sa mère.
La filiation ne fait pourtant aucun doute : Victoria et James explorent la même veine ; unique et magnifique.

Car lorsque Victoria Chaplin est sur scène, le monde bascule.
Elle opère des transformations époustouflantes, faites de soies, de craintes, de poésie et de beauté.
D'une robe moirée et de son corps, elle fait un serpent, un coquillage et toutes sortes d'animaux imaginaires.
Sur son corps blanc couvert de verres et d'ustensiles, elle joue Les filles du bord de mer.
D'une ombrelle et d'une table ronde, elle fait un cheval.
Elle fait bien d'autres choses encore.
Il faut les voir.

Et laisser la grâce et la magie du Cirque invisible venir mouiller ses yeux d'enfant.

Le Cirque invisible. De et avec Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée
Théâtre du Rond-Point
2 bis, avenue Franklin-Roosvelt – Paris 8ème
Du mardi au vendredi à 20 h 30, dimanche à 15 h
Jusqu'au 6 mai 2007, date supplémentaire le 7 mai à 18 h 30
De 8,50 € à 30 €
Livre : Le Cirque invisible, numéro spécial des Carnets du Rond-Point, 10 €

(1) Enthousiasme partagé par le jury des Molières 2006, qui a décerné quatre prix à La Symphonie du Hanneton.
(2) Aurélia Chaplin a présenté en février dernier aux Abesses le spectacle Oratorio d'Aurélia.

mardi 17 avril 2007

Volte-Face avec Fabrice Luchini

Fabrice LuchiniTout au long de la saison, le théâtre du Rond-Point et France-Culture proposent des enregistrements publics d'émissions qui feront l'objet de diffusions dans la grille d'été de la station.
Le principe : un invité, en dehors de toute promotion, vient répondre aux questions d'Olivier Barrot.

Sont ainsi venus s'épancher depuis l'automne, Pierre Arditi, Denis Podalydès, Jean-Louis Trintignant notamment.

Lundi 2 avril, ce fut au tour de Fabriche Luchini de se livrer au face-à-face avec le journaliste, sous les yeux d'un public fourni, dans la grande salle Renaud Barrault.

L'interview consistera, selon un style qui lui est traditionnel, mais peut-être davantage encore qu'à accoutumée, en l'envoi de longues citations de la part d'Olivier Barrot.

Fabrice Luchini laissera la plupart d'entre elles sans suite.
D'autres seront l'occasion pour le comédien de parler de son métier ; en particulier de ce qui a fait son succès populaire au théâtre, les lectures de grands textes.

Ainsi, lorsqu'il se souvient qu'il a commencé ses lectures de Voyage au bout de la nuit en 1985, au théâtre du Rond-Point précisément, Olivier Barrot rappelle le commentaire de Michel Bouquet : "Si les lectures inventées par Fabrice Luchini marchent si bien, c'est parce que le public en sort renseigné sur lui-même", citation qui sera l'occasion de réflexions et d'échanges sur l'art, le divertissement, l'abrutissement et le chef d'oeuvre, avec, au passage, le "on va nous divertir jusqu'à l'écoeurement" d'Alain Finkielkraut.

Quant Barrot évoque Laurent Terzieff : "Fabrice a besoin de faire le don de lui-même et ce don passe par le texte (...). Il y a chez lui comme un envahissement de l'être par le verbe", l'artiste commente, plein d'admiration : "Laurent Terzieff m'a fait sortir le meilleur de moi-même ; et en plus, il me rend au meilleur de moi."

Une citation inspira particulièrement Fabrice Luchini, qui actuellement donne dans sa Carte Blanche des lectures de Paul Valéry : "Longtemps, la voix humaine fut base et condition de la littérature".
"Tout est suspect sauf le corps" ajoute-t-il, rappelant ainsi Jouvet.

Plus tard, il reviendra à Jouvet en expliquant :
"C'est quoi d'être sur scène ? C'est être porteur d'une énergie. Jouvet disait "Le succès justifie tout mais n'explique rien". J'essaie de ne pas détruire l'énergie que contient un auteur. je passe de ce qui est imprimé et mort et j'en restitue l'énergie. Pour cela, il ne faut pas que l'acteur s'assouvisse et il ne faut pas non plus qu'il ne soit rien (...). Pour dire un texte, il faut s'être approprié les phrases. Ne pas dire les mots, mais être d'où part le texte. Il faut retrouver l'impulsion organique que l'auteur a eue lorsqu'il a écrit."

Et lorsque le journaliste s'étonne que certains des textes que Fabrice Luchini choisit de porter sur scène ne sont absolument pas dramaturgiques, le comédien a cette réponse :
"Comment oraliser ce qui n'est pas littéraire ? L'écriture de Céline restitue l'oralité...
Mais pour donner de l'intensité dramaturgique à des textes très secs comme ceux de Valéry, il faut oser la pensée dans ce qu'elle a de sec, sans dramatiser ; ensuite, il faut voir comment la pensée peut devenir chair".

En définitive, Fabriche Luchini aura davantage répondu à ses propres interrogations et aux auteurs qui l'inspirent qu'aux questions-fleuves d'Olivier Barrot.
Se méfiant comme de la peste de l'excès de commentaires et de toutes les postures, en particulier intellectuelles, refusant les positionnements imposés, il préfère, en toute liberté, rendre hommage aux textes et aux auteurs qu'il révère, en un mot au "style".
C'est certainement pour ces raisons-là qu'il nous plaît.

Volte-Face avec Fabriche Luchini
Emission diffusée l'été prochain sur France-Culture
Prochain enregistrement public de Volte-Face :
Le 23 avril au Théâtre du Rond-Point avec André Dussolier.
Entrée libre
Réservation indispensable au 01 44 95 58 81

lundi 2 avril 2007

Collection particulière. François Morel

francois morelFrançois Morel aime la chanson, cela se voit et cela s'entend.

Admirateur des grands maîtres, Brassens, Moustaki, Barbara, Ferré, Brel mais aussi de la jeune génération, Bénabar, Delerm et de l'inclassable Juliette, il se lance à son tour dans un récital, interprétant des textes de son cru.

Au programme, beaucoup d'humour bien sûr, mais aussi quelques ritournelles aux accents sentimentaux, voire nostalgiques sur le temps qui passe.

Les chansons s'enchaînent autour de petits numéros, écrits par Jean-Michel Ribes, des échanges verbaux avec Reinhardt Wagner, pianiste pince sans rire et bonhomme.

Voici un tour de chant qui s'inscrit dans la digne tradition des chansonniers, sans prétention, débordant de poésie et bonne humeur.

On a la joie d'y redécouvrir les talents de comédien de François Morel, aux mimiques et à la gestuelle enjouées et réjouissantes, qui fait ici la preuve qu'il sait aussi très bien chanter.

Collection particulière. François Morel
Textes des chansons François Morel
Texte et mise en scène Jean-Michel Ribes
Musique composée* et interprétée par Reinhardt Wagner (*sauf Les Documentaires : Vincent Delerm et Paulo Virginie : Juliette)
texte et mise en scène Jean-Michel Ribes
Théâtre du Rond-Point 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt - Paris 8ème
Salle Renaud Barrault
Jusqu'au 14 avril 2007
Du jeudi au samedi à 18 h 30, durée 1 h 15 environ

page 3 de 3 -