L’Éclat de la Renaissance italienne à la Galerie des Gobelins

Exposition à la Galerie des Gobelins, éclats de la Renaissance italienne

A côté de la peinture, de la sculpture et de l’architecture, les splendeurs de la Renaissance italienne sont aussi à admirer sur de majestueuses tapisseries, à relier naturellement à la grande peinture du XVI° siècle renaissant.

La Galerie des Gobelins, dont on aime suivre régulièrement les expositions, inédites par leur objet et démesurées par la taille des œuvres déployées, nous amène une fois de plus à découvrir ces décors réalisés au fil des siècles pour décorer les demeures des papes et des souverains.

Jusqu’au 24 juillet, sont exposées une vingtaine de pièces issues des manufactures françaises et flamandes aux XVI° et XVII° siècles d’après des cartons ou des peintures de grands artistes de la Renaissance italienne : Raphaël, Giovanni da Udine, Jules Romain , mais aussi Giorgio Vasari et Michelangelo Cinganelli. A l’exception de trois acquises pour le Musée des Gobelins à la fin du XIX° siècle, toutes proviennent de la collection de Louis XIV et servirent d’ameublements jusqu’à la Révolution française.

Pour l’essentiel, ces œuvres sont marquées du sceau de Raphaël (1483-1520), extrêmement admiré dès le XVI° siècle. Il en est ainsi de la tenture des Actes des Apôtres, aux mouvements et aux expressions très accentués, réalisée à la demande du pape Leon X et dont des tissages ont été exécutés tout au long des XVI° et XVII° siècles. Les 4 pièces exposées ornaient à Paris les murs de l’abbaye de Sainte-Geneviève-du-Mont, à l’emplacement de l’actuel lycée Henri IV. La Messe de Bolsène, d’après les fresques des Chambres du Vatican commandées par Jules II, est d’un style assez différent : Raphaël y a majestueusement structuré l’espace grâce à moult éléments d’architecture mais aussi à un recours à la couleur très appuyé.

L’on découvre de nombreuses œuvres réalisées d’après les cartons du plus célèbre élève de Raphaël, Giulo Romano (1499-1546), dit Jules Romain en France. Selon Giorgio Vasari, « Parmi les innombrables élèves de Raphaël d’Urbin qui, pour la plupart, devinrent des artistes de talent, aucun ne l’imita mieux dans son style, son invention, son dessin et son coloris que Jules Romain (…) Raphaël l’aimait comme un fils et le fit collaborer à ses principales œuvres. » C’est lui qui réalisa, avec Fian Francesco Penni La bataille de Constantin, dont l’exécution avait été confiée à Raphaël avant sa mort. La scène représente un moment clé de l’histoire du christianisme, lorsque Constantin, au pont de Milvius, par sa victoire définitive sur Maxence, devint le maître de Rome et fit ainsi cesser les persécutions contre les Chrétiens.

Jules Romain, La bataille de ConstantinToujours d’après des cartons de Jules Romain, sont notamment présentées plusieurs pièces de l’impressionnante Histoire de Scipion : elle retrace l’histoire des campagnes victorieuses que ce jeune patricien romain mena au III° s. avant J.-C. contre Hannibal à Carthage lors de la deuxième guerre punique. Parmi ces pièces, l’on se plaît à détailler Le repas chez Syphax, dans un palais au décor majestueux, dont les nombreuses richesses sont mises en valeur par trois flambeaux éclairant la scène nocturne : nappes, tentures, décors de marbre, vases ornés, vêtements… Jules Romain n’a pas craint l’excès, déployant un univers luxueux scintillant d’ors et de couleurs.

Agréable « récréation » vers une iconographie davantage décorative qu’historique, la série de Giovanni da Udine (1487-1564), autre élève de Raphaël, montre la fantaisie du décor grotesque, imité de la Maison de Néron à Rome. Issues de l’ensemble Le triomphe des Dieux, Le triomphe de Minerve et plus encore Le triomphe de Vénus font toute leur place à la liberté d’invention, à la légèreté de ton, à la respiration. Motifs végétaux et floraux, mélange des règnes humain et animal, ambiance festive, aucune des épreuves traversées ne semble affecter la félicité des dieux triomphants.

L’Éclat de la Renaissance italienne
Galerie des Gobelins
42 avenue des Gobelins 75013 Paris – tél. : 01 44 08 53 49
M° Gobelins / bus 27, 47, 83, 91
Tous les jours, de 11 h à 18h, sauf le lundi
Plein tarif : 6 € (Tarif réduit : 4 €)
Accès gratuit le dernier dimanche de chaque mois
Jusqu’au 24 juillet 2011

Images : partie de Tenture du Triomphe des dieux d’après Giovanni da Udine, Le triomphe de Vénus, Bruxelles, atelier de F. Geubels, tissage du 3e quart du XVIe siècle, 4,95 x 7,22 m, Paris, Mobilier national © P. Sébert
et partie de la Bataille de Constantin, Paris, Manufacture des Gobelins, tissage autour de 1740, dim. 4,85 x 4,55 m, Mobilier national © L. Perquis

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