De
l'Allemagne : le titre, emprunté à celui d'un ouvrage de Mme de Staël
annonce clairement l'intention de l'exposition. Il s'agit, à travers la
présentation d’œuvres picturales significatives du XIXème et du début du XXème
siècles, d'étudier les spécificités de l'art germanique. Le visiteur
est là autant pour comprendre et apprendre que pour regarder et éventuellement
admirer.
Une démarche intellectuelle, dont le visiteur profane se demande les parts
respectives qu'elle emprunte à la vision française de l'art allemand et à la
perception de l'art propre au peuple germanique.
Toujours est-il que cette approche, au demeurant fort intéressante et
instructive, laisse assez peu de place aux notions d'esthétique, de style, de
représentation et de technique, bref aux questions directement liées à la
peinture.
En trois parties successives, les commissaires se sont attachés à mettre en lumière les trois grandes thématiques qui ont travaillé l'art allemand au fil de cette longue période qui va des derniers rayons du XVIIIème siècle au sombre entre-deux-guerre du XXème siècle : les rapports à l'histoire, à la nature, à l'humain. Si globalement l'on part du fameux tableau exécuté en 1786-1787 par Tischbein, Goethe dans la campagne romaine, prêt du Städel Museum de Francfort, pour finir avec ceux de Beckmann à la fin des années 1930, le parcours n'est pas purement chronologique, car les deux premières thématiques ont transcendé les recherches artistiques allemandes tout au long du XIXème siècle.
Ce qui frappe le plus à la visite de l'exposition est la recherche d'une identité nationale qui semble avoir obsédé les peuples germaniques longtemps politiquement morcelés (le statut d'Etat-Nation ne date que de 1871), et ce particulièrement à travers l'art.
Cette quête passe en premier lieu par l'interrogation continuelle de l'histoire afin d'y retrouver le creuset de la culture germanique : Grèce classique, catholicisme romain, peinture italienne, Moyen-Age vu comme l'époque de l'unité religieuse d'avant la Réforme et symbolisée par la cathédrale gothique, maîtres anciens allemands. Ce retour aux origines réelles ou supposées se retrouve - outre le tableau d'ouverture déjà cité, assez programmatique - dans des tableaux religieux, mythologiques, des scènes présentant de glorieux chevaliers, ou encore des ruines antiques.
Mais la recherche de l'unité nationale passe aussi par une approche très particulière de la nature et une grande réflexion autour de la peinture de paysage. Pour certains, la peinture doit refléter la connaissance scientifique de la nature. Pour d'autres, les artistes doivent représenter le paysage allemand dans sa spécificité, ce qui passe par la représentation d'une nature portant les traces du passé commun : forêt abritant les héros mythiques, fleuve, tombes druidiques... Pour tous, l'importance accordée au paysage est en soi une marque de l'identité germanique.
Après les tableaux tantôt "scientifiques", tantôt sublimes (dispute aux
sommets enneigés de Friedrich, Koch et Carus), tantôt romantiques des
paysagistes allemands, la dernière partie de l'exposition,
intitulée Ecce homo (allusion à l'ouvrage de Nietzsche mais aussi aux
nombreuses représentations de la Passion du Christ entreprises à partir de la
première Guerre mondiale) ramène à de tristes réalités. Le
nationalisme allemand a débouché sur la Grande guerre (au départ souhaitée par
certains artistes à titre de souveraine Apocalypse), ses atrocités et ses
conséquences durables. Puis à la faveur de la dépression économique ajoutant à
l'humiliation de la défaite, le nazisme est venu se nourrir de ce penchant
nationaliste pour aboutir aux conséquences que l'on sait.
Les œuvres issues de ces périodes font froid dans le dos. Partout, le sacrifice
voire le martyre, partout des gueules cassées, des corps estropiés, des âmes
perdues. Le noir et blanc domine ; les couleurs ne sont plus qu'au service
de la violence.
Dans la première salle, l'on avait admiré la douceur du carton d'Overbeck
Italia et Germania, la solide tranquillité d'un Apollon parmi les
bergers de Schick, la grâce italienne d'une Vierge à l'enfant de
Carolsfeld. Dans la dernière, c'est L'enfer des oiseaux de Beckmann,
l'Ecce homo de Corinth, la terrible série de gravures sur le thème de
la guerre d'Otto Dix. Et, encadrant le tout, dans la rotonde qui à la fois
introduit et clôt l'exposition, une monumentale gravure sur bois d'Anselm
Kiefer.
Tout cela est le plus souvent aussi magnifique qu'impressionnant, mais empreint
d'un sérieux tel que cette gravité-même risque d'apparaître comme la
caractéristique essentielle de l'art allemand.
De l'Allemagne, 1800-1939. De Friedrich à Beckmann
Musée du Louvre
TLJ sf le mardi de 9 h à 18 h, nocturnes les mercredi et vendredi jusqu’à
21h45
Entrée exposition, 12 €, billet jumelé collections permanentes et exposition,
15 €
Jusqu'au 24 Juin 2013
Pas moins de deux cents oeuvres sont
réunies à la Pinacothèque de Paris jusqu'au 8 septembre 2013 pour rendre
hommage à l'Art Nouveau.
A l'image de celles-ci, l'ensemble
des œuvres présentées au fil du parcours sont d'une extraordinaire beauté.
Elles réunissent les plus grands noms du mouvement Art Nouveau et, à
l'exception de l'architecture, tous les domaines de création.

La Galerie des
Gobelins, en construisant des ponts entre hier, voire même avant-hier, et
aujourd'hui a le chic pour mettre en valeur les œuvres de tapisserie de façon
spectaculaire.
Le film déroule une
fresque sur deux générations, celle des pères et celle des fils, avec la force
implacable des tragédies antiques.



A travers deux cents
peintures, gravures et sculptures datées de la fin du XVIIIème au début du
XXème siècles, mais aussi des films, L'ange du bizarre propose une
large vision du "Romantisme noir". Ce courant artistique européen est
né en Grande-Bretagne au moment où, au siècle-même des Lumières, la toute
puissance de la raison était déjà battue en brèche. Il s'est déployé au XIXème
siècle, a été réactivé par les Symbolistes et enfin réinterprété par les
Surréalistes dans l'Entre-deux-guerres.
A l'instar des
précédentes, cette nouvelle grande exposition du Musée d'Orsay est superbe,
enrichissante, passionnante.
Après avoir été présentée
en 2010 à New-York et en 2011 en Arles, La Valise mexicaine est enfin
dévoilée à Paris, au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme,
dans une scénographie sensiblement différente des précédentes compte tenu des
spécificités du lieu très éclaté.
L'exposition matérialise
et incarne cette Histoire à double fond. L'on découvre d'emblée qu'au lieu
d'une "valise", les négatifs étaient en réalité rangés dans trois boîtes, l'une
verte, l'autre rouge - soigneusement compartimentées et succinctement annotées
- tandis que la dernière contenait des bandes de pellicules coupées sous
enveloppe kraft.
Publié à titre posthume
en 1881, Bouvard et Pécuchet est le dernier roman de Gustave Flaubert
(1821-1880).