Les Diablogues. Morel et Gamblin au théatre du Rond-Point
Par Mag le mardi 4 décembre 2007, 08:00 - Théâtre - Lien permanent
Deux bonshommes en costumes gris sur fond
de cosmos, deux fauteuils et la lumière pour décor.
Epure et jeux de mots : c'est parti pour 1h30 de saynètes enchaînées,
ping-pong verbal dont les joueurs sont François Morel et Jacques Gamblin.
A l'origine du texte, des sketchs radiophoniques que Jean Tardieu commande en
1953 à Rolland Dubillard. Elles sont données quotidiennement sous le nom de
Grégoire et Amédée. En 1975, l'auteur les adapte en pièce : voici
Les Diablogues.
Ces dialogues mi-cocasses mi-absurdes nous plongent dans des situations qui
n'existent que par le verbe, dans un monde qui se révèle par l'exploration du
langage.
La densité de certaines scènes confère par moments au spectacle une profondeur
prenante, telle celle où les compères essaient de comprendre pourquoi l'un dit
"Je ne supporte pas de me promener sous la pluie". Ils déroulent alors
les questions comme autant de pelotes, dans une tentative d'avancée un peu
désespérée. Le duo, qui a le langage pour seul bagage, prend ainsi quelque
reflet touchant.
La conviction et l'engagement des deux comédiens dans cette aventure sont
forcément communicatifs, si bien que l'on finit par prendre du plaisir à suivre
les joutes verbales, pourtant très datées et assez inégales.
Et l'on rit même parfois, sous l'effet de l'irrésistible talent comique de
François Morel à qui cette absurdité sied plutôt bien. Jacques Gamblin, lui, en
tout point son opposé - y compris physiquement, petit format sec et nerveux -
joue sur le "tragique" des situations. Mais rien de sérieux dans tout cela. La
soirée est à conseiller pour découvrir l'auteur si on ne le connaît pas et pour
la performance des comédiens. Mais peut-être ne faut-il pas en attendre
davantage.
Les Diablogues. Rolland Dubillard
Avec François Morel et Jacques Gamblin
Mise en scène Anne Bourgeois
Théâtre du Rond-Point
A 18 h 30, durée 1 h 30
Jusqu'au 31 décembre 2007