
Les reprises de pas moins de cinq films de Billy Wilder sont programmées depuis début août : après Spéciale Première puis Un, deux,trois et avant le Stalag 17 le 11 septembre prochain, c’étaient Irma la douce et Fedora qui ressortaient en salles mercredi 21 août.
Sorti initialement en 1978, Fedora est l’avant-dernier film du grand cinéaste américain mort en 2002. Avec ce film crépusculaire malgré le soleil de Corfou, ce film testamentaire d’un cinéaste alors en fin de parcours, Billy Wider porte un regard terriblement cruel sur Hollywood.
Dutch Detweiller, producteur indépendant dont la période faste fait partie du passé, décide de refaire tourner Fedora, immense star du cinéma américain, retirée du milieu depuis des années. Quand il débarque à Corfou pour lui proposer le scénario – inspiré d‘Ana Karénine -, il découvre une Fedora inabordable, sur-protégée par une vieille comtesse dite son amie, son inflexible gouvernante anglaise ainsi qu’un docteur pas exactement net. Detweiller comprend vite que la star, qui n’a rien perdu de sa beauté passée, est littéralement cloîtrée de force et n’est pas loin d’en être devenue folle.
Telle une intrigue policière qui peu à peu s’éclaircit, l’histoire de la sortie de Fedora du monde du cinéma mais finalement pas du star system, nous est contée par le menu.
C’est aussi effrayant que fascinant. Billy Wilder s’en prend tant au mythe de la jeunesse éternelle incarné par les étoiles du grand écran qu’à la profession qui ne reconnaît plus le talent des aînés. Le célèbre réalisateur a été contraint d’aller chercher le financement de son film en Europe et c’est lui qu’on entend, à travers le personnage de Detweiller, pester contre les les gamins barbus qui contrôlent désormais le business (Coppola, Scorsese, Spielberg…).
Fedora, outre sa construction narrative efficace, tire sa force de ce caractère mi-critique, mi-nostalgique : tous les grands artistes d’une époque son évoqués, qu’ils soient acteurs ou cinéastes, écrivains ou peintres, américains ou européens. La beauté et l’audace de la jeunesse de sa génération, Wider les montre avec autant de brio. Quant à ce que tout cela est devenu et comment cela s’éteint – aussi pompeusement qu’hypocritement – il le souligne magistralement.
Son personnage Dutch se défend de l’amertume, rappelant qu’elle est "sœur de l’aigreur". D’aigreur, il ne saurait être question ici, mais d’amertume, en revanche… Sauf qu’avec Billy Wilder l’amer est élégamment escorté : de brillantes répliques en traits ironiques, de jeux d’acteurs très convaincants en cadrages époustouflants… le talent du réalisateur de La garçonnière est encore bien là.
Fedora
De Billy Wilder
Durée 1h 56min
Avec Marthe Keller, William Holden, Hildegard Knef
Sorti en 1978 / Reprise en version restaurée août 2013
Le 1er juillet dernier, la commune de Soueix-Rogalle a créé l’événement dans le Haut-Couserans (Ariège) : après sept ans de recherches et deux ans de travaux, le musée de la Boutique des colporteurs a ouvert ses portes au coeur du village.
A Soueix, le magasin Souquet était l’un des fournisseurs essentiels des colporteurs de la vallée : en pleine activité de 1824 à 1960, on y trouvait en effet de tout.
Enfin, on pénètre dans la magnifique Boutique Souquet, une seule pièce couverte du sol au plafond de tiroirs et d’étagères de bois abrités derrière le grand comptoir en U. La caisse trône toujours au centre et, dans la petite pièce à côté, le coffre-fort et les pièces comptables : de grands registres où sont soigneusement consignées, d’une plume déliée et régulière, les commandes, la liste des débiteurs, etc.
Le Musée Guimet met le Japon à l’honneur cet été avec l’exposition consacrée aux arts de la table autour de l’artiste Rosanjin Kitaoji (1883-1959), poète, céramiste, calligraphe et cuisinier (jusqu’au 9 septembre).
Everhard Jabach (1618-1695) est un nom qui compte dans l’histoire des collections du Louvre.
Organiser une exposition autour de Giotto di Bondone (vers 1267-1337) ne doit pas être une entreprise aisée.
Versailles, Chantilly, Vaux-le-Vicomte, Fontainebleau, les Tuileries : voici cinq jardins rendus célèbres par leur auteur André Le Nôtre (1613-1700), jardinier-paysagiste du Roi Soleil.
Ils sont Philippins d’origine ou d’adoption, ils sont nés entre 1956 et 1989 ; certains sont des artistes confirmés, d’autres des nouveaux venus sur la scène de l’art contemporain.
Rome, ses précieux vestiges et ses fastueux palais issus d’un passé vénéré, où s’admirent le rouge cardinal et la blancheur des cornettes, le tombé impeccable des costumes et l’éclat des robes du soir. Et encore : la douceur du soleil au couchant, le scintillement des fontaines au midi, l’ombre rassurante des pins des collines.
Retour – hélas temporaire ! – sur le sol natal pour ce magnifique ensemble de dessins, peintures, sculptures et objets d’art décoratif du XIXème et du début du XXème siècles.