Rétrospective Anselm Kiefer à Beaubourg

Anselm Kiefer, Resumptio, 1974 — Huile, émulsion et shellac sur toile de jute — 115 x 180 cm Collection particulière
 — Photo : © Atelier Anselm Kiefer
Anselm Kiefer, Resumptio, 1974 — Huile, émulsion et shellac sur toile de jute — 115 x 180 cm Collection particulière
 — Photo : © Atelier Anselm Kiefer

Et le présent dans tout ça ? a-t-on envie de demander en sortant de la vaste rétrospective consacrée à Anselm Kiefer au Centre Georges Pompidou, qui vient merveilleusement compléter celle vue à la Bibliothèque nationale il y a quelques semaines à peine.

Pour l’artiste allemand, le présent ne semble avoir de valeur que comme possibilité d’extraire, sauver, montrer des traces du passé. Mais combien ces traces elles mêmes semblent en péril ! La terre se rétracte en cratères, les fougères, desséchées, sont sur le point de tomber en poussière, l’herbe est une poignée de paille, le fer rouillé, les livres calcinés, la machine à écrire couverte de sable, les graines tombées de la fleur de tournesol et les photos devenues illisibles… tels sont les indices du passé qu’Anselm Kiefer a rassemblés dans un ensemble d’une quarantaine de vitrines placées au cœur de cette magnifique exposition. On est loin des cabinets de curiosités de la Renaissance qui ambitionnaient de réunir l’état de la science…

Anselm Kiefer, Heroisches Sinnbild III (Symbole héroïque III), 1970-1971 Collection Würth
Anselm Kiefer, Heroisches Sinnbild III (Symbole héroïque III), 1970-1971 Collection Würth

Au dessus de ces vitrines, des photos de ruines, comme tachées par l’éclat noir d’une explosion. Des photos qui renvoient à une salle entière de tableaux représentant des ruines, notamment de l’architecture nazi : bien que détruites par les bombardements alliés, Kiefer a voulu ressusciter ces constructions sur de nombreuses toiles. Lesquelles font écho aux premières peintures (et photos d’installations) de l’artiste qui, à la fin des années 1960 a commencé sa carrière en se représentant en tenue vert-de-gris faisant le salut nazi…

Les formats étaient alors encore « raisonnables », mais cela n’a guère duré. Un peu plus loin, c’est sur des tableaux monumentaux que s’étalent, sous l’aspect de champs de labour en plein hiver, ce qui figure plus certainement des champs de bataille. Désolation, paysages sans horizon, couleurs de plomb… la « purge » d’une histoire qui paraît plus que jamais aussi incompréhensible que proche semble n’avoir jamais de fin. Pour Paul Celan : Fleur de cendre (2006), sans doute un des tableaux les plus impressionnants du parcours (et qui l’est assurément par ses dimensions de 7 mètres sur 3), paysage plat et sans vie accrochant quelques livres consumés, nous l’indique bravement.

Die Orden der Nacht [Les Ordres de la nuit] (1996), acrylique, émulsion et Shellac sur toile, 356 x 463 cm, Seattle Art Museum, Photo : © Atelier Anselm Kiefer
Die Orden der Nacht [Les Ordres de la nuit] (1996), acrylique, émulsion et Shellac sur toile, 356 x 463 cm, Seattle Art Museum, Photo : © Atelier Anselm Kiefer
Il est placé en vis-à-vis (bien que dans une salle distincte) du tableau Les Ordres de la nuit (1996) montrant un homme couché sous une forêt de tournesols. Les commentaires évoquent la posture yoguique de shavasana, la philosophie bouddhiste de la renaissance, du cycle du cosmos, le lien entre les astres et la terre symbolisé par le tournesol… Mais qui se contente de regarder peut voir un cadavre dans une forêt calcinée. Et il lui sera impossible de l’oublier.

150 œuvres, dont une soixantaine de tableaux, quelques installations et quelques livres, des photos, des œuvres sur papier (splendides aquarelles)… sur 2000 m², Anselm Kiefer explore l’Histoire, la culture germanique, les poètes, les philosophes, les mythes, y compris la Kabbale. Dans ses créations des années 1970, le motif de la palette revient souvent, à l’exemple de Resumptio (1974), où ce qui semble ainsi figurer l’artiste surplombe une tombe ornée d’une croix. Dans certains de ses paysages de forêt, un chemin se découpe dans l’horizon bouché, comme voulant porter loin le regard, ou au moins l’espoir.

Dans une autre salle, fleurissent enfin de délicats pétales, certains même colorés… Combien de ruines et de cendres l’artiste a-t-il dû remuer pour voir la vie recommencer ? Qu’importe peut-être, puisque ces fleurs sont là et, même si le parcours se termine par une installation présentant des champignons sortis de la pourriture de la guerre et gardant un lit d’hôpital, on n’oubliera pas non plus ces délicates brassées. Chez Anselm Kiefer, ce présent est si rare.

Anselm Kiefer

Centre Georges Pompidou

Jusqu’au 18 avril 2016

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Anselm Kiefer, l’alchimie du livre

anselm_kiefer_nigredoAlors que le Centre Pompidou propose jusqu’au 18 avril une large exposition consacrée à Anselm Kiefer, la Bibliothèque nationale de France organise la première rétrospective relative aux livres du célèbre artiste allemand, installé en France depuis 1993.

Il faut faire vite pour aller la voir, car elle se termine le 7 février. Or, elle est fondamentale pour mieux comprendre l’œuvre de cet immense artiste contemporain, qui avait fait l’objet de la première édition de Monumenta en 2007.

Le livre constitue en effet pour le peintre et plasticien né en 1945 à la fois la source d’inspiration et le travail premier. Même s’il les expose peu, et est bien davantage connu pour ses tableaux et ses sculptures, les livres constituent « la base » de ses productions. C’est par des livres qu’il a commencé à créer, à la fin des années 1960, et il n’a depuis jamais cessé d’en réaliser. Oeuvre autonome ou intégrée à certaines de ses installations et peintures, le livre est omniprésent. Il l’est aussi dans toute sa création en tant que source d’inspiration. Artiste de la littérature et de la mémoire, il puise dans les mythes antiques, l’Ancien Testament, les philosophes, les historiens, les poètes.

anselm_kiefer_nigredo_detailL’exposition de la BNF met magnifiquement en évidence la force du livre chez Anselm Kiefer. L’artiste lui-même en a conçu la scénographie. Elle est très convaincante : on pénètre dans le vaste espace comme dans une basilique. En entrant, tout de suite à droite, un immense tableau (La clairière) et, tout au fond, en vis-à-vis, un autre tout aussi monumental (Le livre) lui répond, placé comme un tableau d’autel. Un livre de plomb ouvert y est accroché, surplombant un paysage maritime, le tout à couper le souffle. Sur le premier tableau, en revanche, les livres qui y sont suspendus sont brûlés… mais l’œuvre, pour enfermante quelle soit avec son paysage de forêt, laisse surgir l’espoir par la lueur d’une clairière scintillante.

Entre ces deux extrémités, dans les « chapelles » sur les côtés, sont d’abord installés deux cabinets de lecture, où l’on découvre les premiers livres d’Anselm Kieffer, qui étaient encore de papier, avec des collages photographiques ; puis des ouvrages récents, où l’on voit des livres de plomb intégrant toutes sortes de matériaux (terre, paille, plantes séchées, bois calcinés, cheveux…).

anselm_kiefer_cabinet_de_lectureY sont ensuite exposées d’époustouflantes sculptures, telles Nigredo (où livres de plomb et chaises de jardin pliées sont superposées et surplombées d’une balance), La vie secrète des plantes (représentation céleste), Sappho, Praxilla et Erinna (femmes en robes d’époque dont les têtes sont des livres), La brisure des vases (bibliothèque de plomb et de verre), Le Rhin (livre monumental ouvert), …

Au milieu, dans « la nef », de nombreux livres, notamment des années 1990 et 2000. Les femmes, la littérature, l’Histoire y occupent une place de choix : Les femmes de la Révolution de Jules Michelet, Les reines de France, Les filles de Lilith, Les femmes des Ruines, ainsi que des dessins en hommage aux dessins érotiques d’Auguste Rodin ; mais aussi les poètes, en particulier Paul Celan (Le champ du Cèdre, évocation des camps de concentration).

anselm_kiefer_le_livreMais Anselm Kiefer n’est pas uniquement l’artiste qui a interrogé la mémoire allemande et la possibilité de créer après l’Holocauste. Il est celui qui embrasse l’Histoire de manière plus universelle, convoquant les éléments (la terre, les végétaux, la mer, les étoiles), les croyances, les savoirs et la littérature. Il sèche, brûle, rouille, brise et montre les ruines, rappelant les destructions passées et les menaces actuelles. Mais dans le même temps, il sauve des traces, transforme, réactive l’espoir et montre la profondeur de la mémoire, l’immensité du monde et la persistance folle de l’écrit.

L’alchimie du livre, Anselm Kiefer

Bibliothèque nationale de France

Site François mitterrand

Mardi – samedi de 10h à 19h
Dimanche de 13h à 19h (fermeture des caisses à 18h)

Entrée 9 €, tarif réduit : 7 €

Jusqu’au 7 février 2016

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Les clefs d'une passion. Fondation Louis Vuitton

Edvard Munch, Le Cri, 1893 ?  1910 ? Tempera et huile sur carton non apprêté, 83,5 × 66 cm Oslo, musée Munch Photo © Munch Museum
Edvard Munch, Le Cri, 1893 ? 1910 ? Tempera et huile sur carton non apprêté, 83,5 × 66 cm
Oslo, musée Munch
Photo © Munch Museum

Ouverte au public en octobre dernier, la Fondation Louis Vuitton installée dans l’extraordinaire « vaisseau » que Frank Gehry a amarrée entre le Jardin d’Acclimatation et le Bois de Boulogne, inaugure sa troisième exposition, visible jusqu’au 6 juillet 2015.

Exceptionnelle, Les clefs d’une passion présente une soixantaine d’œuvres, signées des plus grands artistes de la première moitié du XX° siècle, dont certaines rarement prêtées, et plus rarement encore réunies. Les plus grands musées du monde, ainsi que certains collectionneurs ont en effet accepté de prêter leur concours au grand mécène Bernard Arnault. A titre d’exemple, on peut voir le fameux Cri de Munch, qui n’avait pas quitté Olso depuis près de dix ans, après avoir été volé à Vienne et retrouvé deux ans plus tard.

L’exposition a pour ambition de mettre en avant les artistes qui ont révolutionné la peinture dans le premier XX° siècle. Peu d’œuvres, on l’a vu, pour un programme si vaste qu’il compte forcément de grands absents. Pas de litanie de « -ismes » non plus, nombreux à cette période, mais un choix thématique dont la cohérence est dans l’ensemble assurée et qui parfois correspond avec un mouvement de l’histoire de l’art du siècle dernier.

Tel est le cas du premier, expressionnisme subjectif, où le fameux Cri est précédé de trois Giacometti (deux œuvres graphiques, dont le Portrait de Jean Genet et L’Homme qui marche I, eux visibles en France), du Pressentiment complexe de Malévitch, de deux études de Francis Bacon (dont une impressionnante Etude pour un portrait, venu du Chicago), d’un Otto Dix et d’une convaincante série d’autoportraits de la Finlandaise Helene Schjerfbeck, dont les contours du visage perdent de leur netteté au fil des tableaux, nous faisant assister à une accélération du vieillissement et à l’inexorable marche du sujet vers la mort. Ontologique solitude, sentiment de disparition, enfermement, tout dans cette salle exprime de façon poignante l’angoisse fondamentale de l’Homme.

Henri Matisse (1869–1954), La Danse, 1909–1910, Huile sur toile, 260 × 391 cm, Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage © Succession H. Matisse Photo : © The State Hermitage Museum, Saint Petersburg, 2015/ Vladimir Terebenin, 2014
Henri Matisse (1869–1954), La Danse, 1909–1910, Huile sur toile, 260 × 391 cm, Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage © Succession H. Matisse Photo : © The State Hermitage Museum, Saint Petersburg, 2015/ Vladimir Terebenin, 2014

Les trois salles suivantes, dédiées à la ligne contemplative, sont un réconfort. S’y déploient d’abord les paysages, tous autour de l’eau, de Ferdinand Hodler, de Gallen-Kallela, d’Emil Nolde, de Monet. Leur succèdent les lignes abstraites de Malévitch et de Mondrian et l’intensité d’un rouge Rothko. Après les mers, les lacs et les nymphéas de la salle précédente, le contraste est fort ; mais, après tout, le début du XX° siècle est fait de tout cela. Retour au figuratif ensuite, avec un superbe (mais c’est presque un pléonasme) Eté de Bonnard. Il est entouré d’un remarquable ensemble de Picasso, une sculpture et trois tableaux, très sensuels, tous inspirés du modèle Marie-Thérèse Walter, dont le peintre espagnol a magnifié les courbes féminines dans les années 30. La première vient d’une collection particulière et les tableaux de New-York, Londres et Paris : jolie réunion au sommet.

La section suivante, dite popiste, fait entrer dans une autre dimension, celle de la culture populaire, avec des œuvres de Picabia et de Robert Delaunay, inspirées des illustrés de charme pour l’un et de la publicité pour l’autre. Dans la même section, mais d’un tout autre intérêt pictural, trois grandes toiles de Fernand Léger, sur ses thèmes classiques, dont Les constructeurs à l’aloès, qui a fait le chemin depuis Moscou.

La quatrième et dernière étape est dédiée à la musique, à travers des tableaux de Kandinsky, Kupka, Severini et, last but not least, Matisse : l’immense Danse, du Musée de l’Ermitage, maintes fois vu en reproduction, comme le Cri de Munch, mais dont l’original fait ici aussi l’effet d’une découverte, et La tristesse du Roi du Centre Pompidou, un très grand et beau collage sur la musique et la danse. Histoire de finir dans la joie, après avoir commencé dans l’angoisse. C’est sans doute mieux dans ce sens.

 

Les clefs d’une passion

Fondation Louis Vuitton

8, avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, Paris 16e
De 10 h à 20 h, du lundi au dimanche, nocturne le vendredi jusqu’à 23 h

Jusqu’au 6 juillet 2015

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Marcel Duchamp. La peinture même. Centre Pompidou

Marcel Duchamp, L.H.O.O.Q, 1919, readymade rectifié© Collection particulière © succession Marcel Duchamp / ADAGP, Paris 2014
Marcel Duchamp, L.H.O.O.Q, 1919, readymade rectifié© Collection particulière © succession Marcel Duchamp / ADAGP, Paris 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette semaine, un billet écrit par Andreossi, dont on conclut que la visite de l’exposition Duchamp à Beaubourg est vivement recommandée… vite, vite, elle se termine le 5 janvier !

Une exposition d’œuvres entretient avec l’artiste qui les a travaillées un rapport plus ou moins étroit avec sa biographie. Marcel Duchamp. La peinture même oblige le visiteur à s’intéresser à l’homme Duchamp autant qu’à l’artiste, pour une raison qui tient d’abord à lui : sa vie, dans ses modes d’expression, dans les valeurs qu’il a défendues, dans la délicate relation qu’il a entretenue entre son personnage public et sa personne, relève elle-même de l’art.

A 25 ans, peintre très doué né au milieu d’une fratrie de peintres, passé par la caricature, le fauvisme, le symbolisme, le cubisme, il a fait le tour de son art. Habilement, ses tableaux de jeunesse ne sont pas forcément présentés au tout début de l’exposition. Lorsqu’on découvre que Marcel Duchamp a peint, comme tant d’autres, des membres de sa famille, on reçoit un choc : cet homme, auteur de LHOOQ (La Joconde moustachue et barbue) de Fountain (l’urinoir), de Porte-bouteilles (un porte- bouteille) nous présente son père dans une attitude familière, ses sœurs et sa mère dans leur salon jouant de leurs instruments. Où est l’iconoclaste qui a tué la peinture ?

La vie de Duchamp s’inscrit totalement dans son temps : quelle peinture est possible à côté de la photographie, du cinéma, de la machine ? Il s’est intéressé à tout cela, a participé à des recherches sur le mouvement. Son  Nu descendant l’escalier, et d’autres œuvres qui s’attachent à représenter l’action attestent de sa tentative de tirer l’art vers le maximum de ses possibilités dans ce registre : le thème des « nus vite », la représentation de la machine (même s’il s’agit de broyer du chocolat), ses notes concernant la géométrie et les mathématiques, participent de cette fascination jusqu’au-boutiste.

Mais le pan principal de son œuvre à venir montre que pour lui l’art offrait encore des possibilités d’expression dans un domaine bien précis : l’érotisme. Les arts « mécaniques » comme la photographie et le cinéma ne peuvent tout dire du mystère de l’érotisme. Le « grand verre » (La mariée mise à nu par ses célibataires, même), est le contraire des ready-made, dans le sens où, peinture inachevée, loin de se donner comme « tout fait » (il a demandé des années d’élaboration), nécessite un « discours d’accompagnement ». En cela Duchamp est aussi très novateur : aujourd’hui la plupart des œuvres contemporaines sont accompagnées d’un discours de l’artiste, qui commente lui-même son travail.

L’exposition du Centre Pompidou est une magnifique exposition, à la fois pour découvrir Duchamp et pour compléter sa connaissance de l’artiste. Dans le premier cas on est amené à se convaincre que derrière l’urinoir se cache un artiste sincère, d’une grande honnêteté dans ses recherches. Dans le second cas, même si beaucoup d’interrogations demeurent, on est séduit par la grande cohérence qui relie les nus fauves de ses débuts à l’installation Etant donnés 1° la chute d’eau 2° le gaz d’éclairage, dont on nous présente ici une maquette. Marcel Duchamp nous a donné quelques réponses à la question : qu’est- ce que voir ?

 

Marcel Duchamp. La peinture même

Centre Pompidou

Jusqu’au 5 janvier 2015

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Les expos à Paris au mois d'août

1900_expositionQue voir à Paris au mois d’août ? La ville, bien sûr, un magnifique spectacle en soi ! Mais si on a envie de découvrir des expositions, les propositions ne manquent pas. Voici une petite sélection… pas eu le temps de les voir toutes, loin de là :

Paris 1900 au Petit Palais jusqu’au 17 août (vue, non chroniquée, mais tout à fait conseillée !)

Unedited History (Iran 1960-2014) au Musée d’art moderne de la Ville de Paris jusqu’au 24 août

L’Orient-express à l’Institut du Monde arabe jusqu’au 31 août

Le mythe Cléopâtre à la Pinacothèque de Paris jusqu’au 7 septembre

L’Envol du dragon – Art royal du Vietnam au Musée Guimet jusqu’au 15 septembre

Mapplethorpe-Rodin au Musée Rodin jusqu’au 21 septembre

Masques, mascarades et mascarons au Musée du Louvre jusqu’au 22 septembre

Martial Raysse au Centre Pompidou jusqu’au 22 septembre

Libération de Paris : août 1944, Le combat pour la liberté, à l’Hôtel de Ville jusqu’au 27 septembre

Les plages à Paris selon Daumier – Parisiens en Seine d’hier à aujourd’hui à la Maison de Balzac jusqu’au 28 septembre

Jean-Baptiste Carpeaux au Musée d’Orsay jusqu’au 30 septembre

Les années 1950 au Palais Galliera jusqu’au 2 novembre

Paris libéré, Paris photographié, Paris exposé au Musée Carnavalet jusqu’au 8 février 2015

Liste non exhaustive bien sûr…

Très bel été à tous, à Paris ou ailleurs !

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Eileen Gray au Centre Pompidou à Paris

Paravent laque, Gray

L’on pourrait peut-être sous-titrer l’exposition "De l’Art Déco au Modernisme", ou encore "Des arts décoratifs à l’architecture", mais ces formules ne suffiraient pas à traduire le souffle extraordinaire qui se dégage de l’œuvre d’Eileen Gray (1878-1976), dont la rétrospective du Centre Pompidou permet de se faire une idée d’ensemble.

Comme beaucoup de jeunes filles de son milieu et de son époque, Eileen Gray suit d’abord des études d’art à Londres. Un chemin classique qu’elle va très vite délaisser : passant devant une boutique qui présente des laques, elle se fait embaucher aussitôt et commence à s’initier à cette technique très exigeante. Mais pour cette Irlandaise aux mœurs libres, Londres est bien trop stricte, victorienne : Eileen Gray fait un voyage à Paris avec sa mère et, à l’instar de nombreux artistes de toutes nationalités au début du siècle, elle est immédiatement et totalement conquise par la capitale. Elle s’y installe définitivement dès 1906.

Eileen Gray fait alors la connaissance du laqueur japonnais Seizo Sugawara, collabore avec lui et parfait sa technique. En 1913, elle expose plusieurs laques au Salon de la Société des artistes décorateurs, dont le magnifique panneau Le magicien de la nuit présenté en ouverture de l’exposition du Centre Pompidou. Le couturier Jacques Doucet est séduit et lui passe des commandes de meubles et de lampes ; la presse s’en fait l’écho ; sa carrière est lancée.

Puis, avec une amie anglaise, Evelyn Wyld, elle découvre le tapis traditionnel dans les montagnes de l’Atlas, en apprend toutes les techniques et, de retour à Paris, parallèlement aux laques, entreprend la création et la fabrication de tapis.
En 1922, elle ouvre sa propre galerie, Jean Désert, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Dans la veine initiée par le mouvement Art Déco, elle conçoit de véritables ensembles, créant des décorations d’intérieur de bout en bout, comme la Chambre à coucher boudoir de Mme Monte-Carlo exposée en 1923.

Avec son ami Jean Badovici, bien que dépourvue de formation, elle se lance enfin dans l’architecture, construisant avec lui la Villa E1027 près de Menton. Ce sera ensuite la villa Tempe a Pailla puis Lou Pérou, une petite maison dans le vignoble de Saint-Tropez. A chaque fois, elle conçoit des maisons extrêmement modernes, mais toujours en prise avec leur environnement. L’organisation des pièces suit le rythme solaire, les espaces sont conviviaux tout en préservant l’intimité, les circulations sont libres et le mobilier fonctionnel et léger.

Légèreté, c’est le mot qui revient le plus souvent à l’esprit au fil de la visite de l’exposition. Mais aussi liberté, créativité, mouvement. Si elle finit par délaisser la laque au profit du bois, du tube d’aluminium, du cuir, du liège, son inventivité est toujours aussi riche. Les meubles sont souvent petits, plein d’astuces, de tiroirs, de possibilités de déploiement. Les lignes sont à la fois géométriques et déliées ; l’ensemble dégage une merveilleuse sensation d’équilibre et de perfection des proportions, alors même que la symétrie est systématiquement bafouée.

Si le dessin moderniste et le fonctionnalisme de ses meubles peuvent les rapprocher de ceux de Charlotte Perriand et de Le Corbusier, ils s’en distinguent toutefois fortement aussi : au contraire du mobilier très ancré dans le sol, très stable de ces derniers, celui d’Eileen Gray a l’air de flotter, de ne chercher son équilibre que dans la finesse et l’étonnement. On est dans la grande élégance, celle qui ne donne à voir que la miraculeuse simplicité d’un ensemble de lignes en réalité complexe. On est dans l’unique – Eileen Gray n’a pas fait éditer de séries -, et souvent plus proche de la sculpture que du meuble ; on est, dans le fond, dans une esthétique qui emprunte beaucoup à la poésie.

Villa Eileen Gray

Eileen Gray
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou – 75004 Paris
TJL sauf le mardi, de 11h à 21h, le jeu. jsq 23 h
Entrée 13 €, TR de 9 € à 11€
Jusqu’au 20 mai 2013

Images :
Eileen Gray, paravent en briques, 1919-1922, bois laqué noir, collection particulière, courtesy Galerie Vallois, Paris © photo : Vallois-Paris-Arnaud Carpentier
Villa E 1027, Eileen Gray et Jean Badovici, vue du salon, photographie rehaussée au pochoir, 1929 Eileen Gray, Jean Badovici « E 1027. Maison au bord de mer », L’Architecture vivante, n° spécial, Paris, Éd. Albert Morancé, automne-hiver 1929

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Voici Paris, Modernités photographiques 1920-1950

Voici Paris, exposition Centre PompidouC’est une exposition de tout premier ordre que propose le Centre Pompidou jusqu’au 14 janvier prochain, tant la sélection est variée par les artistes représentés, passionnante par ses thèmes et homogène dans sa qualité.
Trois cents photos organisées en cinq sections que l’on découvre l’intérêt toujours en éveil et le regard émerveillé.

Voici Paris est la présentation d’une partie de l’exceptionnelle collection de Christian Bouqueret, riche de quelques 7000 photos – des tirages originaux pour l’essentiel – que le Centre Pompidou a acquise en 2011.

Embrassant l’une des périodes les plus fructueuses de la photographie, elle témoigne de la vitalité de cet art pendant l’entre-deux-guerres à Paris, où les grands photographes français tels que Henri-Cartier Bresson ou Claude Cahun étaient rejoints par leurs collègues étrangers, américains (Man Ray), allemands (Germaine Krull, Erwin Blumenfeld), hongrois (Kertész, Brassaï)…

Parmi les sections les plus impressionnantes, celle consacrée au surréalisme : Man Ray et Dora Maar bien sûr mais aussi Lotar et Blumenfeld multiplient les expérimentations et le jeu. Les corps sont déformés, des parties en sont découpées et remontées en d’étranges collages ; tout est vu avec un œil décalé, cherchant la surprise, repoussant les limites, et suscitant chez le spectateur choc ou amusement.

Très créatif aussi est le mouvement Nouvelle vision qui se développe à Paris dans les années 1920 : il s’agit d’aborder la photographie sans plus aucune référence à la tradition picturale, et en choisissant les sujets les plus contemporains qui soient, notamment l’architecture de fer ou de béton. Les prises de vues sont novatrices, très graphiques, les cadrages chamboulés par plongées et contre-plongées.

Voici Paris, Centre Pompidou, La RotondeLa section dédiée à la photo documentaire rappelle l’importance de la démarche de tous ceux qui se sont attachés, à partir des an nées 1930, à montrer la réalité sociale, notamment dans le contexte de crise, avec les travailleurs (par exemple, Sortant des mines d’Aurel Bauh), mais aussi les moments de loisirs, avec l’avènement des congés payés – on rencontre ici fort naturellement Henri-Cartier Bresson.

L’imagier moderne regorge de découvertes : ici sont montrés le travail préparatoire et le résultat final de photographes œuvrant dans le monde de l’édition et de la publicité. C’était alors le plein essor de la presse illustrée, mais l’on plaçait aussi des photographies en couvertures de romans, de pochettes de disques… c’était classe et léché, parfois somptueux (voir la publicité pour Poiret de Germaine Krull).

Enfin, une tendance souvent moins valorisée : celle du retour à l’ordre dans les années 1920-30, en réaction contre les excès du modernisme. Autrement dit, l’âge Néo-classique de la photo, avec des nus, des natures mortes, des portraits. Mais le résultat, loin d’être ennuyeux (sauf peut-être pour certains portraits) est le plus souvent superbe, comme l’émouvant Masque de pierre d’André Steiner.

Voici Paris, Modernités photographiques 1920-1950
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou 75004 Paris
Tous les jours sauf le mardi, 11h-21h
Entrée 11 € (tarif réduit : 9€)
Jusqu’au 14 janvier 2013

Images :
Germaine Krull, Publicité pour P. Poiret, 1926 © Mnam, Centre Pompidou, Paris, 2011
Marianne Breslauer, La Rotonde, 1930 © Marianne Breslauer / Fotostiftung Schweiz

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Anri Sala au Centre Pompidou

Anri Sala, Centre PompidouL’installation d’Anri Sala, l’artiste qui représentera la France à la prochaine Biennale de Venise en 2013, nous invite à une expérience originale. Conçue spécialement pour le Centre Pompidou, dépourvue de titre, elle est faite de très peu d’objets, de cinq grands écrans sur lesquels sont projetés quatre films, et de beaucoup de sons. C’est une œuvre qui se vit davantage qu’elle ne se visite.

Le vaste espace d’exposition de la Galerie Sud est en grande partie plongé dans la pénombre. Title Suspended, une sculpture de l’artiste de 2008 appartenant au Centre, présentée sur un mur immaculé accueille le visiteur. Il s’agit d’une paire de gants de latex violet figurant des mains articulées en face à face, qui tournent lentement, tantôt "habitées", tantôt laissant choir un doigt comme abandonné, et que l’on resterait longtemps à décrypter si le son ne nous attirait pas irrésistiblement vers la suite de l’installation.

Anri Sala, batterieC’est que la musique est l’une des composantes essentielle de l’œuvre : elle enveloppe le visiteur en permanence et rythme ses déplacements dans l’exposition. Trois musiques fort différentes mais qui s’imbriquent parfaitement sont réunies : une symphonie de Tchaïkovski, une nouvelle version de Should I Stay or Should I Go des Clash et le rythme de dix batteries (Doldrums, 2008).
Ces musiques viennent aussi bien des films eux-mêmes (qui montrent à certains moments des personnages en train de jouer), que des dix-septs hauts-parleurs disséminés dans l’espace d’exposition, en encore des batteries installées ici et là et qui se mettent à jouer en automate par intermittence.

Les films sont découpés en douze séquences, issues d’un montage spécifique pour l’installation de quatre films réalisés par Anri Sala entre 2008 et 2011. Ces séquences s’enchaînent d’un écran à un autre dans le sens des aiguilles d’une montre, et c’est le déclenchement de la musique qui indique où le film reprend, invitant le visiteur à se déplacer.
Le tout dure une heure ; chaque étape laisse le temps de s’installer, sur un cube où le plus souvent à même le sol noir conçu pour amortir tout bruit de pas.

Les films montrent Sarajevo pendant le siège de 1992 à 1995 (1395 Days without Red), un dôme géodésique à Berlin (Answer Me), une salle des fêtes désertée à Bordeaux (Le Clash) et le site aztèque de Tlatelolco à Mexico (Tlatelolco Clash). Les personnages ne parlent presque pas, mais les images, d’un puissant effet hypnotique et associées à la musique sont très évocatrices.

Anri Sala 1395 days without redEn particulier, la peur, la claustration, le désir – toujours contrarié – de s’échapper sont fortement à l’œuvre dans 1395 Days without Red, qui renvoie aux 1395 jours où les habitant de Sarajevo n’ont pas porté de rouge pour ne pas être pris pour cible par les snipers : une jeune femme marche dans les rues désertes, comme hantée à la fois par le présent et le souvenir ; elle semble chercher son courage et son chemin au rythme de la symphonie de Tchaïkovski qu’elle chantonne ; aux carrefours, elle se met à courir, puis perd son souffle, s’arrête, recommence à marcher.
A Berlin, le bruit de la batterie dont l’homme joue couvre la dispute qui l’oppose à une femme ; on/il entend à peine ce qu’elle a à dire, si ce n’est Answer me.
La narration, aussi ténue soit-elle, résulte donc autant de la musique que des images.

Europe libre, Europe en guerre passée ou contemporaine, Amérique Latine violente hier et aujourd’hui : les lieux ne sont évidemment pas neutres. Ici comme ailleurs, il est question de séparation, de perte, de solitude.
En contre-point, la musique symphonique de Tchaïkovski évoque un collectif et une harmonie dont le contraste est d’autant plus poignant que lorsqu’il fait jouer Should I Stay or Should I Go au Mexique, ce n’est pas un groupe qui opère, mais une vieille femme qui passe des cartes dans une orgue de Barbarie…

Mais un autre contre-point attend le visiteur qui s’éloigne des écrans pour se diriger vers la baie vitrée qui donne sur l’extérieur, avec la fontaine Stravinski et les terrasses, où il découvre un monde grouillant, coloré, vivant. Cette vision de la réalité fait-elle partie d’un autre film ? Des passants curieux se tournent pour voir ce qu’il se passe à l’intérieur : nous voici nous-même acteur du grand film symphonique qu’est la déconcertante et passionnante installation de ce talentueux artiste Franco-Albanais de 38 ans.

Anri Sala
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou – Paris 4ème
De 11 h à 21 h, nocturnes tous les jeudis jusqu’à 23 h
Fermé le mardi
Entrée de 11 à 13 euros
Jusqu’au 6 août 2012

Images :
Title Suspended, 2008 © Anri Sala
Doldrums, 2008 Courtesy : Marian Goodman Gallery, New York – Vue de l’installation à la Serpentine Gallery, Londres © photo : Sylvain Deleu
1395 Days without red, Anri Sala, en collaboration avec Liria Begeja © Milomir Kova

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Edvard Munch, l'Oeil moderne

Exposition Munch, l'Oeil Moderne à BeaubourgIl ne reste plus beaucoup de temps pour aller voir l’exceptionnelle exposition Munch (1863-1944) au centre Pompidou, qui fermera ses portes le 9 janvier prochain.

Exceptionnelle, elle l’est assurément puisqu’elle réunit à Paris des tableaux majeurs de la longue carrière du plus célèbre des peintres norvégiens, malgré tout bien peu connu en France en dehors du "Cri".

Au printemps 2010, le public français avait pu admirer à la Pinacothèque de Paris un bel ensemble de lithographies et de peintures. Ici, un programme différent permet de compléter à merveille la connaissance de la production de cet artiste passionnant.

Dans ses vastes espaces, le centre Beaubourg propose une fois de plus une exposition riche, lisible et très bien pensée, à travers 140 œuvres : des tableaux bien sûr, mais également des œuvres gravés et, ô surprise, des photos et même un bout de film, le tout réalisé par Munch. Grâce aux salles thématiques, préférées à un parcours chronologique, au terme de la visite on a l’agréable impression d’avoir "saisi" l’artiste.

Les deux premières salles sont formidables à tous points de vue. Elles présentent les mêmes sujets, traités à des périodes différentes, en commençant par celles du XIXème siècle. Toutes sont des chefs-d’œuvre : L’enfant malade, Puberté, Jeunes filles sur un pont, Baiser, Vampire, Les amants solitaires. La touche est douce, parfois marquée par l’impressionnisme, mais les sujets sont déjà totalement singuliers. Dès le début, Munch a exprimé des thématiques et des sentiments troubles et forts. On est à mille lieux de la peinture de paysage, d’histoire, de la scène de genre, de l’esthétisme.

Ce qui est sous nos yeux ce sont des personnages qui ne sont que souffrance, inquiétude, mélancolie, abandon. Même le tableau des jeunes filles, avec sa ligne de fuite caractéristique du style de Munch, semble plonger les calmes demoiselles dans une solitude infinie, dans un lointain vide et source de bien des questions.
Dans la salle suivante, les mêmes motifs se retrouvent, mais peints au XXème siècle. La touche a considérablement évolué. Entre temps, Munch a découvert Paul Gauguin et Vincent Van Gogh et cela se voit : coups de brosse détachés, formes simplifiées, parfois stylisées, impression d’inachevé : sa manière, synthétique, est bien celle de la pleine modernité. Il n’empêche que ses œuvres antérieures étaient déjà très modernes à bien des égards, que ce soit par le choix des sujets, par le cadrage (L’enfant malade vue du dessus) ou encore les compositions qui mêlent profondeur du regard et simplicité d’ensemble.

Ces deux salles sont l’occasion de souligner à quel point Munch a repris les mêmes thématiques tout au long de sa vie (six versions de L’enfant malade, une dizaine de Vampire, etc), animé par les mêmes problématiques existentielles mais sans doute épris aussi du besoin d’évolution. Or, quoi de mieux que de reprendre le même sujet pour constater comment on peut l’aborder différemment au fil du temps ?
Cette obsession se retrouve dans les salles consacrées aux autoportraits, qu’il s’agisse des peintures ou des photographies : Munch qui malgré ses problèmes de santé et ses souffrances morales a tout de même vécu jusqu’à 80 ans, n’a jamais cessé de se peindre ou de se photographier, réalisant ainsi une sorte de "journal" de soi-même, comme des écrivains l’ont fait à l’époque à leur manière.

L’importance que les nouveaux media ont eu pour Munch est également mise en évidence : le cinéma, la photo, le reportage de presse. Certains de ses tableaux montrant des "faits divers" (encore des scènes d’une folle gaité !) sont de véritables témoignages journalistiques. Cela étant, l’artiste va plus loin, grâce à son pinceau qui à la fois épure la forme et renforce les sentiments, montrant au fond des thèmes universels.
L’on découvre aussi un Munch "social", qui a peint de poignantes sorties d’usine, des groupes de travailleurs dans la neige…

Munch, l'Oeil moderne, expositions à PompidouLa neige, une autre voie magnifiquement exploitée par le peintre Norvégien, jamais en tant que sujet mais toujours au service du sujet. Voir par exemple sa scène inspirée de Van Gogh La nuit étoilée : une splendeur placée en face d’une autre Le Soleil, et dont, de l’une comme de l’autre, l’on est bien en peine de s’éloigner…

Edvard Munch, l’oeil moderne
Centre Pompidou – 75004 Paris
Métro Rambuteau
TLJ sauf le mardi, de 11h à 21h
Nocturne le jeudi jusqu’à 23h
Tarifs: 12 € plein tarif (9 € tarif réduit)
Jusqu’au 9 janvier 2011

Images : Puberté, Nasjonalmuseet et Le soleil, Munch Museet, Oslo © ADAGP

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Festival d'Automne à Paris : ça va démarrer !

Le 40ème festival d'Automne à ParisA l’heure où l’on quitte, gonflé de regrets, ses vagues, ses cimes et ses feuillages, d’autres font chauffer les salles parisiennes pour nous préparer une rentrée tout en douceur : c’est l’équipe du Festival d’Automne qui, pour sa 40ème édition, nous a concocté cette année encore un programme aussi riche que pointu.
Plus de 60 propositions de théâtre, danse, musique, arts plastiques et cinéma nous feront sortir dans de multiples lieux parisiens et franciliens du 15 septembre au 31 décembre.

Comme à l’accoutumée, le 104, le Centre Pompidou, la Cité de la Musique, les théâtres de la Bastille, de la Ville et du Rond-Point, pour n’en citer que quelques uns accueilleront artistes renommés et nouveaux talents venus d’un peu partout dans le monde.

C’est le moment d’ouvrir grand ses yeux, de feuilleter le programme en ligne et de faire sa sélection : des chorégraphes américains aux dramaturges argentins, en passant par la musique mexicaine et les grandes scènes européennes, il y en a pour tous les goûts. Ce sera par exemple l’occasion de découvrir la compagnie DV8 (Dance & Vidéo 8) qui sous l’impulsion de Lloyd Newson agite la scène anglaise depuis 25 ans (théâtre de la Ville du 28 septembre au 6 octobre), ou encore de retrouver le danseur Sud-Africain Steven Cohen (déjà venu au Festival présenter Golgotha en 2009) avec sa pièce The Cradle of Humankind, un lien noué entre l’art contemporain et les origines de l’Homme, la danse faisant ici une incursion du côté des peintures rupestres… (Centre Pompidou du 26 au 29 octobre).

Autre bonne nouvelle, chers lecteurs, dès 3 spectacles réservés – au lieu de 4 – le Festival d’Automne offre aux lecteurs de maglm le tarif abonnés !
Pour en profiter, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous et de se laisser guider. Vous pouvez aussi réserver par téléphone, en précisant que vous êtes lecteur de maglm. Tout simplement !
Très beau Festival et très bel Automne à tous !

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